mercredi 26 octobre 2016

BD italienne ma liste d'envies!

Je lis peu de BD, c'est un genre que je connais mal, je m'étais dit que ce mois italien serait une bonne occasion pour le faire, ce ne sera pas le cas, mais j'en profite pour vous faire partager ma liste d'envies concoctées au fil des mois!

Il y a bien sûr Hugo Pratt et son  Corto Maltese , mais ensuite?

Titres repérés sur les blogs, BD-thèque et Babelio, en avez-vous à recommander tout particulièrement?


Le Caravage, Tome 1 : La palette et l'épée





Milo Manara   Éditeur : Glénat (2015)




"La vie sulfureuse du célèbre peintre italien par le maestro Manara Automne 1592. Michelangelo da Caravaggio dit « Le Caravage » débarque à Rome, toiles et pinceaux sous le bras. Il puise son inspiration dans l'âme de la cité éternelle, entre grandeur et décadence, et auprès des personnages hauts en couleur qu'il y rencontre. Rapidement admiré pour son talent, il sera toutefois souvent critiqué pour ses partis pris artistiques, notamment sur ses sujets religieux ? il prendra ainsi pour modèle de sa Mort de la Vierge une prostituée. Une réputation aggravée par le penchant du peintre pour la violence et sa participation à de fréquentes et vives échauffourées... Milo Manara amorce ici un diptyque consacré au génial Caravage et à l'Italie du Cinquecento, dans lequel il exprime à nouveau sa fascination pour la création artistique et la beauté des femmes, tout en rappelant qu'il est aussi un maître de la BD historique au sens de la reconstitution confondant."






avec un article intéressant sur les emprunts à l'art du dessinateur : Le-Piranese-dans-le-Caravage



Borgia



Une BD de Alexandro Jodorowsky et Manara, Milo chez Drugstore (Adulte) - 2011

Retrouvez la tragique histoire des Borgia dans un prestigieux volume La famille Borgia a défrayé la chronique au XVe siècle, en donnant à l'Italie et au monde chrétien deux papes d'une sulfureuse renommée. Les Borgia furent accusés entre autres de simonie, d'empoisonnement, de fratricide et d'inceste... ils incarnent les plus flamboyants symboles de la décadence de l'Église à la fin du Moyen-âge et, par bien des aspects, en tenant Rome et la chrétienté sous leur joug, sont les premiers parrains de l'Histoire. Violence, luxure, manipulation et conspirations au Vatican forment la trame de cette épopée historique, transcendée par l'écriture paroxystique de Jodorowsky et la séduction trouble du trait de Manara.Redécouvrez dans cette magnifique édition à tirage unique et limité l'intégralité de la série enrichie d'une nouvelle couverture et de dessins inédits – dont un ex-libris de Manara numéroté et signé – ainsi qu'un texte inédit de Jodorowsky.









Etat de veille



Davide Reviati Éditeur : Casterman (2011)

Sombre et fort, un roman graphique d'une puissance peu commune. Prix du meilleur album au festival de Naples 2010. Etat de veille, dans la vie s'écoule entre inconscience et conscience, entre indifférence et lucidité. Un état de rêve ou d'hypnose où les vérités les plus noires défilent devant nos yeux comme des hallucinations : la tristesse d'une cité de banlieue, l'infâme pollution de son usine pétrochimique, le désoeuvrement de jeunes abandonnés à eux-mêmes... Le tout raconté comme si l'auteur avait tenté de transmettre son message dans l'urgence, vite, avant qu'il ne soit trop tard.





Aller simple





Aller simple 2005  Scénariste :Macola (Piero)  Dessinateur :Macola (Piero)

Editeur :Vertige Graphic/Coconino Press

juillet 1943, les alliés viennent de débarquer en Sicile. L’Italie est au bord de la défaite. Le régime de Mussolini est à l’agonie. Le lieutenant Giorgio Chiesura commence à rédiger son journal de guerre.

