dimanche 23 juillet 2017

" Le non de Klara" Soazig Aaron Théâtre Au Bout Là-bas #OFF17

Interprètes : Françoise Allouch,  Manon Allouch, (alternance avec Sylvie Gilles et Juliette Peytavin)
Adaptation du roman : Sylvie Gilles
Mise en lecture : Manon Allouch
Lumière et son : Cynthia Lhopitalier
Graphiste : Mathilde Glocheux
Voix off : Sylvie Prim, Philippe Glorennec

Sur le plateau,deux femmes juives allemandes, très unies avant la tragédie de l'Histoire, se retrouvent face à face dans un huis clos. Nous sommes le 29 juillet 1945 quand Angelika entreprend de rapporter par écrit les bribes de confidences de Klara, sa belle-sœur et amie, revenue après trois ans passés à Auschwitz et six mois d'errance. Soazik Aaron ne fait pas de Klara « une belle figure de victime » Klara a choisi le NON comme moyen de survie.
Avec ce personnage désinvolte, cynique, insolente, voire même antipathique, l’auteur bouleverse la figure de l'héroïne. Plus qu'un témoignage, ce roman questionne la probabilité d'une réhabilitation pour les personnes civiles rescapées.
 Soazig Aaron signe une œuvre magistrale dont le Théâtre Au Bout Là-bas tente d'extraire la quintessence, dans une adaptation où la lecture sobrement mise en scène, fait entendre une histoire, une parole, une écriture.
« Klara est comme les grands brûlés qui disent ne pas souffrir. »On sait que ceux-là vont mourir. Klara ne sent plus rien, atteinte au degré extrême. » S.Aaron



Mon petit mot 

Une lecture à deux comédiennes, quelques projections vidéos, un dispositif épuré pour mieux laisser planer les mots de Soazig Aaron .
Je ne connaissais, je l'avoue, ni le texte, ni l'auteure, et cette mise en voix permet de découvrir non seulement son écriture, mais aussi la force d'un message différent.
La révolte, la colère, comme carburant de vie, de survie.
La vie d'après.
La confrontation aux autres... l'incompréhension.

Une histoire et un personnage à découvrir, au théâtre, ou en lisant Soazig Aaron!




samedi 22 juillet 2017

Les petites reines #OFF17 Béliers

D’après le livre de Clémentine Beauvais
Mise en scène Justine Heynemann
assistée par Pauline Susini
Adaptation Justine Heynemann et Rachel Arditi
Avec Justine Bachelet, Barbara Bolotner, Manon Combes, Tiphaine Gentilleau, Mounir Margoum ou Sylvain Sounier

Mireille Laplanche a 16 ans.
Depuis trois ans, sur Facebook, elle est élue Boudin d’Or de son lycée de Bourg-en-Bresse.
Mais cette année, Ô déconvenue, elle est seulement Boudin de Bronze !
Elle part à la rencontre d’Hakima et Astrid, respectivement Boudin d’Argent et Boudin d’Or. Outre leur « être boudin », les trois jeunes filles s’aperçoivent qu’elles ont une nécessité commune: se trouver, le 14 juillet, à la Garden-Party de l’Elysée.
C’est à vélo qu’elles décident de rejoindre Paris et sa présidentielle pelouse, en vendant du boudin, sous la responsabilité du grand frère d’Hakima, vétéran de guerre en fauteuil roulant.

Commence alors pour la fine équipe un road-trip déjanté, jalonné de rencontres insensées, d’imprévus festins, de pluies battantes et d’émotions aussi fortes que leurs courbatures.



Mon petit mot

Je ne connaissais pas le roman, mais j'ai passé un excellent moment avec ces petites reines!
Un souffle de légèreté et de bonne humeur, cela fait du bien!

Et mine de rien, sous les rires, de quoi aborder des thèmes sensibles chez les ados, estime de soi, regard des autres, cellule familiale ou encore influence des réseaux sociaux et des médias.
A voir avec des ados pour libérer la parole sur ces sujets délicats , et à tout âge pour un joli moment de théâtre!


http://www.theatredesbeliers.com/Spectacle/les-petites-reines/


Provisoires de Mélanie Charvy Le cabestan #OFF17

Interprètes : Mohamed Belhadjine, Yasmine Boujjat, Aurore Bourgois Demachy, Tristan Bruemmer, Virginie Ruth Joseph, Clémentine Lamothe, Aurélien Pawloff
Metteure en scène : Mélanie Charvy
Assistante à la mise en scène : Millie Duyé
Créateur lumières : Tanguy Gauchet

« Y'a des gens qui sont dans la merde et je ne peux rien faire ! Ok ? Je ne peux rien faire pour eux ! La seule chose que je peux leur répondre c'est : « Revenez plus tard, il n'y a pas de place ! ». Mon travail c'est de leur dire qu'ils sont dans la merde et qu'ils vont y rester ! Tous les jours je dois leur répondre ça ! »
L’asile vu par les acteurs sociaux.
L’humain sur papier.
Amir et Leïla, deux jeunes marocains, débarquent en France et se retrouvent plongés dans les méandres du système administratif des demandeurs d’asile. Ministère, préfecture, acteurs sociaux, tous tentent de ne pas sombrer dans cette machine infernale et cauchemardesque.
Création de plateau, tirée de rencontres d'intervenants de France Terre d’Asile, RESF, l’ASSFAM, etc., Provisoire(s) apporte un autre regard sur l’immigration et plonge le spectateur dans une réalité dissimulée.



Mon petit mot 

Un point de vue différent sur les migrants, côté travailleurs sociaux, administration, professeure de FLE ou encore centre de rétention.

