mardi 21 octobre 2014

La lumière des étoiles mortes John Banville

ROBERT LAFFONT (21 août 2014)
Traduit par Michèle ALBARET-MAATSCH.
" Où tout cela va-t-il donc quand nous mourons, tout ce que nous avons été ? Quand je songe à ceux que nous avons aimés et perdus, je m'identifie à un promeneur errant à la tombée de la nuit dans un parc peuplé de statues sans yeux. L'air autour de moi bruisse d'absences. Je pense aux yeux bruns et humides de Mme Gray et à leurs minuscules éclats dorés. Quand on faisait l'amour, ils viraient de l'ambre à la terre d'ombre puis à une nuance de bronze opaque. "Si on avait de la musique, disait-elle dans la maison Cotter, si on avait de la musique, on pourrait danser.' Elle-même chantait, tout le temps, et toujours faux, "La veuve joyeuse', "L'homme qui fait sauter la banque', "Les roses de Picardie', et un machin sur une alouette, alouette, dont elle ne connaissait pas les paroles et qu'elle ne pouvait que fredonner, complètement faux. Ces choses que nous partagions, celles-là et une myriade d'autres, une myriade, myriade, elles demeurent, mais que deviendront-elles lorsque je serai parti, moi qui suis leur dépositaire, le seul à même de préserver leur mémoire ? 
Qu'est-ce qui sépare la mémoire de l'imagination ? Cette question hante Alex alors qu'il se remémore son premier – peut-être son unique – amour, Mme Gray, la mère de son meilleur ami d'adolescence. Pourquoi ces souvenirs resurgissent-ils maintenant, à cinquante ans de distance, se télescopant avec ceux de la mort de sa fille, Cass, dix ans plus tôt ? Un grand Banville, troublant et sensuel, sur la façon dont les jeux du temps malmènent le coeur humain.
Mon petit mot
La mémoire... quelle mémoire? Quelle part de reconstruction, de réinvention, voir d'invention dans nos souvenirs?
Voilà un roman qui donne à réfléchir...
Quand du passé les blessures ressurgissent, que la mémoire se trouble... "Que reste-t-il de nos amours?"...  Comment faire rejaillir la lumière....
Une lecture comme une quête, entre présent, et flashbacks, pour tenter de mieux comprendre cet acteur vieillissant et les fantômes de son passé, qui retrouve dans l'actrice qui tourne avec lui des similitudes avec sa fille disparue... des personnages qui se ressemblent, et qui brouillent encore la mémoire et leur compréhension en prêtant à l'une des traits de caractère de l'autre...
C'était mon premier livre lu de cet auteur, qui avait déjà mis en scène de personnage dans deux autres livres, je les note dans mes "pourquoi pas"
Merci à  Asphodèle d'avoir fait voyager ce livre jusqu'à moi!

Dans le cadre du challenge rentrée littéraire 2014, j'en arrive à la 9ème lecture.


Précédé donc par :

Eclipse

À cinquante ans, Alex Cleave est un acteur défait. Incapable de jouer depuis un soir de cauchemar où, sur scène, il a oublié son texte. Depuis, terré dans la maison de son enfance, loin de Lydia, sa femme, et de Cass, sa fille psychotique, entouré de fantômes, il convoque les souvenirs sur les traces de sa vie : quand, enfant, il s'est découvert acteur, sa rencontre avec Lydia, la mort de ses parents, la naissance de sa fille et l'apparition de sa maladie... " Est-ce l'avenir qui essaie de me parler, ici parmi ces ombres du passé ? " Alex devra l'écouter pour découvrir le secret qui le ronge et réapprendre à vivre. Pour jouer, ne faut-il pas d'abord exister ? Dans une langue envoûtante et un style remarquable, John Banville saisit le désarroi d'un homme inconnu pour lui-même

et 
 IMPOSTURES autour de sa fille Cass
Ironie du sort, le professeur Axel Vander a bâti sa renommée universitaire sur la démonstration «qu'il n'y a pas de moi: pas d'ego, pas de précieuse étincelle d'individualité instillée en chacun de nous par un patriarche barbu dans le ciel, lequel n'existe pas davantage». Et pourtant...Veuf depuis peu, il coule une retraite apparemment dorée en Californie, entre les livres qui ont fait sa gloire et le fantôme de sa femme Magda, qui le hante. Rongé par la culpabilité, il est devenu un personnage excessif et détestable. Car Axel Vander porte un terrible secret: il est un imposteur. Il n'a en fait ni l'éducation ni les origines bourgeoises qu'il prétend. Il a fui la Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale et usurpé l'identité d'un ami dont la mort est restée mystérieuse. Son passé nébuleux rejaillit lorsqu'il reçoit une lettre d'une jeune chercheuse, Cass Cleave: cette dernière prétend connaître tous ses secrets et l'invite à le rejoindre à Turin. Furieux de la menace que cette inconnue représente, Axel Vander part à sa rencontre, déterminé à la détruire. Mais il découvre une femme d'une grande beauté, quoique très perturbée, et noue avec elle une relation passionnée.Salué comme l'oeuvre la plus aboutie de John Banville, ce roman envoûtant sur les vacillements du «moi» et la rédemption par l'amour, plein de trouble et de sensualité, devrait enfin permettre de faire découvrir aux lecteurs français l'un des plus grands stylistes de notre temps.

6 commentaires:

  1. Tiens tiens... la mémoire, ça m'intéresse toujours. Je note, donc.

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  2. Un beau billet et une intéressante présentation des deux livres précédents ! Tu as raison de souligner la beauté du style, je l'ai trouvé magnifique ! Il a été nommé au Prix Femina Etranger, j'espère qu'il l'aura, c'est de la haute littérature !

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  3. Le sujet (pas la mémoire mais l' histoire d'amour avec la mère du copain) à priori ne me passionne pas mais je trouve le titre extrêmement évocateur.

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