Jours 3/4 Qui es-tu Fritz Haber ? Crue et Nue de et avec Eva Darlan, Entrez et fermez la porte,Lyric Hispanic, Callas, Kiss Richard

théâtre Qui es-tu Fritz Haber ? de Claude Cohen 

L’ultime confrontation du couple de chimiste Clara et Fritz Haber au soir de la 1ère utilisation des gaz de combat dans les tranchées de la guerre 14/18 ! Clara ne peut accepter que l’armée allemande utilise ce mortel gaz que son mari vient d’inventer. Ce soir de mai 1915, nous allons être les témoins de la violente dispute qui met en lumière leurs multiples désaccords sur la religion, la science, la vie jusqu’à la tragédie… Un scientifique peut-il s’affranchir de toute considération morale ?  
Avec : 
Isabelle Andréani / Clara Immerwahr Haber  et Xavier Lemaire / Fritz Haber
Mise en scène : Xavier Lemaire  Costumes : Rick Dijkman  Décors : Caroline Mexme
Lumières : Stéphane Baquet Musique : Régis Delbroucq  Théâtre de La Luna à 11h11  
 

théâtre Qui es-tu Fritz Haber ? de Claude Cohen


Mon petit mot:
Un spectacle émouvant, qui fait réfléchir: le sujet est d'autant plus terrible que les personnages ont réellement existé, et la confrontation de leur deux conceptions de la science... et de la conscience...  n'est pas sans susciter chez nous la même réflexion: d'une invention à son utilisation... le fossé peut-être tragique.
Chaque personnage développe ses arguments, sans que la question puisse être tranchée, l'un comme l'autre a raison, a  "sa" raison, et chaque spectateur peut se faire son propre chemin. 
Et puis il y a aussi la question de la religion, un juif qui se renie qui espère s'élever dans la société allemande, quel qu'en soit le moyen, il y a aussi la place de la femme, au laboratoire ou au foyer, celle du progrès technique et de ses répercussions pas toujours positives, il y aussi le couple même,  de l'amour au déchirement, bref, une pièce très riche, jusqu'aux dernières minutes qui resteront en mémoire. 
Le texte ne laisse pas de répit, le jeu des comédiens non plus, beaucoup d'émotion à La Luna,  et des questions qui continuent de flotter dans les esprits en en sortant...
C'est jusqu'au 31 juillet, allez-y!


Pour en savoir plus sur les personnages historiques et sur cette pièce:
qui es-tu fritz haber  et dossier du spectacle

Crue et Nue  Tous les jours à 14h05 CIE EVADEES

De et Avec : Eva DARLAN
 D'après son livre CRUE ET NUE Le manifeste de  mon corps (Editions Jean-Claude Gawsewitch)
Mise en scène : Jean-Paul MuelCollaboration artistique : Bruno Andrieux
Bande son: Nicolas Larmignat Lumières : Brice Bordovach, Abdel El Ouarroudi
Création du miroir : Thierry Good




Crue et nue c'est d'abord un livre que j'ai lu peu de temps avant le festival :

I
Le livre m'avait touché. Le spectacle restera comme un moment fort de ce festival. La comédienne m'avait fait souvent rire de Merci Bernard à Fais pas ci, fais pas ça, m'avait aussi émue, d'Une histoire simple de Sautet à Juste une question d'amour, mais là c'est dans un tout autre registre qu'on la retrouve. Les blessures derrière les rires. Le corps comme prétexte pour parler d'une femme, pour parler des femmes... et des hommes. Que ceux-ci n'aient pas peur, ils riront aux éclats pendant le spectacle. Jaune parfois, mais les femmes aussi. Ce n'est pas un spectacle contre les hommes. C'est un spectacle qui fait rire, tout sexe confondu, et qui fait réfléchir. 
Au détour d'une anecdote, tout en légèreté, la chute vient faire réagir. De l'excision à la prostitution, de l'inceste aux violences conjugales, de la manipulation aux régimes, chirurgie esthétique et industrie autour du corps de la femme, le livre comme le spectacle, ne laisse pas indifférent. Des répliques que l'on aimerait ne plus avoir besoin de prononcer, des combats que l'on souhaiterait ne plus avoir à mener. Et puis il y a la générosité de la comédienne, et les réactions des spectatrices qu'elle accueille à bras ouvert à la sortie de la salle. De l'émotion sur le trottoir devant le Petit chien. Et je crois que c'est cela qui m'a le plus touché...
Bref, entre prise de consciences pour certain(e)s et rires pour les autres, il reste deux jours, c'est jusqu'au 28 juillet!

Le petit chien 15h45 -Entrez et fermez la porte de Marie Billetdoux, 

mis en scène par Marie Billetdoux

 Elles sont venues pour un casting...Elles ont 20 ans, quelques minutes à peine pour convaincre. L'épreuve est physique et psychologique. L'après-midi est courte, les filles jolies, l'enjeu difficile, le réalisateur souvent odieux... 
Avec : Léa Dauvergne, Armelle Abibou, Camille Lockhart, Margaux Vallé, Lou De Laâge, Jeanne Monot, Aurélie Noblesse  et la voix de Jacques Higelin.

