jeudi 29 mars 2012

La duchesse d'Amalfi, John Webster

Webster John, La duchesse d'Amalfi

En lien avec le voyage en Italie du printemps:

Témoignage des racines anglaises du mouvement romantique, La Duchesse d'Amalfi est la plus importante tragédie de John Webster (1580-1625). Elle tient une place de choix parmi les " tragédies sanglantes " de l'époque élisabéthaine, à cause de l'horreur tragique qui s'en dégage, de la force du dialogue et du grandiose relief des personnages. La pièce de Webster met en scène l'histoire vécue de la Duchesse d'Almafi : remariée secrètement à son intendant Antonio Bologna après son veuvage, la duchesse avait dû s'enfuir après cinq ans d bonheur sans pouvoir éviter la vengeance de ses deux frères, le cardinal d'Aragon et le duc Ferdinand de Calabre qui firent tuer Antonio à Milan en octobre 1513.
"La Duchesse règne sur Malfi. Elle est veuve. Elle a un intendant qu’elle épouse en secret. Par amour peut-être. Pour éprouver l’étendue de sa liberté et de son pouvoir, sans doute. Elle a deux frères, puissants et viciés, le noir et le rouge. Déchirés par la passion pour leur sœur et les lois du pouvoir, ils sèmeront mort et chaos."
La planète John Webster tourne autour du soleil Shakespeare, comme une planète grise, par refus des couleurs, baroque et dépravée, mélancolique et sulfureuse. Une planète grise qui renvoie pourtant les éclats scintillants de la vie, comme un morceau de miroir brisé qui ternit le passé et illumine l’avenir.
La Duchesse de Malfi est un monde de ténèbres et de lumières, avec "ses figures troubles et sombres, ses âmes illustrées d’eaux-fortes, où l’on déterre les mandragores et cloue les chauve-souris, un monde qui donne un goût de plomb dans la bouche et l’odeur du soufre dans les narines". La planète tourne sur elle-même, s’emballe, choisit l’enfer de la mélancolie plutôt que le soleil.
"Des hommes et des femmes s’empoignent et meurent dans les larmes, roulent corps contre corps et crachent la poussière. Et se posent lentement la main sur le front et regardent tomber les anges noirs". 

le début



SCÈNE Ire

Malfi. — Salon de réception dans le palais de la Duchesse.

ANTONIO, DÉLIO

Délio. — Soyez le bienvenu dans votre patrie, cher Antonio. Un long séjour en France vous a transformé en un véritable Français. Comment vous a plu la cour là-bas ?
Antonio. — Je l’admire. Le roi procède sagement en épurant sa propre maison avant de réformer l’État et le peuple. Il purge sa cour des sycophantes, des personnages infâmes et débauchés. C’est ce qu’il appelle, humblement, collaborer à l’œuvre du Ciel, à la maîtresse œuvre de son Maître. Il tient la cour d’un prince pour une fontaine publique qui ne doit débiter qu’une onde pure comme l’argent : si le scandale empoisonne cette source de vie, la maladie et la mort se propagent dans tout le pays. Imbu de cet esprit, le roi s’entoure de conseillers intègres qui lui dénoncent franchement la corruption.


Mon avis : Je n'avais pas pu aller voir la pièce au théâtre à Tours l'année dernière, mais les articles à ce sujet à l'époque m'avait donné des regrets, alors au moment d'envisager un voyage en Italie du Sud, lire ce texte était devenu incontournable!
Le destin d'une femme... Une femme pour le rôle-titre, rien que ça, ça donne envie non?
Des personnages complexes, sombres, le pouvoir, l'amour, la mort, la religion,  trahison, manipulation, l'italie baroque ou tout est extrême, exagéré, tourné en dérision, pas de temps mort! 

Et pour prolonger l'envie de voyage autour de cette pièce....


mise en scène et scénographie Anne-Laure Liégeois
avec Jean-Pascal Abribat, Boris Alestchenkoff, Laurent Bellambe, Sébastien Bravard, Olivier Constant, Mathieu Dion, Olivier Dutilloy, Anne Girouard, Jean-Philippe Lejeune, Nils Öhlund, Muriel Piquart, Valérie Schwarcz.


"La duchesse de Malfi" au Nouvel Olympia à Tours, janvier 2011



Dans le dossier pédagogique
Comme il était de coutume à l'époque d'écrire à plusieurs mains, il était aussi coutumier de s'inspirer de faits historiques réels et de personnes ayant réellement existé pour construire l'intrigue tout comme d'emprunter aussi bien aux anciens, Ovide, Sénèque… qu'à ses contemporains.
L'intrigue de La Duchesse de Malfi s'inspire de l'histoire vraie de Giovanna d’Aragon, duchesse d'Amalfi (petit port du golfe de Salerne en Italie, duché du Royaume de Naples au XVème siècle), fille de Henri d'Aragon et jeune veuve du duc d'Amalfi Alfonso Piccolomini (mort en 1498) dont elle avait eu un fils. La duchesse avait deux frères l'aîné qui devint cardinal d’Aragon et le plus jeune marquis de Gerace. Veuve, Giovanna avait épousé en secret l'intendant de sa maison Antonio Bologna. Par ordre de ses deux frères elle fut enfermée et assassinée avec ses deux jeunes enfants ainsi qu’un peu plus tard, en 1513, son mari Bologna.
Cette histoire fut relatée à la manière de Boccace, par un contemporain d'Antonio, Matteo Bandello (1485-1561) dans un recueil de Nouvelles publié en 1554.

Lu dans le cadre du challenge lecture de théâtre :

mercredi 28 mars 2012

Le repas des fauves, théâtre, espace Malraux Joué les Tours


Ce soir, M. et Mme Pélissier reçoivent leurs amis. Durant cette période trouble de la Seconde Guerre mondiale, dans une ville occupée en proie aux humiliations et aux privations, la soirée s’annonce chaleureuse, protégée par de dérisoires journaux collés aux fenêtres. Comme une parenthèse de vie bourgeoise ordinaire.
Dans un appartement cossu, aux teintes et sonorités chaudes, le couple (Caroline Victoria et Olivier Bouana) a convié son cercle d’amis le plus proche pour l’anniversaire de madame : un médecin (Cyril Aubin), qui ne cache pas son intérêt pour l’occupant ; un soldat réformé (Jérémy Prévost), qui promène sur la vie un regard de jouisseur ; une jeune veuve (Stéphanie Hédin), tentée par la Résistance ; un inverti cynique (Julien Sibre) et un affairiste (Pascal Casanova) prêt à toutes les collaborations. 

La soirée se déroule sous les meilleurs auspices, jusqu’à ce qu’au pied de leur immeuble soient abattus deux officiers allemands. Par représailles, la Gestapo investit l’immeuble et décide de prendre deux otages par appartement.
Le Commandant Kaubach, qui dirige cette opération, reconnaît, en la personne du propriétaire de l’appartement, M. Pélissier, un libraire à qui il achète régulièrement des ouvrages. Soucieux d’entretenir les rapports courtois qu’il a toujours eus avec le libraire, le Commandant Kaubach décide de ne passer prendre les otages qu’au dessert…
 Et mieux : il leur laisse la liberté de choisir eux-mêmes les deux otages qui l’accompagneront.
C’est ainsi que peut commencer Le Repas des fauves.

