lundi 14 juillet 2014

L'ILLUSION COMIQUE #off14 Festival d'Avignon 2014

La cour du barouf 11h15
festival d'Avignon 2014

de Pierre Corneille
Compagnie En Chair et en masques
mise en scène Alain Bertrand

Corneille revisité façon Commedia dell'arte dans une adaptation signée Alain Bertrand. Masques, chants, duel à l'épée, jeu avec le public... pour un divertissement populaire et rythmé, accessible dès 6 ans. 

Une mère recherche son fils. La magicienne Alcandra et ses deux stagiaires, Arsenic et Vieilles dentelles, lui révèlent qu'il est devenu le valet du capitaine Matamore, trouillard exalté. Tous deux aiment Isabelle que son père Géronte veut marier à l'odieux Adraste.

Adaptation : Alain Bertrand
Metteur en scène : Alain Bertrand
Collaboration artistique : Christelle Garcia
Costumes : Martine Armanet, CDNA, Madeline Cramard
Interprètes : Alice Kaczmarek, Sandrine Anselmetti, Sylvie Dyon, Bénédicte Marchand, Bertrand Kaczmarek, Paul Nichilo. 


Mon petit mot

Entre deux matinées commencées dans l'émotion (Lettre d'une inconnue - Les coquelicots des tranchées), un plaisir de commencer celle-ci dans les rires!
Ne serait-ce que le duo d'apprenties - magiciennes, Arsenic et Vieilles dentelles, nous voilà partit pour un moment de plaisir!

Si l'on est parfois loin du texte de Corneille, cette adaptation pleine de trouvailles est un bien bel hymne au théâtre, et une belle introduction à la lecture du texte originel.
Et en cette période compliquée pour beaucoup de comédiens,  le clin d'oeil est tout trouvé!


 et au retour à la maison, l'occasion de se replonger dans le texte de Corneille et ce fameux passage sur le théâtre :

PRIDAMANT.
Mon fils comédien !
ALCANDRE.
D'un art si difficile
Tous les quatre, au besoin, ont fait un doux asile ;
Et depuis sa prison, ce que vous avez vu,
Son adultère amour, son trépas imprévu,
N'est que la triste fin d'une pièce tragique
Qu'il expose aujourd'hui sur la scène publique,
Par où ses compagnons en ce noble métier
Ravissent à Paris un peuple tout entier.
Le gain leur en demeure, et ce grand équipage,
Dont je vous ai fait voir le superbe étalage,
Est bien à votre fils, mais non pour s'en parer
Qu'alors que sur la scène il se fait admirer.
PRIDAMANT.
J'ai pris sa mort pour vraie, et ce n'était que feinte ;
Mais je trouve partout mêmes sujets de plainte.
Est-ce là cette gloire, et ce haut rang d'honneur
Où le devait monter l'excès de son bonheur ?
ALCANDRE.
Cessez de vous en plaindre. A présent le théâtre
Est en un point si haut que chacun l'idolâtre,
Et ce que votre temps voyait avec mépris
Est aujourd'hui l'amour de tous les bons esprits,
L'entretien de Paris, le souhait des provinces,
Le divertissement le plus doux de nos princes,
Les délices du peuple, et le plaisir des grands :
Il tient le premier rang parmi leurs passe-temps ;
Et ceux dont nous voyons la sagesse profonde
Par ses illustres soins conserver tout le monde,
Trouvent dans les douceurs d'un spectacle si beau
De quoi se délasser d'un si pesant fardeau.
Même notre grand roi, ce foudre de la guerre,
Dont le nom se fait craindre aux deux bouts de la terre,
Le front ceint de lauriers, daigne bien quelquefois
Prêter l'oeil et l'oreille au théâtre-François :
C'est là que le Parnasse étale ses merveilles ;
Les plus rares esprits lui consacrent leurs veilles ;
Et tous ceux qu'Apollon voit d'un meilleur regard
De leurs doctes travaux lui donnent quelque part.
D'ailleurs, si par les biens on prise les personnes,
Le théâtre est un fief dont les rentes sont bonnes ;
Et votre fils rencontre en un métier si doux
Plus d'accommodement qu'il n'eût trouvé chez vous.
Défaites-vous enfin de cette erreur commune,
Et ne vous plaignez plus de sa bonne fortune.
PRIDAMANT.
Je n'ose plus m'en plaindre, et vois trop de combien
Le métier qu'il a pris est meilleur que le mien.
Il est vrai que d'abord mon âme s'est émue :
J'ai cru la comédie au point où je l'ai vue ;
J'en ignorais l'éclat, l'utilité, l'appas,
Et la blâmais ainsi, ne la connaissant pas ;
Mais depuis vos discours mon coeur plein d'allégresse
A banni cette erreur avecque sa tristesse.
Clindor a trop bien fait.

2 commentaires:

  1. Un petit coup de provoc' le Corneille ! mais une bien agréable matinée en compagnie d'Arsenic et Vieillesdentelles...

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