jeudi 29 septembre 2016

La singulière tristesse du gâteau au citron – Aimee Bender

 Le jour de ses neuf ans, Rose Edelstein mord avec délice dans le gâteau au citron préparé pour célébrer ce moment de fête. S’ensuit une incroyable révélation : elle parvient précisément à ressentir l’émotion de sa mère lorsqu’elle a confectionné le gâteau. Sous les couches de génoise et de crème, Rose perçoit le désespoir. Ce bouleversement va entraîner la petite fille dans une enquête sur sa famille. Car, chez les Edelstein, tous disposent d’un pouvoir embarrassant : odorat surpuissant ou capacité de se fondre dans le décor au point de disparaître.
Pour ces superhéros du quotidien, ce don est un fardeau. Chacun pense être affligé d’un mal unique, d’un pouvoir qu’il faut passer sous silence. Comment vivre lorsque les petits arrangements avec la vérité sont impossibles ? Comment supporter le monde lorsqu’une simple bouchée provoque un séisme intérieur ?


Mon petit mot

Je ne pensais pas avoir le temps de lire un troisième livre pour le mois américain!
Et puis finalement, exploration rapide de la PAL, envie de légèreté... la couverture gourmande m'a appelée! 

Un livre vite lu, qui aborde la complexité des relations familiales sous un angle original... voilà finalement un roman assez étrange,  roman d'apprentissage? Surnaturel? Doit-on faire confiance à ce que nous raconte la jeune narratrice?

En tout cas,  ces émotions qui transparaissent à travers les plats cuisinés, c'est un point de départ intéressant, et même si l'histoire ne m'a pas franchement captivée, l'évolution de cette petite fille qui devient jeune femme, l'analyse de cette famille américaine, qui semble si banale au premier regard et qui cache bien des fêlures, et bien sûr les nombreux petits plats évoqués, forment une lecture plutôt sympathique.

Que fait-on d'un super-pouvoir, d'un don? Il ne rend pas toujours heureux...
Je m'attendais à une ambiance plus légère que ce qu'elle n'est en réalité, si la couverture est appétissante, ne pas oublier le mot "tristesse" du titre!







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mardi 27 septembre 2016

Le bleu des abeilles LAURA ALCOBA

Gallimard
Publication date: 29-08-2013

Mon petit mot

Enfin lu! Depuis longtemps dans ma PAL, j'avais prévu de le lire au printemps pour le challenge Amérique du Sud et puis... ce fut finalement septembre!
Mais quel plaisir de suivre cette petite fille dans sa découverte de la France!

Un livre qui a trouvé de nombreux liens avec mes propres souvenirs d'enfance, en banlieue parisienne, dans une école qui accueillait des enfants venus de toute part... remontée de souvenirs... 

Le quotidien est dur mais le regard porté par cette enfant parvient à l'enchanter.
Le pouvoir des mots, la passion de la langue, de la résonance des voyelles au mystère des lettres muettes, quel bel hommage à la langue française!

La langue qui peut charmer ou blesser (et le chemin vers l'école en est un excellent exemple), qui peut tisser des ponts entre un père et une fille, lisant les mêmes livres en même temps, l'une en français, l'autre en espagnol, de "la vie des abeilles" de Maeterlink au fameux "Les Fleurs Bleues" de Raymond Queneau que Laura ALCOBA donne sérieusement envie de lire !

 Exil, intégration... identité, regard des autres... un beau roman!

dimanche 25 septembre 2016

Une avalanche de conséquences Elizabeth GEORGE

Presses de la cité
Traduit par Isabelle CHAPMAN
Parution le 22 septembre 2016         
Et si le secret de famille était le plus indétectable des poisons ?
Qu'est-ce que Lily a bien pu découvrir dans le journal intime de son fiancé William Goldacre pour que celui-ci se précipite du haut d'une falaise du Dorset ? Et est-ce un hasard si, quelque temps plus tard, sa mère, Caroline Goldacre, se retrouve mêlée à une sombre affaire : la mort suspecte de Clare Abbott, l'auteur féministe dont elle était l'assistante ?
Si le lien entre les deux décès semble ténu, voire inexistant, le sergent Barbara Havers est néanmoins déterminée à faire éclater la vérité. Il n'en faudra pas moins pour restaurer auprès de sa hiérarchie son image salement écornée par une précédente enquête. Elle est soutenue par son supérieur, l'inspecteur Thomas Lynley, qui suit une piste à Cambridge, où le corps de Clare a été retrouvé. Barbara Havers, de son côté, cherche quel mystère se cache dans la campagne du Dorset, d'apparence si paisible...

