Le Maestro: A la recherche de la musique des camps , Thomas Saintourens

Le Maestro: A la recherche de la musique des camps (1933-1945) de Thomas Saintourens
Date de publication Octobre 2012
 Éditeur Stock
Le Maestro Thomas Saintourens

Présentation de l'éditeur
À Barletta, ville du sud de l'Italie, un homme fascinant redonne vie à des musiques oubliées. Depuis plus de vingt ans, Francesco Lotoro, pianiste de formation, recherche puis enregistre avec un orchestre local les oeuvres composées plus ou moins clandestinement dans les camps pendant la Seconde Guerre mondiale.
Cet obstiné de 47 ans, aidé de sa femme et d'une poignée d'amis, a archivé plus de quatre mille partitions, parfois inachevées ou parcellaires. Symphonies, opéras, chansons folk, choeurs religieux, mais aussi swings ou musique rom : les artistes emprisonnés n'ont jamais renoncé à leur liberté créatrice, quitte, pour certains, à le payer de leur vie.
De Prague à Cracovie, de Rome à Paris, voici une course contre l'oubli, où chaque note sonne comme un défi à l'oppresseur. Un pan entier de l'histoire de la musique, jusqu'ici laissé sous silence, se dévoile au fil des pages et des partitions du maestro de Barletta.
"Permettre aux musiciens de continuer à travailler était aussi un moyen de mieux les contrôler. Dans le camp d'Auschwitz, il y avait sept orchestres. Quand j'ai commencé, je pensais retrouver tout au plus quelques centaines d'oeuvres", expose Francesco Lotoro Depuis il a retrouvé quatre mille partitions écrites dans ces difficiles conditions. L'homme les archive, à l'exemple d'une pièce en cinq actes écrite sur du papier hygiénique, signée Rudolf Karel, disciple d'Antonín Dvorák, compositeur tchèque bien connu. Il ratisse large, recueillant certes la musique classique, mais aussi des oeuvres légères ou de variété, européennes ou venant d'horizons plus lointains. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer les titres des pièces: on trouve là des sonates, des fugues, des chansons de cabaret, des cadences destinées aux concertos pour piano de Beethoven, des symphonies, et d'autres choses encore. 
 Son devoir de mémoire prend peu à peu la forme d'une série de disques, dont six ont déjà paru, sous le label KZ Musik. 
http://www.ilmc.it/

Le début

Barletta, 9 juillet 2011
Voilà, c'est ici. Via dell'Industria, Barletta, Italie.
Plein sud, au coeur des Pouilles.
Une rue d'usines et d'entrepôts, un trait d'asphalte qui ne mène nulle part. Le Mezzogiorno des manufactures, un littoral sans parasols où le sirocco brûle la peau, charrie des embruns poisseux, des relents de métal en fusion. Le goudron colle aux semelles comme un chewing-gum trop mâché. Cinq cents mètres plus au nord, il y avait encore des fleurs aux fenêtres, des scooters, la vie.
Depuis le centre-ville, il faut tourner trois fois pour rejoindre la via dell'Industria. Longer le centre commercial Mongolfiera, vaisseau urbain surmonté d'une montgolfière en plastique vert. Puis contourner l'usine de ciment, rouillée jusqu'à l'os. Derrière les buissons et les oliviers, un rempart masque la voie ferrée, direction Bari.
Cette rue n'est pas conçue pour la marche. Elle n'a pas de trottoirs, juste des accotements sablonneux. Les bâtiments, de deux étages maximum, sont protégés par des portails automatisés. Le numéro 93 est un bloc de béton édifié en symétrie autour d'un escalier blanc que garde la statue d'un christ grandeur nature.
De la musique s'échappe du balcon. Des notes de piano dégringolent en cascade, en grand huit d'arpèges, couvrant jusqu'au chant des grillons. Un chien-loup sort de l'ombre, se bloque en vigile, poitrail bombé. Quelques corniauds surgissent de sous les voitures, s'arrêtent net au bas des marches.
Monter, tout de même. Suivre la musique.

Mon avis:
Un bel hommage à la quête de Francesco Lotoro!
Double hommage en fait, à ce chercheur passionné, et aux musiciens déportés. 
On suit les traces du pianiste, sur la piste des partitions composées par des musiciens déportés par les nazis pendant la Seconde guerre mondiale, on découvre le destin tragique de ces compositeurs, comment ils sont parvenus à continuer à produire de la musique, dans les pires conditions, un document à la fois bouleversant et très intéressant.On alterne entre les recherches de Lotoro, ses enregistrements, d'archives en voyages, de scènes familiales... (qui apportent souvent une touche de légèreté bienvenue) et les pages biographiques d'une quinzaine de musiciennes et musiciens.Un bel hommage qui leur est rendu.
 La musique, au-delà de tout...

A prolonger en musique, par exemple avec : 


Lu dans le cadre de l'opération dialogues croisés, un grand merci , ainsi qu'aux éditions Stock.
 Une lecture qui rentre dans le cadre de plusieurs challenges et listes de lecture:



Une participation au challenge seconde guerre mondiale
ça y est, je suis arrivée à l'objectif de lire 1/100 des livres parus en cette rentrée littéraire, c'est le 7ème, après:
L’amour commence en hiver de Simon Van Booy 
Simon Eine, des étoiles plein les poches
L’amour sans le faire Serge joncour
Une place à prendre de JK Rowling
Musique absolue, Une répétition avec Carlos Kleiber - Bruno Le Maire
Que viva la musica d'Andres Caicedo

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