lundi 6 avril 2015

Gil Célia Houdart

 P.O.L. janvier 2015

 Présentation
 L'été de ses dix-huit ans, un jeune pianiste reconnaît une chanson que diffuse un autoradio. Il se met à chanter. Son chant brille comme une énigme devant lui. Encouragé par ses professeurs au Conservatoire et guidé par son intuition, Gil quitte un instrument, le piano, pour un autre, la voix, qui se confond avec lui-même. On suit la formation du jeune ténor, on pénètre avec lui dans les coulisses du monde de l'opéra. Au plus près des corps et des visages. Apprentissage des rôles et découverte de soi. Gil est le roman d'une voix. Le portrait d'un talent et d'une inquiétude. Une vie faite de patience et de doutes qu'incarnent d'étranges présences, dont on se demande si elles ne sont pas le fruit de l'imagination du personnage. 
Les noms d'oeuvres et de compositeurs sont inventés, comme pour mieux déjouer les conventions du genre (la biographie de diva) et créer un univers non exclusivement réservé aux initiés. Chacun peut y entendre sa musique. Ce chanteur à la voix si troublante, poursuivi par des ombres et des terreurs, ressemble à Orphée. Un Orphée moderne. On retrouve dans ce roman toute la délicatesse des précédents récits de Célia Houdart. Son goût pour le mystère et les éblouissements. L'hypersensorialité. Une écriture accordée à son sujet, profondément musicale.

 Mon petit mot

Repéré pour le thème de la musique, j'ai eu le plaisir d'accueillir de livre voyageur pour une escale, merci Jostein pour ce prêt!

Si j'ai apprécié le thème, la découverte de sa voix par ce jeune homme, son apprentissage, les leçons de piano puis de chant, l'éclosion de sa carrière, les répercussions sur sa vie, sur son attitude,  la description du monde de la musique... le traitement m'a un peu déroutée. De petites touches, de petits instants saisis au fil des années. J'ai eu l'impression de rester un peu en retrait, en spectatrice  justement devant cet artiste.

 D'autre part si les lieux existent (de Covent garden au grand théâtre de Tours, si, si!) , les oeuvres et les compositeurs sont imaginaires,  je me suis surprise au départ à "googliser" en vain le nom d'une pièce chantée par Gil, j'aurais aimé pouvoir lire ce roman en écoutant les musiques correspondantes... à chacun de se faire sa propre liste et d'imaginer à quoi peuvent ressembler ces oeuvres.

A lire pour découvrir l'envers du décor, parfois joyeux et plein de rencontres ouvrant de nouvelles portes, parfois bien cruel, entre critiques assassines et déception.


Dans le cadre du challenge rentrée d'hiver 2015

6 commentaires:

  1. N'étant pas un grand fan de musique classique et vu tes bémols, je passe !

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    1. :)! cela n'allongera pas la liste d'envies!

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  2. Je pense que cela me gênerait aussi de ne pas avoir de vraies références musicales, bon, je crois que je passe mon tour

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    1. le reste est tout de même chouette, mais c'est vrai j'aurais préféré aussi de vraies musiques!

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  3. C'est curieux comme la critique s'est concentrée sur le choix d'oeuvres fictives, ça ne m'a pas du tout dérangé lorsque j'ai lu Gil ! Ma recension ici https://femmesdelettres.wordpress.com/2016/08/05/celia-houdart-gil-2015/

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    1. et j'avoue qu'il ne m'en reste qu'un souvenir assez mince!

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