Le lieutenant évoque son parcours depuis la ville de Venise jusqu’à son bataillon, dans un pays en plein désarroi. Une bande dessinée qui prend l’aspect d’un très beau témoignage sur la Seconde Guerre mondiale.




Aïda, à la croisée des chemins


Sortie le 21/03/2008

Dessinateur :Vanna Vinci Scénariste : Vanna Vinci


Aida débarque à Trieste, la ville de ses grands-parents maternels. Elle vient y poursuivre ses études et oublier Carlo, son fiancé, un goujat, dit-elle, qui lui a lancé qu'elle n'était « bonne qu'à porter des décolletés plongeants ». À montrer ses nichons, quoi ! Mara, sa cousine, l'attend à la gare. Dans un café, les deux jeunes filles se redécouvrent. Mara présente son grand amour à Aida. Au lieu du beau ténébreux qu'elle s'attend à découvrir, Aida se trouve face à Lulli, une blonde d'enfer...

Encore une histoire à l'eau de rose saupoudrée d'un brin d'interdit pour faire frissonner les adolescentes, pensez-vous ? Perdu.

Aida est une longue promenade à travers une ville et deux tragédies, celles des guerres mondiales du XXe siècle.

La jeune femme rencontrera d'abord ses grands-parents, morts depuis belle lurette, puis Nino, le grand frère de son grand-père, ancien combattant de la guerre de 14 et lui aussi décédé depuis belle lurette. Bien sûr, tout le monde sait qu'une vivante n'a pas le droit d'aller se promener avec un homme mort. Heureusement, certains morts ne savent pas qu'ils sont morts, ce qui rend donc la chose, dans notre cas, tout à fait possible. Nino et Aida déambulent dans les rues de la vieille ville, fouillant dans les recoins poussiéreux des vieilles boutiques et des anciennes maisons abandonnées, traversant des lieux oubliés de Trieste, ville d'aujourd'hui et ville des années quarante.

Ville dont il suffit d'enlever une lettre au nom pour qu'elle devienne Triste...






Le Bruit du givre





Scénario : Lorenzo Mattotti
Dessin : Lorenzo Mattotti


Samuel est abandonné par sa compagne Alice, dont le désir de maternité le plonge en pleine confusion mentale. Mais un peu plus tard, sur la foi d’un courrier d’Alice arrivé d’un pays lointain, Samuel entreprend de partir sur ses traces, à la recherche d’une réponse à ses peurs intimes et, peut-être, d’une clé pour enfin se trouver lui-même. Entre fantasmagorie, introspection et poésie, une longue quête commence, pleine d’incertitudes et d’aventures, portée avec une puissance peu commune par le génie de la couleur de Mattotti. Un éblouissement.


Brancaccio : Chronique d'une mafia ordinaire





Claudio Stassi Giovanni Di Gregorio Éditeur : Casterman (2008)

Brancaccio : un quartier de Palerme, l'un des plus dangereux de Sicile. C'est ici qu'habite Nino, un gosse plein d'espoir, qui veut s'en sortir, apprendre un travail et vivre honnêtement. Mais personne ne sort indemne de Brancaccio, car ici, c'est la Mafia qui commande. La Mafia qui, insidieusement, pollue l'air qu'on respire, l'eau qu'on boit, les mots et les pensées qui nous viennent, et jusqu'à chacun de nos gestes. Brancaccio relate, en trois épisodes, la vie de Nino et de ses proches, leur survie plutôt, tant la pègre influe sur les moindres détails de leur quotidien. Complété par des témoignages de victimes et d'associations qui luttent contre l'influence pernicieuse de la Mafia, cet album est un document poignant auquel on ne peut rester indifférent.