Mon petit mot

Une envie de roman policier m'a fait choisir ce livre, sans réaliser qu'il s'agissait d'une série mettant en scène plusieurs enquêteurs... et que ce volume n'était pas le premier. 
 J'ai donc trouvé un peu longues certaines parties autour de leur vie privée, manquant des éléments des tomes précédents pour les apprécier.
J'aurais donc plutôt tendance à vous conseiller de les lire dans l'ordre!

Ceci mis à part, l'intrigue fonctionne, et met l'accent sur un bien terrible secret de famille, peut-être d'ailleurs pas si souvent traité, je ne peux pas en dire plus pour ne pas dévoiler la résolution, mais j'ai trouvé cela bien ficelé. 
Suffisamment de personnages cabossés pour multiplier les fausses pistes et semer des indices contradictoires, des allers-retours dans le temps, une alternance de personnages suivis d'un chapitre à l'autre, de quoi relancer le suspens!

En prime, on y parle littérature, un des personnages principaux était une auteure célèbre, un petit plus pour ce roman! 

Les fans de la série apprécieront sûrement de retrouver leurs héros préférés et de les voir évoluer, pour les autres, peut-être  vaut-il mieux suivre l'ordre chronologique. 
Inversement, je vais de mon côté remonter le temps et lire les premiers volumes, pour mieux comprendre les liens entre les enquêteurs et leurs histoires personnelles! 


Rentrée littéraire 2016



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et une deuxième participation au 

vendredi 23 septembre 2016

Au commencement du septième jour de Luc Lang

08/2016
Stock
4 h du matin, dans une belle maison à l’orée du bois de Vincennes, le téléphone sonne. Thomas, 37 ans, informaticien, père de deux jeunes enfants, apprend par un appel de la gendarmerie que sa femme vient d’avoir un très grave accident, sur une route où elle n’aurait pas dû se trouver.
Commence une enquête sans répit alors que Camille lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu’il incarne : époux, père, fils et frère devient un combat. Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d’abîmes sous ses pas.
De Paris au Havre, des Pyrénées à l’Afrique noire, Thomas se trouve emporté par une course dans les tempêtes, une traversée des territoires intimes et des géographies lointaines.


Mon petit mot

3 livres en un...
Un épais roman, découpé en trois parties,  pour une quête passionnante.

Le narrateur (et le lecteur avec lui) n'aura pas de réponse à la première question qu'il s'est posée. En revanche, il va en découvrir bien d'autres. Sur son passé, mais aussi sur le monde qui l'entoure.

D'un monde professionnel effrayant à l'Afrique de Boko Haram, la fresque est ambitieuse. Je ne m'attendais pas à un tel cheminement en ouvrant ce livre!
Ce qui explique d'ailleurs peut-être que c'est surtout la première partie (autour de l'accident de Camille) qui m'a vraiment happée, tout comme l'écriture, nerveuse, rapide, où dialogues, narration s'enchaînent sans les signes habituels de la ponctuation, sans laisser au lecteur le moindre temps pour souffler.
J'ai eu un petit temps de "retrait" à mi-parcours avant d'être à nouveau pleinement immergée dans le parcours de cet homme qui se débarrasse peu à peu de son passé (et des GPS et autres balises virtuelles) pour mieux envisager l'avenir.

Revenir au vraies valeurs, la nature (de superbes lignes autour des Pyrénées puis ensuite pour l'Afrique, ses couleurs, ses senteurs) , aux échanges directs, à la communication, aux lettres...  être plus attentif aux autres....
L'environnement est très présent, le décor, chacun peut se faire un film très précis au fur et à mesure que les pages se tournent. 
Un tourbillon de mots, pour mieux faire prendre conscience de la nécessité de faire une pause? Trouver enfin le repos, au septième jour... et accepter de ne pas tout savoir...