 Dans un rythme très soutenu, en incarnant chacun plusieurs personnages, les jeunes comédiens nous embarquent dans leur histoire dès l'installation dans la salle.
On découvre une réalité glaçante, mais le rire n'est pas oublié non plus. L'impuissance des uns, la révolte des autres, les rêves évanouis, les rencontres aussi.

un spectacle dont on sort pensif...loin de tout pathos, c'est efficace!


vendredi 21 juillet 2017

J'AI BIEN FAIT ? de Pauline Sales #OFF17

interprètes : Gauthier Baillot, Olivia Chatain, Anthony Poupard, Hélène Viviès
Scénographie : Marc Lainé, Stephan Zimmerli
Son : Fred Bühl
Lumière : Mickaël Pruneau
Costumes : Malika Maçon
Production Le Préau Centre Dramatique National de Normandie – Vire
11 • GILGAMESH BELLEVILLE

Valentine a quarante ans, deux enfants déjà grands, des parents vieillissants, un mari souvent absent, un frère avec qui elle ne s’entend pas, plein d’anciens élèves qui peuplent ses rêves, plein de nouveaux qui remplissent ses journées.
Elle déboule un soir dans la vie de son frère plasticien.
Qu’est-ce qu’elle fait là ?
Qu’est-ce qu’elle a fait ?
Un acte insensé ou l’acte qui donne un sens à sa vie ?
Qu'est-ce que ça voudrait dire agir justement? Être responsable de ses actes, penser en femme et en homme à peu près conscients des enjeux du monde?
Alors, oui, voilà, le point de départ est le souci pour chacun des personnages à des endroits très différents de faire au mieux, de faire du mieux qu'on peut, ce qui empêche ou n'empêche pas des catastrophes en tout genre, des petites et des grandes, et quelques victoires.
Il y a une professeur qui y a cru , qui y croit encore mais c'est pas facile, elle vieillit ça n'aide pas, mais elle ne se déclare pas vaincue
Il y a un artiste plasticien, plus personne ne croit que l'art change le monde, lui non plus, enfin si il y croit, disons que c'est par phases
Il y a cette fille entre vingt et trente, elle est à l'heure où les petits boulots pourraient finir par devenir des choix imposés.
Il y a un mec bien, un biologiste moléculaire de l'ADN ancien, il reste amoureux de sa femme alors qu'elle est en train de perdre goût à elle-même.


Mon petit mot



Une bonne surprise!

Au festival, il y a les spectacles repérés longtemps à l'avance, et puis les découvertes de dernière minute, un nom, Anthony Poupard, qui rappelle de bons souvenirs d'un autre festival, avec sur la page wikipedia...et l'envie de découvrir ce nouveau théâtre du OFF à la programmation plutôt tentante.
Et les interrogations de cette prof à la dérive ne m'ont pas laissée insensible.

Qu'avons-nous fait pour le monde, pour les autres?

Un spectacle qui questionne, qui fait sourire aussi...
Réfléchir sur l'éducation, l'art, nos idéaux ...
Questionnant !

Et toujours les petites attentions gourmandes du Préau Centre Dramatique National de Normandie – Vire à la sortie, un petit plaisir en plus!


jeudi 20 juillet 2017

Quand la guerre sera finie #OFF17 Nouveau ring

De Marie Céline Lachaud – Compositeur : Nicholas Skilbeck
Mise en scène Christophe Luthringer

interprètes : Marie Oppert, Arnaud Denissel, Cloe Horry, Julien Mior, Sophie Delmas, Olivier Ruidavet, Edouard Thiébaut, Matthieu Brugot

Scénographie : Charlotte Villermet
Lumières : Christophe Luthringer
Costumes : Charlotte Villermet
Assistante à la mise en scène : Sophie Tirouflet


Quand la guerre sera finie - Teaser from Acte 2 on Vimeo.

En 1942 entre un cabaret à Paris et Saint-Dizier, six personnages que rien ne destinait à se rencontrer se retrouvent mêlés au sabotage d’un train allemand. Lucile, une jeune secrétaire aux Chemins de Fer, son frère Fanfan, garagiste pétainiste, Gilbert, leur ami, cheminot communiste, Rupert un officier allemand, Nini, sa maitresse, chanteuse de Cabaret, Etienne, son fils mal aimé et Norah, agent de Londres, vont se croiser, s’aimer, se déchirer, se trahir… L’époque est sombre, les héros pas forcément ceux que l’on croit.

Une auteure française et un compositeur anglais ont eu envie de conjuguer leurs univers artistiques pour nous raconter l’histoire de ces personnages ordinaires embarqués dans une histoire qui les dépasse. Le style singulier, à la fois intimiste et épique, se dégage de cette œuvre où les mots laissent la place à la musique quand ils ne suffisent plus à traduire les émotions contradictoires vécues dans cette période bouleversante de notre histoire.

https://www.quandlaguerreserafinie-lemusical.com


Mon petit mot 

Dernier spectacle vu au festival avant de reprendre le train, ou comment terminer en beauté!

Quelles voix! En solo, duo ou tous ensemble, un régal pour les oreilles! Ou quand la puissance de la musique décuple les émotions...
Je connaissais Sophie Delmas (Cette "Loi du plus fort" qui m'avait marquée il y a quelques années) et  Arnaud Denissel, un grand plaisir de les retrouver tous les deux, le reste de la distribution est au diapason, de nouveaux noms à noter!


Une superbe distribution, des chanteurs qui sont aussi d'excellents comédiens, un livret qui alterne scènes poignantes et moments plus légers (entre marché noir et cabaret, deux ou trois scènes hilarantes font des pauses bienvenues entre deux beaucoup plus tragiques) , tous les ingrédients sont réunis pour passer un très bon moment.

On croise des personnages à l'état d'esprit bien différent, un panel bien choisi de cette France contrastée de l'occupation. On assiste à leurs rencontres, à l'évolution des pensées des uns, aux égarements des autres... l'attention ne faiblit pas!

Un décor dépouillé, quelques accessoires, il n'en faut pas plus quand l'engagement des interprètes et la musique sont réunis.
Puissant, touchant, un musical de grande qualité, on rit, on tremble, et on en sort ému, avec plusieurs airs qui tournent dans la tête !