Bons baisers de la province



Gipi  Éditeur : Futuropolis (2014)

« Un jour, deux nouveaux flics sont arrivés dans le quartier. Ils venaient de la capitale, et appartenaient à la police antiterroriste, on ignorait pourquoi on les avait envoyés chez nous, en province, où il ne se passait rien » Andrea, jeune garçon doux et tranquille, est ravi de passer la journée avec son oncle qu’il voit peu ; au lieu d’une excursion dans un parc d’attractions, le tonton l’embarque pour une virée imprévue chez un vieil ami perdu de vue depuis l’adolescence, un copain d’enfance tout juste sorti de prison. Une histoire imprévisible, un portrait dur mais réaliste de la vie en province. Gipi pose la question de la vie après l’épreuve ; tentation de se venger ou savoir pardonner. Comme dans un jeu d’enfants on se dit après l’épreuve « un jour je le tuerai » puisqu’on s’en veut de n’avoir pas été le plus fort. « Sans raison particulière, cette idée de l’enfer en construction effraie passablement l’homme qui a traîné le type en pyjama au milieu de la route (de façon à ce qu’il puisse se faire descendre avec plus de facilité). « Si l’enfer était vraiment en construction » (se surprend-il à penser), « les nuits comme celle-là pourraient servir de parpaings ». Chez Gipi, les hommes ont aussi le défi d’être heureux dans le présent mais le souvenir d’un drame est souvent plus fort. Trait simple et texte à l’os ; on se souvient longtemps de ses histoires de petits héros ordinaires…


Bello ciao : G8, Gênes 2001




Francesco Barilli Manuel de Carli Éditeur : Les Enfants Rouges (2013)

Le 20 juillet 2001 à 17h27, pendant les journées du sommet du G 8 de Gênes, un manifestant est tué sur la place Alimonda. Les premiers témoignages sont confus : certains parlent d'un coup de revolver, d'autres d'une pierre, d'autres encore de bombes lacrymogènes. Peu de temps après, une photographie de l'agence Reuters ne laisse plus de place au doute. Elle révèle un jeune homme (on découvrira plus tard dans la soirée qu'il s'agit de Carlo Giuliani, un garçon de 23 ans) avec une cagoule et un extincteur qu'il soulève au dessus de sa tête tandis qu'une arme le vise depuis l'arrière d'une camionnette.



C'est pour ça que je m'appelle Giovanni





Claudio Stassi   Éditeur : Dargaud (2011)

Une ville où se cache un monstre, un père qui a une histoire à raconter, un enfant qui apprend à surmonter sa peur, pour combattre la mafia tous les jours, comme Giovanni Falcone.




Contes et Légendes, Tome 1 : Le Géant égoïste





Dino Battaglia  Éditeur : Mosquito (2006)

Abandonnant pour un temps les brumes du gothique, Dino Battaglia a mis également en scène de nombreux contes populaires. Cet univers merveilleux est délicatement souligné par les couleurs de son épouse Laura dont Hugo Pratt vantait les talents de coloriste. Dans ce registre apaisé, il a notamment adapté Andersen, les frères Grimm ainsi qu'Oscar Wilde.


En Italie, il n'y a que des vrais hommes




Luca De santis Sara Colaone Éditeur : Dargaud (2010)

Les lois raciales de l'Italie fasciste ne prévoyaient pas de peines à l'encontre des homosexuels : cela était inutile, puisque, d'après Mussolini, tous les hommes italiens étaient mâles, actifs et virils.
 

Pasolini : Une rencontre




Davide Toffolo  Éditeur : Casterman
En réalisant aujourd'hui un voyage sur les lieux de Pasolini - Bologne, Casarsa, Rome, l'Etna... - Davide Toffolo nous entraîne dans une aventure littéraire et picturale saisissante. Entré en contact par e-mail avec le mystérieux M. Pasolini, l'auteur le rencontre ensuite à plusieurs reprises. Ensemble, ils parcourent la pensée du célèbre cinéaste, au cours d'une interview entre rêve et réalité, jalonnée d'extraits de dialogues de films ou de poèmes de Pasolini. Pasolini, une rencontre rend un hommage insolite à une figure essentielle du cinéma contemporain.