 Rentrée littéraire 2016








mercredi 21 septembre 2016

Les petites et les grandes choses de Rachel Khan #68premièresfois

18 février 2016 Anne Carrière

Nina Gary a 18 ans ; alors qu’elle tente de devenir une femme, elle réalise que quelque chose cloche. Entre son père gambien qui marche comme un tam-tam, son grand-père à l’accent de Popek qui boit de la vodka, entre le trop d’amour de sa mère cachée pendant la guerre, le rejet de la fac et la violence de la  rue, elle est perdue. 
 Noire, juive, musulmane, blanche et animiste, elle en a gros sur le cœur d’être prise pour une autre, coincée dans des cases exotiques où elle ne se reconnaît pas. Alors, elle court.  

C’est la solution qu’elle a trouvée pour échapper aux injustices et fuir les a priori d’une société trop divisée pour sa construction intime. Elle fait le choix de  la vitesse pour se prouver qu’elle a un corps bien à elle et se libérer de l’histoire de ses ancêtres, trop lourde pour ses épaules. Un mouvement permanent pour s'oublier, et tout oublier de la Shoah, de l’esclavage, de la colonisation et de la reine d’Angleterre. Courir pour se perdre, s’évader, se tromper, être trompée, se blesser, se relever peut-être. Ne plus croire en rien, seulement au chronomètre et en l’avenir des 12 secondes qui vont suivre. Sentir ses muscles, pour vivre enfin l’égalité – tous égaux devant un 100 mètres, à poil face au temps. 
Entre les grandes et les petites choses,  c’est l’histoire de Nina Gary, une jeune fille qui court pour devenir enfin elle-même. 
Mon petit mot

Voici un roman que je n'avais pas repéré à sa sortie et que j'ai pu découvrir grâce aux "68 premières fois", ce groupe aura vraiment permis de mettre à l'honneur de belles découvertes !

Une grande force se dégage de se texte, relever la tête, avancer... puissant!

Les questions d'identité, entre couleur de peau, religion, rapport filles-garçons, le poids de l'histoire, sont traitées d'une façon qui donne plutôt de l'optimisme, on sourit souvent, même si le constat reste bien sombre, on est loin de tout misérabilisme.

L'écriture est à l'image de la jeune héroïne, dynamique, et enjouée.
Un roman qui donne envie de se battre, c'est pas mal, non?





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 Challenge Rentrée Hiver de MicMelo
et 68 premières fois

lundi 19 septembre 2016

Ahlam de Marc Trevidic #68premièresfois

Lattès
06/01/2016

Lorsqu’en 2000 Paul, célèbre peintre français, débarque aux Kerkennah en Tunisie, l’archipel est un petit paradis pour qui cherche paix et beauté. L’artiste s’installe dans « la maison de la mer », noue une forte amitié avec la famille de Farhat le pêcheur, et particulièrement avec Issam et Ahlam, ses enfants incroyablement doués pour la musique et la peinture. Peut-être pourront-ils, à eux trois, réaliser le rêve de Paul : une œuvre unique et totale où s’enlaceraient tous les arts.
Mais dix ans passent et le tumulte du monde arrive jusqu’à l’île. Ben Ali est chassé. L’islamisme gagne du terrain. L’affrontement entre la beauté de l’art et le fanatisme religieux peut commencer.

Âgé de 50 ans, Marc Trévidic a dirigé le pôle antiterroriste du parquet de Paris, de 2006 à septembre 2015. Il est aujourd'hui vice-président au tribunal de grande instance de Lille où il est en charge de la coordination du pôle pénal. Il est l'auteur de trois livres, tous publiés chez Lattès: Au cœur de l'antiterrorisme (2010), Terroristes: les sept piliers de la déraison (2013) et Qui a peur du petit méchant juge? (2014).
Ahlam est son premier roman.


