samedi 29 septembre 2018

Les fées du Rhin Jacques Offenbach #opéra #Tours

Rien de tel qu'une oeuvre totalement inconnue (de moi, mais je n'étais pas la seule :) ! ) pour débuter la saison opératique du Grand Théâtre de Tours.

Pour mon 1 er spectacle vu depuis le festival d'Avignon (le manque commençait à se faire sentir), direction donc l'opéra, sans aucune idée de ce que j'allais y voir!

Photos


Opéra romantique en 4 actes Livret de Charles Nuitter et Jacques Offenbach
Nouvelle production de l'Opéra de Tours  Coproduction avec le Theatre Orchestre Bienne Soleure
Création de la version française originale

Direction musicale Benjamin Pionnier
Mise en scène, décors et costumes Pierre-Emmanuel Rousseau
Lumières Gilles Gentner Vidéo Charlotte Rousseau

Laura / La Fée : Serenad Burcu Uyar
Franz : Sébastien Droy
Hedwig : Marie Gautrot
Conrad von Wenckheim : Jean Luc Ballestra
Gottfried : Guilhem Worms
Le paysan / Premier mercenaire :  Marc Larcher
Deuxième mercenaire : Jean-Marc Bertre

Choeur de l'Opéra de Tours, Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours


Quelle bonne idée d'avoir sorti ces Fées du Rhin de l'oubli!

Pierre-Emmanuel Rousseau a placé l'action dans un de ces pays de l'est ravagés par les génocides, il y a encore si peu de temps, une roulotte, des arbres, des projections vidéos pour soutenir l'aspect fantastique de l'oeuvre, ses elfes et fées, sa nature foisonnante en contrepoint à la folie des hommes.

Mais attention, le titre est trompeur, l'univers de ces fées du Rhin n'a rien de rose.
C'est la guerre, qui rend fou ses soldats et fait des ravages chez les populations civiles.
On tue les hommes, on viole les femmes, on pille, on égorge, la violence est partout sur le plateau , il n'y aura pas de happy-end.

Et pourtant, au milieu de cette noirceur, il y a une belle histoire d'amour , contrariée bien sûr...
Et dans ce monde de mercenaires, deux très beaux rôles féminins, avec un duo mère - fille (même si au premier coup d'oeil on croirait plutôt deux soeurs! )  qui porte l'intrigue et les valeurs positives contre celles des hommes.
A la découverte de l'oeuvre s'ajoute ainsi celle de Marie Gautrot en Hedwige, une belle figure maternelle, entre douleur, amour et folie du désespoir ...

Je retiendrai aussi la prestation de Guilhem Worms, qui se retrouve jeté à terre un nombre incalculable de fois, (il y a ainsi quelques gestes un peu répétitifs, et tant que je suis dans les bémols, certaines parties sont un peu longues )  sans que cela n'altère en rien sa prestation vocale.
 
Bref, un Offenbach bien loin de ses opérettes et une oeuvre qui mérite largement d'être redécouverte!




Il vous reste deux représentations pour aller découvrir ces Fées sur les bords de Loire :
Dimanche 30 septembre - 15h00
Mardi 2 octobre - 20h00


jeudi 27 septembre 2018

Dix-sept ans - Eric Fottorino #rentréelittéraire #rl2018 #gallimard

C'est le premier livre que je lis de cet auteur, dont j'aime pourtant suivre les interviews, il était temps!


Impression donc d'être en terrain pas tout à fait inconnu, dans ce livre qu'il a composé sur les traces de sa mère, méconnue et mal aimée.

J'en ai beaucoup apprécié l'écriture, des petits jeux de mots qui font sourire au détour d'une page plus mélancolique. Un peu de fiction, beaucoup d'histoire personnelle, une belle histoire!

"Lina n'était jamais vraiment là. Tout se passait dans son regard. J'en connaissais les nuances, les reflets, les défaites. Une ombre passait dans ses yeux, une ombre dure qui fanait son visage. Elle était là mais elle était loin. Je ne comprenais pas ces sautes d'humeur, ces sautes d'amour".

Lina, c'est sa mère, qu'il n'appelle longtemps que par son prénom, dont il s'est éloigné, pendant des années, jusqu'à ce qu'un jour, au crépuscule de sa vie, elle révèle à ses trois fils un douloureux secret : l'existence d'une autre enfant, que sa famille l'a obligée a abandonner .
Il va alors s'interroger sur sa propre naissance et comprendre la raison de ses sentiments contradictoires envers sa famille. 


