lundi 14 septembre 2015

Ressources inhumaines - Frédéric Viguier

Éditions Albin Michel.
« La vie d’un hypermarché bat au rythme de l’humanité manipulée. Et cela fait vingt ans qu’elle participe à cette manipulation. »
Elle attend et n’exige rien du destin. Elle laisse glisser les heures, elle ne participe pas, elle est là, peu influente, jamais déterminante et sans rancune. Elle est en parallèle, attentive, mais pas impliquée.
« Elle », c’est cette jeune femme de 22 ans qui entre comme stagiaire au rayon textile d’un hypermarché, pour y devenir très vite chef de secteur. C’est cette « femme sans qualité » dénuée d’ambition, qui cherche juste à combler le vide abyssal de sa vie. En acquérant un statut, elle quitte les rives de son existence banale pour faire enfin partie d’un monde. Celui de la grande distribution.
Univers absurde, construit sur le vide et les faux-semblants.
Frédéric Viguier signe un premier roman implacable, glaçant et dérangeant sur l’inhumanité de l’entreprise et l’indifférence ambitieuse. Au vide moral, affectif et intellectuel de son
héroïne, il répond d’une écriture sèche et minimaliste. D’une lucidité cruelle mais sans cynisme, Ressources inhumaines donne à voir avec subtilité et intelligence les mécanismes de notre société de consommation.


Mon petit mot

Ou... vous ne ferez plus vos courses de la même façon!
Une plongée dans l'univers implacable de la grande distribution, mais ces rapports de force, de pouvoir, peuvent être transposés à n'importe quelle autre entreprise.

 Une micro-société assez terrible, écraser l'autre pour conserver sa place, se méfier de tout le monde, tenter de s'élever par tous les moyens vers les sphères du pouvoir... Le titre du roman est d'ailleurs particulièrement bien trouvé.

Et au milieu de tout cela une curieuse héroïne, un mal être profond , dont nous suivons l'ensemble de la vie professionnelle.
En fin de chaque chapitre, quelques lignes, comme issues de son propre journal intime. Ce sont ces passages qui m'ont le plus touchée. La solitude, l'absence d'enfant, le rapport à ses parents, des pans de vie, de questionnements se dévoilent peu à peu...

Le travail, si destructeur qu'il puisse être, est toute sa vie. Un vide immense autour.
Un monde assez glaçant, et hélas si réel.



Dans le cadre des

22 commentaires:

  1. Ce roman me fait envie (en dépit du côté glaçant)

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  2. Une lecture qui me tente, même si je sais à peu près ce que je vais y trouver ..

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  3. La grande distribution et moi, ça fait deux ...

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  4. En fait je pense que la Grande Distribution est ici le prétexte pour parler de la société dans son ensemble et de ce qu'elle produit ; c'est le décor idéal (un peu comme une ville miniature) et un système hiérarchique qui sert la démonstration. Mais c'est surtout le personnage de "Elle" qui est glaçant, si vide...

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  5. je ne suis pas très tentée bien que tu sois assez enthousiaste, il semble qu'il me manquerait un supplément d'âme...

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    1. il y a les quelques lignes en fin de chapitre qui sont émouvantes, le reste est en effet assez froid, équilibre pas évident entre les deux!

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    2. "supplément d'âme", c'est très modeste comme revendication...

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    3. Je note, au cas où je le vois en bibliothèque

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    1. Oui cela m'a plu dans la globalité, mais j'ai trouvé certains passages trop déshumanisés, et du coup pas toujours beaucoup d'empathie pour l'héroïne.

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  7. pas vraiment une lecture d'espoir ! ;). En ces temps moroses je ne sais pas si je pourrais me confronter à ce genre de texte même s'ils sont nécessaires.

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    1. ce n'est pas franchement optimiste en effet!

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  8. Il y a beaucoup de textes sur le monde du travail en cette rentrée et ça a tout pour me plaire vu que c'est un sujet qui me passionne depuis très longtemps.

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  9. Je ne suis pas sûre d'avoir très intérêt à le lire : ce qui y est dit se passe d'une manière ou d'une autre un peu partout je pense... Il fait néanmoins partie de ma sélection sur Masse critique sur Babelio !

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    1. j'ai vu qu'il était dans la liste en effet!

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