dimanche 8 janvier 2017

Vie de ma voisine, Geneviève Brisac

Grasset
Ça commence comme une nouvelle d’Alice Munro : lors de son déménagement, une romancière est abordée par sa voisine du dessus qui l’a reconnue, et l’invite chez elle pour parler de Charlotte Delbo.
Ça continue comme un récit d’Isaac Babel. Car les parents de Jenny, la voisine née en 1925, étaient des Juifs polonais membres du Bund, immigrés en France un an avant sa naissance.
Mais c’est un livre de Geneviève Brisac, un « roman vrai » en forme de traversée du siècle : la vie à Paris dans les années 1930, la Révolution trahie à Moscou, l’Occupation – Jenny et son frère livrés à eux-mêmes après la rafle du Vel' d’Hiv, la déportation des parents, la peur, la faim, les humiliations, et l’histoire d’une merveilleuse amitié. Le roman d’apprentissage d’une jeune institutrice douée d’une indomptable vitalité, que ni les deuils ni les tragédies ne parviendront à affaiblir.
Ça se termine à Moscou en 1992, dans la salle du tribunal où Staline fit condamner à mort les chefs de la révolution d’Octobre, par la rencontre improbable mais réelle entre des « zeks » rescapés du Goulag et une délégation de survivants des camps nazis.
À l’écoute de Jenny, Geneviève Brisac rend justice aux héros de notre temps, à celles et ceux qui, dans l’ombre, ont su garder vivant le goût de la fraternité et de l’utopie.


Mon petit mot

Dans le choix d'un livre, un ou deux mots sur une quatrième de couverture suffisent parfois , ici c'est la mention de Charlotte Delbo qui m'a attirée.
Et si elle est finalement très peu évoquée, je ne regrette pas mon choix puisque ce livre m'a permis de découvrir la vie d' Eugénie Plocki, dite Jenny Plocki, rescapée à 16 ans de la rafle du vel d'Hiv.  Jenny_Plocki


De son enfance à aujourd'hui, au fil des souvenirs, se tisse un destin assez incroyable.
Le parcours de ses parents d'abord, leur lucidité, leur décision ayant permis à leurs enfants de survivre, et puis les combats de cette femme forment un panorama intéressant de la deuxième moitié du siècle dernier.
Survivre. Dépasser culpabilité, désespoir. S'engager toujours. 

Et surtout, un magnifique hymne à la vie. C'est je crois le sentiment que ma mémoire associera à ce livre. Vivre.

Une femme qu'il est important de ne pas oublier!

Faites quelque chose de votre vie, de votre peau. 

Vivez et espérez. 

Le livre se termine par une courte biographie d'une autre femme, Elena Vladimirova, et donne envie d'en savoir plus sur cette combattante russe, j'aime beaucoup quand ainsi un livre ouvre vers d'autres recherches / lectures!

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dames de lettres

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