mardi 22 septembre 2015

Camille, mon envolée Sophie Daull

éditions Philippe Rey
Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille Camille, 16 ans, emportée une veille de Noël après quatre jours d’une fièvre sidérante, Sophie Daull a commencé à écrire.

Écrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité, les engueulades, les fous rires ; l’après, le vide, l’organisation des adieux, les ados qu’il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent… Écrire pour rester debout, pour vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l’enfant disparue, pour endiguer le raz de marée des pensées menaçantes.

Loin d’être l’épanchement d’une mère endeuillée ou un mausolée – puisque l’humour n’y perd pas ses droits –, ce texte est le roman d’une résistance à l’insupportable, où l’agencement des mots tient lieu de programme de survie : « la fabrication d’un belvédère d’où Camille et moi pouvons encore,
radieuses, contempler le monde ».

 Mon petit mot

Voilà un livre que je n'aurais peut-être pas eu la force d'ouvrir sans le projet "68 premières fois".
La perte d'un enfant. Quoi de plus terrible?

Alors j'y suis allée par toutes petites touches, par peur d'être submergée, quelques pages à la fois, tout doucement... et puis Camille m'a happée... et j'ai finalement lu d'une traite les derniers chapitres.

Sophie Daull a merveilleusement réussi. Camille est là, avec nous, elle m'a accompagnée pendant toutes les journées sur lesquelles j'ai étalé cette lecture... et elle a même réussi à me faire rire parfois...
Si, si, entre les absurdités de l'après, des pompes funèbres, il y a des rires jaunes, mais il y en a des vrais aussi.
Des réactions de l'entourage aux préparatifs de la cérémonie funéraire, en pleine période de fêtes de fin d'année,  jamais larmoyant, le ton trouvé est juste.

De l'amour, de la vie, un bel hommage à cette jeune fille partie bien trop tôt, et un vrai talent d'écriture.
Un travail de deuil et de mémoire qui passe par les mots, une écriture thérapeutique, mais tournée vers les autres.
Écrire. Continuer à vivre. Ne pas oublier. 
Je connaissais la Sophie Daull comédienne, je n'oublierai pas ce texte, et je n'oublierai pas Camille.

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18 commentaires:

  1. Entièrement d'accord avec ta chronique. Toi aussi tu as trouvé les mots juste pour exprimer ce que l'on ressent à la lecture de ce petit ouvrage. Bravo!

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  2. Il me fait envie ce livre, mais je ne me sens pas trop en ce moment pour ce genre de sujet, je le garde dans un coin de ma tête

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    1. il me faisait peur, et puis finalement, c'est bien maîtrisé... mais à ne pas lire en période de déprime!

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  3. j'avais lu une interview de l'auteur et ce livre est resté dans un coin de ma tête. Comme beaucoup de lcteursje pense le lire dans une période joyeuse plutôt

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  4. Je veux le lire, tu m'as donné clairement envie, même si le thème semble douloureux et très délicat.

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    1. je suis contente de t'avoir donné envie!

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  5. Je crois que je n'arriverai pas à le lire. Et pas seulement parce que mon aînée se prénomme Camille...

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    1. il y a quelques passages très durs, mais globalement,cela ne sombre jamais dans le pathos, l'écriture reste maitrisée... mais c'est dur quand même!

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  6. Pareil, je suis incapable de lire ce type de récit, je transfère systématiquement et je pleure toutes les larmes de mon corps !

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    1. pas toujours facile de prendre du recul en effet!

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  7. J'ai repéré ce roman dans le Lire: de septembre et même si moi aussi j'ai quelques craintes (peur que ce soit trop triste), j'ai envie de le lire.

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  8. Magnifique livre très émouvant qui ne tombe jamais dans le pathos et une belle écriture.
    Un livre inoubliable...

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