mardi 4 juin 2013

Dans la solitude des champs de coton Koltes CDRT Mise en scène Gilles Bouillon

Dans la solitude des champs de coton
De Bernard-Marie Koltès
Mise en scène Gilles Bouillon
CDRT Nouvel Olympia Tours
Dramaturgie: Bernard Pico
Scénographie et costumes: Nathalie Holt
Lumières: Nicolas Guellier
Régie Générale: Laurent Choquet
Construction du décor: réalisée par l’équipe technique du CDR de Tours sous la direction de Pierre-Alexandre Siméon

Avec:
Bastien Bouillon
Adama Diop
http://www.cdrtours.fr/wp-content/uploads/2013/05/Dossier-p%C3%A9dagogique-Dans-la-solitude-des-champs-de-coton.pdf

Un petit mot matinal vite fait, pour ce dernier spectacle de la saison (déjà, que cela passe vite!) et en attendant de découvrir dans une dizaine de jours la programmation 2013-2014 de la saison du CDRT.
Bon, j'avoue, le texte de Koltes, au premier abord, ce n'est quand même pas simple. Il faudra que je m'y replonge à tête reposée. Il me restera de ce spectacle une belle performance d'acteurs, des corps en jeu, comme sur un ring, 
Le désir, l'autre, l'étranger, la langue " « Le vendeur : moi, je tiens ma langue comme un étalon par la bride pour qu’il ne se jette pas sur la jument, car si je lâchais la bride, si je détendais légèrement la pression de mes doigts et la traction de mes bras, mes mots me désarçonneraient moi-même et se jetteraient vers l’horizon avec la violence d’un cheval arabe qui sent le désert et que plus rien ne peut freiner. », la musique...

Le début, en attendant de relire la suite:

Si vous marchez dehors, à cette heure et en ce lieu, c'est que vous désirez quelque chose que vous n'avez pas, et cette chose, moi, je peux la fournir ; car si je suis à cette place depuis plus longtemps que vous et pour plus longtemps que vous, et que même cette heure qui est celle des rapports sauvages entre les hommes et les animaux ne m'en chasse pas, c'est que j'ai ce qu'il faut pour satisfaire le désir qui passe devant moi, et c'est comme un poids dont il faut que je me débarrasse sur quiconque, homme ou animal, qui passe devant moi.
C’est pourquoi je m’approche de vous, malgré l’heure qui est celle où d’ordinaire l’homme et l’animal se jettent sauvagement l’un sur l’autre, je m’approche, moi, de vous, les mains ouvertes et les paumes tournées vers vous, avec l’humilité de celui qui propose face à celui qui achète, avec l’humilité de celui qui possède face à celui qui désire ;et je vois votre désir comme on voit une lumière qui s’allume, à une fenêtre tout en haut d’un immeuble, dans le crépuscule ;je m’approche de vous comme le crépuscule approche cette première lumière, doucement, respectueusement, presque affectueusement, laissant tout en bas dans la rue l’animal et l’homme tirer sur leurs laisses et se montrer sauvagement les dents.

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