Bref, à conseiller sans réserve!





et peut-être aurez-vous aussi le plaisir de les entendre dans les rues d'Avignon:
https://www.facebook.com/marina.bachelet/videos/10209370873525584/
video


L'autre fille #OFF17 Artéphile

de Annie Ernaux
mise en scène Nadia Rémita
interprétée par Laurence Mongeaud
Scénographie Pierre Pannetier & Nadia Rémita / Lumière Pierre Pannetier

« Elle était plus gentille que celle-là ».
Celle-là c’est elle, Annie Ernaux.
Des mots surpris de la bouche de sa mère l’été de ses 10 ans. Des mots comme des
gifles quand on se croit unique et adorée.
Pour la première fois, Annie Ernaux s’adresse à Ginette, la sœur cachée, la petite sainte.
Avec des phrases courtes et dépouillées, elle brise le secret de famille, s’interroge.
Comment être quitte ? Pourquoi n’avoir rien dit ?
L’écriture sonne comme un uppercut, un coup de tonnerre.
L’adresse est franche et violente : l’incarnation, une évidence.
Sur un fil entre révolte et distance.
Un univers symbolique et contemporain pour un seul en scène intense et percutant.


Mon petit mot

Le festival, c'est aussi l'occasion de s'entendre dire des textes que l'on n'a pas encore pris le temps de lire.
La mise en scène de ce seule en scène fonctionne bien pour porter les mots et la colère de l'auteure face à ce secret de famille.
Des livres, quelques photos, un ingénieux retournement de lettres pour passer d'un mot à l'autre... Une belle plongée dans l'univers de l'auteure!

mercredi 19 juillet 2017

Radieuse vermine de Philip Ridley #OFF17

Interprètes : Joséphine Berry, Louis Bernard, Floriane Andersen
Metteur en Scène : David Mercatali
Assistanat à la mise en scène / Création lumière : Flore Vialet
Costumes : Louise Marchand-Paris
Scénographie : Shawn Soh

Olive et Fleur veulent vous parler de leur maison de rêve ! Les choses qu’ils ont dû faire afin de l’obtenir pourraient vous paraître choquantes. Mais c’est important pour eux que vous compreniez : s'ils ont fait tout ça, c'est pour le bonheur de leur enfant.

Une comédie noire et hilarante, écrite par le « maître du mythe moderne » (Guardian), et auteur mainte fois récompensé Philipe Ridley. Enjouée, provocante, et vicieusement acérée, Radieuse Vermine est une invitation à méditer sur notre soif du matériel, et à ce que nous serions prêts à faire afin de l'assouvir.

Mon petit mot

Vous aimez l'humour noir ?
Le bien trash et totalement immoral ? Ce spectacle est fait pour vous !

Mais au delà d'un côté totalement barré, il y a quelques questions qui méritent d'être posées, autour de ce jamais assez, course aux apparences et matérialisme triomphant.

Les deux comédiens sont convaincants la scène de l'anniversaire en particulier où ils endossent de multiples rôles est assez hilarante !



Intramuros #OFF17 Béliers

Texte et mise en scène Alexis Michalik
Avec Jeanne Arenes, Bernard Blancan, Alice De Lencquesaing, Paul Jeanson, Faycal Safi et Raphaël Charpentier

Tandis que l'orage menace, Richard, un metteur en scène sur le retour, vient dispenser son premier cours de théâtre en centrale. Il espère une forte affluence, qui entraînerait d'autres cours - et d'autres cachets - mais seuls deux détenus se présentent : Kevin, un jeune chien fou, et Ange, la cinquantaine mutique, qui n'est là que pour accompagner son ami. Richard, secondé par une de ses anciennes actrices - accessoirement son ex-femme - et par une assistante sociale inexpérimentée, choisit de donner quand même son cours…



Mon petit mot
On ne présente plus l'auteur et metteur en scène, et une fois encore cela fonctionne fort bien !

Les histoires se croisent, s'entremêlent, finissent par se rejoindre, entre rêve et réalité, théâtre dans le théâtre...

Un cours de théâtre plus vrai que nature, un metteur en scène qui m'a beaucoup fait rire, mais aussi la prison, le parloir, en un déplacement de lit ou de chaises, on change de monde...
Les acteurs ( belle distribution!) endossent de multiples rôles avec talent, et nous entraînent dans leur ronde...

On s'interroge, on sourit, on s'étonne... Une excellente façon de commencer une journée de festival !

Efficace !

mardi 18 juillet 2017

SUR LA ROUTE DE MADISON #OFF17 Chêne noir

De Robert James Waller  Adaptation Didier Caron, Dominique Deschamps
Mise en scène Anne Bouvier
(assistée de Pierre Hélie)
Avec
Clémentine Célarié,
Jean-Pierre Bouvier
Gérald Cesbron

Scénographie Emmanuelle Roy (assistée de Marine Brosse)
Lumière Denis Koransky  Costumes Christine Chauvey  Musique Raphaël Sanchez

Un best-seller mondial, un film culte, et aujourd’hui au théâtre, une des plus belles histoires d’amour du 20ème siècle.

Sur la Route de Madison est le récit de la vie de Francesca Johnson (Clémentine Célarié), épouse et mère à la vie sans heurt. Un jour de l’été 1965, alors que son mari, Richard (Gérald Cesbron), et ses enfants sont partis à une foire dans l’Illinois, elle croise la route de Robert Kincaid (Jean- Pierre Bouvier), reporter chargé de photographier les ponts du comté de Madison. Dès leur premier regard, ils savent qu’ils sont faits l’un pour l’autre mais ne disposent que de quelques jours pour vivre cette passion, secrète et sans espoir, presque mystique, dont le souvenir deviendra leur raison de vivre.
Dans cette adaptation théâtrale, la metteur en scène Anne Bouvier a choisi de représenter cette histoire d’amour mythique à travers l’objectif de l’appareil photo de Robert Kincaid. Elle reprend ainsi les éléments marquants du livre de Robert James Waller et du film de Clint Eastwood, tout en insistant sur le mélange de passion et de frustration qui caractérise leur histoire d’amour.