3 Molières et 4 Nominations aux Molières 2011
 D'après l'œuvre de : Vahé Katcha
Adaptation, traduction, mise en scène : Julien Sibre
Avec : Cyril Aubin, Olivier Bouana, Pascal Casanova, Stéphanie Hédin, Pierrejean Pagès, Jérémy Prévost, Julien Sibre, Caroline Victoria
Il en existe une version cinéma, réalisée en 1964 par Christian-Jaque, avec France ANGLADE (Sophie), Francis BLANCHE (Francis), Claude RICH (Claude), Claude NICOT (Victor), Boy GOBERT (Kaubach). 

Le petit mot d'après représentation:
Entre l'ancrage très historique du décor, des costumes, de la musique qui accueille le spectateur avant même que le spectacle ne commence, et les projections graphiques efficaces, résolument très modernes, avec des images très fortes qui resteront en tête (la prise des otages, du bébé, dans les autres appartements, le bombardement, l’oiseau...Cyril Drouin, auteur de ces dessins animés, un nom à retenir! ), un fort contraste pour une pièce qui donne à réfléchir, qu'aurions-nous fait, nous? 
La question est toujours la même.
La nature humaine dans sa complexité, sa noirceur, les pires bassesses des uns et des autres pour sauver leur peau, la question de "l'amitié" qui vole en éclat, les répercussions bien différentes de cette guerre "selon que vous serez"....mais aussi beaucoup d'humour (heureusement ai-je envie de dire!),une distribution très équilibrée,  pour un spectacle qui mérite son succès!

vendredi 23 mars 2012

Les sculptures de Rémou à Tours

Rémou,  le sculpteur de Notre-Dame-d'Oé a installé ses sculptures à l'hôtel de ville de Tours et autour des jets d'eau de la place Jean-Jaurès.
 Mon Sang pour les Autres : Péristyle et jardin de l’hôtel de ville de Tours
  Du 15 mars 2012 au 5 mai 2012

une belle galerie photos de  ses animaux origamis à voir ici:animaux origami

animaux origami

exposition hôtel de ville Tours

Au total, cinquante-six sculptures animalières et légumières [...]qui respectent toujours la forme des pliages en papier : un âne, un dromadaire, un grand cheval de 3,50 m de hauteur, des cochons et un grand coq complètent sa basse-cour artistique. Le tout, aux couleurs primaires, autre rappel de nos premiers coloriages d'école… 

Pour Rémou, alias Jean-Claude Mouré, c'est un peu un conte de fée qui se produit avec cette invitation, lui qui n'a officiellement commencé à sculpter qu'il y a trois ans. Grand collectionneur d'art, cet ancien chef d'entreprise, ami du sculpteur Michel Audiard, s'était amusé à sculpter des légumes pour mettre un peu de couleur dans son jardin. Pris au jeu, et encouragé par ses amis – dont Audiard –, il s'amuse à sculpter ces origamis de métal. « Un univers qui fait écho en chacun de nous, écrit le maire Jean Germain, nous renvoyant à des formes familières, ainsi qu'à nos premières approches de l'art, un art élémentaire, ludique et universel. »

  

info NR

Pour en savoir plus sur l'artiste:
Remou 

Caravage et Loches suite!

Après cet article de présentation auquel je vous renvoie:
Les Caravage de Loches
Galerie Antonine Loches
un nouvel article autour de ces tableaux

Extrait Article NR
La réédition du livre « Le Caravage : peintre et assassin » de José Frèches, historien de l'art, spécialiste de la peinture, intègre pour la première fois les deux tableaux de Loches provenant de la collection de Philippe de Béthune. Rappelons que ces deux peintures étaient conservées dans l'église Saint-Antoine, sous une épaisse couche de crasse, de repeints et de vernis. Analysés par un laboratoire scientifique ayant l'agrément des Monuments Historiques, ces deux tableaux ont été classés Monuments Historiques le 24 septembre 2002. « L'analyse faite sur ces deux tableaux tend à prouver que nous sommes bien en présence de deux des quatre tableaux achetés par Philippe de Béthune à Caravage lui-même et qu'il considère comme originaux », insiste la mairie dans un communiqué.
 " Plus de chance que ce soient des Caravage que l'inverse "

Alors, originaux, pas originaux ? Les avis sont partagés. Pour José Frèches, il y a peu de doute : « La présomption qu'ils soient de la main du Caravage est particulièrement forte… Toute une série d'indices techniques font que je n'ai aucun problème à affirmer qu'il s'agit d'originaux ». Ou encore : « Pour moi il y a plus de chance que ce soient des Caravage que l'inverse ». Jean-Pierre Babelon, membre de l'Institut de France confirme : « Pour moi le terme original (employé dans un inventaire de 1608, lire ci-dessous, NDLR) veut dire que ce n'est pas une copie ».

De son côté, Michel Van Zele, réalisateur, s'intéresse également au sujet. Il a réalisé un film dans lequel il rencontre tous ceux qui de près ou de loin ont un rapport avec ces deux tableaux. Dans son documentaire, Arnaud Brégeon de la Vergnée, l'un des meilleurs spécialistes de la peinture italienne du XVIIe siècle, déclare que ces tableaux « l'empêchent de dormir » et « qu'il s'agit là d'une très belle découverte ». Mina Gregori, directrice de la Fondation Roberto Longhi, Pierre Rosenberg, ancien Président du Louvre, se montrent sceptiques. Les pour, les contre, toujours. La polémique continue…

pratique

Rencontre, dédicaces et film
> Samedi 24 mars, José Frèches et Michel Van Zele seront spécialement à Loches, l'un pour présenter la réédition de son livre consacré à Caravage, l'autre pour faire découvrir son film doté d'un important bonus. José Frèches accueillera celles et ceux qui voudront le rencontrer à la Maison de la Presse, rue de la République à Loches dès 10 h 30, puis en fin d'après-midi à 16 h en compagnie de Michel Van Zele au cinéma Royal-Vigny où sera projeté son film « L'Ombre d'un doute », suivi d'un débat. A l'issue de cette présentation, nouvelle dédicace du livre de José Frèches et du DVD de Michel Van Zele.
 > A noter que l'adjoint au patrimoine Pascal Dubrisay dédicacera lui aussi son guide « Église Saint-Antoine et galerie Antonine à Loches », samedi toute la journée à la maison de la presse samedi 24 mars.




mercredi 21 mars 2012

idomeneo, opéra de Tours Ossonce, Garichot


Idomeneo, re di Creta (Idoménée, roi de Crète)
Opéra en 3 actes de Wolfgang Amadeus MOZART (1781), Livret de l'abbé italien de Giambattista Varesco, d'après un opéra français de Campra et Danchet . La première représentation eut lieu le 29 janvier 1781 à Munich.

Grand théâtre de Tours
mars 2012 : Vendredi 16 20h, Dimanche 18 15h, Mardi 20 20h 

Grand théâtre opéra de Tours

 

Info et billetterie : Opéra de Tours 

Co-production décors, costumes et accessoires Opéra de Rennes et Angers Nantes Opéra, reprise par les ateliers de l'Opéra de Tours.

Direction musicale Jean-Yves Ossonce
Mise en scène Alain Garichot
Décors Denis Fruchaud
Costumes Claude Masson
Lumières Marc Delamézière
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours.
 Choeurs de l'Opéra de Tours et Choeurs supplémentaires

Idomeneo Yves Saelens
Elettra Sophie Marin-Degor
Ilia Sabine Revault d'Allonnes
Idamante Mireille Lebel
Arbace Philippe Talbot

Pour se préparer aux représentations à venir, petite présentation de l’œuvre d'après : Idomeneo
A suivre pour les avis d'après représentations la semaine prochaine!

