dimanche 13 juillet 2014

IL FAUT QU'UNE PORTE SOIT OUVERTE OU FERMEE #off14

Théâtre de l'ARRACHE-COEUR 21h
Festival d'Avignon 2014


Précédé de : La clef du grenier d’Alfred  de et mis en scène par Isabelle Andréani
"IL FAUT QU'UNE PORTE SOIT OUVERTE OU FERMEE" d'Alfred de Musset

Nous sommes en septembre 1851, la servante et le cocher d’Alfred de Musset pénètrent dans son grenier pour récupérer les harnais du coche, mais la découverte de textes inédits, le récit d’anecdotes piquantes vont les conduire à jouer eux même « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée » et se déclarer de façon singulière leur amour.

Toute la flamme de Musset jaillit de cette « comédie-proverbe » flamboyante, joyaux de la littérature romantique, qui fera le régal de tous les amoureux d’un théâtre authentique et passionné.



Avec : Isabelle Andréani et Xavier Lemaire
Mise en scène : Isabelle Andréani
Décor : Isabelle Andréani et Xavier Lemaire / Costumes : Rick Dijkman / Lumière : François Eric Valentin
Production : Courants d’Art Productions, FAM Production et la Compagnie Les Larrons


Un petit extrait
LA MARQUISE : Non. Je suis très bonne, mais, quant à cela, c'est par trop bête. Dites-moi un peu, vous qui avez le sens commun, qu'est-ce que signifie cette chose-là : faire la cour à une femme ?
LE COMTE : Cela signifie que cette femme vous plaît, et qu'on est bien aise de le lui dire.
LA MARQUISE : A la bonne heure ; mais cette femme, cela lui plaît-il, à elle, de vous plaire ? Vous me trouvez jolie, je suppose, et cela vous amuse de m'en faire part. Eh bien, après ? Qu'est-ce que cela prouve ? Est-ce une raison pour que je vous aime ? J'imagine que, si quelqu'un me plaît, ce n'est pas parce que je suis jolie. Qu'y gagne-t-il, à ses compliments ? La belle manière de se faire aimer que de venir se planter devant une femme avec un lorgnon, de la regarder des pieds à la tête, comme une poupée dans un étalage, et de lui dire bien agréablement : Madame, je vous trouve charmante ! Joignez à cela quelques phrases bien fades, un tour de valse et un bouquet, voilà pourtant ce qu'on appelle faire sa cour. Fi donc ! Comment un homme d'esprit peut-il prendre goût à ces niaiseries-là ? Cela me met en colère, quand j'y pense.
LE COMTE : Il n'y a pourtant pas de quoi se fâcher.
LA MARQUISE : Ma foi, si. Il faut supposer à une femme une tête bien vide et un grand fonds de sottise, pour se figurer qu'on la charme avec de pareils ingrédients. Croyez-vous que ce soit bien divertissant de passer sa vie au milieu d'un déluge de fadaises, et d'avoir du matin au soir les oreilles pleines de balivernes ? Il me semble, en vérité, que si j'étais homme et si je voyais une jolie femme, je me dirais : Voilà une pauvre créature qui doit être bien assommée de compliments. Je l'épargnerais, j'aurais pitié d'elle, et, si je voulais essayer de lui plaire, je lui ferais l'honneur de lui parler d'autre chose que de son malheureux visage. Mais non, toujours : " Vous êtes jolie ", et puis " Vous êtes jolie ", et encore jolie. Eh ! mon Dieu ! on le sait bien. Voulez-vous que je vous dise ? vous autres hommes à la mode, vous n'êtes que des confiseurs déguisés.

Mon petit mot

L'année dernière, un de mes coups de coeur du festival off avait été: 

Qui es-tu Fritz Haber ?  Claude Cohen  Isabelle Andréani, Xavier Lemaire
 

aussi, dès la première lecture du programme de cette année, j'avais repéré le nom d'Isabelle Andréani et Xavier Lemaire et n'avait pas hésité à prendre une place pour "Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée"!

Quelle bonne idée, et quelle belle soirée!

D'abord, une très belle première partie, dans ce grenier plus vrai que nature.
Le "prologue" permet de mieux connaître Alfred de Musset, et d'entendre quelques lignes de ses plus grandes oeuvres, ou de sa correspondance avec George Sand...   et de faire le plein de bonne humeur!

Puis le Musset en tant que tel,  on change de catégorie sociale, mais on ne perd pas le charme.
Je ne connaissais pas ce texte, il mérite vraiment d'être vu / lu, de savoureuses répliques entre les deux protagonistes, pour une belle déclaration d'amour...
On en sort léger, et désireux de replonger dans l’œuvre de Musset... 

Bref, un nouveau coup de coeur du off grâce à cette compagnie des Larrons... et ce ne sera pas le dernier, puisqu'il y eut le surlendemain Les coquelicots dans les tranchées... autant dire que ce sont des noms que je continuerai à suivre! 




7 commentaires:

  1. Merci de nous faire partager tous ces beaux moments. Programme chargé mais tu as su choisir ! Je note tout ça et vais guetter ces pièces dans les programmes de la rentrée.

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  2. J'ai eu envie d'aller voir l'Illusion Comique mais je t'avoue que je n'aime pas trop la Cour du Barouf et que du coup, j'ai renoncé : ton commentaire me confirme que je n'ai pas trop de regrets à avoir. Cela correspond exactement à ce que je pensais, et comme je suis une fan toute catégories du texte de Corneille, j'aurais râlé !!
    Quant au "petit" Musset par Les Larrons, nous l'avons vu et aimé, comme toi, l'an dernier ou l'année d'avant je ne sais plus. Il faut dire que nous allons voir tout ce que fait cette troupe !! Fritz Haber a été, l'an dernier, un superbe moment aussi : le spectacle passe au Festival de Sarlat cette année, ce qui prouve que la programmation de ce dernier (Festival de Sarlat) est bonne !!

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  3. Je suis devenue également totalement "fan" des Larrons, de Fritz Haber aux coquelicots des tranchées, en passant par ce Musset, que des réussites!

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  4. Il y avait aussi cette année, la mère confidente et c'était vraiment de la même qualité !

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  5. il aurait fallu une journée de plus, en tout cas, un nom vraiment incontournable!

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  6. Moi aussi je suis une fan de cette compagnie, c'est une valeur sûre de ce festival.

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  7. découverts grâce à toi d'ailleurs, merci!

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