Mon petit mot 

J'ai tant aimé le livre, et chose rare chez moi qui suis souvent déçue par les adaptations des romans que j'ai appréciés, tout autant le film que j'arrivais avec quelques craintes au théâtre...

Alors certes, il est difficile d'oublier les comédiens et les images, et certaines scènes fonctionnent moins bien que d'autres,  mais j'ai été globalement agréablement surprise !

Un décor très riche ( un frigo plein , des vrais légumes, en ces temps de plateau vide à la mode, cela fait du bien !), les scènes clé sont là, on passe une belle soirée.

Que ce soit en livre, au cinéma et désormais au théâtre, cette route de Madison est vraiment une belle histoire !


lundi 17 juillet 2017

Médée Kali #OFF17 Présence Pasteur

De Laurent Gaudé
jeu et mise en scène > EMILIE FAUCHEUX
contrebasse > JEAN WACHÉ et JONATHAN CHAMAND (en alternance)

Soit un texte de Laurent Gaudé où la confusion des personnages mythologiques de Médée, Kali, Gorgone et d’autres, trouve sa source dans des millénaires de mémoire enfouie de chair chaude et de sang qui coule, d’amours, de trahisons et de vengeances assouvies.
Soit une comédienne au souffle posé qui, du fond de sa gorge, maitrise ce texte en en contenant les fulgurances. Soit un musicien qui n’a d’autre choix que de suivre, la voix, la femme, la confusion des mythes, en existant par l’instrument. Avec cette triade, texte, comédienne, musicien, Émilie Faucheux crée un équilibre hypnotique, chemin sur un fil au-dessus de la lave en fusion. Plus qu’un appui de la musique au texte, le musicien incarne l’autre qui ne peut que suivre son espoir d’exister face à l’amour dévastateur.


Mon petit mot

Je ne connaissais pas ce texte de Laurent Gaude , mais j'ai trouvé cette proposition très intéressante.
Trois mythes se croisent, se prolongent, se répondent, comme les variations de la voix de la comédienne jouent avec la musique.

L'immobilité surprend, puis donne une tension comme le maquillage fait ressortir les jeux de regards.

Un spectacle qui donne envie de le prolonger en creusant pour ma part du côté de Kali et gorgone que je connais moins que Médée.

http://www.umetheatre.com/spectacles/medee-kali/

Ada / Ava #OFF17 Théâtre du Chêne Noir

De la compagnie Manual Cinema
Mise en Scène Drew Dir
Comédiens et marionnettistes Lizi Breit (en alternance avec Kara Davidson), Sam Deutsch, Drew Dir, Sarah Fornace, Julia Miller
Musiciens: Maren Hoopfer, Ben Kauffman, Kyle Vegter

Rétroprojecteurs vintages, écrans multiples, marionnettes, comédiens, caméras, musiciens… voici les outils de création de la compagnie Manual Cinema, venue de Chicago.
Sur scène se crée en direct et sous les yeux du public une expérience cinématographique unique, vivante, faite d’ingéniosité et de théâtralité.
Depuis sa naissance en 2010, Manual Cinema a performé à travers le monde entier, du Metropolitan Museum of Art de New-York au Festival International de marionnettes de Téhéran, en passant par le Fringe Festival d’Edimbourg…
La compagnie se produit pour la toute première fois en France, et présente Ada/Ava, l’histoire onirique, fantastique et bouleversante de deux soeurs jumelles, qui ont tout construit ensemble, et que la vie sépare…
Un spectacle à découvrir en famille, qui mêle théâtre et cinéma et propose un univers rappelant Hitchcock et Tim Burton.

Mon petit mot

Quelle belle façon de commencer une journée de festival !
Histoire sans parole, musique live ( un coup de coeur pour la voix de la chanteuse) et surtout habile ballet des manipulateurs de rétroprojecteur, cartons et autres moyens de bric et de broc qui donnent vie à ces deux sœurs.

Si l'histoire vire au tragique, avec ce douloureux travail de deuil, les images sont pleine d'onirisme, une vraie invitation au rêve !

Un très joli concept!

 photos: http://www.chenenoir.fr/event/ada-ava/

Si vous avez aimé ce spectacle, vous aimerez sans doute :
Wet° Vous êtes ici COMPAGNIE L’OUVRIER DU DRAME

dimanche 16 juillet 2017

Is there life on mars? #OFF17 Doms

de Héloise Meire | Scénographie : Cécile Hupin
Avec : Muriel Clairembourg, Jean-Michel D’Hoop, Léonore Frenois, François Regout
 Production : Théâtre National Wallonie Bruxelles et Cie What’s Up ?! | Coproduction : Festival de Liège 
Is there life on Mars ? sonne comme une question existentielle : y a-t-il une autre forme d’existence, une autre façon d’être au monde ?
La nouvelle création de la Compagnie What’s Up ?! se présente comme une voyage dans l'univers déroutant de l'autisme.
La metteuse en scène a effectué un long travail de rencontres et d'interviews auprès de personnes autistes et de leur entourage. Ce spectacle veut leur donner la parole. Comment rendre compte de ces vécus multiples et complexes, souvent méconnus ?
Le spectacle explore le spectre autistique, non seulement par des mots mais aussi par une mise en scène visuelle et sonore décalée, nous entraînant peu à peu dans une autre perception du réel.
Porté par quatre comédiens, Is there life on Mars ? se veut une expérience théâtrale à l’image des personnes avec autisme qui bousculent en permanence les codes que nous connaissons et nous confrontent à nos propres modes de fonctionnement.



Mon petit mot 

Que vous évoque l'autisme ?
Pour moi c'est un petit garçon que j'ai côtoyé pendant trois ans, ses parents, son frère, l'école, les autres enfants... Des grandes joies à toutes les premières fois, des doutes, de l'incompréhension, de la colère parfois aussi devant le manque d'aide...

Bref, un sujet qui me touche particulièrement et j'ai retrouvé dans ce spectacle bon nombre de situations ou de réflexions que cette famille à traversé.