Idomeneo argument

Acte I
La princesse troyenne Ilia, fille du roi Priam, est seule, captive en Crète. Elle éprouve un conflit entre la haine qu'elle devrait éprouver envers ceux qui ont tué ses proches au cours de la guerre de Troie et l'amour qu'elle éprouve pour le crétois Idamante. Elle-même, enlevée loin de sa patrie, a été sauvée d'un naufrage par Idamante, fils du roi Idoménée.
Elle pense avoir une rivale en la personne d'Électre, réfugiée en Crète après les tragiques événements qui ont frappé sa famille. Les Crétois et les Troyens célèbrent par des réjouissances la paix et la réconciliation. Idamante fait à Ilia une discrète déclaration d'amour à laquelle la jeune fille semble rester insensible . Le confident du roi, Arbace, annonce qu' Idoménée aurait péri en mer. Électre, passionnément éprise d'Idamante sans en être aimée, comprend que plus rien n'empêchera celui-ci de s'unir à sa rivale Ilia. Elle se livre aux fureurs de la jalousie .
Neptune, en colère par le mal qui a été fait aux descendants de Troie, soulève une tempête marine, dans laquelle est prise la flotte d'Idoménée. Les éléments se calment soudain, comme par enchantement et Idoménée débarque sur le sol de sa patrie. En pleine tempête, Idoménée avait fait à Neptune le vœu de sacrifier la première personne rencontrée sur le rivage, s'il gardait la vie sauve ). Maintenant, le remords l'assaille. Idoménée voit s'approcher sa future victime, et réalise que c'est son propre fils. Il profère des paroles menaçantes et s'enfuit désespéré, laissant Idamante dans un profond désarroi . Ignorant le drame en suspens, les Crétois rendent grâce à Neptune et saluent par des chants et des danses le retour des guerriers.

Acte II
Idoménée confie le secret de son serment fait dans la tempête à Arbace, qui lui conseille d'éloigner Idamante de Crète pour le soustraire au sacrifice. Idoménée décide d'envoyer son fils raccompagner Électre dans sa patrie, Argos, loin de la vengeance de Neptune. Ilia témoigne sa reconnaissance à Idoménée, qu'elle considère maintenant comme son père adoptif. Dans une aria très lyrique, Électre manifeste ensuite la joie que lui donne la perspective d'un amour heureux. Lors du départ d'Idamante, Idoménée réalise alors qu'Ilia aime Idamante, et que son vœu fait pendant la tempête ne lui apportera rien d'autre que du malheur.
Le peuple attend au lieu d'embarquement. Idamante et Électre font leurs adieux à Idoménée en implorant la compassion divine. Tandis qu'Idamante et Électre sont à bord, Neptune envoie sur eux une tempête horrible. Le peuple croit qu'il s'agit là surtout d'une vengeance pour un crime commis sur l'île.Un monstre terrifiant émerge des flots. Idoménée admet alors qu'il est un homme coupable et s'offre lui-même en sacrifice, mais il refuse d'offrir la victime innocente qu'il croit que Neptune exige. Le peuple s'enfuit sous la panique, tandis que le monstre suscite la crainte qu'il va dévaster l'île entière.

Acte III
Ilia ne songe qu'à son amour pour Idamante. Seule dans son palais, inconsciente du ravage fait par Neptune, elle est surprise par le retour d'Idamante; il lui annonce les ravages faits par le monstre et sa détermination à le combattre pour le détruire. Sans le vouloir, elle lui avoue son amour. C'est alors qu'arrivent Électre et Idoménée. Celui-ci demande à Idamante de quitter la Crète. Ils expriment tous leur peine et leur désespoir. (Le quatuor "Andro ramingo e solo" est considéré comme le premier grand ensemble de l'opera seria).
Idamante les quitte et seul se prépare à l'exil. Abrace vient apporter de mauvaises nouvelles. Le peuple s'est révolté, sous l'influence du Grand Prêtre de Neptune et il demande que le Roi se montre. Seul, Arabace prie pour la libération de son pays. Le Grand Prêtre montre à Idoménée l'état calamiteux de la situation causée par le monstre et lui dit que des milliers d'hommes de son peuple ont été tués.
Le Roi, pressé par le Grand Prêtre de dire la vérité, révèle que pour obtenir la satisfaction de Neptune, il devra lui-même sacrifier son propre fils Idamante. On se rassemble dans le temple du dieu pour assister au sacrifice.
Arbace annonce qu'Idamante est victorieux dans son combat contre le monstre. Mais celui-ci connaît le vœu prononcé par son père et vient s'offrir en victime. Ilia supplie qu'on la sacrifie à la place d'Idamante.
Un oracle de Neptune alors intervient et indique le moyen d'expier le crime et d'accomplir le vœu : Idoménée renoncera à son trône en faveur de son fils. Ilia sera son épouse.
Seule Électre, emportée par une jalousie extrême, s'en va mettre fin à ses jours.
Idoménée proclame l'accession au trône d'Idamante. Le peuple se joint à lui pour invoquer les dieux de l'Amour en faveur d'un esprit de Paix...
Grand théâtre opéra de Tours

Grand théâtre opéra de Tours Sabine Revaut d’Allones


Et j'en profite pour relayer une interview de l'une des chanteuses de cette production, Sabine Revaut d’Allones, que nous avons déjà eu l'occasion d'applaudir souvent à Tours ( Sœur Constance dans Les Dialogues des Carmélites et Marzelline dans Fidelio pour les représentations dont j'ai déjà parlé ici) , qui vient de sortir un joli disque et qui évoque également la préparation du rôle d'Ilia.

Interview de Sabine Revaut d’Allones (soprano) et Samuel Jean (piano)
Extraits de interview
Belle surprise discographique de ce début d’année Massenet, le programme de mélodies que la soprano Sabine Revaut d’Allones et le chef d’orchestre et pianiste Samuel Jean ont enregistré pour Timpani met en lumière un visage méconnu et infiniment séduisant du célèbre auteur de Werther dans une interprétation synonyme de complicité et de raffinement. Rencontre avec deux passionnés de musique française.

Avant d’aborder le programme Massenet que vous venez d’enregistrer, quel est de façon plus générale votre rapport avec la mélodie française, qu’est-ce qui vous attire dans ce répertoire vaste et finalement plutôt méconnu ?

Sabine REVAUT d’ALLONES : J’ai reçu une formation violoniste au départ et j’ai fait énormément de musique de chambre. Dans la mélodie ou le lied, la relation avec le piano me rappelle l’étroitesse de l’échange musical entre deux partenaires que j’appréciais en musique de chambre. J’aime chanter en allemand aussi, mais le fait de pouvoir dire, vivre des histoires dans ma langue natale me procure un plaisir intense. D’autant que ce répertoire de la mélodie française se situe dans une période de l’histoire musicale qui me plaît particulièrement.

[...]

Un mot enfin sur vos projets respectifs. Sabine Revaut d’Allones, vous allez bientôt incarner Ilia dans l’Idoménée de Mozart mis en scène par Alain Garichot à l’Opéra de Tours : comment abordez-vous cette prise de rôle ?

S.R. d’A. : J’effectue un travail formidable avec Alain Garichot en ce moment. Il ne veut absolument pas faire d’Ilia une victime ; pour lui c’est une personne qui a le sens du bonheur, malgré les événements difficiles qu’elle a vécus. Elle ne se plaint jamais mais est toujours en train de trouver ce qui est beau et ce qui peut continuer à la faire vivre et à la rendre heureuse. A part Idamante, tous les participants à cette production effectuent d’ailleurs une prise de rôle.

