lundi 28 mai 2018

Voyage en Sicile 1 Palerme palais théâtres port Quattro Canti cathédrale Saint-Jean des Ermites


Notre voyage à la découverte de la Sicile commence et se termine à l'aéroport de Palerme, dont le site nous plonge tout de suite dans la géographie de l'île, entre mer et montagne...

Une arrivée (très!) matinale nous permettra de passer trois journées à la découverte de la ville de Palerme, capitale italienne de la culture 2018, de quoi en avoir un bon aperçu avant de faire le tour de l'île. A son image, Palerme est une ville de contrastes, qui m'a agréablement surprise!
Une arrivée plutôt grisaille et humidité, avant de retrouver soleil et ciel bleu! 

Conseil de voyage : choisir un logement dans le centre, et ensuite marche à pied! La ville est relativement plate, et le centre historique assez concentré, pas la peine de s'embêter dans la circulation!

Une bonne adresse de restau à noter : 
LA CASA DEL BRODO - Via Vittorio Emanuele, en plein centre, plats typiques siciliens.
Sinon, la réputation de la "street-food" de Palerme n'est plus à faire, on peut facilement manger très bien, et à petit prix, entre deux visites! 
Je programmerai un article "gastronomie sicilienne" pour la fin du récit du séjour! 


 Premier aperçu historique
 
La ville s'étend le long de la « coquille d'or », plaine autrefois réputée pour ses plantations d'agrumes. Plusieurs sommets encerclent la ville, tel le Monte Pellegrino au nord, qui culmine à 606 m d'altitude.
La ville a été fondée aux alentours du VIIIe siècle av. J.-C. par des commerçants Phéniciens puis fut conquise par les Romains en 245 av. J.-C..
Sous l'Empire byzantin, Palerme connaît une période florissante, qui dure deux siècles.
Au cours du IXe siècle elle passa sous la domination des musulmans et devint alors la capitale de l'île. Palerme demeura musulmane de 831 à 1071 et devint rapidement un important centre commercial et culturel connu dans le monde musulman pour ses nombreuses mosquées (plus de 300 selon le voyageur Ibn Hawqal).Les dirigeants musulmans lancèrent un vaste plan de développement agraire et encouragèrent la culture des agrumes, du papyrus et du coton.
En 1130, Roger II de Sicile, établit une cour où il accueillit des savants arabes comme le géographe Al-Idrisi.
En 1194, Palerme passa sous la domination des Hohenstaufen. Frédéric II transforma alors la ville en lieu de résidence fastueux, Frédéric II maintenant l'osmose entre les cultures grecque, musulmane et latine. Palerme devient le centre de l'Empire qui comprend les Pouilles et l'Italie du Sud.

En 1266 à la bataille de Bénévent, Manfred (fils de Frédéric II) est vaincu et tué par Charles d’Anjou, frère du roi de France Louis IX, dans le combat opposant la papauté et les Hohenstaufen,.

La domination angevine dure jusqu'en 1282, la capitale est déplacée à Naples.
En 1282, des Français de Sicile furent massacrés par les habitants au cours d'une révolte populaire contre la domination féodale du roi d'origine française Charles d'Anjou. À Palerme, 2 000 Français trouvèrent la mort lors de cette Pâque sanglante (les Vêpres siciliennes.), et au total au moins 10 000 Français furent massacrés.
Les Siciliens se libèrent du joug angevin en passant sous la protection du roi d'Aragon Pierre III. L'île est déchirée par les rivalités entre les familles nobles, tandis que le commerce avec Gênes et l'Espagne prospère avec l'échange de matières premières et de produits artisanaux.
En 1494, la Sicile est annexée à l'Espagne et Palerme devient le siège du palais du vice-roi. Les Juifs sont expulsés, l'inquisition est instaurée, et les privilèges de la noblesse s'accroissent.
Après Ferdinand d'Aragon, la couronne de Sicile passe à Charles Quint de la dynastie des Habsbourg. La ville s'enrichit particulièrement au profit de la noblesse et de nouvelles constructions voient le jour : la via Maqueda est ouverte, la porte Quattro Canti avec des statues érigées à l'effigie des rois dont Charles V...
 Piazza Bologni, statue de Charles Quint


La Porte Neuve, de 1583, commémore la victoire de Charles Quint sur l'armée turque, des Maures y sont représentés.