Le dispositif est ingénieux, le décor aussi, de quoi convaincre je l'espère ceux qui en douteraient encore, de ne pas avoir peur de ce mot mais de faire un pas vers l'autre...

Photos
https://www.compagniewhatsup.com/

Molly S #OFF17 Le petit Louvre

D’après « Molly Sweeney » de Brian Friel
Traduction Alain Delahaye Adaptation et mise en scène
Julie Brochen 
Avec
Julie Brochen,
Olivier Dumait
Ronan Nédélec
et Nikola Takov au piano

Collaboration artistique à la mise en scène Colin Rey  Costumes et scénographie  Lorenzo Albani
Création lumières  Louise Gibaud

C’est l’histoire bouleversante de Molly qui recouvre la vue après une opération. Perdue dans le monde des voyants, elle cherchera à réapprendre la vie. Un spectacle musical envoûtant qui nous interroge sur notre perception du monde et sur la liberté d’être soi.
Molly Sweeney a perdu la vue à l’âge de dix mois. Elle a quarante et un ans, et son mari, un homme plein d’enthousiasme et d’énergie, la convainc de se faire opérer pour retrouver  la vue. L’opération réussit, mais Molly, perdue dans le monde des voyants, peinera à vivre normalement, jusqu’à sombrer dans la folie et l’isolement. Julie Brochen tire de cette histoire chargée d’émotion, un spectacle musical où entremêlent, entre autres, Beethoven, Britten, Moore, Gurney. Elle a réuni autour d’elle deux grands chanteurs d’opéra, Olivier Dumait et Ronan Nédélec et un pianiste tandis qu’elle joue le rôle de Molly. 
Il y a dans cette histoire une quête du sens, celui de la vue, mais aussi celui de la vie.  « La cécité ou le handicap de Molly, nous dit Julie Brochen, est revendiqué comme une singularité et une liberté de choix. Une liberté à nouveau d’être soi. Même si cela suppose de nouveaux obstacles, des désillusions. C’est la condition même du mouvement, rester en mouvement et en recherche, être vivant. »




Mon petit mot

Ronan Nédélec est un chanteur que j'ai souvent entendu à l'Opéra de tours et j'étais curieuse de le découvrir dans ce nouvel univers, pari musical réussi !

Une pause musicale de grande qualité au cœur du festival, accompagnée d'une réflexion sur les sens... Et sur ce que l'on projette en l'autre.
À chacun sa vision du monde ... Est on prêt à accepter celles qui divergent des nôtres ?


Pour les passages chantés tout particulièrement !




Photos
 https://www.facebook.com/LesCompagnonsdeJeu/photos/

samedi 15 juillet 2017

APRÈS UNE SI LONGUE NUIT #OFF17 Roi René

De Michèle Laurence
Mis en scène par Laurent Natrella (Comédie-Française)

avec Maxime Bailleul, Alex fondja, Slimane Kacioui, Elodie Menant

QUATRE ORPHELINS, QUATRE DESTINS, UNE FAMILLE
Il ne s’agit pas d’effacer le traumatisme mais de se construire sur les dégâts qu’il a causé et de continuer à vivre.
 Ils s’appellent Sarah, Samir, Tekitoi et Pierrot; quatre orphelins issus de cultures, de religions et de pays différents, rescapés de grands conflits du XXe siècle.
Après des années de séparation, ils se retrouvent au chevet de leur mère adoptive.
 Quatre parcours individuels, quatre histoires, témoignant d’une force de vie que rien n’est parvenu à vaincre et d’un bonheur d’exister qui l’emporte sur tout.



Mon petit mot

Une belle rencontre !
Ou plutôt 4 belles rencontres...
4 personnages pour autant de comédiens de talent...une mention spéciale d'ailleurs pour Alex Fondja qui reprenait le rôle pour quelques représentations.
L'histoire est belle, la mise en scène efficace!

Ils n'auraient jamais dû se rencontrer, et pourtant...

Humaniste, sensible... Avec une multitude de trouvailles dans le jeu et la  scénographie pour passer  à d'une époque à l'autre... touchant, mais l'on rit aussi quand l'enfance reprend le dessus dans les souvenirs...

À découvrir !

Jeanne de Castille Albatros #OFF17

Interprètes : Maria Vaz, Roxane Isnard, Bruno Dairou
Mise en scène : Christine Wystup, Bruno Dairou
Créa. lumières : Baptiste Mongis
Jeanne de Castille, la Reine qui n'aimait pas Dieu. Dans l’Espagne de l’Inquisition, la Reine Jeanne, enfermée pendant 48 ans par son père Ferdinand d'Aragon, puis par son fils, reste un des destins de femmes les plus exceptionnels de l’Histoire. Aujourd’hui plus que jamais, dans cette folle passion étouffée par le pouvoir politique et religieux, son cri résonne comme celui des femmes opprimées, bafouées, sacrifiées.

Mon petit mot

 Un spectacle choisi pour ses échos avec mon voyage en Castille qui m'avait donné envie d'en savoir plus sur cette "Jeanne la folle":... La gênante et la captive plutôt
http://lecture-spectacle.blogspot.fr/search?q=Jeanne+la+Folle

Quelle bonne idée d'en avoir fait un spectacle !
Il faut dire qu'il y a matière...

Entre amour et politique, manipulation et passion, le personnage est, hélas, un bon exemple de la place des femmes de l'époque, réduite au silence et aux véléités de liberté durement réprimées.

La pièce la montre à trois moments clés de sa vie, de quoi avoir un bon aperçu du personnage pour ceux qui ne la connaitraient pas et donner envie de se replonger dans sa biographie !


vendredi 14 juillet 2017

En attendant Bojangles #OFF17 La Luna

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique déambulant dans l’appartement. elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Auteur : Olivier Bourdeaut
Adaptation et mise en scène : Victoire Berger-Perrin
Comédiens : Anne Charrier, Didier Brice, Victor Boulenger
Décors : Caroline Mexme   Lumières : Stéphane Baquet  Costumes : Virginie Houdinière
Musiques : Pierre-Antoine Durand   Chorégraphies : Cécile Bon
Collaboration artistique : Grégori Baquet   Assistante à la mise en scène : Philippine Bataille



Mon petit mot

 J'avais beaucoup aimé le roman, j'ai été totalement séduite par son adaptation théâtrale qui lui est très fidèle.