A écouter avant ou après la représentation :





Idomeneo opéra de Tours mars 2012

Le petit mot d'après représentation!:
 Un décor minimaliste, un très bel habillage de lumières, le travail réalisé de ce côté là est remarquable, ombres, lumières, mais également des visuels forts, avec les membres du chœur en particulier, symbolisant le bateau, le mât descendant des cintres, Elettra à la proue dans son impressionnant costume rouge... 
Idomeneo Tours photo NR

Son final fait partie des très bons moments de la soirée, comme le duo Ilia et Idamante , l'acte III dans son ensemble d'ailleurs avec une belle tension jusqu'à la dernière note. 
Et puis c'est aussi le plaisir de retrouver des chanteurs que l'on a déjà entendu dans d'autres productions de l'opéra de Tours, et de découvrir de nouvelles facettes d'interprétation!

mardi 20 mars 2012

lundi 19 mars 2012

Quatuor Vikram Seth

Seth Vikram  Quatuor


Peut-on manquer sa vie en un instant d'aveuglement, faute d'avoir su saisir l'amour quand il s'offrait ? Violoniste londonien, Michael ne peut oublier Julia, la pianiste connue à Vienne, où ils se produisaient ensemble. Et voilà que, des années plus tard, il aperçoit dans un autobus celle dont il avait perdu toute trace. La retrouver, la reconquérir : tel va être désormais son but. Un désir ardent qui les ramènera à Vienne, puis à Venise... Mais n'est-il pas trop tard, et le drame intime que vit Julia peut-il être dépassé ? En même temps qu'un déchirant roman d'amour, l'auteur d'Un garçon très convenable nous donne une évocation poétique, inspirée, de l'univers de la musique. C'est le requiem d'un amour perdu qu'orchestre ce Quatuor. Sous l'archet d'un très subtil musicien des âmes.

Incipit:
Les branches sont nues, le ciel, ce soir, d'un violet laiteux. Cet endroit n'est pas calme mais paisible. Le vent soulève et pousse vers moi les eaux noires.
Il n'y a personne. Les oiseaux se taisent. Les voitures tailladent Hyde Park. Mes oreilles ne perçoivent qu'un bruit mat.
Je tâte le banc mais ne m'assieds pas. Comme hier, comme avant-hier, j'attends que mes pensées aient disparu. Je regarde l'eau de la Serpentine.
A noter qu'un CD reprend la plupart des œuvres musicales évoquées dans le livre:



Mon avis :
 Vienne, Venise... la musique, les salles de concert, les répétions, les sentiments, des interrogations, le pourquoi du comportement de Julia, l'importance de l'instrument de musique, des sons de notre environnement, l'envie de se promener à Londres aussi, de nager dans la Serpentine et de faire tour chez un disquaire...bref, une lecture très agréable... A lire en écoutant Bach, Schubert..



 
Dans le cadre du :

samedi 17 mars 2012

Exposition Tours 1500

mes différents articles autour de cette exposition Tours 1500 capitale des arts du musée des Beaux Arts de Tours

présentation:
exposition-tours 1500 capitale des arts
 exposition-tours-1500

détails autour des œuvres et artistes exposés  : 
jean bourdichon tours 1500

 bethsabee au bain

 michel colombe

Vierge à l'enfant Tours 1500

 

TOURS 1500, capitale des Arts 17 mars – 17 juin 2012


   pour vous signaler la parution d'un numéro spécial consacré à cette exposition :


Dossier de l'Art n° 193  Tours 1500 capitale des arts
N° 193 - Février 2012 - ISSN : 1161-3122

Description du numéro Dossier de l'Art n° 193

Au tournant des XVe et XVIe siècles, la ville de Tours est à la fois capitale politique et capitale de l’industrie du luxe du royaume de France. L’exposition du musée des Beaux-Arts de Tours, qui réunit une centaine de pièces, explore cet âge d’or de l’art tourangeau entre 1470 et 1520. Au travers d’enluminures et de sculptures principalement, elle met en évidence le rôle primordial des commanditaires et illustre le caractère diversifié de la production, que favorise la présence de fortes personnalités artistiques. 
 De Charles VIII à François Ier, à la faveur des séjours des rois de France et de la cour, Tours bénéficie d’une prospérité nouvelle et se peuple d’officiers royaux, tandis que marchands et financiers contribuent àl’imposer comme une capitale. Parallèlement à de grands chantiers de construction, la ville attire des artistes de haut rang, tels le sculpteur Michel Colombe ou Jean Fouquet, qui donnent une impulsion décisive à l’épanouissement d’un style tourangeau. 
 La présence de Jean Fouquet à Tours à partir des années 1450, au retour de son séjour italien, constitue sans nul doute le phénomène artistique le plus fécond qu’ait connu la ville au cours du XVe siècle. Son influence domine la peinture et se perçoit également dans la sculpture. Elle se traduit diversement selon les artistes, de l’emploi de certaines techniques, comme celle des rehauts d’or, au sens des volumes, de l’art des drapés vigoureux au simple emprunt de modèles.
 Dominant sans conteste la sculpture tourangelle vers 1500, Michel Colombe jouit de son vivant d’une grande fortune et de commandes royales, notamment auprès d’Anne de Bretagne. Travaillant à Bourges puis à Tours ou Moulins, il porte à un sommet l’art de la statuaire tourangelle, qui s’anime dans ses œuvres d’une vie nouvelle et d’une noblesse sereine. 
Célébré par ses contemporains et pourtant peu documenté, Jean Poyer fut profondément marqué par l’art de Fouquet, dont il assura la relève en développant un style caractéristique fortement teinté d’Italie. Deux séjours transalpins ont, semble-t-il, orienté son style, d’abord redevable de Mantegna, vers des effets audacieux annonçant le maniérisme. 
Jean Bourdichon donna pour Anne de Bretagne des Heures restées fameuses. Artiste protéiforme aux multiples talents, il a joui des faveurs royales pendant les quarante années de sa longue carrière. S’il s’inscrit dans la lignée de Fouquet, il sut toutefois s’affirmer par son goût de la perfection et son sens de l’ornement, et créer un langage esthétique raffiné.



Les articles :
Entretien avec les commissaires de l'exposition
Un foyer des arts au royaume de France
Jean Fouquet et Tours
Arrêt sur une oeuvre : Jean Fouquet, Pièta de Nouans
Le Maître de Jean Charpentier
Arrêt sur une oeuvre : La Vierge de pitié et deux donateurs
Jean Bourdichon
Arrêt sur une oeuvre : Les Heures de Louis XII de Jean Bourdichon
Arrêt sur une oeuvre : Christ bénissant et Vierge en oraison
L’attrait de Tours sur l’enluminure parisienne
Jean Poyer
Arrêt sur une oeuvre : Retable du Liget : Portement de Croix Crucifixion Mise au tombeau de Jean Poyer
Michel Colombe
Arrêt sur une oeuvre : Tombeau de Francois II et Marguerite de Foix de Michel Colombe
Les statues mariales
La sculpture à l'épreuve de l'Italie
Le Maître de Claude de France
Arrêt sur une oeuvre : La Nef de sainte Ursule

