lundi 11 janvier 2016

La première main de Rosetta Loy


  • La prima mano, Milano, Rizzoli, 2009.
  • La Première Main, Paris, Mercure de France, 2007.
Traduction : Françoise Brun
Il y en a trois, des mains. La première est la plus belle, elle a entrelacé ses doigts aux miens, chaude, forte. Une main à la Michel-Ange, aux ongles bien dessinés. C'est une histoire uniquement de gestes où les paroles privées de sens sombrent dans le néant. Et le désir reste impossible à combler, enfantin et adulte à la fois comme s'ils appartenaient, ces gestes, à une petite fille mais aussi à son contraire. Une petite fille solitaire et qui a faim de gratifications, et une adulte ingénieuse, experte. Même les odeurs sont des vagues qui vont et viennent et portent en elles tendresse et ténèbres, les narines les suivent comme si elles marquaient une piste pour s'orienter dans cette forêt de silences. L'amour est au centre de ce récit. Paris, Rome, Venise, les années se superposent, mais le regard de la petite fille est le même que celui de la femme qu'elle est devenue. Si aiguisé, si précis, si intuitif, si vrai. 

Pour la première fois, Rosetta Loy, figure majeure de la littérature italienne contemporaine, publie en France un texte inédit dans sa langue maternelle. Elle peut enfin dire, en toute liberté, toutes les choses enfouies et les restituer dans l'éclat où elles lui sont apparues. Avec violence et nécessité, sans jamais tricher. Rosetta Loy signe ici un grand livre en tressant sa vie intime avec celle de l'Italie.

Mon petit mot

C'est avec ce texte, très personnel que je découvre Rosetta Loy.
Elle y relate son enfance tout d'abord, petite dernière d'une famille aisée dans l'Italie troublée des années 30.

Le Piémont, les vacances au ski, à la mer, à Venise, l'école religieuse, les nourrices, les maladies, les vêtements, les rapports aux autres membres de la famille... tout ce qui fait l'enfance.
La figure du père , très forte...

Une famille très privilégiée, mais des drames tout de même pour cette enfant pas vraiment désirée, abandonnée aux bonnes , ou "remplaçant" l'enfant-mort de sa nourrice (elle même au destin tragique) .
De nombreuses photos accompagnent l'auto-biographie, pour mieux nous plonger dans l'époque. 

 Et puis arrivent la guerre, le fascisme... (des thèmes qu'elle a d'ailleurs développé dans ces écrits précédents), les privations, la situation de l'Italie pendant la guerre... et la construction de l'adolescente qu'elle est devenue dans cette période critique.
Un beau texte, pour une période trouble du pays, mais j'avoue être restée un peu en dehors, je pense que les lecteurs connaissant déjà les autres oeuvres de cette auteure l'apprécieront d'avantage.





2 commentaires:

  1. Je me souviens avoir beaucoup aimé Un chocolat chez Hanselman et un autre titre complètement oublié... c'état il y a quelques années ! Je ne crois pas que ce titre est complètement indispensable, j'en ai déjà assez ;-)

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