mardi 8 mars 2016

Presagio de Andrea Molesini

Traducteur : Dominique Vittoz ,  Editions Calmann-Lévy. Janvier 2016
À la veille de la Première Guerre, la clientèle cosmopolite de l’Excelsior, un palace du Lido vénitien, brille de ses derniers feux sous le regard aigu de son directeur, Niccolò Spada. La belle Margarete von Hayek, ressortissante autrichienne et cliente de l’hôtel, attire particulièrement son attention. Or, cette jeune femme aux moeurs très libres séjourne en réalité à Venise pour des raisons plus que sombres.
À Paris peu de temps auparavant, elle fut l’amante de son professeur bien plus âgé, Viktor, avant de séduire son jeune fils Gustave, dont elle démolit le coeur… Mais bientôt Margarete ne pourra plus cacher ses secrets à Niccolò. Parviendra-t-elle enfin à aimer un homme sans en ravager l’existence ?
Presagio se savoure tel un joyau parfaitement aiguisé, une intrigue tragique en pleine Belle Époque désenchantée, une fresque viscontienne de frivolité désespérée.



 Mon petit mot

De cet auteur, j'avais beaucoup aimé 


4 janv. 2013   Andrea Molesini. 
je n'ai donc pas hésité beaucoup à ouvrir celui là, d'autant plus que le cadre géographique comme historique m'attire tout particulièrement : Venise, à la veille de la guerre de 1914.

Nous sommes sur Le Lido. Un hôtel de luxe, une clientèle aisée et cosmopolite. Un directeur ayant  réellement existé, tout comme cet hôtel. Une marquise mystérieuse...

Tout pourrait n'être que calme, luxe et volupté, mais voilà que l'actualité s'en mêle... l’Europe bruisse de toute part... qui va être mobilisé? Quels pays vont entrer en guerre? Entre ces convives attablés ensemble, de différentes nationalités, lesquels risquent demain de se retrouver à combattre l'un contre l'autre?
Et que va devenir ce palace si la clientèle le déserte?

Le roman se concentre sur ces quelques jours du basculement, à la fin du mois de juillet et au début du mois d'août.
Durant cette attente, le temps est comme suspendu. Partir? Rester?
On ne peut plus que nouer que d’éphémères relations, entretenir de brèves liaisons. Alors, la petite histoire se glisse dans la grande.
Apparait alors la charismatique Margarete. Elle nous entraîne dans une autre Venise. L'asile. L'île des fous.  Elle est déjà d'un autre temps. Libre. Jusqu'au bout.

Il y a aussi le monde des rêves, et bien sûr Venise et sa lagune...
Bref, une deuxième rencontre réussie avec cette auteure!

L'hôtel aujourd'hui, et Venise dans le fond...
 Et l'histoire du lieu et du personnage qui a inspiré A. Molesini, sur le site de l'hôtel, inauguré le 21 juillet 1908
La construction de cet établissement prestigieux, symbole et véritable attraction de la ville lagunaire, a été confiée à l’architecte vénitien Giovanni Sardi par Nicolò Spada, célèbre homme d’affaires, et le projet est devenu réalité en dix-sept mois seulement. Selon le concept visionnaire de Spada, cette bande sableuse qui sépare la lagune de la mer - et dont les dunes naturelles de sable fin et doré lui ont valu le nom « île d’or » - complète de façon extraordinaire l’image fastueuse et glorieuse de Venise. L’atmosphère de la Belle Époque se prête particulièrement à la célébration de ce nouveau haut-lieu du lifestyle international.
Le Lido devient très rapidement un lieu de rendez-vous luxueux à ciel ouvert, alternative efficace et séduisante aux stations plus conventionnelles de l’intérieur des terres. Les plages élégantes de l’Adriatique, le parc naturel qui les entoure et la proximité de Venise contribuent à le consacrer comme la destination favorite des épicuriens et du jet set international.
De nombreuses villas, résidences et hôtels de luxe se construisent peu à peu dans les environs, en particulier grâce à la promotion massive menée par la toute nouvelle CIGA Compagnia Italiana Grandi Alberghi, tout d’abord en Europe puis dans le monde entier, et ce lieu unique se révèlera hautement stratégique grâce à son centre thermal marin spécialisé dans les soins du corps et le bien-être.
En juin 1914, l’hôtel possède déjà son fleuron, la Sala Stucchi, construite sur la terrasse au premier étage dans le plus pur style Louis XV. Dans les années 30, la valeur et le prestige de l’Excelsior s’accroîtront encore avec la « Mostra del Cinema », festival international de cinéma, et avec l’ouverture du Casino de Venise, deux hauts lieux de divertissement de la ville.
La liste des célébrités et des personnalités appartenant au monde de la politique, de la finance, de l’économie et du spectacle accueillies par l’hôtel est désormais très longue, et Barbara Hutton, Paola et Albert de Liège, Errol Flynn, le Duc de Windsor, Don Carlos de Beistegui et Winston Churchill, sans oublier les célébrités d’aujourd’hui, foulent le tapis rouge du festival du cinéma.

dans les années 1920



On pense aussi à l’île de Poveglia, toute proche du Lido, où fut bâti, en 1922, un hôpital psychiatrique, désormais en ruines.




Dans le cadre des challenges


Logo challenge vénitienChallenge Rentrée littéraire janvier 2016

4 commentaires:

  1. un hôtel de luxe, la lagune, cela rappelle Mort à Venise.....Ce deuxième livre me plairait bien

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    1. oui, on retrouve un peu cette atmosphère en effet!

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  2. Le Lido à la Belle Époque me fascine... Ton article est très intéressant et me donne encore plus envie de découvrir ce livre dont j'attendais la parution. Ils ne l'ont pas encore à la médiathèque, je vais peut-être me résoudre à l'acheter ;)

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