Actualités
Itinéraire
Une page d'histoire de l'art
D'un musée l'autre
Exposition

et un autre rappel, beau concert en perspective ce soir: article NR

Diabolus in musica à la cathédrale de Tours



Diabolus in musica a 20 ans cette année. Pour fêter cet anniversaire, l'ensemble de musique médiévale donne un très beau concert, samedi 17 mars, à la cathédrale Saint-Gatien de Tours. Il s'inscrit dans le cadre de la grande exposition « Tours 1500 » débutant samedi au musée des Beaux-Arts et rassemble les musiques écrites en hommage au grand musicien tourangeau Johannes Ockeghem : les chanteurs de Diabolus in musica y donneront quatre motets dédiés à « pater familias, des compositeurs de l'époque et une messe complète », explique Antoine Guerber, directeur artistique de l'ensemble basé à Tours et connu dans le monde entier.
Le concert de samedi est donc une belle façon d'écouter ces chanteurs d'exception. « La musique médiévale est très mal connue, continue Antoine Guerber. Les gens la pensent austère mais pas du tout. Elle est, au contraire, très variée puisque le Moyen Age, c'est mille ans de musique. Elle change d'un pays à l'autre, d'un siècle à l'autre.
« En France, on a un goût très affirmé pour cette période médiévale : les expositions marchent fort, l'architecture est prisée mais la musique, non ! C'est bien dommage ! »
Diabolus in musica est à voir à Tours, samedi, dans le cadre exceptionnel de la cathédrale Saint-Gatien. Ne manquez pas ce rendez-vous tourangeau, sinon vous seriez obligé d'aller en Turquie ou en Colombie, des pays où ils joueront cette année.
« Plorer, gémir, crier… » : requiem pour la voix d'or de Johannes Ockeghem, samedi 17 mars, à 20 h 30, cathédrale Saint-Gatien de Tours. Tarifs : 16 et 10 €. Réservations : tél. 02.47.42.13.37  et www.diabolusinmusica.fr

 Et toujours le catalogue de l'exposition à paraître à la fin du mois

catalogue exposition Tours 1500 capitale des arts



mercredi 14 mars 2012

Exposition Touraine Métiers d'Art Hôtel Goüin, Tours

En cette journée printanière, et avant d'aller voir l'exposition Tours 1500, un petit détour par le vieux Tours pour l'exposition Touraine Métiers d'Art qui a lieu  du 3 mars au 1er avril dans le cadre prestigieux de l' Hôtel Goüin, au  25, rue du Commerce, à Tours
institut-metiersdart

Exposition Tours

Huit salles  pour huit artistes et artisans, sculptures, œuvres en tout genre et 16 écrans numériques présentant des reportages photographiques réalisés dans les différents ateliers des artisans présentés. Des plans, croquis, dessins préparatoires et supports numériques rythment également l’exposition pour mettre en avant l’ensemble de créations.

Les artisans :
- Charlie Boquet, ferronnier d’art à Sainte-Catherine-de-Fierbois et vainqueur 2011 prix départemental des Métiers d’Art de Touraine
- Céline Dupré, créatrice de mobilier et décoration en béton coloré
- Élisabeth Guiot, verrier à Véretz
- Christian Quenault, ferronnier d’art à Parcay-sur-Vienne
- Marie-Laure Besson, mosaïste à Saint-Pierre-des-Corps
- Philippe Merlevede, peintre décorateur en trompe l’œil
- Valérie David, mosaïste de vaisselle, boutique Patatras à Tours
- Odile Menotti, peintre sur porcelaine à Saint-Cyr-sur-Loire

mardi 13 mars 2012

Artemisia, Alexandra Lapierre et exposition au musée Maillol

, Artémisia 

 
Mise à jour
Quelques liens vers mes différents articles après la visite de l'exposition Artemisia au Musée Maillol:
 
 En 1611, à Rome, dans un atelier du quartier des artistes, la jeune Artemisia se bat avec fureur pour imposer son talent. Son adversaire le plus redoutable n'est autre que son père, son maître, le célèbre peintre Orazio Gentileschi. Il voudrait cacher au monde la sensualité et, surtout, le génie de sa fille. Mais le destin bouleverse ses plans, Artemisia est violée par l'un de ses élèves. Continence alors un duel dont le père et la fille seront tour à tour la victime et le vainqueur et qui ne se terminera qu'à la mort de l'un deux. Artemisia, le destin exceptionnel d'une femme dans le bouillonnement culturel et politique de la Renaissance italienne 

Prologue
Londres, le 11 février 1639
La proue d'une galère crève la brume de la Tamise. L'embarcation accoste lourdement dans le Chant pour l'âme des défunts, que psalmodient sur le pont de lugubres moines capucins. Là, entre la flamme mourante de centaines de cierges, trône, écrasé par la bruine, un gigantesque catafalque noir.

Mon avis : j'avoue, j'ai eu honte en visitant Florence de ne pas avoir entendu parler jusque là de cette artiste. Merci à Laura de m'avoir fait découvrir cette femme, et quelle femme. Femme peintre, femme tout court dans cette Renaissance complexe...l'envie maintenant de mieux connaître ses œuvres...
 
à lire sur les femmes peintres et Artémisia

Je remonte cet article pour signaler la réédition du livre en mars 2012 en prévision de l'exposition consacrée à cette femme peintre au musée Maillol à Paris

(les billets sont réservés, j'irai en début d'été!)



Dans l'Italie baroque du XVIIe siècle, elle brisa toutes les lois de la société afin de conquérir la gloire et la liberté.

En 1611, à Rome, dans un atelier du quartier des artistes, la jeune Artemisia se bat avec fureur pour imposer son talent. Son adversaire le plus redoutable n'est autre que son maître – son propre père –, le célèbre peintre Orazio Gentileschi. Il voudrait cacher au monde sa sensualité, et surtout son talent.
Mais le destin va déjouer les plans d'Orazio : son collaborateur, son meilleur ami, viole sa fille.
Commence pour Artemisia une descente aux enfers qui marquera sa vie et sa carrière, un drame dont elle sera tour à tour la victime et le vainqueur. Artemisia est la biographie de référence sur l'une des premières grandes femmes peintres de l'histoire.

Le 14 mars 2012, le musée Maillol de Paris présentera une exposition consacrée à Artemisia Gentileschi (« Pouvoir, gloire et passions d'une femme peintre »), la première en France.

ARTEMISIA  POUVOIR, GLOIRE ET PASSIONS D’UNE FEMME PEINTRE  14 mars – 15 juillet 2012

POUR LA PREMIÈRE FOIS EN FRANCE, L’EXPOSITION AU MUSÉE MAILLOL PERMET DE DÉCOUVRIR LA PEINTURE D’ARTEMISIA GENTILESCHI
 
Pour prolonger mes articles autour de l'exposition:
artemisia-gentileshi-et-judith.html 
 Artemisia Gentileschi  Autoportrait au luth  c.1615-1619  Huile sur toile  65,5 x 50,2 cm  Minneapolis, Curtis Galleries
Elle est née « Artemisia Gentileschi » 1593 – 1654, fille d’Orazio Gentileschi, l’un des plus grands peintres de la Rome Baroque.
À l’aube du XVIIe siècle en Italie, quand les femmes étaient mineures à vie, quand elles appartenaient à leur père, à leur mari, à leurs frères ou à leurs fils, Artemisia Gentileschi a brisé toutes les lois de la société en n’appartenant qu’à son art. En quête de sa propre gloire et de sa liberté, elle a travaillé pour des princes et des cardinaux, gagné sa vie à la force de son pinceau, et construit son œuvre, inlassablement. Par son talent et sa force créatrice, elle est devenue l’un des peintres les plus célèbres de son époque, l’une des plus grandes artistes de tous les temps.
Le drame de sa vie personnelle, le viol qu’elle a subi dans sa jeunesse, et le retentissant procès que son père intentera par la suite à son agresseur, l’artiste Agostino Tassi, ont profondément marqué sa vie et sa carrière. Ce scandale a contribué à occulter son génie. En effet, comme Le Caravage, il a fallu attendre plus de trois siècles pour qu’elle soit à nouveau reconnue et universellement appréciée.




