mardi 3 novembre 2015

La faille de Isabelle Sorente

JC Lattès (2 septembre 2015)

Lucie Scalbert était la plus belle fille du lycée. Avec un je ne sais quoi de dingue dans le regard. Je n’ai pas été surprise qu’elle devienne comédienne, je l’ai perdue de vue alors que le succès semblait l’attendre. Voilà que je la retrouve cinq ans plus tard. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle a abandonné sa carrière, elle prononce le nom de VDA, son mari, avec un mélange d’effroi et de rancœur. Ce vieillissement précoce, cette voix enfantine, ce rire désespéré : je comprends que c’est cela, une relation d’emprise.
Ce qui fascine une romancière, en l’occurrence, Mina Liéger, mon double fictionnel, c’est ce lien étrangement raisonnable qui unit une femme à un homme qui la rend folle. À mesure que je reconstituais l’histoire de Lucie Scalbert, il devenait évident que ce lien relevait moins de la psychologie que de la possession : une force mettait Lucie à la merci des hommes dont elle tombait amoureuse. Ce rapport destructeur produisait chez ceux qui en étaient témoins un sentiment de déjà-vu, comme si nous en reconnaissions l'empreinte dans nos faux-semblants et nos secrets de famille, et jusque dans les événements qui bouleversaient nos vies. L'emprise de VDA sur Lucie obéissait à des lois trompeuses, cruelles et romanesques qui tissaient la toile dans laquelle nous étions pris. 


Mon petit mot

Des vies... des liens qui se nouent, et se dénouent... deux amies d'enfance qui s'éloignent, se recroisent, se retrouvent...
Il y a de beaux portraits dans ce roman, de belles esquisses psychologiques.
C'est juste, c'est dense, c'est touchant souvent.

Quand tout se trame dès l'enfance...  
Le rapport à la mère, puis les rapports de couple... plaire, être aimée... au risque de se perdre...

Et puis il y a la montée de la violence, l'emprise qui se resserre peu à peu  ces attaques sournoises, des petits riens dans lesquels hélas on peut reconnaître parfois des êtres croisés dans notre quotidien.
Et puis finalement, nul n'est ni tout blanc ni tout noir, chacun révèle peu à peu ses complexités... ses failles... 

Je me suis attachée à ces personnages, peu de décrochages en cours de route, une auteure que je découvrais et dont je garderai le nom en tête!

Dans le cadre du

4 commentaires:

  1. J'ai failli l'acheter mais je sortais tout juste de celui d'Emilie Freche et j'avais peur de saturer avec ce thème de l'emprise...

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    1. à lire dans quelques temps après une petite pause!

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  2. Jamais entendu parler de ce titre. Tu as aimé mais je ne suis pas certain qu'il soit pour moi.

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