Mon petit mot

Quand un juge anti-terrorisme se met à l'écriture d'un roman... cela suscite la curiosité!
Quand ce premier roman parle d'islamisme, on se doute que cela va être particulièrement intéressant... et en effet, on est pas déçu!

L'histoire d'amour devient presque accessoire (certaines pages même sur la recherche picturale de Paul m'ont parues un peu longues, tant le propos capital est ailleurs) , un joli prétexte pour mieux décortiquer la montée de l'islamisme en Tunisie, la radicalisation, la manipulation, l'embrigadement,  le fonctionnement des cellules de jeunes... et cela fait froid dans le dos.

Un roman très important pour mieux comprendre ce qui peut se passer dans l'esprit de certains.
Pour comprendre ce que certains pensent des femmes, de l'art ou de la musique.

Un documentaire, un essai aurait pu aboutir au même constat. Mais il y a la force des émotions ressenties autour des personnages pour le renforcer, pour le graver profondément en mémoire.
Ce roman démontre parfaitement le pouvoir de la fiction.
Un monde s'effondre sous nos yeux, et rien de mieux que des personnages de chair et de sang pour nous aider à comprendre le monde d'aujourd'hui.

A lire , et à faire lire!

Dans le cadre des

Challenge Rentrée littéraire janvier 2016

samedi 17 septembre 2016

De nos frères blessés Joseph Andras

Actes Sud, mai 2016
Alger, 1956. Fernand Iveton a trente ans quand il pose une bombe dans son usine. Ouvrier indépendantiste, il a choisi un local à l’écart des ateliers pour cet acte symbolique : il s’agit de marquer les esprits, pas les corps. Il est arrêté avant que l’engin n’explose, n’a tué ni blessé personne, n’est coupable que d’une intention de sabotage, le voilà pourtant condamné à la peine capitale.
Si le roman relate l’interrogatoire, la détention, le procès d’Iveton, il évoque également l’enfance de Fernand dans son pays, l’Algérie, et s’attarde sur sa rencontre avec celle qu’il épousa. Car avant d’être le héros ou le terroriste que l’opinion publique verra en lui, Fernand fut simplement un homme, un idéaliste qui aima sa terre, sa femme, ses amis, la vie – et la liberté, qu’il espéra pour tous les frères humains.
Quand la Justice s’est montrée indigne, la littérature peut demander réparation. Lyrique et habité, Joseph Andras questionne les angles morts du récit national et signe un fulgurant exercice d’admiration.
 
 
Mon petit mot
 
Voici un premier roman très puissant, sur une page peut-être un peu oubliée de l'histoire de la guerre d'Algérie. 
 
L'auteur alterne les points de vue dans ses chapitres, passe d'un personnage et d'un lieu à un autre, alterne évocations des souvenirs et instant présent,  pour mieux resserrer la toile autour d'Iveton. 
On éprouve d'emblée de la sympathie pour ce proche des indépendantistes algériens, prêt à passer à l'action, mais sans violence. 
 
Et l'on assiste, impuissant, à l'effroyable marche de la justice qui va le broyer. La politique, le populisme, un petit électron pris dans un tourbillon qui dépasse tout. 
De quoi évoquer aussi la pratique de la torture, l'attitude du parti communiste ou du gouvernement français.
 
Le tourbillon de l'écriture renforce le sentiment d'urgence, tout à fait en adéquation avec le propos. 
 
 Un auteur de plus à suivre!
 

vendredi 16 septembre 2016

Le mois italien 2016

Comme l'année dernière, c'est pour octobre!

Voici les dates des RDV prévus:
- le 1: un livre paru en 2016
- 5: nouvelles, poésie, théâtre... un autre format que le roman 
 - 10 : unE auteurE italienne (ou d'un autre pays si le livre se déroule en Italie)
 - 15 : un roman policier 
- 20 : tourisme, musique, gastronomie : autre chose que les livres!
 - 25 : Elena Ferrante
 - 30 : Sardaigne, Sicile... les îles! )
Et tous les autres jours, toutes lectures en rapport avec l'Italie sont les bienvenues!
Bonnes lectures !
pour vous donner des idées, les liens de l'année dernière sont ici :