Les rires sont là, face à la folie d'abord douce de l'excellent duo Anne Charrier/ Didier Brice, qu'elle belle distribution !

De la tendresse, de la poésie, même l'oiseau n'est pas oublié, et l'on danse bien sûr ! Bojangles veille !
Qu'il est beau l'amour absolu de ce trio.... On a envie avec eux de se libérer de quelques convenances et de laisser souffler un vent de liberté pour ré enchanter un peu la vie!

Et puis peu à peu, c'est l'émotion qui gagne, et même en sachant à l'avance comment cela allait finir, la mise en scène et l'interprétation font mouche, touchée !

Bref, dans les coups de cœur de cette année, sans aucune hésitation !

Ce que j'avais pensé du roman:
en-attendant-bojangles

photos
https://www.theatre-laluna.fr/spectacle/en-attendant-bojangles

La Petite Danube de Jean-Pierre Cannet Nouveau Ring #OFF17

Mise en scène Lola Salieri Pagès
interprète : Marie Pagès

Nous venons tout juste de démarrer les répétitions de La Petite Danube de Jean-Pierre Cannet que nous créerons au Nouveau Ring fin 2017. C’est pour partager avec vous ces moments de complicité, de fragilité et d’émotions que nous vous ouvrons les portes sur le chantier en cours.
Anna raconte son enfance, quelque part au pied des Carpates, durant la Seconde Guerre mondiale. Des convois de trains passent devant la maison de garde-barrière de son père, de plus en plus de convois qui se vident un peu plus loin, au camp voisin. Autour d’elle pavoise l’armée du crime et Anna est confrontée à la lâcheté des adultes.
La mère : Ne va pas abîmer ton enfance à regarder passer tous les gens de tous les trains de tous ces convois.
Anna : Mes parents étaient de braves gens, d’ailleurs mon père n’avait rien contre Hitler


Mon petit mot

Dans la série moment à part du festival !
Ou le plaisir retrouvé de se faire lire une histoire...
À chacun d'y projeter ses images, d'imaginer la maison, le bois...et le Danube.

Les choix des parents, leur lâcheté, le tumulte lointain de la guerre, vus par les yeux d'une petite fille que ces convois terribles passant devant chez elle vont propulser trop vite du  côté des adultes...

Une petite bulle dans l'agitation d'une chaude journée bien chargée ...en attendant de voir qui sait la version scénique l'année prochaine !

jeudi 13 juillet 2017

Parlons d'autre chose #OFF17 Condition des soies

Compagnie COLLECTIF BIRDLAND
De Léonore Confino
Mise en scène de Catherine Schaub
Avec Alienor Barré, Solène Cornu, Faustine Daigremont, Marion de Courville, Thomas Denis, Marguerite Hayter, Elise Louesdon, Camille Pellegrinuzzi, Léa Pheulpin

C’est à cause du lycée. C’est à cause de Simone Weil. C’est à cause de Breaking Bad. C’est à cause de Monsanto. C’est à cause des terroristes. C’est à cause de Goldman Sachs. C’est à cause d’Amy Winehouse. C’est à cause de lui.
1 garçon et 8 filles, tous issus d’une classe de terminale L du lycée Saint-Sulpice, nous livrent les coulisses de leur vie secrète avec leurs idéaux, leurs revendications, leurs règles strictes. Lors d’une de leurs soirées clandestines, la communauté dérape.. jusqu’à l’impensable. Chacun va devoir faire face. « Parlons d’autre chose » nous embarque dans une virée haletante au coeur de cette nouvelle génération.


Mon petit mot

Non, je n'ai pas vu que des seules en scène !
J'ai vu plusieurs pièces entre deux, mais pas le temps de tout chroniquer, je m'arrête aux plus marquantes et celle là en fait partie!

Cela bouillonne, colère, révolution, espoirs et rêves aussi, beaucoup de questions, qui s'adressent aussi à nous public, et sont pour certaines à méditer tant sur la construction des rapports homme femme que sur l'éducation ou les questions d'estime de soi ou de rapport au corps..

Plaisir aussi de découvrir une bande de jeunes comédiennes ( et un comédien) de talent, énergie débordante, force du propos, rythme de la mise en scène, le genre de spectacle qui donne envie de s'attarder à la sortie pour refaire le monde!



photos 
https://www.fabiennerieser-diffusion.fr/parlons-d-autre-chose

"Ici/Là-bas" Christine Gandois #OFF17 Théâtre de l'ange

Texte et adaptation : Christine Gandois.
Mise en scène de l'auteur.
Avec : Christine Gandois.
Conception sonore et création musicale : Bruno Bernard.
Collaborations artistiques : Sandrine Delsaux, Solange Mora, Luc Torrès, Daniel Romero.


Le déménagement de l'appartement de sa mère plonge Hermine dans un questionnement sur sa propre quête. À travers la découverte d'une correspondance qui ne lui appartient pas, elle va faire revivre une histoire d'amour impossible sur fond de guerre d'Algérie.
Toute une vie dans deux valises…
Cette réflexion poétique autour de l'exil est inspirée librement du roman de Yasmina Khadra, "Ce que le jour doit à la nuit" (Éditions Julliard).
Portée et souvent transmise de génération en génération, la fêlure de la séparation peut engendrer une nouvelle force intérieure.
Au-delà de cette histoire, transparaissent les thèmes universels du conflit entre l'honneur et l'amour, des identités multiples, du déracinement et de la solitude ; complexité du monde tel qu'il est, riche, fort et insaisissable.