Connait-on vraiment ses parents ? Dans une famille "normale", il y a déjà bien des secrets, ici chaque personnage peut en effet devenir un véritable personnage de roman!

Une mère qui fut une soeur, les pères empêchés, absents, le poids de la grand-mère, entre religion et bourgeoisie, entre abandons et mensonges, une enfance des plus cahotiques. Le lien mère - fils peut-il y survivre ?
Il faudra bien du temps, bien des explications pour en renouer légèrement le fil.
Il faudra Nice. La ville où tout a commencé, la ville où la boucle sera bouclée.

Nice, un vrai personnage dans cette histoire. La Nice des années 60, et celle d'après l'attentat et celle où l'auteur nous invite à la promenade...

Il va falloir maintenant que je lise les romans qu'il a consacrés aux "pères" !




mardi 25 septembre 2018

Un coeur simple #mardiconseil #theatre #pochemontparnasse

Dans la série, vus à Avignon, un des meilleurs souvenirs de l'été dernier :

 UN COEUR SIMPLE, d'après Gustave Flaubert, adapté et joué par Isabelle Andréani, dans la mise en scène de Xavier Lemaire.

A partir du 02 Octobre, vous pourrez retrouver La Compagnie Les Larrons au Théâtre de Poche,
du mardi au samedi à 19h .


Ce que j'en disais alors :
Un coeur simple Gustave Flaubert #off18 

 et Félicité et Loulou sont toujours bien en mémoire!

dimanche 23 septembre 2018

1er bilan #RL2018 #rentreelittéraire #coupdecoeur #livre


Je viens de terminer ma 10 ème lecture dans le cadre de cette rentrée littéraire, l'heure d'un premier bilan:

Mon trio de tête pour l'instant :

L'été des quatre rois Camille PASCAL


Un monde à portée de main Maylis de Kerangal


Les exilés meurent aussi d'amour Abnousse Shalmani

Le trio suivant :

Maria Vittoria d'Elise Valmorbida 

Carnaval noir Metin Arditi 

Simple Julie Estève

Pour le monde du théâtre ou du cinéma

Sergent papa de Marc Citti
   


D'autres que j'ai moins aimé que certains l'ont fait mais dont je retiens aussi beaucoup de positif!

Noir sur Blanc
Trois fois la fin du monde Sophie Divry 
 
 
Et vous, vos incontournables de cette rentrée? 

vendredi 21 septembre 2018

Tu t'appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider #Grasset #rentreelitteraire #rl2018


Maria Schneider... que reste-t-il de la star du cinéma des années 70 dans la mémoire de chacun?

Une scène hélas, revenue à la une des médias après l'affaire Harvey Weinstein et #Metoo.
Le Dernier Tango. Ce film qui a brisé à jamais l'adolescente fragile qu'elle était... 
Trahison, humiliations, jamais oubliées.

Quelques années après sa disparition, en 2011, sa cousine, Vanessa, lui dédie ce livre, pour ne surtout plus la réduire à ce symbole des violences faites aux femmes, dans l'industrie du cinéma, mais aussi hélas, parce que même si la parole commence à se libérer, rien n'est encore réglé. 



Elle était un "petit chaton écorché", une famille où tout ne tourne pas vraiment rond, un équilibre si fragile qu'il va faire de toi la proie idéale...

Puis ce sera la drogue, les addictions, mais aussi de belles rencontres et quelques mains tendues marquantes.

De Marlon Brando à Daniel Gélin, de Brigitte Bardot à Patti Smith, dans des portraits sans concession, Vanessa Schneider reconstitue l'itinéraire tragique de sa cousine qu'elle admirait lorsqu'elle était enfant et donne envie de découvrir les autres films où elle a joué.
C'est aussi le tableau des années 70, et sa propre enfance, et au final un texte touchant qui est un bel hommage à Maria Schneider.
Qu'a-t-elle fait pour elle?
La question est posée dans le livre. Elle a écrit. Tout simplement...



photos














mercredi 19 septembre 2018

Moby Dick Jame’s Prunier #BD #MercrediBD

adaptation de Fouca Dabli, illustrations de Jame’s Prunier, éditions Milan

Depuis ma lecture de

La Maison à droite de celle de ma grand-mère par Michael Uras Préludes 
je souhaitais relire le roman de Herman Melville dont le héros de Michael Uras traduit l'oeuvre, mais c'est finalement vers cette adaptation graphique que je me suis tournée, séduite par le trait de Jame's Prunier. 


