mardi 9 août 2016

GIBOULÉES DE SOLEIL par Lenka HORŇÁKOVÁ-CIVADE #68premièresfois

avril 2016 Alma
Dans un style ample et tendre et des dialogues presque naïfs, Lenka HORŇÁKOVÁ-CIVADE relate dans ce premier roman l’histoire d’une lignée de femmes bâtardes en tchécoslovaquie de 1930 à 1980.
Elles s’appellent Magdalena, Libuse et Eva et partagent le même destin : de mère en fille elles grandissent sans père. Mais de cette malédiction, elles vont faire une distinction. Chacune a sa façon, selon sa personnalité, ses rêves, ses lubies, son parler et l’époque qu’elle traverse. 
Malgré elles, leur vie est une saga : Magdalena connaîtra l’annexion nazie, Libuse les années camarades et Eva la fin de l’hégémonie soviétique. Sans cesse des imprévus surgissent, des décisions s’imposent, des inconnus s’invitent. À chaque fois, Magdalena, Libuse et Eva défient tête haute l’opinion, s’adaptent et font corps. Au fond, nous disent-elles, rien n’est irrémédiablement tragique, même les plus sombres moments.
Ces héroïnes magnifiques, Lenka HORŇÁKOVÁ-CIVADE les magnifie encore par son écriture solide et douce, brodée, ourlée, chantante. Moqueuse aussi lorsque la kyrielle de personnages secondaires – paysans, apparatchiks, commères… le requiert.
Mon petit mot
Et un coup de coeur de plus dans la catégorie premier roman!

Une magnifique histoire de femmes, sur 4 générations, pour mieux nous conter l'histoire trouble de la Tchécoslovaquie du XXème siècle. 
Chacune a son style, enfantin, plein d'espoir ou désabusé et meurtri, elles évoluent, elles rêvent de la ville, de l'amour, elles observent le paysage, sondent les âmes et les corps, et ne nous lâchent plus. 

J'ai été très touchée par ces histoires, ces destins, ce que cela dit de la condition féminine.
De Marie qui a fuit Vienne pour s'installer dans ce petit village de Tchécoslovaquie et pour qui les vacances à la mer se résument à une casserole d'eau salée à Eva pour qui les frontières se réouvriront enfin et qui pourra découvrir ce Paris dont ses ancêtres ont rêvé... les portraits s'enchaînent de belle manière. 

Et puis il y a aussi la grande histoire, et ses répercussions sur ce petit village. Certains sont chassés, on collectivise les terres, les animaux, les traditions sont mises à mal, les broderies se démodent, mais la femme a toujours bien peu voix au chapitre... et la misère, toujours.... 
Il s'agit de garder la tête haute, à l'image de l'arrière-grand-mère, et de continuer à avancer, à vivre, et à rêver. 

Chacune de vous, les filles, porte en elle un brin de soleil. Je me demande pourquoi je ne vous ai jamais dit ça avant. On pense que ce qui est évident pour soi l'est aussi pour les autres, que c'est inutile à dire.

A découvrir!

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4 commentaires:

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