dimanche 30 août 2015

La cache Christophe Boltanski #RentréeLittéraire2015

Stock,19/08/2015
« Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nous-mêmes. De la petite comme de la grande histoire. Des honnêtes gens qui, selon les circonstances, peuvent se muer en criminels. De la réversibilité des hommes et de la vie. Du pire, car il est toujours sûr. Cette appréhension, ma famille me l’a transmise très tôt, presque à la naissance. »Que se passe-t-il quand on tête au biberon à la fois le génie et les névroses d’une famille pas comme les autres, les Boltanski ? Que se passe-t-il quand un grand-père qui se pensait bien français, mais voilà la guerre qui arrive, doit se cacher des siens, chez lui, en plein Paris, dans un « entredeux », comme un clandestin ? Quel est l’héritage de la peur, mais aussi de l’excentricité, du talent et de la liberté bohème ? Comment transmet-on le secret familial, le noyau d’ombre qui aurait pu tout engloutir ?

La Cache est le roman-vrai des Boltanski, une plongée dans les arcanes de la création, une éducation insolite « Rue-de-Grenelle », de la Seconde Guerre mondiale à aujourd’hui.


Mon petit mot

Pas le plus simple des premiers romans découvert grâce au challenge "68 premières fois", mais ce Cluedo familial est intrigant!

Une famille. Complexe. Ultra-complexe, entre pseudonymes, changement de nom, difficile au début de se retrouver, c'est plutôt le jeu du "qui est-ce!" pour commencer (en regard au plan de l'appartement, il aurait presque fallu un arbre généalogique!).

Je me suis surtout attachée au début au personnage de la grand-mère, qui règne sur sa tribu, avant de me prendre au jeu de la remontée des souvenirs : au fur et à mesure que nous visitons l'appartement de la rue de Grenelle, la voiture d'abord, la cuisine, la salle de bain... et la fameuse cache, qui a servi au grand-père juif pendant la seconde guerre mondiale.

A partir de là, mon intérêt n'a plus faibli, les pièces du puzzle étaient bien emboîtées!
Quelle famille, décidément!

D'angoisses en créations artistiques, un sacré melting-pot, les fantômes de la Shoah, les mystères d'Odessa,  et pour moi qui n'en connaissais guère les membres, cela me donne envie de me pencher tant sur les oeuvres du plasticien Christian que de découvrir les écrits d' Annie Lauran (la grand mère Myriam Boltanski, née Marie-Élise Ilari-Guérin).


Dans le cadre des





samedi 29 août 2015

Retiens ma nuit de Denis Tillinac #RentréeLittéraire2015

Plon (27 août 2015)

Médecin de campagne, François promène sa langueur à l'ombre du château de Chaumont. Hélène dilue son désenchantement dans la galerie d'art qu'elle tient à Blois, au bord de la Loire. Ils ont tous deux passé la soixantaine, sont mariés, ont des enfants au bout du monde ou au bord du divorce, et des parents en EPAD ou au cimetière.
Quand, à l'âge de tous les crépuscules, un amour printanier les surprend dans le huis clos de la bourgeoisie blésoise, ils s'y vouent corps et âme, dans une clandestinité qui les protège et les emprisonne. Sous la plume tendre et malicieuse d'un expert en nostalgies, l'histoire de leur liaison passionnée devient aussi celle, douce et cruelle, d'une génération – les enfants paumés du baby-boom.

Mon petit mot 

Un livre choisi pour sa photo de couverture, localisation confirmée par la lecture du résumé : Blois, la Loire,  une région que j'aime alors, il n'en fallait pas plus pour tenter la lecture!

Autant le dire tout de suite, amateurs de rebondissements à toutes les pages... passez votre chemin!
Le livre se compose de deux parties, chacun des deux protagonistes prenant alternativement la parole, l'homme d'abord, la femme ensuite. 

Une langueur, une mélancolie, se déploie page après page... au crépuscule des sentiments... une ambiance bien créée, un peu film en noir et blanc... un autre temps...

Si les personnages de la haute bourgeoisie dépeint et leurs petits tourments ne m'ont guère inspiré de sympathie, j'ai aimé retrouver à la lecture des lieux qui me sont familiers, Chaumont, Blois et les villages environnants.



Dans le cadre du

vendredi 28 août 2015

Nos âmes seules Luc BLANVILLAIN #RentréeLittéraire2015

éditions Plon


Au 13e étage d'une tour de la Défense, Clément, jeune ambitieux, tombe sur une drôle de fille. Ils nouent une relation inédite, un contrat faustien...

