mardi 24 septembre 2013

Concerto pour la main morte Olivier Bleys

Présentation de l'éditeur
Concerto pour la main morte - Olivier Bleys - Éditions Albin Michel.
22 août 2013
«La vie n'est qu'un tissu d'à-peu-près, de décisions hâtives, de situations instables sur lesquelles on bâtit pourtant un mur en plâtre qu'un coup de poing peut traverser.»

À Mourava, hameau perdu de Sibérie centrale, Vladimir Golovkine n'a qu'un rêve : prendre le bateau pour Krasnoïarsk, la grande ville en amont du fleuve. Mais faute de pouvoir s'offrir un billet, c'est un étranger qu'il voit débarquer dans sa vie : Colin, un pianiste raté dont la main droite refuse d'obéir dès qu'il se met à jouer le concerto n°2 en do mineur de Rachmaninov.
À la frontière du récit et de la fable, Olivier Bleys, l'auteur de Pastel, crée ici un univers poétique où le tragique côtoie l'absurde. Histoire de vodka et de mystère, de musique, d'amitié entre les hommes, ce livre jubilatoire nous invite à cultiver la joie plutôt que la tristesse.


Le début
Le petit village se nommait Mourava, ce qui traduit de l'ancien russe donne à peu près «la jeune herbe». Encore ne l'appelait-on «village» que par commodité, ou pour le distinguer d'autres plus frustes encore, parfois de simples campements qui s'échelonnaient sur de grandes distances le long du fleuve Ienisseï, région de Touroukhansk, Sibérie centrale. Il s'agissait en vérité d'un hameau très modeste, la réunion de quelques cabanes en amont d'un gué poissonneux, des baraques de bois et de goudron massées là comme l'est le sable au coude d'une rivière. Naguère, peut-être, un pêcheur avait tiré sa barque sur cette grève de cailloux, un chasseur écorché des zibelines sous ces sapins. Cela avait suffi à déposer dans cette solitude, sous la forme à jamais provisoire de rondins bruts et de planches mal équarries, quelques toits protégeant les villageois des rigueurs de l'hiver.

Mon avis
La musique, la Sibérie, l'amitié, les vies antérieures, tels sont les thèmes de ce livre qui nous entraîne au fin fond de la Russie, aux côtés d'un pianiste dont une main refuse d'interpréter le fameux concerto pour piano n° 2 de Sergueï Rachmaninov. Pourquoi ce problème? Une plongée dans son passé, dans ses désirs, aux côtés des "autochtones" et de l'environnement plutôt hostile du lieu vont lui permettre non seulement de régler son problème physique mais aussi de reprendre en "main" son destin.
Une renaissance, qui se traduit également par la numérotation des chapitres, en compte à rebours vers cette nouvelle vie.
Un conte moderne, la rencontre de deux hommes à un carrefour de leur vie, la confrontation de deux modes de vie, font de cette lecture une parenthèse fort agréable.

Une vue des rives du fleuve Ienisseï près de la ville de Krasnoïarsk.



A lire en écoutant bien sûr  Sviatoslav Richterjouant Rachmaninoff


Dans le cadre des challenges Des notes et des mots et rentrée littéraire, et encore merci Anne pour cette belle découverte!


8 commentaires:

  1. Très beau roman que j'ai adoré et qui me laisse un souvenir tout aussi beau. Un des tout bon de cette rentrée

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    1. cela fait partie de ceux que j'ai bcp apprécié pour le moment!

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  2. Que je l'aime ce second concerto de Rachmaninov......

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    1. qui devient presque un personnage à part entière de cette belle histoire!

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  3. Je me souviendrai de ce roman ! En fait, le paysage et la musique évoquée aident à ben se souvenir, je crois...

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    1. cela fait travailler plusieurs sens du lecteur, c'est très agréable!

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