Aux XVIe et XVIIe siècles, Palerme se pare de nombreux monuments de style baroque dont beaucoup sont encore intacts de nos jours.

Les Bourbons unissent la Sicile au royaume de Naples en 1734 ; Palerme devient une simple ville de province, la cour royale se trouvant à Naples.


Palazzo Mazzarino

 

Le Palazzo Castrone - Santa Ninfa
au fil des rues



Le 12 janvier 1848, Palerme est la scène des premiers bouleversements révolutionnaires d'Europe et tient tête aux Napolitains jusqu'en mai 1849.En 1860, l'expédition des Mille de Garibaldi arrive à Palerme et parvient à l'annexer ainsi que l'ensemble de la Sicile au Royaume d'Italie, nouvellement unifié.

Place de la gare, statue équestre représentant Vittorio Emanuele II

 Au début du XXe siècle, Palerme commence à s'étendre en dehors des murs de la ville, vers le nord surtout le long du nouveau boulevard, la Via della Libertà.

Du côté de la piazza Marina




La Piazza Vittorio Veneto située à la fin de la Via Libertà, avec le Monument au cinquantième anniversaire de la libération de Palerme plus tard dédié aux morts de la Première Guerre mondiale. 
 


 La Poste, inaugurée en 1934



L'invasion des Alliés en juillet 1943 s'accompagne de bombardements massifs qui détruisent complètement le port et ses quartiers environnants.

L'entrée du musée art moderne Palazzo Riso (bombardé lors de la seconde guerre mondiale)


Le développement économique et social de la ville a été freiné par les activités de la Mafia, Palerme fut célèbre pour ses multiples règlements de compte entre clans (plus de 1 000 morts entre 1981 et 1983), ainsi que pour les assassinats en série de personnalités publiques. Elle fut marquée par les actions des juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, assassinés en 1992, et qui ont donné leur nom à l'aéroport.



Quattro Canti : centre névralgique de la ville, formé de l'intersection de la via Maqueda et du corso Vittorio Emmanuele.  Quatre bâtiments baroques à façade concave, ornés de fontaines, de statues représentant les saisons et les fleuves et surmontées des rois Charles Quint, Philippe II, Philippe III et Philippe IV. Également les statues de 4 saintes de la ville : Sainte Agathe de Catane, Sainte Christine de Tyr, Sainte Nymphe et Sainte Olive.



La piazza Pretoria : place bordée d'églises et de palais avec au centre la grande fontaine circulaire réalisée en 1554–1555 par Francesco Camilliani, à l’origine pour une villa de Florence et transportée sur place en 1575.
À cette époque, elle était surnommée la « fontaine de la honte » à cause de ses représentations de nymphes dénudées.
Les statues représentent les dieux de l’Olympe et les rivières de Palerme (Oreto, Papireto, Maredolce et Gabriele). Les statues entourant la fontaine représentent diverses divinités mythologiques.

 





On peut visiter gratuitement le Palazzo Pretorio, Municipio di Palermo qui se trouve sur la place. Après la prise de Palerme en 1860, il fut le siège du gouvernement de Garibaldi.
De l' Unification de l'Italie , les réunions du conseil municipal ont lieu dans la Sala della Lapidi , dans la Sala Gialla celles de la Giunta, tandis que celle du maire est appelée la Sala Rossa .





des étages, une belle vue sur les églises voisines



La cathédrale de Palerme dédiée à Notre-Dame de l'Assomption, de style arabo-normand, fut construite au XIIe siècle par l'archevêque normand Gautier Ophamil, à l'emplacement d'une très ancienne basilique de l'empire romain transformée en mosquée au IXe siècle par les Arabes.


 Les tours datent des XIVe et XVe siècles et le porche gothique catalan du XVe siècle. Elle fut remaniée après le tremblement de terre de 1693 qui en avait détruit une partie.


Le couronnement du premier roi de Sicile Roger II de Sicile y fut célébré à Noël 1130.


