samedi 27 juillet 2013

Qui es-tu Fritz Haber ? Claude Cohen Isabelle Andréani, Xavier Lemaire

Qui es-tu Fritz Haber ?

de Claude Cohen 
L’ultime confrontation du couple de chimiste Clara et Fritz Haber au soir de la 1ère utilisation des gaz de combat dans les tranchées de la guerre 14/18 ! Clara ne peut accepter que l’armée allemande utilise ce mortel gaz chloré que son mari vient d’inventer. Ce soir de mai 1915, nous allons être les témoins de la violente dispute qui met en lumière leurs multiples désaccords sur la religion, la science, la vie jusqu’à la tragédie… Un scientifique peut-il s’affranchir de toute considération morale ? Cette pièce claque et réveille nos consciences, servie avec brio par I. Andréani et X. Lemaire qui nous avaient régalé à la Luna dans "l'Echange" et "Le Jeu de l'Amour et du Hasard".
FAM Prod
Avec : 
Isabelle Andréani / Clara Immerwahr Haber
Xavier Lemaire / Fritz Haber
Mise en scène : Xavier Lemaire
Costumes : Rick Dijkman
Décors : Caroline Mexme
Lumières : Stéphane Baquet
Musique : Régis Delbroucq 
Théâtre de La Luna à 11h11 
 


Pour retrouver l'ensemble de mes articles sur ce festival d'Avignon off 2013:
Kiss Richard Marc Citti William Shakespeare
 
 
 
 
 
Les mangeurs de Lapin remettent le couvert
  
La pitié dangereuse
 
 
 
 
 




Lyric Hispanic
Qui es-tu Fritz Haber ?  Claude Cohen  Isabelle Andréani, Xavier Lemaire
 
 
crue et nue Eva Darlan
Sindbâd, Céline Sorin, festival Avignon


Mon petit mot:
Un spectacle émouvant, qui fait réfléchir: le sujet est d'autant plus terrible que les personnages ont réellement existé, et la confrontation de leur deux conceptions de la science... et de la conscience...  n'est pas sans susciter chez nous la même réflexion: d'une invention à son utilisation... le fossé peut-être tragique.
Chaque personnage développe ses arguments, sans que la question puisse être tranchée, l'un comme l'autre a raison, a  "sa" raison, et chaque spectateur peut se faire son propre chemin. 
Et puis il y a aussi la question de la religion, un juif qui se renie qui espère s'élever dans la société allemande, quel qu'en soit le moyen, il y a aussi la place de la femme, au laboratoire ou au foyer, celle du progrès technique et de ses répercussions pas toujours positives, il y aussi le couple même,  de l'amour au déchirement, bref, une pièce très riche, jusqu'aux dernières minutes qui resteront en mémoire. 
Le texte ne laisse pas de répit, le jeu des comédiens non plus, beaucoup d'émotion à La Luna,  et des questions qui continuent de flotter dans les esprits en en sortant...
C'est jusqu'au 31 juillet, allez-y!


Pour en savoir plus sur les personnages historiques et sur cette pièce:
qui es-tu fritz haber  et dossier du spectacle

«Ambivalences» par Axel Kahn(Préface de l’édition de 2011)
Le drame se joue au printemps 1915 entre Fritz Haber et Clara Haber, à Berlin, illustre avec une incroyable densité tragique beaucoup de passions humaines parmi les plus impérieuses : l’ambition, le désir de puissance, la quête scientifique, le nationalisme, le machisme. La pièce de Claude Cohen, (le Nuage Vert-

Qui es -tu Fritz Haber?», s’efforce d’en montrer les effets en dessituations où sont en jeu l’ambivalence de le science-bienfait et menace pour l’humanité et le dur combat pour l’émancipation des femmes, à peine ébauché dans l’Allemagne impériale et prussienne de début du 20 ème siècle.
Clara Immerwarh est l’image émergente de la femme moderne, soucieuse de maîtriser à la fois sa vie professionnelle et sa vie de femme, intelligente et ambitieuse. Elle est le premier amour de Fritz Haber qu’elle rencontre durant son adolescence et que, bien des obstacles étant surmontés, elle finira par épouser longtemps après, âgée de trente ans. Elle est aussi une jeune étudiante de Breslau, issue d’une famille juive respectée, qui se distingue très tôt en devenant le premier docteur ès-sciences féminin, l’université de cette ville, après avoir du pour ce faire surmonter de nombreux préjugés.
Fritz Haber est juif lui aussi, fils d’un industriel de la chimie des colorants et des produits pharmaceutiques. Il termine ses études de chimie à l’université de Karlsruhe et, pour pouvoir poursuivre une carrière  académique, se convertit au protestantisme luthérien ; il est nommé professeur en 1908, à 40 ans. C’est en 1909 qu’il se présente à la firme BASF les résultats qui devaient lui valoir en 1918, à juste titre, le Prix Nobel de Chimie : sous haute pression et à température élevée, en présence d’un catalyseur métallique, il est possible d’hydrogéner de l’azote de l’air pour former de l’ammoniac, NH3. Perfectionné par les chercheurs de BASF, en particulier Carl Bosch, ce procédé permettra de fabriquer au fil des ans des millions de tonnes d’engrais «azotés» indispensables à l’accroissement de la productivité agricole exigée par la démographie mondiale. En ce sens, le chimiste Fritz Haber est un bienfaiteur de l’humanité, sauvant selon toute évidence des dizaines de millions de personnes de la famille. Fritz est aussi un homme reproduisant jusqu’à l’excès la raideur et la morgue prussienne. D’un orgueil démesuré, écrasant ses élèves et ses collaborateurs de sa haute taille et de sa superbe arrogance, il est le mâle dominateur exigeant que son épouse Clara sacrifie peu à peu totalement après la naissance de leur fils Hermann sa carrière au service de la sienne propre. (...)

4 commentaires:

  1. Un sujet passionnant! Mais je ne l'ai pas vu! Très antipathique ce Frantz Haber, un bienfaiteur et un criminel puisqu'il accepte l'utilisation de son invention : science sans conscience...! Je connais moi aussi les deux acteurs que j'ai vus il y a très longtemps dans un Marivaux plein de finesse. J'ai assisté aussi à la pièce de leur Musset Il faut qu'un porte... avec un très belle interprétation d'Isabelle Andréani mais un peu poussif au niveau de la mise en scène et des décors.

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    1. la pièce a été filmée le jour où nous étions, peut-être y aura-t-il un DVD?

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  2. C'est ce qui m'a plu, cette façon de ne pas trancher
    et de donner à chacun des arguments "respectables"
    ces acteurs, que nous avions tant aimé l'an dernier dans Claudel (l'échange je crois) sont vraiment excellents, très présents, très efficace, très impliqués

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