mardi 10 avril 2018

La petite fille sur la banquise de Adélaïde Bon

C'est son passage à la grande librairie, qui a fait fortement écho au spectacle
Les chatouilles ou la danse de la colère Andréa Bescond

que j'avais vu peu avant, qui m'a donné envie de lire ce livre que je n'avais pas repéré avant.
Grasset, mars 2018

Présentation de l'éditeur 

J’ai neuf ans. Un dimanche de mai, je rentre seule de la fête de l’école, un monsieur me suit. Un jour blanc.
Après, la confusion.
Année après année, avancer dans la nuit.
Quand on n’a pas les mots, on se tait, on s’enferme, on s’éteint, alors les mots, je les ai cherchés. Longtemps. Et de mots en mots, je me suis mise à écrire. Je suis partie du dimanche de mai et j’ai traversé mon passé, j’ai confronté les faits, et phrase après phrase, j’ai épuisé la violence à force de la nommer, de la délimiter, de la donner à voir et à comprendre.
Page après page, je suis revenue à la vie. »


Quand ses parents la trouvent en pleurs, mutique, Adélaïde ignore ce qui lui est arrivé. Ils l’emmènent au commissariat. Elle grandit sans rien laisser paraître, adolescente puis jeune femme enjouée. Des années de souffrance, de solitude, de combat.
Vingt ans après, elle reçoit un appel de la brigade des mineurs. Une enquêtrice a rouvert l’affaire dite de l’électricien, classée, et l’ADN désigne un cambrioleur bien connu des services de police. On lui attribue 72 victimes mineures de 1983 à 2003, plus les centaines de petites filles qui n’ont pas pu déposer plainte.
Au printemps 2016, au Palais de justice de Paris, au côté de 18 autres femmes, Adélaïde affronte le violeur en série qui a détruit sa vie.

Avec une distance, une maturité et une finesse d’écriture saisissantes, Adélaïde Bon retrace un parcours terrifiant, et pourtant trop commun. Une lecture cruciale.
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Mon petit mot
Il y a les mots qui blessent, qui peuvent briser profondément.
Il y a les mots qui consolent, qui apaisent.
Mais il y a aussi les mots qui révèlent et qui peuvent aider à guérir.
Mettre un mot sur un traumatisme, pouvoir nommer clairement les choses, quel pas en avant déjà... 

Adélaïde Bon nous livre un récit très touchant de toutes les répercussions du viol qui a brisé son enfance, des mécanismes psychiques qui avaient enfouis le drame si profond et de comment peu à peu, après bien des meurtrissures, tout est remonté à la surface. 

Et ce sont ces méandres qui font tout l'intérêt de ce livre, pas du tous pathos, mais qui devrait être une lecture obligatoire pour tous les professionnels de la justice ou de la santé, car, hélas, les personnes rencontrées n'ont pas toutes été à la hauteur. 

Et puis, au fond du gouffre, il a fini par y avoir le bon prononcé, puis les avancées de l'enquête, et enfin le procès qui occupe la dernière partie du livre. 

L'écriture est travaillée, du "elle" au "je", le ton est juste... à lire et à faire lire!


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14 commentaires:

  1. Ha j'aime bien ton avis, figure toi que l'auteur était invitée sur la 5 (Càvous)
    keisha

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    1. j'avais bien aimé son passage à la grande librairie!

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  2. Nous sommes complètement d'accord sur ce livre !

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  3. le sujet me rebute un peu, enlèvements des petites filles, viols....

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  4. Un sujet pas facile mais une lecture cruciale, je n'en doute pas.

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  5. Il faudrait peut-être que je trouve la force de le lire....

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    1. il n'est pas si dur à lire, le ton trouvé est assez distancié.

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  6. Un livre utile, donc ! Je le note pour plus tard.

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  7. Elle m’a beaucoup touchée lors de son passage à la grande librairie ! Merci de ta participation ;) une Comete

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