Extérieur nuit



Gipi  Éditeur : Coconino Press (2005)

Gipi est un sorcier. Un de ces auteurs rares comme l'Italie sait parfois nous en donner. Ces histoires arrachées au souvenir et furieusement jetées sur la toile - oui, Gipi travaille à l'ancienne - témoignent de sa créativité bouillonnante. Extérieur Nuit mène tout droit au 7e art. A la façon d'un Pasolini, Gipi photographie notre époque et ses vicissitudes. De l'Italie profonde aux océans déchaînés, on plonge dans ses récits avec un immense plaisir, en apnée jusqu'à la dernière image.

Sharaz-De


Sergio Toppi
Éditeur : Mosquito
Les Contes des Mille et une Nuits remonteraient au XIIème siècle. Ils ont su enchanter des générations de lecteurs à travers le monde.

Les contes de Sharaz-De sont ici repris par le célèbre dessinateur Sergio Toppi. Notre enchantement est celui du roi captif des récits à tiroirs de l'envoûtante conteuse, qui chaque nuit, joue sa tête. Mais la poésie des textes distillés par Toppi contraste brutalement avec la vive cruauté du récit.

De toutes ces aventures où la magie le dispute au fantastique, de tout ce luxe et cette volupté orientale, Sergio Toppi a foncièrement retenu la figure centrale : l'être humain enchaîné à son destin !

Fragments : Histoires vécues par des héros ordinaires





Stefano Casini Éditeur : Mosquito (2013)


Stefano Casini se souvient, quand il était petit, de ses visites à Querciolo, le petit village de campagne où résidaient ses grands-parents, en Italie. Son père prenait alors le volant et s’engageait sur la via Aurélia n°1, celle qui part de Rome vers le nord, jusqu’à s’enfoncer de plus en plus dans la campagne. La première fois qu’il était descendu de voiture, à l’arrivée, Stefano avait eu la trouille de sa vie. Il avait été accueilli par Giorgio, un demeuré aux cheveux hirsutes, qui posait sans cesse la même question dénuée de sens : « Et il où Buggegge ? ». Son père lui avait expliqué qu’il n’était pas méchant, peut-être juste un peu impressionnant. Et puis Stefano avait découvert le tonton, les animaux de la ferme, le grand-père toujours en sabots, cette curieuse obsession de s’occuper traditionnellement de la ferme, sans machine. Quand la famille se retrouvait ainsi, c’était aussi pour inlassablement se remémorer les souvenirs de guerre. Notamment, quand il était jeune, le tonton avait été réfractaire au service militaire et une fois, il avait échappé de peu à la patrouille de deux allemands à l’intérieur de la maison. Dans la manière de le narrer, cet épisode était magnifié et enrobé d’héroïsme. Mais si ça se trouve, la réalité avait été plus prosaïque…

8 commentaires:

  1. J'aime beaucoup Casini et Borgia me fait de l’œil depuis longtemps ;)

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  2. « Etat de veille » : superbe, sombre et dure, un quotidien dans un quartier populaire, l’usine à proximité qui construit et déconstruit les liens entre les habitants et impose son rythme. Un graphisme qu’il n’est pas évident d’appréhender en revanche. Mais c’est un très bel album
    Mattotti : j’ai eu l’occasion, à deux reprises, de voir des expo qui étaient consacrées à son travail. Superbe. J’ai très envie de le lire maintenant
    Pour Gipi, j’ai fait plusieurs tendances plus ou moins fructueuses. Changement d’ambiance à chaque album, il peut déstabiliser.
    Dans les auteurs italiens, tu as également l’excellent Sergio Toppi (son « Sharaz-De » est une pépite !)

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    1. Merci beaucoup pour tes avis! Je vais rajouter Toppi à ma liste!

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  3. Je n'en ai pas à te recommander (je viens de parcourir ma bibliothèque Babelio, pas de BD italienne !) mais je note Aïda et C'est pourquoi je m'appelle Giovanni qui me tentent !

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    1. de quoi donner de nouvelles envies, chouette!

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  4. Merci pour cette présentation, je vais me pencher sur le Caravage et sur Les Borgia :-)

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