Mon petit mot

Avignon, c'est aussi passer des têtes d'affiches et salles bien connues à des spectacles aux moyens plus réduits et à de petites salles mais qui peuvent révéler de beaux moments, celui ci en fait partie.

Pas simple d'adapter un tel roman en version seule en scène, c'est bien d'ailleurs d'une vraie personnalisation du texte dont il s'agit, plutôt réussie !

Transmission, poids de l'histoire familiale, secrets de famille... De quoi s'y retrouver !



mercredi 12 juillet 2017

A 90 degrés Théâtre des Halles #OFF17

Texte et mise en scène Frédérique Keddari-Devisme
Avec Elizabeth Mazev
Lumière Joël Adam


Cie Nuage Citron
On a tous, dans le périmètre de notre vie, une personne qui a basculé. On dit : péter un plomb, une durite, un boulard : c’est la machine qui s’enraye ou déraille. La dépression de l’âme est infinie. A l’intérieur la dépendance est rageuse, à l’extérieur c’est une mine antipersonnel qui ampute tout : les proches, la famille, le quotidien, le rapport au temps, la joie…
Marthe est un de ces êtres emportés, trop fragiles que la vie brise. Parfois ils s’en sortent. Parfois non. Pourquoi ? Personne ne le sait. La maladie de Marthe est un arbre aux mille racines et aux mille cimes. Un arbre fleuri de mystère.

NOTE DE MISE EN SCÈNE - Extrait
En tant qu’auteur ce que j’aime faire, c’est être au plus juste, donner chair aux émotions, creuser l’humain, ce qui le régit. Il y a dans ce texte, de la légèreté face au drame, une comédienne - Elizabeth Mazev- talentueuse et pleine d’humour qui apporte au personnage une infinie sensibilité. Il y a du malheur brut, celui qu’on construit jour après jour ou l’on s’enferme et qui nous traine vers la mort. Mais il y a avant tout l’espoir, jamais tronqué, jamais menteur, brut aussi comme un diamant qui fait avancer et vivre, même en clodiquant, même meurtri, vivre pour espérer le mieux, la vie d’avant, celle d’après lumineuse et libérée.. Frédérique Keddari-Devisme


Mon petit mot

Décidément, ce festival va me réconcilier avec les seules en scène !
Autour d'un thème pas franchement glamour, l'addiction à l'alcool au féminin, une belle réussite !
Le portrait de cette femme qui sombre sous nos yeux ne laisse pas indifférent.

On sait très vite que tout espoir sera vain, que les rémissions seront vite engloutties dans un nouveau gouffre.
Pas plus que l'homme pourtant aimé, les enfants ne suffiront pas à la sauver...

La mise en scène et l'interprétation évitent tout pathos, on en sort un peu songeur , en gardant cette femme dans un coin de la tête...


À découvrir !


CLOUÉE AU SOL #OFF17

De George Brant
Mise en scène Gilles David, sociétaire de la Comédie-française
Interprètes : Pauline Bayle
Scénographie : Olivier Brichet
Lumières :  Marie-Christine Soma
Costumes : Bernadette Villard
Régie Lumières : Loïs David
Traduction : Dominique Hollier
Son : Julien Fezans
« Voilà qui j’étais devenue grâce à ma sueur, à mon cerveau, à mes tripes »

Une femme pilote qui n’a pas de nom, qui s’est construite à force de courage et de volonté avec pour seul objectif : devenir pilote de chasse pour l’US Air Force. Une rencontre de hasard, une grossesse accidentelle, mais acceptée avec joie. Puis l’appel du ciel qui se fait de plus en plus irrésistible. Quand elle se présente pour reprendre du service, c’est un drone qu’elle devra désormais piloter depuis une base militaire située à Las Vegas. La réalité de la guerre est bien là et malgré le danger de mort écarté, la frontière qui sépare sa vie de famille et la guerre devient de plus en plus poreuse. Enfermée dans une prison pour désobéissance, elle redécouvrira son humanité.

Mon petit mot

Deuxième coup de cœur de la journée après Je change de file!
Une sacré performance de la part de la comédienne, qui m'a totalement embarquée dans son histoire sans un instant de répit.

Un débit qui dit l'urgence, la passion, la déroute...
Un beau personnage de femme ecartelée, entre sa vie professionnelle et familiale, puis au sein même de l'armée  face à ce nouveau poste et surtout une réflexion sur cette nouvelle forme de guerre, derrière un écran, loin de tout danger direct...mais pas sans répercussions psychologiques.

L'écriture de ce texte, son rythme, ses répétitions, ses lacunes aussi... est totalement au service du propos, et parfaitement bien servi par la comédienne à l'engagement impressionnant.

À voir !


 http://www.lepolediffusion.com/spectacle/clouee-au-sol

mardi 11 juillet 2017

Je change de file #OFF17 Chène noir

De Sarah Doraghi
Mise en scène Isabelle Nanty et Sharzad Doraghi-Karila
Avec Sarah Doraghi
Création lumières Alexandre Varette
“Sans indiscrétion, vous êtes d’où ?” Comment une petite fille tout à fait iranienne peut devenir une femme totalement française…
Arrivée en France à l’âge de 10 ans sans parler un mot de notre langue, Sarah Doraghi décrit, à travers son spectacle, comment elle est devenue « bien de chez
nous » sans pour autant gommer ses origines. De tics de langage en spécificités nationales, elle raconte ainsi, avec beaucoup d’humour et de légèreté, ses années passées dans notre beau pays, depuis son départ d’Iran jusqu’à l’obtention de son passeport français.
La double nationalité ne divise pas toujours. Parfois même, elle double l’amour.



Mon petit mot

Voilà un beau seule en scène !
Dans cette catégorie pas si simple, cette journée m'aura valu deux coups de cœur, celui-là et : clouée au sol ( article à suivre !)