L’EXPOSITION RETRACE LES PRINCIPALES ÉTAPES DE SA CARRIÈRE:
- Les débuts à Rome aux côtés de son père, grand peintre baroque.
- Les années florentines sous la protection du Grand-duc de Médicis et l’amitié de Galilée. Elle sera la première femme admise à l’Accademia del Disegno.
- Les années 1620 à Rome: on l’y retrouve chef de file des peintres caravagesques, amie des grands maîtres tels que Simon Vouet et Massimo Stanzione, et reconnue par les plus grands collectionneurs européens.
- La période napolitaine verra son apothéose. Pendant vingt-cinq ans elle dirige son atelier et forme les grands talents qui prendront la suite : Cavallino, Spardaro, Guarino.



Pendant cinq ans, Alexandra Lapierre a mené une extraordinaire enquête sur les traces d'Artemisia Gentileschi, la poursuivant dans les documents d'archives de l'Europe entière, s'installant à Rome dans la rue même ou vécut son héroïne. Sa parfaite connaissance du contexte historique, son acharnement à débusquer les indices lui ont permis de reconstituer, à quatre siècles de distance, les sons, les couleurs, les odeurs dont fut imprégnée l'existence d'Artemisia. Publié avec succès dans le monde entier, son récit a contribué à faire sortir de l'oubli l'immense artiste que fut Artemisia Gentileschi. Aux Éditions Robert Laffont, Alexandra Lapierre a notamment publiéFannyStevenson (Grand Prix des lectrices de Elle, 1994).

jeudi 8 mars 2012

Femmes remarquables en touraine, l'histoire de Tours au féminin

C'est le jour non de parler de l'histoire des femmes à Tours, non?
Pour l'actualité:


Exposition en gare de Tours Claire Garate

exposition tours Claire Garate


Une femme photographe Claire Garate expose aujourd'hui 12 photos en gare de Tours sur le thème de "l'enfance et le livre" en présence de Michel Host ( prix Goncourt 1987) qui a rédigé quelques textes à partir des images. Vernissage à 14h en gare
 Vidéo de présentation de l'exposition ici : Claire Garate

Claire Garate Portraitiste, photographe de plateau et reporter photo, Claire Garate a collaboré au Point, Air France Magazine, Newsweek, Gault et Millau, Le Monde, Lire, etc…Elle est le coauteur des livres Graines de pages (Eboris, 2002), Paroles d’étoiles (Éditions Soleil / Radio France, 2002), Artisans et métiers d’art à Paris (Gallimard, 2007). 
Elle avait déjà exposé au château de Tours : Le Regard des Mots, des portraits d'écrivains : 
Sur la couverture du livre de Claire Garate, François Nourissier invite à la lecture.  (Photo DR)
Article : Tours
Claire Garate, photographe d’origine tourangelle, a tiré le portrait de cinquante écrivains ; de Jean-Philippe Arrou-Vignod à Michel Tournier, en passant par Pierre Bergounioux, Irène Frain ou Jacques Réda, tous ont accepté de poser pour Claire.
Et à chacun, Claire Garate a demandé un texte d’accompagnement, dont le manuscrit est reproduit en vis-à-vis du portrait.


Mais aussi, l'occasion de revenir sur une exposition de 2009 des archives départementales et du Conseil général d'Indre-et-Loire:

EXPOSITION L'HISTOIRE AU FÉMININ en Touraine

Présentation de l'exposition :cg37

Le tombeau d'Agnès Sorel au château de Loches (avant 2005)

Elle a été présentée en mars dans la commune tourangelle de La Ville-aux-Dames, non seulement pour son nom évocateur, mais pour le choix unique en France qui a été fait par cette commune, en 1974, de donner aux rues uniquement des noms de femmes. En "réserve" aux archives départementales, elle peut faire l'objet de prêt aux associations, écoles...


Titre du panneauDescription sommaire
1
Présentation de l'expositionL'histoire des femmes à La Ville-aux-Dames
2
Au Moyen-Age, la femme et l'EgliseHildegarde, abbesse de Saint-Loup en 941
Emma, comtesse de Poitiers, fondatrice de l'abbaye de Bourgueil en 990
3
Le pouvoir des reines Aliénor d'Aquitaine (1122-1204) reine de France, puis d'Angleterre
4
Le pouvoir des reines Anne de Beaujeu (1460-1522), fille aînée de Louis XI, qui assura la régence avant l'avénement de Charles VIII
Anne de Bretagne, duchesse de Bretagne et reine de France
5
Favorites des rois, de véritables conseillères politiques Agnès Sorel (1420-1449)
Diane de Poitiers (1499-1566)
Gabrielle d'Estrées (1570-1599)
6
Favorites des rois, de véritables conseillères politiques Louise de la Vallière (1644-1710), favorite, duchesse et religieuse
7
Au 18e siècle
Femmes des Lumières
Emilie du Châtelet (1706-1749), mathématicienne
Sophie Condorcet (1764-1822), femme de lettres
8
En 1789, des femmes citoyennes mais dépourvues de droits civiquesOlympe de Gouges (1748-1793), auteure de la Déclaration de la femme et de la citoyenne
9
Au 19e siècle : la place des femmes dans la littératureLaure de Surville (1800-1871), soeur d'Honoré de Balzac
10
Des aviatrices à la conquête de records Maryse Bastié (1898-1952)
Adrienne Bolland (1895-1975)
Jacqueline Auriol (1917-2000)
11
Journaliste et militante féminisite Marguerite Durand (1864-1936)
12
La conquête du droit de vote et l'élection des femmesLouise Weiss (1893-1983)
Marie-Madeleine Dienesch (1934-1998)
Madeleine Boutard (1913-1981), 1ère femme tourangelle élue député
13
Une cantatrice au sommet de son art Mado Robin (1918-1960)
14
Musiciennes et interprètes en quête d'exigenceLa violoniste Ginette Neveu (1919-1949)
La cantatrice Bernadette Delprat (1910-1971)
15
L' engagement au service des autres                                               Jeanne Jugan (1792-1879), fondatrice des Petites Soeurs des Pauvres    
16
Résistante et militante                                       Raymonde Meunier (1906-1981)              
17
Une voix sur les ondes pour parler aux femmes   Ménie Grégoire     

Le point de départ de l'exposition est lié à l'origine du nom de La Ville-aux-Dames, qui vient du latin Villa Dominarum, littéralement domaine des dames (au sens féodal de seigneurs), qui désignait le fief des religieuses de l'abbaye de Saint-Loup, situé sur le territoire de l'actuelle commune et dont l'abbesse se dénommait Hildegarde en 941.

Seulement une trentaine de femmes parmi les 90 noms existant actuellement à La Ville-aux-Dames ont été retenues dans le cadre de cette exposition.
Elles ont été choisies pour le rôle qu'elles ont joué dans l'émancipation des femmes, dans leur désir de tenir une place équivalente à celle des hommes dans la société.