Une ambiance entre aquarelles, ou peintures à l'huile, planches documentaires et scènes à la Edward Hopper qui m'ont immédiatement séduite dès que j'ai commencé à feuilleter cet ouvrage.

Entre musée d'art pictural ou des traditions comme la chasse à la baleine, c'est à un vrai dépaysement que nous invite l'auteur!
Beaucoup de détails dans les illustrations, à prendre le temps d'admirer!



La lutte entre le capitaine, Achab,et Moby Dick, la monstrueuse baleine blanche qui lui a arraché la jambe, est parfaitement illustrée, le texte, adapté et coupé bien sûr mais qui reste suffisamment dense pour ne pas en perdre la force, garde bien l'esprit du roman dont il est une très bonne introduction pour les jeunes (et moins! ) lecteurs!

A découvrir pour le plaisir des yeux, et celui des mots!

Toutes les participations à la BD de la semaine sont ici cette semaine :
Stéphie
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mardi 18 septembre 2018

#mardiconseil #theatre #bojangles #f(l)ammes

Mon mardi conseil est théâtral!

Avec deux pièces vues et appréciées à Avignon à retrouver en région parisienne :





En attendant Bojangles #OFF17 La Luna 

sera le 17/11/2018 à Lagny sur Marne, puis en décembre à Vincennes et St Maur des fossés, à ne pas manquer! 

De même que  




F(l)ammes Théâtre des Halles De et mise en scène Ahmed Madani #OFF17

 dont je garde un souvenir très fort et qui sera Théâtre des Quartiers d'Ivry .



 

dimanche 16 septembre 2018

Maria Vittoria d'Elise Valmorbida #Rentréelittéraire #RL2018

éditions Préludes
Traduit par Claire Desserrey

Une saga familiale comme je les aime, autour d'un personnage féminin marquant!

Tout commence en 1923 dans un minuscule village italien, au coeur de la montagne, dans les Dolomites.
Pour les parents de Maria Vittoria, il est temps de trouver un mari à leur fille. Pas question de sentiment, il s'agit de trouver le meilleur parti possible. Acheter. Vendre.

Tout au long du roman, un leitmotiv faire "belle figura". Préserver les apparences, toujours. Montrer ascension sociale, respectabilité.
Peu importe si une fois la porte refermée, c'est la violence et le désenchantement qui priment.

Nous suivons le destin de cette jeune femme, son mariage donc, l'installation dans la plaine, la création d'une épicerie, la naissance des enfants... et puis la guerre.
Entre fascisme, résistants, américains, famine et bombardements, la région de Vicenze ne sera pas épargnée par ses années noires.

Mais la guerre ne change finalement pas grand chose, le poids de la religion, de la domination masculine, le travail essentiel (on travaille pour manger, on mange pour travailler, le deuxième leitmotiv) et c'est au final la promesse d'une terre promise, l'Australie, qui suscite un petit espoir...

Et d'ailleurs qui sait, pourquoi pas une suite autour de cette nouvelle vie en Australie? 

Le livre s'achève sur plusieurs recettes de cuisine évoquées dans le roman, certaines que l'on essaiera avec plaisir pour retrouver les saveurs italiennes, d'autres que l'on se contentera de lire comme celles des temps de pénurie!




La giostra degli scambi


D'origine italiene, Elise Valmorbida a grandi en Australie avant de tomber amoureuse de Londres. Auteure de nombreux essais et romans, elle donne des cours de creative writing et dirige une entreprise de consultants en communication. Maria Vittoria est son premier roman publié en France.

vendredi 14 septembre 2018

Trois fois la fin du monde Sophie Divry #RL2018 #rentreelitteraire

Éditions Noir sur Blanc

Dans la série livres surprenants de cette rentrée littéraire! 



Voilà un roman qui commence de façon "classique", à la suite d'un braquage qui a mal tourné, où son frère est mort, Joseph Kamal est placé en détention. 
Il découvre le monde de la prison, sa violence, ses codes, mais au moment où il commence à s'y adapter une catastrophe nucléaire raye la moitié de la France de la carte... et le roman bascule dans un tout autre genre...

Le voilà seul au monde ou presque, dans une nature qui curieusement se remet bien vite de la catastrophe. Entre bricolage, agriculture, nous voici plongé dans une sorte de manuel de survie, entre ode à la nature et réflexion sur la solitude. De la surpopulation carcérale et sa promiscuité à l'isolement, quel est le pire? De l'Enfer au Jardin d'Eden?