La cathédrale possède un héliomètre (« observatoire » solaire) datant de 1690 : un trou minuscule dans l'un des dômes mineurs agit comme un sténopé, projetant l'image du soleil sur le sol à midi solaire. Une ligne de bronze (méridienne) court sur le sol du nord au sud : les extrémités de la ligne marquent les positions du soleil aux solstices d'été et d'hiver ; les signes du zodiaque montrent les autres dates tout au long de l'année.






sur la façade, une inscription en caractères arabes



L’église Saint-Jean des Ermites, dont les origines remontent au VIe siècle, pendant la domination arabe a été convertie en mosquée pour être reconsacrée à l’ancien culte catholique par Roger I.  Elle est célèbre pour ses dômes rouges caractéristiques.  Le cloître, orné d’un jardin luxuriant, est la partie la mieux conservée de l’ancien monastère.






Une végétation luxuriante dans le jardin! Bananes, oranges, citrons, nèfles, tout y est!






vue sur le Palais des Normands




vue


Vues uniquement de l'extérieur : San cataldo et ses coupoles, et Santa Maria dell'Ammiraglio







L'église de la Martorana appelée aussi Santa Maria dell'Ammiraglio ,est une église en croix grecque, fondée en 1143, qui connut des transformations importantes aux XIIIe et XIVe siècles. Les offices y sont célébrés dans le rite grec orthodoxe. Elle a conservé un cycle de mosaïques byzantines exceptionnel, parmi les plus anciens de l’île. Une mosaïque représente Roger II couronné par Jésus.

Les gâteaux à base de massepain, généralement en forme de fruit, doivent leur nom de martorana au fait que c'étaient, jusqu'au XIXe siècle, les sœurs du monastère de la Martorana qui les préparaient et les vendaient. On les appelle frutta di Martorana.



Vues depuis l'hôtel de ville



Piazza San Domenico dans le quartier de La Loggia
Au centre de la place , la Colonne de l' Immaculée.


Teatro Massimo Vittorio Emanuele

Le Teatro Massimo est l’opéra le plus grand d’Italie et le troisième plus grand d’Europe avec plus de 1600 sièges et la possibilité d’accueillir sur scène jusqu’à 700 acteurs ! Construit au XIXème siècle il a été restauré et rouvert en 1997 après une période d’abandon






Le cirque- théâtre POLITEAMA GARIBALDI construit entre 1867 et 1874, il s'élève sur la piazza Ruggero Settimo . Depuis 2001, le théâtre est le siège de l'Orchestra Sinfonica Siciliana. L'entrée se compose d'un arc de triomphe surmonté du quadrige de bronze d' Apollon , oeuvre de Mario Rutelli , flanqué d'une paire de chevaux en bronze de Benedetto Civiletti.






En face, le Palchetto della Musica.
 Le Teatro Biondo

 

 

 

 

 


La tradition des théâtres de marionnettes est encore bien présente



le petit Teatro Ditirammu

Beaucoup de jardins à Palerme , par exemple la Villa Bonanno, entre le Palais des Normands et la cathédrale




 

La Villa Bonanno a été construite au début des années 1900 par le maire de la ville de l'époque, Pietro Bonanno. Des palmiers luxuriants ornent le jardin orné de statues et d’une fontaine avec le monument dédié à Philippe V.

Ou encore la villa garibaldi 

Le jardin de la villa garibaldi et son ficus de 30 m de haut

Dans les espaces qui invitent à la promenade : La Cala, le port historique de Palerme 

portraits des juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, victimes de la Mafia 







 

puis celui des bateaux de croisière

 
 Le parc archéologique de Castellammare 
Le Castello a Mare au nord du port était le rempart défensif le plus important du port de Palerme jusqu'au vingtième siècle. La première fortification sur le site date de l’époque arabe.
Nombreux vestiges des différentes occupations du site dans le parc archéologique qui l’entoure.



La Porta Felice et ses environs





A suivre dans un prochain article :
Le palais des Normands, le jardin botanique, palais Abatellis, le musée archéologique, palazzo Mirto, palais de la Zisa....

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