dimanche 20 novembre 2016

Une bouche sans personne de Gilles Marchand #68premièresfois

Un comptable se réfugie la journée dans ses chiffres et la nuit dans un bar où il retrouve depuis dix ans les mêmes amis. Le visage protégé par une écharpe, on ne sait rien de son passé. Pourtant, un soir, il est obligé de se dévoiler. Tous découvrent qu’il a été défiguré. Par qui, par quoi? Il commence à raconter son histoire à ses amis et à quelques habitués présents ce soir-là. Il recommence le soir suivant. Et le soir d’après. Et encore. Chaque fois, les clients du café sont plus nombreux et écoutent son histoire comme s’ils assistaient à un véritable spectacle. Et, lui qui s’accrochait à ses habitudes pour mieux s’oublier, voit ses certitudes se fissurer et son quotidien se dérégler. Il jette un nouveau regard sur sa vie professionnelle et la vie de son immeuble qui semblent tout droit sortis de l’esprit fantasque de ce grand-père qui l’avait jusque-là si bien protégé du traumatisme de son enfance.
Léger et aérien en apparence, ce roman déverrouille sans que l’on y prenne garde les portes de la mémoire. On y trouve les Beatles, la vie étroite d’un comptable enfermé dans son bureau, une jolie serveuse, un tunnel de sacs poubelle, des musiciens tziganes, une correspondance d’outre-tombe, un grand-père rêveur et des souvenirs que l’on chasse mais qui reviennent. 
Un livre sur l’amitié, sur l’histoire et ce que l’on décide d’en faire. Riche des échos de Vian, Gary ou Pérec, lorgnant vers le réalisme magique, le roman d’un homme qui se souvient et survit – et devient l’incarnation d’une nation qui survit aux traumatismes de l’Histoire.


Mon petit mot 

Voici un premier roman surprenant!

Autour d'un thème particulièrement grave (dont le fin mot ne sera révélé que tout à la fin du livre, je n'en dis donc pas plus),  l'auteur réussit la prouesse de faire rire tout autant que d'émouvoir, chapeau!

Résilience...
Comment survivre à une catastrophe?
Solitude, poids de la différence... jusqu'à la réouverture aux autres. 
Un grand-père et son petit-fils vont réinventer la vie...  Elle va devenir enchantée, fantasque, par le pouvoir des mots et de la narration...
Un livre qui donne envie de raconter des histoires et d'en écouter!
 De saisir aussi les petits riens de la vie... et comment les transformer en vrai moment d'émerveillement et de bonheur, à partager, tant qu'à faire!

 Beaucoup de fantaisie, pour mieux détacher le choc des dernières pages...






68 PREMIERES FOIS EDITION 2016

6 commentaires:

  1. Il m'attend. Cette fantaisie va me plaire, j'en suis certain.

    RépondreSupprimer
  2. Il est intrigant ce roman en effet, y compris la couverture. Un homme avec une écharpe sur le visage, ça me fait penser tout de suite aux gueules cassées... bon voilà que j'imagine déjà : ton billet fait travailler mon imagination !!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. ce n'est pas ça :)! mais en effet, un livre qui fait cogiter!

      Supprimer

Comments system