Chez Vogal Software, société high-tech perchée au treizième étage de la tour Eole, à la Défense, Clément pilote habilement sa carrière. Hyper adaptable, hyper connecté, il analyse, stocke, classe, utilise la moindre inflexion qui finit toujours par trahir ses rivaux. Sa compagne, Myriam, constitue sa meilleure alliée dans le jeu du pouvoir.
Mais le monde ne perd pas si facilement de son épaisseur.

La vie s'impose, complexe, visqueuse. Elle freine ses gestes, envahit ses pensées, lui fait rencontrer Meryl.
Sensible, bizarre, abîmée, la jeune femme n'essaie pas de paraître normale. Sa puissance est incalculable.
Entre eux, une relation inédite se noue. Une nouvelle alliance est possible, un contrat faustien. Clément y perdra-t-il sa liberté ?

Mon petit mot

Encore une belle découverte grâce au projet "68 premières fois"!

Un livre qui m'a happée très vite, des personnages forts , qui m'ont habitée pendant toute la lecture, auxquels je me surprenais à penser en attendant de pouvoir retrouver un temps de lecture à leur consacrer... bon signe!

Bienvenue dans le monde impitoyable de l'entreprise, des ambitieux aux dents longues, des coups-bas et  des carnassiers prêts à tout pour grimper dans l'échelle sociale.
Mais il y a Meryl.
Si différente.
Et cet accord, si troublant.

Troublant, comme l'ensemble de ce livre.
Les liens entre personnages, les générations, les conceptions de la vie, les envies, la réalité, les désirs, les questionnements, on y trouve, forcément, des échos à nos propres vies . L'occasion de s'interroger sur nos propres choix.
Tâchons de ne pas y perdre notre âme.


Et en prime pour moi, un petit passage par la levée de la Loire et Tours, pour un chapitre que j'ai lu un peu différemment, pouvant suivre "à la trace" les déplacements du héros!

Bref, un nouvel auteur à suivre!


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jeudi 27 août 2015

Les promesses Amanda Sthers #RentréeLittéraire2015

Grasset 26/08/2015
La vie, en général, n’en finit pas de faire des promesses qu’elle prend plaisir, ensuite, à ne pas tenir – et telle est bien l’histoire d’Alexandre, le héros de ce roman.
On lui avait ainsi promis, dès sa naissance, le bonheur, l’amour, le soleil, l’Italie et toutes les nuances du plaisir, et il en eut sa part. Mais il s’avisa, à mesure, que chaque promesse accomplie portait également en elle une part de regret, une zone de mélancolie où le destin murmurait : « le bonheur, ce n’était donc que cela ? »  
Dans ce roman qui se déploie entre Paris et l’Argentario, cette presqu’île bénie de Toscane, on croisera beaucoup de désirs, de folles sensualités, des jours glorieux, des amantes, des amis fidèles – et, en même temps, leurs contrepoints douloureux et sombres.  
Cette histoire, on l’aura deviné, concerne la plupart des hommes qui entrent dans l’existence en grands vivants. Qui en jouissent. Et qui, par négligence, y font d’irrémédiables dégâts.
Surtout dans le cœur des femmes qui ont pris le risque de les aimer.






Mon petit mot

 Un livre repéré dans le foisonnement de cette rentrée littéraire pour l'Italie et la Toscane, et en effet, une bonne partie se déroule à Porto Ercole , dans un palazzio en bord de mer.
On joue à la scopa, on imagine le décor de ce palais, les plats et boissons servis...




Alexandre (ou Sandro, entre deux cultures, entre deux prénoms)  avait tout à sa naissance... des promesses de bonheur... mais la vie en a décidé autrement. Entre rapports familiaux, regrets amoureux et erreurs... les lignes tracées bien droites se sont mis à trembler et à dévier.

Entre deux souvenirs, Sandro raconte sa vie, de  "perdente".
Une enfance beaucoup plus compliquée que son milieu aisé aurait pu le laisser penser. La mort tragique du père, ce deuil qui continuera à le hanter (en particulier quand il dépassera l'âge auquel son père est mort) des repères difficiles à trouver entre un grand-père patriarche italien et "la Française", une mère à laquelle il s’opposera pour se construire.

Les amis, l'enfance... le parcours initiatique d'un looser aux accents méridionaux, qui nous laisse entrevoir peu à peu les victimes collatérales de ses silences et de ses lâchetés.
Des femmes, mère, amies, aimées, épousées, abandonnées, des enfants... balayés d'un mot, d'un geste, d'un silence...


Bref, un anti-héros qui deviendrait même parfois plutôt sympathique, surtout quand son métier de dénicheur de livres anciens et son histoire personnelle l'entraîne à la recherche d'un exemplaire du "Il Barone rampante" d'Italo Calvino, voici un livre qui renforce mes envies de lectures italiennes! D'autres sont cités dans le roman, comme I promessi sposi d'Alessandro Manzoni,ou Se una notte d'inverno un viaggiatore d'Italo Calvino à nouveau.