Comme le souligne l'historienne Michelle Perrot, auteur de l'Histoire des femmes.
« Parler de l'histoire des femmes, c'est présenter leur place, leur « condition », leur rôle et leur pouvoir, les formes de leur action, leur parole mais aussi leur silence, enfin la diversité de leurs représentations ».

De par leur naissance et leur rôle, certaines femmes prirent une « part » du politique, Aliénor d'Aquitaine (1122-1204) reine de France puis d'Angleterre, Anne de Beaujeu (1460-1522), fille aînée de Louis XI qui assura la régence avant l'avénement de Charles VIII, et Anne de Bretagne, deux fois reine.

Il est temps de sortir l'histoire des femmes de cour du côté réducteur et anecdotique des histoires d'alcôve, le rôle des favorites Agnès Sorel ( 1420-1449), Diane de Poitiers (1499-1566), Gabrielle d'Estrées (1570-1599), Louise de la Vallière (1644-1710) peut être analysé en terme de fonctionnement politique d'une société de cour.

Diane de Poitiers dans l'atelier de Jean Goujon
Participant aux débats intellectuels du siècle des Lumières, Emilie du Châtelet (1706-1749) fut la première femme française dont l'Académie des Sciences publia les travaux : la traduction en français et les commentaires des Principes, traité scientifique d'Isaac Newton. Sophie Condorcet (1764-1822) a tenu à Paris, à l'hôtel des Monnaies, un salon philosophique et a dû inspirer son mari le philosophe Nicolas Condorcet dans l'ouvrage qu'il écrivit, intitulé Sur l'admission des femmes au droit de cité (3 juillet 1790).

Sous la Révolution, Olympe de Gouges (1748-1793), auteur de nombreux romans et pièces de théâtre, s'engage politiquement en écrivant la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (septembre 1791). Elle y affirme que « la femme naît et demeure égale en droits » et doit participer en tant que citoyenne à la vie politique et au suffrage universel.

Si George Sand (1804-1876) est aussi connue pour ses oeuvres littéraires que pour son engagement dans la société, qui se souvient de Marguerite Durand (1864-1936) qui fonda le premier grand journal uniquement rédigé par des femmes, et écrivit :
« Le féminisme n'est pas la lutte contre l'homme, ce n'est pas la bataille des sexes, mais nous ne voulons pas que la femme, représentant une valeur sociale égale à celle de son compagnon en tant qu'ouvrière, soit sa subordonnée et soit traitée en accessoire par les lois et par les hommes ».

D'autres femmes comme les aviatrices Maryse Bastié (1898-1952), Adrienne Bolland (1895-1975), Jacqueline Auriol (1917-2000), ont montré qu'elles avaient aussi leur place dans des secteurs d'habitude réservés aux hommes.

Certaines ont aussi joué un rôle dans des combats communs pour une société plus juste comme Raymonde Meunier (1906- 1981), résistante pendant la Seconde Guerre mondiale et militante dans de nombreuses associations.

S'il fut un combat plus pacifique, ce fut celui de la conquête du droit de vote et de l'élection des femmes. Il est incarné par Louise Weiss (1893-1983), journaliste et auteur de plusieurs ouvrages pour l'égalité politique des femmes, et par Marie–Madeleine Dienesch (1934-1998),professeure de lettres, première femme députée des Côtes d'Armor en 1946, qui siégea 36 ans à l'Assemblée nationale jusqu'en 1981.

Engagées au service des autres, Jeanne Jugan ( 1792-1879), fondatrice des Petites soeurs des Pauvres vint à Tours vers 1850 pour y fonder une maison d'accueil ; Lucie Coutaz (1899-1982), assistante sociale, soutint l'abbé Pierre dans le développement d'Emmaüs de 1943 à 1982.

Musiciennes, en quête d'exigence et de perfection, les cantatrices Bernadette Delprat (1910-1971), Mado Robin (1918-1960) à qui la commune d'Yzeures-sur-Creuse a consacré un musée, la violoniste Ginette Neveu (1919-1949) sont également évoquées.

Autres voix évoquées, celles des femmes qui pendant 20 ans s'adressèrent à Ménie Grégoire.
Son rôle est également retracé, grâce aux archives de ses émissions sur RTL, déposées aux Archives départementales.


Marie de l'Incarnation




La bienheureuse Marie de l'Incarnation, ursuline de Tours et de Québec, née Marie Guyart le 28 octobre 1599 et morte le 30 avril 1672, est une mystique et missionnaire catholique.
Source :  Biographie

Elle est née en France à Tours, sous le nom de Marie Guyart, probablement rue des Tanneurs. Ses parents, Florent Guyart et Jeanne Michelet, sont maîtres-boulangers et ils ont eu sept enfants. C'est un foyer catholique où les enfants sont encouragés à s'instruire.
À l'âge de 7 ans, elle a eu une première grâce mystique qui la conduit à se donner au Christ. Ses parents n'ont pas compris son aspiration à la vie religieuse et l'ont mariée à 17 ans avec le maître ouvrier en soie Claude Martin. De leur union naît Claude le 2 avril 1619. 
Six mois plus tard, elle devient veuve à 19 ans alors que la petite fabrique est en faillite. Elle se retrouve avec des biens à liquider et des dettes sur les bras.
En 1625, les grâces mystiques la conduisent à l'union au Christ. Elle ne peut entrer en religion parce qu'elle doit élever son fils Claude, mais elle fait déjà à cette époque vœu de chasteté, de pauvreté et d'obéissance.
Pour assurer sa subsistance et celle de son fils, Marie Guyart entre en 1621 au service de sa sœur Claude Guyart et du mari de celle-ci, Paul Buisson, qui opèrent une compagnie de transport fluvial. Marie désire y mener une vie d’abnégation et de servitude. Pourtant, ses talents d’administratrice sont reconnus et elle prend parfois le rôle de gérante lorsque les deux patrons en titre sont hors de la ville.

Le 25 janvier 1631, elle entre au couvent des Ursulines de Tours. Si elle rêve de devenir missionnaire, il n'est pas normal à l'époque qu'une femme, une religieuse de surcroît, fasse le voyage outre-mer pour devenir enseignante. Finalement, sa rencontre avec une autre femme, riche et pieuse, Madeleine de la Peltrie, sera déterminante car elle obtiendra les fonds nécessaires à la fondation de son monastère à Québec.

En 1639, elle part avec deux autres Ursulines, Madeleine de la Peltrie et une servante, Charlotte Barré, pour fonder un monastère à Québec. L'objectif est de veiller à l'instruction des petites Indiennes. Elle cherche à convertir au catholicisme les filles qui lui sont confiées: d'abord les montagnaises et les abénakis, puis les huronnes et les Iroquoises.
Pourtant, elles auront de la difficulté à franciser les indiennes qui résistent parfois à l'assimilation. Avec le déclin démographique qui bouleverse la population amérindienne et une réticence de plus en plus grande des parents amérindiens à confier leurs filles aux Ursulines, Marie de l'Incarnation devra s'éloigner de son rôle de missionnaire pour se consacrer davantage à l'instruction des jeunes filles françaises de la colonie.
Même si elle est cloîtrée, Marie de l'Incarnation joue un rôle actif dans la vie de la colonie. En 1663, elle est témoin d'un tremblement de terre en plein Québec. Elle narre l'évènement dans l'abondante correspondance qu'elle a avec son fils. L'ursuline voit dans la catastrophe un signe de Dieu punissant le commerce de boisson très fort entre les colons et les Indiens. Elle se voit aussi mêlée à une épidémie de vérole qui atteint durement les peuples autochtones: son monastère se voit transformé en hôpital à quelques reprises. Elle commente aussi abondamment les guerres franco-iroquoises et la destruction de la Huronnie.
Elle meurt de vieillesse le 30 avril 1672 à Québec. Elle est associée à la vie de la petite colonie française fondée à Québec, en 1608, qui, sans elle et ses compagnes, aurait difficilement survécu. Béatifiée par le pape Jean-Paul II le 22 juin 1980.

