samedi 17 août 2013

L'amour est une île Claudie Gallay

Pour replonger dans le festival d'Avignon...
le pont d'Avignon

Présentation L'amour est une île Claudie Gallay

Le succès de son cinquième roman, Les déferlantes, qui se déroule à La Hague, a été la grande surprise de l'été 2008 - 300 000 exemplaires vendus, sans compter la version poche .Née en 1961, Claudie Gallay vit dans le Vaucluse. Elle a publié aux éditions du Rouergue L’Office des vivants (2000 ; Babel n° 944), Mon amour, ma vie (2002 ; Babel n° 991), Les Années cerises (2004), Seule Venise (2004, prix Folies d’encre et prix du Salon d’Ambronay ; Babel n° 725), Dans l’or du temps (2006 ; Babel n° 874) et Les Déferlantes (2008, prix des Lectrices de ELLE), en cours d’adaptation cinématographique.

Avec L'amour est une île, Claudie Gallay,  nous entraîne à Avignon, en juillet 2003. Le Festival officiel, le In, vient d'être annulé, suite aux grèves des intermittents du spectacle. Dans cette atmosphère tendue, une comédienne célèbre, connue sous le pseudonyme de la Jogar, revient jouer dans la Cité des papes, sa ville natale, après dix ans d'absence. Dix ans pendant lesquels un homme, Odon Schnadel, l'a attendue : figure incontournable du Festival Off, il possède son propre théâtre, Le Chien Fou, et a mis au programme cette année la pièce d'un certain Paul Selliès, auteur inconnu, sorte de poète maudit, décédé dans des circonstances mystérieuses. Sa jeune soeur Marie, une marginale, débarque alors à Avignon... De son écriture toujours aussi épurée et sensible, Claudie Gallay met en scène ces trois personnages principaux, la Jogar, Odon et Marie, au gré d'une intrigue habile qui révèle l'ambiguïté des comportements humains.

« Un roman des amours blessées, des secrets et des mensonges. Un parfait roman d'atmosphère. On est vite emporté. » Le Point

Le début - L'amour est une île Claudie Gallay

Il fait encore nuit et le fleuve est tranquille quand Odon Schnadel sort de sa péniche. Il tient un bol à la main. C'est son premier café, noir, brûlant. Il a mal au crâne. Il glisse deux aspirines dans le bol.
La chaleur est étouffante.
Des branches flottent, cassées plus au nord et charriées, apportées là, elles se confondent avec les eaux brunes. Les arbres souffrent, même ceux qui ont les racines dans l'eau.
Sur le pont, ça sent le vernis. Il y a des pinceaux rouges dans une boîte, un pot, des chiffons. L'odeur du vernis ajoute au mal de crâne.
Odon boit son café en regardant couler le fleuve. Quelque part sur l'île, un chien hurle.
Une lucarne grillagée est plantée dans la porte. Faible halo jaune. Quand Mathilde est partie, il s'est juré ça, la laisser briller jusqu'à ce qu'elle revienne.
Cinq ans. Les ampoules ont grillé. Il les a remplacées. Aujourd'hui, elle est là, quelque part en ville, pour le temps du festival. Depuis des semaines, la rumeur se répand, la Jogar revient entre ses murs, elle joue Sur la route de Madison au théâtre du Minotaure.
On parle d'elle dans les journaux. On parle d'elle partout, dans son quartier, dans la rue. On dit qu'elle dort à la Mirande, l'un des plus beaux hôtels de la ville. On dit aussi qu'elle a renié son nom en devenant la Jogar.
Odon finit son café, le bol entre les mains, les coudes au bastingage. Le jour se lève. Big Mac le crapaud se terre dans le talus.


Mon avis


Il y a l'histoire d'abord, mensonges, trahison,  une jeune fille déboussolée, errante, qui ne parvient pas à faire le deuil de son frère et qui va faire remonter des secrets. Elle creuse, pour trouver la vérité, comme elle creuse sa peau et s'auto-mutile. Un personnage qui nous donne aussi de jolis moments de poésies, entre ses photos d'objets abandonnés, son urne à pensées... 
 Un huis-clos dans la chaleur de la ville, ville close, la violence du climat qui donne cadre à la violence du drame vécu par certains personnages, des personnages qui se manquent, se croisent...
Et puis il y a le théâtre et le questionnement autour du texte théâtral: est-ce que le texte suffit? Quelle est la place du comédien? C'est aussi la plongée dans un festival mythique, qui vit cette année là une année particulière en plein conflit des intermittents du spectacle avec l'annulation du festival In, et un festival Off entre solidarité ,  grève, et urgence économique .

cour d'honneur
Des lieux d'Avignon également,  l’hôtel de la Mirande comme les figures tutélaires du festival, Jean Vilar , Gérard Philipe et bien d’autres,  évoqués au fil des pages
et puis il y a l'autre Avignon, celui des rues et places à l'écart du festival, l'Avignon du fleuve et des péniches...




et enfin, le choix de la pièce jouée par la star, adaptation de "Sur la route de Madison", qui est un livre que j'aime beaucoup et dont, ce qui est rare, l'adaptation ciné m'avait séduite aussi : Sur la route de Madison, avec Meryl Streep, Clint Eastwood



Bref, un livre qui confirme que Claudie Gallay est une auteure que j'aime à retrouver, et qui prolonge agréablement le festival!

A suivre, un article sur un tableau dont on parle dans le livre et que j'ai redécouvert à l'occasion de cette lecture. 

4 commentaires:

  1. J'ai beaucoup de retard dans mes lectures de Claudie Gallay, et un nouveau arrive tout bientôt !

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    1. dans ma liste d'envies de cette rentrée!

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  2. Plaisir partagé : j'ai beaucoup aimé ce Gallay là, surtout, en effet, parce qu'il dévoile les dessous du Festival, vu du côté des troupes et des artistes. L'été où nous ne sommes pas allés à Avignon, justement à cause des mouvements d'intermittents !! Par contre Claudie Gallay, un coup j'aime, comme là, ou comme Les Déferlantes, un coup je n'aime pas comme Seule Venise... Quant aux années cerises, j'ai commencé et je ne l'ai pas terminé. Je ne sais pas trop pourquoi : pas le moment peut-être ?

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    1. Il ne me tente pas d'ailleurs celui la comme quoi! On verra le prochain! Bonne soiree

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