dimanche 24 septembre 2017

Le joueur d'échec de Stefan Zweig

Czentowic, champion d'échecs arrogant, esprit borné à outrance, inculte et étonnamment stupide, occupe le premier plan jusqu'à l'entrée en scène de Monsieur B.
Dès lors que cet aristocrate autrichien s'intéresse à la partie livrée entre le champion et les passagers amateurs, la direction du texte bascule.
Par un effet de symétrie, la narration se transforme en un face à face tendu entre un esprit brillant et rapide à l'intelligence abstraite et un cerveau au pragmatisme brutal, incapable de projection véritable. Mise en scène percutante de la résurrection de la folie, cette nouvelle oscille entre ouverture et enfermement.
Dans cette avancée implacable de la stupidité destructrice, allégorie de la victoire du nazisme mais aussi chef-d’œuvre de composition, Zweig s'intéresse peu à la survie du corps, préférant montrer les réactions de l'esprit, qui trouve un symbole parfait dans ce jeu éminemment intelligent mais désespérément stérile.
Publié en 1943, un an après le suicide de son auteur, Le Joueur d'échecs fait figure de testament dans l’œuvre de Zweig.



Mon petit mot

J'ai vu beaucoup d'adaptations de nouvelles de Stefan Zweig au théâtre, et finalement, je n'en ai pas beaucoup lus.
Après mon séjour à Vienne, il était tant d'y remédier!
Par ordre de sortie de PAL (j'en ai plusieurs en réserve!) , plongeons donc dans le monde des échecs !

On y retrouve l'art de la nouvelle chez Zweig, croquer un portrait, une situation en quelques mots clés, pas un mot en trop, un texte lu en une soirée, mais où rien ne manque.

Entre psychologie et histoire, avec cette Autriche sous la coupe allemande, l’enchâssement des souvenirs dans le récit,  des personnages complexes, on est tenu en haleine sans difficulté... et même sans connaître grand chose aux échecs!
De la survie à l'addiction au jeu, de la culture face à la barbarie,  beaucoup de thèmes finalement en quelques lignes, ravie de l'avoir enfin lu!



objectif pal



Vu au théâtre :

LA PEUR Stefan Zweig

La pitié dangereuse

16 commentaires:

  1. Un livre que j'ai lu, un livre au titre célèbre mais.. je ne m'en souviens pas !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. je te dirai dans quelques mois ce qui n'en reste!

      Supprimer
  2. Je l'ai souvent vu dans différentes mises en scène, mais pas lu ! je vais faire comme toi !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je crois que Francis Huster l'avait joué, j'aurais bien aimé voir ça !

      Supprimer
  3. J'ai beaucoup aimé Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, Le joueur d'échecs me tente pas mal aussi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. si tu as aimé l'un tu devrais aimer l'autre!

      Supprimer
  4. Pour le coup, après des années, je m'en souviens pas mal! Vraiment excellente, cette nouvelle
    keisha

    RépondreSupprimer
  5. Un roman lu quand j'étais ado, et que l'on n'oublie pas.

    RépondreSupprimer
  6. Je l'ai lu il y a longtemps et je me souviens que j'avais aimé mais je me souviens pas en détails ;-) Enna

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. c'est déjà bien que le souvenir soit positif!

      Supprimer

Comments system