Les lectures des participants:

Martine
  1. La tentation d'être heureux
  2. Brunetti entre les lignes
  3. Cinq enquêtes romaines pour Rocco Schiavone
  4. Nouvelles romaines
  5. Black Messie Simonetta Greggio
  6. L'Imperfetta-L'Imparfaite Carmela Scotti
  7. La fille dans le brouillard  
  8. recette de "cannoli" 
  9. Elena Ferrante "L'amour harcelant" 
  10. Topiopi Andrea Camilleri 
  11. Aux petits mots les grands remèdes 


Florence
  1. On inventera bien quelque chose, de Giorgio Scianna
  2. La famille du collectionneur de Carlo Goldoni
  3. Vengeances romaines,de Gilda Piersanti
  4. cinéma "¨Perfetti sconosciuti" de Paolo Genovese 
  5. Promenade à Portovenere : /promenade-a-portovenere/ 
  6. Une sale affaire,de-marco-vicchi
  7. Une lame de lumière, Andrea Camilleri.
  8. Celle qui fuit et celle qui reste, Elena Ferrante
  9. Una barca nel bosco, Paola Mastrocola
  10. La peinture italienne à chantilly


Eimelle
  1. La Tentation d'être heureux Lorenzo MARONE
  2. Brunetti en trois actes de Donna Leon
  3. A l'insu de la nuit de Rosetta Loy  a-linsu-de-la-nuit-de-rosetta-loy
  4. La Comtesse de Ricotta Milena Agus 
  5. Lucia di Lammermoor / Gaetano Donizetti, opéra de Tours
  6. La fille dans le brouillard Donato Carrisi
  7. Presque l'Italie théâtre
  8. L'amie prodigieuse Elena Ferrante 
  9. La guerre des saints de Michela Murgia 
  10. Le Bâtard de Palerme Histoire des Beati Paoli, T. 1 Luigi NATOLI



Laure
  1. La jeune épouse – Alessandro Baricco
  2. Le dernier voyage de Sinbad - Erri de Luca
  3. La petite lumière - Antonio Moresco
  4.  Sur l'île, une prison - Maurizio Torchio 
  5. Poupée volée - Elena Ferrante | Micmélo Littéraire

Nathalie

La conscience de Zeno d'Italo Svevo
Leonardo Sciascia, La Tante d’Amérique

 Kathel
Erri de Luca : le-jour-avant-le-bonheur/ 
Marco Malvaldi, Le mystère de Roccapendente

Denis

Le ciel volé d'Andrea Camilleri.
Le chuchoteur de Donato Carrisi

Estelle Calim
gateau-la-ricotta-et-au-citron-torta-di.html 
recettes italiennes



jeudi 15 septembre 2016

Charlotte Delbo Ghislaine Dunant

31/08/2016 Grasset
« Je rencontrais une écriture qui crevait la surface protectrice de la vie pour toucher l’âme, le corps qui souffre ce qu’un être humain ne doit pas souffrir. Les mots peuvent dire ce qu’il est à peine supportable de voir, et de concevoir. Et ils peuvent ramener l’amour que Charlotte Delbo avait eu pour toutes celles, ceux qu’elle avait vu souffrir. La lucidité, la capacité de dire et d’écrire était là. Une langue pouvait rendre ce qui avait eu lieu. Le trou que faisait dans notre humanité la catastrophe d’Auschwitz, un écrivain me donnait le moyen de le raccommoder avec une œuvre qui en faisait le récit. Elle avait cherché la beauté de la langue dans le terrible des mots ciselés en arrêtes coupantes. Elle les disait avec la douceur qui prend quand l’au-delà de la douleur est atteint.
Elle l’écrivait des années plus tard, ouvrait les images restées, elle interrogeait avec liberté les souvenirs au moment où elle les écrivait, elle découvrait la vie retrouvée ».


Mon petit mot

J'ai véritablement découvert cet été seulement Charlotte Delbo, au festival d'Avignon, où deux de ces pièces été jouées et où j'ai assisté à une représentation de
je m'en suis alors voulue de si mal la connaître et m'étais alors promis de me plonger dans son oeuvre, c'est finalement ce livre qui m'a comblée!