Mon petit mot 

Les comédiennes défilent sur scène,pour cette audition qui nous révèle les coulisses du cinéma, et permet de dresser de beaux portraits de jeunes comédiennes, la surdouée, la rebelle, la paumée... quelques minutes pour convaincre, pour se livrer, et une scène finale en décalage avec le reste... un joli moment (peut-être un peu inégal) dans le milieu de journée du festival
Et une pièce qui pourrait  être un beau tremplin on espère pour certaines de ces jeunes actrices.

Lyric hispanic

 théâtre au coin de la lune,19h15
Cie Coïncidences Vocales
C’est une invitation à goûter «l’autre» chant de l’Espagne :le lyrisme des Granados, De Falla, Turina, Lorca…
Imprégné de soleil, d’humour, de passion, de gravité et de l’essence même d’un peuple…
La voix chaude et sensuelle de la chanteuse s’allie aux accents profonds de la «Guitarra» et aux gestes précis de la danseuse flamenca pour caresser le fameux «Duende», ce diabolique frisson signant l’authentique…

mise en scène : Jean-Luc Paliès
scénographie : Luca Jimenez
danseur : Loreto Azocar, Karine Gonzalez ou Diana Regaño
musiciens : Rémi Jousselme
chanteur : Magali Paliès
Une petite bulle entre deux représentations théâtrales, entre la foule et la canicule,  la voix, la musique, la danse, nous transportent ailleurs... Couleurs, ambiance, un voyage...un peu d'ailleurs avant de retourner vers une autre pièce de théâtre...

Callas 

Texte Jean-Yves Picq Mise en scène Jean-Marc Avocat
Chapelle Sainte Claire 21h30 théâtre des halles
 Jean-Yves Picq a constitué, à partir d’authentiques interviews de la chanteuse, un texte captivant, qui donne vie à un authentique personnage de théâtre nommé Maria Callas. Elle est en conférence de presse. Elle parle de sa vie et de son art, et de leur étroite imbrication. 
Avec Noémie Bianco 
Lumière : Justine Nahon
Mon petit mot: 
Callas... l'artiste, la femme, et la difficile adéquation entre les deux. Les rêves de vie familiale, de tranquillité, d'une artiste perfectionniste, plongée si jeune dans le tourbillon de la scène, du succès et du monde cruel des journalistes, critiques, voir du public traquant le moindre faux pas. C'est aussi une réflexion sur l'évolution du monde de l'opéra, les mises en scène, l'incarnation du rôle et ses répercussions sur la voix (chanter une agonie à pleine voix, ou non...)et voilà qui donne envie de replonger dans les enregistrements de Maria Callas!


Jour 3 avant de reprendre le train

Kiss Richard Marc Citti William Shakespeare à  L'Entrepôt


Présentation du spectacle
Mathieu répète Richard III sous l'oeil acéré de Nina, sa metteure en scène.
La répétition se déroule sans encombres jusqu'à la scène Richard III / Lady Anne.
Nina intervient alors et recadre sévèrement Mathieu. 
Désemparé, Mathieu convoque alors Richard, le vrai. Le personnage de Shakespeare apparait et entreprend de guider Mathieu dans son interprétation.
  
C'est avec ce spectacle que s'est achevé mon séjour au festival d'Avignon, et que j'achève ma série d'articles consacrés aux pièces vues (je profiterai du mois d'août pour quelques articles-photos d'Avignon, côté festival comme côté tourisme).

Un seul en scène un peu déroutant au départ, je ne connais pas parfaitement Richard III (ok, je vais m'y plonger un de ces jours!), et j'ai un peu perdu le fil des différents personnages avant de raccrocher à la suite de la pièce et de ne plus lâcher jusqu'au bout!

Une belle performance d'acteur, et des éclairages apportés sur les héros de l'oeuvre, mais aussi bon nombre de réflexions sur le rapport acteur - metteur en scène, les seconds rôles...  (qui suscitent de nombreux rires) et donnent envie de redécouvrir l'intégralité de l'oeuvre.
Pari gagné, on en sort avec l'envie de se plonger immédiatement dans le grand William! 

Commentaires

  1. Un sujet passionnant! Mais je ne l'ai pas vu! Très antipathique ce Frantz Haber, un bienfaiteur et un criminel puisqu'il accepte l'utilisation de son invention : science sans conscience...! Je connais moi aussi les deux acteurs que j'ai vus il y a très longtemps dans un Marivaux plein de finesse. J'ai assisté aussi à la pièce de leur Musset Il faut qu'un porte... avec un très belle interprétation d'Isabelle Andréani mais un peu poussif au niveau de la mise en scène et des décors.

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    Réponses
    1. la pièce a été filmée le jour où nous étions, peut-être y aura-t-il un DVD?

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  2. C'est ce qui m'a plu, cette façon de ne pas trancher
    et de donner à chacun des arguments "respectables"
    ces acteurs, que nous avions tant aimé l'an dernier dans Claudel (l'échange je crois) sont vraiment excellents, très présents, très efficace, très impliqués

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