Louise de La Vallière

Françoise Louise de La Baume Le Blanc (Tours, 6 août 1644 - Paris, 6 juin 1710), demoiselle puis duchesse de La Vallière et de Vaujours, fut l'une des maîtresses de Louis XIV, à 17 ans.

  Source : Biographie


Le château de la Vallière à Reugny
Pour en savoir plus : Reugny La Vallière
Née le 6 août 1644 au manoir de La Vallière, à Tours, baptisée en la paroisse Saint Saturnin de Tours, Françoise Louise de La Baume Le Blanc, que l'on appelle très vite par son deuxième prénom, est la fille d'un militaire et de la riche veuve d'un conseiller au Parlement de Paris. 
Elle a passé son enfance à l'hôtel de la Crouzille à Tours (détruit pendant les bombardements de 1940), et au château de la Vallière à Reugny, possessions de sa famille. 

Pour en savoir plus sur l'hôtel de la Crouzille : détruit en 1940
Photocartes-postales


L'hôtel de la Crouzille puis de la Vallière était situé en coeur d'îlot, le portail d'entrée situé sur la grande rue, actuellement rue du commerce (numéro 9) , était surmonté d'une Crouzille ou Coquille ; les élévations de l'hôtel ne sont pas connues si ce n'est une petite baie 1ère Renaissance et le relevé d'une galerie côté jardin avec colonnes et chapiteaux corinthiens en pierre de taille elle-même surmontée d'un étage en pan de bois qui a brûlé en 1885 ; les jardins sont amputés par la rue Banchereau percée au 19e siècle ; tombes en ruine et en partie très modifiés vers 1939, les bâtiments furent rasés par les bombardements de 1944
 
culture.gouv


Au décès de son père, en 1651, sa mère épouse en troisièmes noces Jacques de Courtavel, marquis de Saint Remy et maître d'hôtel de l'oncle du roi Gaston de France, duc d'Orléans à Blois. Louise de La Baume Le Blanc sera éduquée avec les trois filles du duc dont elle a le même âge.
À dix-sept ans, Louise entre en tant que demoiselle d'honneur dans la Maison d'Henriette d'Angleterre, dite Madame, première épouse de Monsieur, frère du roi.
Discrète, modeste, Louise est une charmante jeune fille aux doux yeux clairs, aux cheveux blonds. Dès 1661, peu après son arrivée à la Cour, François Honorat de Beauvilliers, comte de Saint-Aignan, la pousse dans les bras du jeune Louis XIV. Le roi fut conquis par ses talents d'écuyère et de Diane chasseresse, son goût pour la musique et le chant, sa façon de danser, ses connaissances livresques et littéraires.
Louise aura quatre enfants du roi. Les deux derniers seront légitimés.



Madeleine BOUTARD , première femme élue députée de l'indre et Loire

 

assemblee-nationale : BOUTARD (Madeleine, Henriette)

Née le 16 décembre 1913 à Vouvray (Indre-et-Loire)
Décédée le 18 août 1984 à Vernou-sur-Brenne (Indre-et-Loire)
Député de l'Indre-et-Loire de 1946 à 1951 et de 1956 à 1958

Madeleine Péan est née le 16 décembre 1913 à Vouvray (Indre-et-Loire) où son père, Victor Eugène Péan était vigneron et sa mère, Stéphanie, Thérèse, Anne Dumont, cuisinière. Le 2 mars 1935, elle épouse à Vouvray René Boutard, né à Paris le 5 février 1909 et également viticulteur-exploitant, dont elle aura une fille, et l'assiste dès lors dans son travail.

Madeleine Boutard, au lendemain de la seconde guerre mondiale, s'oriente vers la vie politique et, adhérente du Parti communiste, devient membre du secrétariat fédéral de l'Indre-et-Loire. Elle n'est cependant pas candidate aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale constituante, mais figure en seconde place sur la "liste communiste et d'union républicaine et résistante", dans l'Indre-et-Loire, aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale constituante. Avec 38 748 suffrages sur 219 792 inscrits et 170 395 votants, la liste n'obtient cependant qu'un seul élu sur les cinq sièges à pourvoir, et Madeleine Boutard n'est donc pas élue.
Elle est à nouveau candidate, en seconde position sur la liste du Parti communiste dans l'Indre-et-Loire, aux élections législatives du 10 novembre 1946. La liste communiste, avec 41 151 voix sur 221 376 électeurs et 161 084 suffrages exprimés, remporte alors deux des cinq sièges à pourvoir dans le département, et Madeleine Boutard devient donc député de l'Indre-et-Loire.

A l'Assemblée, Madeleine Boutard, inscrite au groupe communiste, est nommée membre de la Commission de l'agriculture (1946, 1948-1951) et de celle des boissons (1949-1951) et nommée en outre juge suppléant à la Haute cour de justice (1947). Elle apparaît comme un député particulièrement actif, déposant, au cours de cette législature, un grand nombre de textes plusieurs de ses propositions de loi ou de résolution ont trait à l'indemnisation des agriculteurs de Touraine lésés par la grêle ou les intempéries, et à divers aménagements financiers relatifs à la situation des agriculteurs.


En mai et juin 1950, Madeleine Boutard intervient également, à plusieurs reprises, à propos de l'arrestation de Raymonde Dien, opposée à la guerre d'Indochine, et accusée de "s'être couchée sur les voies en gare de Saint-Pierre-des-Corps, le 23 février, afin d'empêcher le départ d'un train de matériel de guerre destiné, pensait-elle, à la guerre du Viet-Nam". 

Le 17 juin 1951, Madeleine Boutard figure à nouveau en seconde place sur la liste communiste qui recueille 22,6 % des suffrages dans l'Indre-et-Loire, mais le système des apparentements, auquel elle ne participe pas, lui retire toute possibilité d'avoir un élu. Madeleine Boutard, avec 36 618 voix sur 162 486 suffrages exprimés, n'est donc pas réélue.
Elle se présente à nouveau, aux élec-tions du 2 janvier 1956, en tête de la liste du Parti communiste français dans l'Indre-et-Loire. Ses engagements électoraux insistent sur le poids de la "réaction cléricale anti-ouvrière" dans le département, et sur le rôle néfaste des apparentements de sorte que la responsabilité de l'échec prévisible serait à rejeter sur le parti socialiste qui a refusé, en Indre-et-Loire, un apparentement entre communistes, socialistes et radicaux de gauche. Il s'agit, pour elle, de revenir sur la "politique de démission nationale inaugurée en 1947 par l'éviction des communistes du Gouvernement"

Madeleine Boutard obtient 43 832 voix sur 192 652 votants et 184 444 suffrages exprimés, et est réélue député d'Indre-et-Loire pour la troisième législature

Membre du secrétariat fédéral du P.C.F. et rédactrice en chef de La Voix du Peuple, Madeleine Boutard s’efface de la vie politique vers 1965 et se retire alors à Vernou. Elle décède le 18 août 1984.

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