 Sarah Doraghi revient au fil de multiples scènes sur son parcours depuis son départ d’Iran, à l'âge de 10 ans, jusqu’à l'obtention de son passeport français.
On croise en particulier la mère de sa meilleure amie, et de nombreux personnages plus vrais que nature, figures du racisme ordinaire ou  tout au moins de la maladresse quotidienne qui fait tout aussi mal...

La souffrance de la petite fille n'est jamais loin, mais le rire et l'humour non plus.
Il y a la musique et de nombreux passages très drôles ( le décodage de la danse ou l'imitation de mère sont des grands moment!)
 Sans oublier les mots de Muriel Robin...

Un bel hommage à sa double culture !



Photos
http://www.coupefile.net/portfolio-item/sarah-doraghi/

Trois hommes dans un bateau sans oublier le chien La Luna #OFF17

Auteur : Jerome K. Jerome
Adaptation et mise en scène : Nathalie Sandoz
Comédiens : Frank Arnaudon, Frank Michaux, Frédéric Ozier
Lumières : Gilles Perrenoud
Régie : Thierry Alexandre
Costumes : Diane Grosset
Direction technique : Julien Dick
Scénographie : Neda Loncarevic

Musique : Cédric Liardet, The Rambling Wheels

Un voyage très british.
Un spectacle décapant!

Dans une ambiance qui frôle délicieusement l’absurde et à coups de digressions et autres moments de folies, Jay retrace le voyage sur la Tamise qu’il a entrepris avec ses amis, George, Harris, et leur fidèle fox terrier, afin d’assouvir leur désir frileux d’aventure. Avec sophistication et malice, Jay rapporte les événements qui leur sont réellement arrivés, sans rien y ajouter, et ça, on insiste!
C’est au rythme d’un rock anglais entraînant composé par le plus british des groupes suisses «The Rambling Wheels» (chanté en live of course!) que le public remue du pied.
https://www.theatre-laluna.fr/spectacle/3-hommes-dans-un-bateau-sans-oublier-le-chien



Mon petit mot

Avignon 2017, c'est partit!
Une arrivée tardive, à peine le temps de poser les bagages, de profiter des premières cigales et d'un bain de foule, d'affiches à profusion et de tracteurs en forme, tout en prenant la direction d'un premier spectacle placé sous le signe de la détente (et du prolongement de l'escapade à Londres!)

Trois Suisses plus anglais que nature pour une soirée de rires et de bonne humeur !
Que d'énergie !

Entre mimiques, musique et humour si british, les rires fusent très vite.
C'est calé comme une horloge, absurde à souhait, ces hypocondriaques vous feront passer un bon moment !





lundi 10 juillet 2017

Au parc de la Haute Touche

Par une belle journée d'été, combinons balade en forêt et observation d'animaux!
cap sur l'Indre et le parc animalier de la Haute Touche
http://www.zoodelahautetouche.fr/

On commence par un tour de parc en voiture, si certains animaux comme les loups étaient encore actifs, les bisons et beaucoup d'autres dormaient déjà!


 A l’origine, le domaine de la Haute Touche était une dépendance du château d’Azay le Ferron. Au XXe siècle, il devient Réserve zoologique et centre de reproduction.
1958 — La famille Lebaudy, d’Azay le Ferron, lègue le château d’Azay à la ville de Tours et la Réserve Luzarche au Muséum national d’Histoire naturelle.
Le Parc de la Haute-Touche devient une réserve et un centre de reproduction pour les animaux des Parcs Zoologiques de Paris et de la Ménagerie du Jardin des Plantes.
1980 — La Réserve Zoologique de la Haute-Touche est ouverte au public à la suite de l’arrivée des bisons d’Europe, offerts par le Premier ministre polonais M. Gierek, au Président Giscard d’Estaing.


 Un tiers des animaux de la Réserve sont des cervidés (cerfs, daims, élans). 21 espèces et sous-espèces sont présentées , notamment celle d’espèces rares, voire éteintes à l’état sauvage.

Tandis que d'autres étaient en pleine phase de jeu? intimidation?

C'est le printemps! Beaucoup de petits de toutes races!

La visite se poursuit à pied, nandou, lama en plein bain de soleil, vigognes...


Au départ orientée vers les cervidés, la collection s’est diversifiée et comprend :
des marsupiaux (kangourou roux et Wallaby de Bennet)
- des primates (Babouin de Guinée,Tamarin empereur, 6 espèces de Lémuriens)



- des carnivores (Tigre de Sumatra, Guépard, Lynx des Carpates, Loup d’Europe, Loup de Mackenzie, Dhôle, Hyène, Coati, Suricate)

- des herbivores (21 espèces ou sous espèces de Cerfs, Daims, Élan, Chevreuil. Oryx algazelle, Oryx beisa, Éland du Cap, Gnou à queue blanche, Gaur, Markhor, Bouquetins des Alpes et de Nubie, Mouflons de Corse et à manchettes, Lama, Alpaga, Vigogne, Guanaco, Zèbre, Cheval de Prjevalski, Baudet du Poitou)
 - des rongeurs (Porc-épic, Cabiai, Mara, Agouti d’Azara)
 - de nombreux oiseaux dont un nombre important d’oiseaux africains : Pélican, Autruche, Marabout, Ibis sacré, Flamant rose, Grue couronnée, Cigogne, Émeu, Nandou, divers Palmipèdes, Outarde canepetière, Paon, Vautour fauve, Pygargue à queue blanche.



Quelques espèces de tortues représentent les reptiles (Cistude d’Europe, Tortue à tempes rouges, Tortues d’Hermann et à éperons)


Ambiance sieste à tous les étages!



 Beaucoup de mares pour se rafraichir, ici les Dholes


 De l'ombre, de l'eau, des grands espaces... et pour le bonheur des petits (et des grands!) des espaces où l'on peut approcher les animaux

 sans les déranger dans leur sieste!
Et tandis que les uns cherchent l'ombre, les autres cherchent à attirer l'attention du visiteur...









J'ai un faible pour les pandas roux!

 Ils préparent leur déménagement dans un nouvel enclos, et s'habituent pour l'instant aux caisses de transport




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