Quelle femme!

Cet épais et très complet ouvrage relate sa vie, de ses premiers pas dans le monde professionnel comme secrétaire de Jouvet ( l'évolution de ses rapports au "maître" est d'ailleurs très intéressante) , sa passion pour le théâtre, son amour pour la langue, ses premiers engagements, et puis la rencontre avec son grand amour, le communisme et l'entrée en guerre.

Nous la suivons ensuite dans la Résistance, et puis l'arrestation. La déportation. Auschwitz,  Ravensbrück, Raisko.  Et puis le retour.
Faire partie des survivantes. Revenir à un monde qui n'existe plus. Être celle qui revient , alors que les autres ne sont plus. Son mari. Son frère. Et tant d'autres.

Devenir celle qui donne l’indicible à voir, qui met des mots sur les pires des violences, qui redonne vie à ses compagnes mortes au camp.
Graver dans la conscience ce que les hommes ont commis de plus atroce.
Écrire ce qui était impensable et qui fut pourtant la réalité.



Mais le travail de Ghislaine Dunant ne s'arrête pas à la biographie, c'est aussi une analyse très complète du point de vue littéraire de l'oeuvre de Charlotte Delbo, poétique, romanesque, théâtrale, mais aussi correspondance ou articles dans la presse, ainsi que de ces difficultés à trouver un éditeur, à se faire entendre, d'une réception de ces textes parfois plus facile aux Etats-Unis que dans une France plus prompte à fermer les yeux qu'à voir en face certaines pages sombres de son passé.
La difficulté d'être femme aussi parfois.


Et c'est bien là toute la vie de Charlotte Delbo.
Donner à voir.
Ce qui fait mal. Ce qui fait honte.Ce sur lequel on a fermé les yeux.
 Les arrestations dans la rue, devant des passants qui détournent le regard, des trains vers la mort , des dénonciations. Sur la guerre de 39/45, mais aussi sur la guerre d'Algérie et les autres bouleversements du monde qu'elle n'aura de cesse de dénoncer. Faire face au négationnisme également.

Un combat contre l'oubli, une énergie et une volonté qui ne peuvent que susciter l'admiration et souhaiter plus que jamais que ces textes soient lus, joués, diffusés, et que les yeux ne se referment pas.


Et puis Charlotte Delbo, c'est aussi un bel hymne à la vie, continuer à boire du champagne, à rire, à se maquiller, après avoir connu le pire, tenir debout pour ceux qui ne le peuvent plus, vivre deux fois plus intensément,  et raconter sans relâche ceux qui ne sont plus là.
Mettre de la poésie sur la tragédie pour mieux toucher le lecteur.
Retrouver la vie grâce à des personnages de théâtre. D'Ondine au Misanthrope, d'Elvire à Antigone, ils traversent sa vie comme son oeuvre.

Un ouvrage de référence, qui comporte de nombreuses citations, mais qui se lit comme un (gros, peut-être que l'on aurait pu parfois resserrer un peu l'écriture, mais c'est un tout petit bémol ) roman, qui fait partie pour moi des indispensables de cette rentrée.

Comme souvent quand un lire m'a particulièrement touchée, j'ai du mal à mettre des mots sur cette émotion, et ma chronique me semble toujours maladroite, mais une seule chose à en retenir : lisez ce livre ou lisez Charlotte Delbo !

Rentrée littéraire 2016





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mardi 13 septembre 2016

Monsieur Origami - Jean-Marc Ceci

Collection Blanche, Gallimard
Parution : 25-08-2016
Des candidatures pour le patrimoine culturel immatériel de l'Unesco au Japon pendant la seconde guerre mondiale, de la légende du pliage des milles grues et de Sadako Sasaki à l'amour non partagé en passant par la culpabilité d'un artisan ayant vu son travail détourné à des fins militaires, en quelques mots, de nombreux thèmes sont abordés et donnent à réfléchir.

Le monument à Sadako Sasaki , décédée à l'âge de douze ans d'une leucémie due à la bombe atomique d'Hiroshima et ses grues en papier:

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