vendredi 20 juillet 2018

Pas pleurer Lydie Salvayre #off18

THÉÂTRE DES DOMS , 14h30, du 6 au 26 juillet, relâche les 11 et 18

Adaptation et mise en scène: Denis Laujol  Assistant: Julien Jaillot
 Avec: Marie-Aurore d’Awans Musicienne: Malena Sardi 

 Mouvement: Claire Picard  Scénographie: Olivier Wiame Lumières: Xavier Lauwers Création sonore: Malena Sardi Voix off: Alexandre Trocki Création vidéo: Lionel Ravira.


Il s'agit du récit par Lydie Salvayre, de l’histoire de sa mère Montserrat, - dite Montse -, plongée dans la guerre civile espagnole, à l'été 1936. Montse, qui avait quinze ans à l'époque, en a aujourd’hui nonante. Elle est en proie à de gros troubles de mémoire, et a tout oublié de sa vie, excepté cette courte période.
Devant sa fille, avec qui elle partage « une petite anisette » qu'on devine strictement interdite par les médecins, elle raconte son petit village perdu en Catalogne. La vie n'y a pas changé depuis le Moyen-Âge, rythmée par les récoltes d'olives, les fêtes de village, les mariages arrangés, son frère Josep, fraîchement converti aux thèses anarchistes et son rival stalinien Diego, les disputes familiales, les premières tentatives de collectivisation, l'irruption de cette idée que, peut-être, tout pourrait changer…
« Pas Pleurer », c'est l'injonction que répète Montse à sa petite fille serrée contre elle, sous les bombardements fascistes et dans le dénuement le plus total, alors qu'elle fuit son pays, l'Espagne, qui tombe aux mains des franquistes.
« Pas Pleurer », c'est aussi ce que nous dit Lydie Salvayre, alors que nous avons toutes les raisons de pleurer devant la bêtise humaine, aujourd’hui comme hier. Ne pas baisser les bras. Ne pas avoir peur.
Pas Pleurer (prix Goncourt 2014) est édité aux Editions du Seuil / Editions Points.



photos

Pourquoi ce spectacle?
Parce que je j'ai toujours pas lu le livre! 

Mon petit mot


Je n'ai donc pas lu le roman, mais cette adaptation donne très envie de le découvrir !


Les mots de Lydie Salvayre (et ceux de Bernanos que l'on entend aussi) font mouche et Marie-Aurore d’Awans, bien soutenue par la musique jouée en direct par Malena Sardi (un véritable duo et pas seulement un accompagnement ) nous conte de belle manière le destin de la jeune Montse.

Quel été que l'été 36 pour elle!

Celui de tous les possibles d'abord, de la découverte d'une autre vie que celle de son petit village, des femmes qui fument, qui portent des pantalons, qui s'installent à la terrasse des cafés... des hommes, qui disent des poèmes ou brûlent des billets de banque...

Celui de tous les drames aussi. Famille décimée, long et douloureux chemin vers l'exil.

Beaucoup d'énergie dans l'interprétation, de l'humour aussi, dans la langue employée en particulier, quand le français de la vielle dame qu'est devenue Montse se teinte de petites touches d'espagnol et déforme savoureusement les expressions...

Liberté... accueil des réfugiés... 1936/ 2018... toujours la même histoire...


Pas pleurer donc... mais agir, chacun à notre petit niveau...



Photo Yves KERSTIUS

Eric Demey

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