vendredi 27 novembre 2015

LES GÉANTS DE LA MONTAGNE LUIGI PIRANDELLO théâtre olympia Tours

de Luigi Pirandello
traduction de l’italien  Stéphane Braunschweig
mise en scène et scénographie  Stéphane Braunschweig
collaboration artistique Anne-Françoise Benhamou
collaboration à la scénographie Alexandre de Dardel
costumes Thibault Vancraenenbroeck
lumières Marion Hewlett
son Xavier Jacquot
vidéo / animation Raphaël Thierry et Christian Volckman
maquillage et coiffures Karine Guillem
assistanat à la mise en scène Amélie Énon

avec
Ilse Dominique Reymond
Le Comte Pierric Plathier
Diamante Cécile Coustillac
Cromo John Arnold
Spizzi Romain Pierre
Battaglia Jean-Baptiste Verquin
Lumachi Thierry Paret
Cotrone Claude Duparfait
Le nain Quaquèo Laurent Lévy
Duccio Doccia Jean-Philippe Vidal
La Sgricia Daria Deflorian
Milordino Julien Geffroy
Mara-Mara Elsa Bouchain
Maddalena Marie Schmitt

La troupe de théâtre de la Comtesse Ilse erre dans le monde pour jouer l’oeuvre d’un poète mort tragiquement. Rejetés par tous, épuisés, ils arrivent dans une villa abandonnée, hantée par les esprits du magicien Cotrone. Celui-ci tente de convaincre Ilse d’arrêter ici son chemin : « Que voulez-vous encore aller chercher au milieu des hommes ? »

Contrairement à Cotrone qui a abandonné le combat pour choisir le monde des rêves jusqu’à donner vie aux pantins, Ilse s’acharne dans l’idée qu’il vaut mieux perdre que ne pas combattre. Impossible de renoncer à porter la parole poétique au public, fût-il celui des Géants de la Montagne… Pirandello disait de sa pièce qu’elle est «  le triomphe de la poésie, mais en même temps la tragédie de la poésie dans la brutalité de notre monde moderne. »

Lorsque Pirandello mourut en 1936, il laissa inachevés ces Géants de la montagne qu’il considérait pourtant comme son chef-d’oeuvre ultime. Conçue dès 1928 comme un hymne au pouvoir de l’imagination, “véritable fête pour l’esprit et les yeux”, la pièce interrompue avant le dernier acte reste à tout jamais ouverte sur ses secrets et ses mystères.

Quels seraient les Géants aujourd’hui ? Peut-être ceux qui refusent l’art et la pensée, soit parce qu’ils n’en voient pas la nécessité soit parce qu’ils en perçoivent le danger. 
C’est cette menace qui pèse sur la création artistique, partout où des Géants rôdent et agissent, que Stéphane Braunschweig, directeur de La Colline à Paris, fait sourdre dans les vertiges pirandelliens qu’il aime architecturer.


Mon petit mot

Pour une première représentation d'après 13 novembre, un sujet qui ne peut que donner à réfléchir...
Culture / barbarie ...

Pirandello visait le fascisme de Mussolini mais ces Géants ont hélas toujours bien des échos dans notre monde contemporain et encore plus en ce mois de novembre tragique..
Ses Géants, contre la petite troupe de théâtre, contre la culture, l'émerveillement et les rêves... le matérialisme, le totalitarisme , l'industrialisation du Nord de l'Italie, le corps qui se développe au détriment de l'esprit... 

Quel est le rôle de la culture pour y faire face?

Un combat perdu d'avance?
Mieux vaut perdre le combat que ne pas se battre .

Le jeu comme acte de résistance.
L'imagination, l'émerveillement et la création comme armes.

L'indispensable superflu. 
Quelques phrases qui font particulièrement réfléchir aujourd'hui...

Et puis il y a bien sûr le reste de la pièce, mais qui est passé pour moi un peu à l'arrière plan aujourd'hui, je ne suis pas vraiment entrée dans les rapports entre les personnages, restant à ma première réflexion.
Une bien belle distribution pourtant, Dominique Reymond , Claude Duparfait, et Romain Pierre en tête, mais l'esprit était décidément encore ailleurs et s'est perdu dans quelques parties un peu longues...


On retrouve aussi le théâtre dans le théâtre, le rapport au public aussi, le rôle du théâtre : pur divertissement , voir instrument d'avilissement, ou pour bien plus? Faire réfléchir, faire rêver, faire connaître des œuvres, amener l'autre plus loin, plus haut...
Et pour le plaisir de l'oreille, l'une des comédiennes parle en italien (surtitré), agréable d'entendre ainsi sonner la langue de l'auteur! 

bref, une soirée qui laisse pensive...


Dans le cadre des challenges







8 commentaires:

  1. Mouais... je suis d'accord avec ton point de vue sur les intéressantes réflexions soulevées par la pièce. Il y a aussi de belles trouvailles de mise en scène, pour les rêves notamment, avec les pantins. Mais la pièce part quand même en sucette. Quand ils se mettent à jouer la pièce écrite par le poète, on comprend bien pourquoi celle-ci n'a jamais eu de succès. Bref, poésie, imagination, fuite du monde plein de méchants qui ne comprennent rien : d'accord. Mais l'histoire elle-même n'est pas convaincante. Les applaudissements étaient plus que tièdes...

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    1. c'est le problème de cette pièce inachevée, je trouvais que l'idée de terminer le spectacle par justement la représentation de la fameuse pièce, comme s'ils avaient finalement réussi à la faire entendre était bonne, mais en effet, le contenu est... léger! soirée en demi-teinte!

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    2. As-tu vu d'autres pièces de Pirandello ? Pour moi, c'était la première et il me peine de rester sur cette impression ?

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    3. j'ai lu aussi 6 personnages... (http://lecture-spectacle.blogspot.fr/2015/02/six-personnages-en-quete-dauteur-de.html) mais c'est aussi un univers assez particulier... je ne sais pas trop lequel te conseiller!

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  2. Dommage que ce ne soit pas totalement réussi car je trouve le thème très intéressant et je comprends que tu aies retenu surtout un seul aspect de l'oeuvre, tellement dans nos préoccupations actuelles, même si la pièce abordait d'autres thèmes.

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    1. le ressenti n'aurait sans doute pas été le même un mois plus tôt...

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  3. Pour une fois qu'on voit la même pièce. Moi j'ai beaucoup aimé le jeu des acteurs, chacun dans leur style, et les trouvailles pour rendre le rêve au milieu de la pièce. Ensuite, oui, j'ai eu du mal à me concentrer et à m'intéresser au texte.

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    1. c'est vrai que la partie rêve était très bien rendue!

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