Et puis tout bascule à nouveau après un incendie, qui enclenche le retour vers la civilisation ( et la couverture du roman est particulièrement bien choisie) . 

J'ai beaucoup apprécié l'écriture de l'auteure, qui m'a tenu en haleine jusqu'au bout, alors que le thème du roman ne m'a pas franchement captivée. 
J'en retiendrai donc surtout le nom de Sophie Divry et me tournerai avec plaisir vers ses autres publications!




mercredi 12 septembre 2018

Les vieux fourneaux #cinéma #BD

N'ayant toujours pas lu la BD (oui je sais, honte à moi ! ) , je me suis offert un avant goût au cinéma... et j'ai beaucoup aimé!

Comme j'avais beaucoup aimé cette BD :

Un océan d'amour, Grégory Panaccione, Wilfrid Lupano





Le film :
Réalisé par Christophe Duthuron
Avec :  Pierre Richard , Eddy Mitchell,  Roland Giraud, Alice Pol , Myriam Boyer...

Présentation du film
Pierrot, Mimile et Antoine, trois amis d’enfance de 70 balais, ont bien compris que vieillir était le seul moyen connu de ne pas mourir et ils sont bien déterminés à le faire avec style ! Leurs retrouvailles à l’occasion des obsèques de Lucette, la femme d’Antoine, sont de courte durée … Antoine tombe par hasard sur une lettre qui lui fait perdre la tête. Sans fournir aucune explication à ses amis, il part sur les chapeaux de roue depuis leur Tarn natal vers la Toscane. Pierrot, Mimile et Sophie, la petite fille d’Antoine enceinte jusqu’aux dents, se lancent alors à sa poursuite pour l’empêcher de commettre un crime passionnel… 50 ans plus tard !




Le film reprend tout à fait l'univers des planches de la BD


J'ai apprécié tout particulièrement, dans la dernière partie du film, la scène où Sophie raconte avec ses marionnettes, le drame qui s'est produit des années plus tôt.
On glisse quelques instants de le film d'animation, une scène très réussie.  (j'ai beaucoup aimé également la scène où elle s'en prend à un groupes de grands-mères en leur reprochant d'être la cause de pas mal des problèmes du monde d'aujourd'hui!)


De l'humour, on sourit beaucoup tant les situations sont poussées à l’extrême, mais aussi de l'émotion quand le passé refait surface, une histoire touchante, qui me donne vraiment envie de me plonger dans les autres volumes de la BD ou dans l'histoire du Loup en slip !





mardi 11 septembre 2018

CCCOD expo Ghada Amer Tours #ValDeLoire Touraine #brunch

Au CCCOD si on peut apprécier les oeuvres d'Olivier Debré dont je vous parlais dans un précédent article
#CCCOD #expo Les nymphéas d'Olivier Debré #Tours #ValDeLoire #Touraine
 il ne faut pas manquer non plus le travail de Ghada Amer, ni une halte gourmande au café contemporain!

 
Dans la galerie noire, après un intéressant film de présentation de l'artiste et de son travail, on découvre d'abord "Dark continent", sculptures et toiles brodées de Ghada Amer.

A partir d'une technique ancestrale typiquement féminine, la broderie, elle déconstruit les codes, emploie des images stéréotypes de la femme objet, inclut quelques citations, pour mieux parler du féminisme d'aujourd'hui.








En clin d'oeil à Simone de Beauvoir...
Dans la nef, place à l'oeuvre emblématique de Ghada Amer, Cactus painting, à découvrir jusqu'au 2 décembre.
Près de 17 000 cactus de forme phallique, en contre-point aux peintures abstraites dont les femmes peintres sont les grandes absentes. On pense à Malevitch, Mondrian, Klee, Rothko...


d'autres oeuvres de l'artiste :



Avec vue sur l'église Saint-Julien et au fond la cathédrale Saint-Gatien
Ne manquez pas ensuite de prendre de la hauteur, pour voir la nef d'en haut...

et tant qu'à être à l'étage, une halte gourmande incontournable : le café contemporain!

Accessible de façon indépendante au musée, nous y étions un dimanche, l'occasion idéale pour découvrir le brunch du moment!
Jus de fruit, assiette salée, granola et café, parce que l'art, ça creuse!


Une journée qui s'est poursuivie par la visite de l'hôtel Gouin et son miroir d'eau

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