Dans le cadre de la 
 et une petite virée en Italie en prime! 

mercredi 26 août 2015

La Logique de l'amanite Catherine Dousteyssier-Khoze 26 août #RentréeLittéraire2015

Editions Grasset

Nikonor, érudit snob et acariâtre, vit retranché dans son château, en Corrèze. Il se passionne pour la mycologie (surtout cèpes et amanites) et la littérature.
Au fil des pages, on va découvrir les confidences étranges qu’il nous livre sur sa famille. Pourquoi voue-t-il une telle haine à sa sœur jumelle Anastasie ? Et qu’est-il advenu de ses proches?
Mon petit mot

Un livre que j'ai failli reposer à la lecture des premières pages, mais dont j'ai finalement apprécié la suite, j'ai bien fait de dépasser le premier a priori!

J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le monde du héros, la mycologie me laisse plutôt de marbre, et le narrateur fait plutôt tout pour se rendre antipathique, vaniteux, hautain...

oui, mais voilà, la sauce (aux champignons?!), finit par prendre, et prend même bien!
Happée par les mystères autour de ce curieux personnage, l'envie d'en savoir plus et de comprendre le pourquoi de son comportement étrange, m'ont poussée à lire la suite quasiment d'une traite. 

 Les rapports frères - soeurs, l'éducation de cet enfant, la littérature aussi, et bientôt une accumulation de morts suspectes et une ambiance de plus en plus inquiétante, ont fait que je suis finalement allée avec plaisir au bout de ce roman dont les premières pages m'avaient pourtant un peu déroutées.

Et le centenaire acariâtre finirait presque (parfois) par être sympathique! Un beau portrait en tout cas!
Un personnage à découvrir, qui me restera je crois longtemps en mémoire. 

Et en prime, certains coins du Cantal cités ont été pour moi des lieux de promenades de vacances d'il y a quelques années, cela m'a rappelé des souvenirs! 




mardi 25 août 2015

Rouen

Fin des vacances, la halte du retour, en particulier pour l'exposition Sienne au musée des Beaux arts dont je vous parlerai pendant le mois italien, et pour le plaisir de se balader entre les maisons à pans de bois et les flèches des églises...

en vrac!
 d'abord, une plongée au coeur du Moyen-Age ou presque!

 de la minuscule rue du petit mouton

 à l'aître Saint-Maclou (un lieu étrange qui remonte à la Grande Peste noire de 1348,trois des galeries qui entourent ce qui était alors un cimetière ont été construites entre 1526 et 1533 pour servir d'ossuaire. Leur décor est macabre : crânes, ossements, outils de fossoyeur, objets de culte dans les rites mortuaires.)


 Brrr!
 Pour rester dans le religion, direction la cathédrale



 et ses dentelles de pierre
 La tour du gros horloge

 Hôtel de Bourgtheroulde
 l'église Jeanne d'Arc aux vitraux magnifiques

L'église Sainte-Jeanne-d'Arc, ainsi que les halles du marché, ont été édifiées sur les plans de l'architecte Louis Arretche. Cette église à l'architecture audacieuse et contestée, permet d'admirer les vitraux du chœur de l'ancienne église Saint-Vincent, détruite en 1944. Son aspect évoque à la fois un bateau viking et un poisson. Elle fut inaugurée en 1979, on peut y voir 13 verrières du XVIe siècle, réalisées en 1520-1530, qui avaient été mises à l'abri par le Service des Monuments historiques en 1939.

La place du Vieux-Marché, lieu du supplice de Jeanne d'Arc

 Le palais de justice


 Napoléon




 L'église Saint-maclou et une petite place aux allures de village médiéval


 rue d’Amiens :

des façades provenant de l’hôtel particulier d’Etancourt (XVIIe siècle) situé à l’origine entre la rue du Gros Horloge et la rue aux Ours,  remontées ensuite rue d’Amiens et ornées de moulages des statues originales représentant les quatre éléments et les dieux de l’Olympe, qui étaient, à l’origine, dans une cour intérieure.



rue Eau-de-Robec : un petit ruisseau et des passerelles, rappelant l'époque où le Robec se glissait au pied des maisons des drapiers. Celles-ci sont parfois surmontées d'un «grenier-étente» où l'on séchait les échevaux de fil et tissus de coton fabriqués et teints au rez-de-chaussée.


 et pour terminer l'abbatiale Saint Ouen








 une dernière vue avant de prendre le chemin du retour

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