mercredi 29 février 2012

L'Actrice empruntée , Fabrice Melquiot

C'est ainsi mon amour que j'appris ma blessure ; Le Laveur de visages ; L'Actrice empruntée 

Les trois textes que Fabrice Melquiot nous propose ici n’ont rien à voir avec les monologues classiques.On peut les appeler « pièces comme monologues » et en allant plus loin on peut y discerner une forme caractéristique de l’écriture contemporaine. L’auteur ne choisit pas cette forme pour mieux s’accommoder des contraintes propres au théâtre (notamment le manque de moyens) mais parce qu’elle correspond à un théâtre qu’on pourrait appeler celui de l’individu solitaire en quête d’un autre ; les lieux de l’action sont des endroits encore inouïs au théâtre (aéroport ou garage par exemple). Dans "L’Actrice empruntée", l’actrice cherche une relation impossible avec un public qui, par définition, ne peut lui répondre. À chaque fois, cette demande d’autre échoue, mais sans drame, sans pathos : chez Fabrice Melquiot, l’humour est une marque de fabrique, avec la poésie omniprésente 

  Le début du texte de L'actrice empruntée
Monologue pour une actrice de passage.

L'actrice vient s'allonger sur le divan.
Silence.
Elle doit s'asseoir, assise, elle peut faire face.
Faire face à celui ou celle qui la regarde.
Elle s'assoit.

ELLE : Bonjour.
Elle sourit.
Bonjour.
Elle sourit.
Après bonjour, je ne sais plus quoi dire, c'est si.


Mon avis :Un auteur que j'ai découvert par ses pièces de théâtre pour la jeunesse  avant de découvrir par le biais d'une lecture L'actrice empruntée et Kids du même auteur vu au CDRT Tours Kids Melquiot

mardi 28 février 2012

Exposition à tours Photographies à l’œuvre, la reconstruction des villes française (1945-1958), château de Tours

Exposition au château de Tours

Photographies à l’œuvre, la reconstruction des villes française (1945-1958), jusqu’au 20 mai 2012 au château de Tours,  avenue André-Malraux
Ouvert du mardi au dimanche de 14 h 15 à 18 h. Entrée 3 euro; (tarif réduit 1,50euro;).

Organisé au sein du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU) dès 1945, un service photographique était chargé, pour la direction de l’information, de la documentation des activités du ministère. Réalisées entre 1945 et 1958, dates bornant la création du ministère de la Reconstruction et la fin de la IVe République, plus de 33 000 photographies rendent compte des préoccupations politiques et stratégiques de l’administration en charge de la reconstruction après les destructions de la Seconde Guerre mondiale.  

L’exposition propose un ensemble d’environ 160 photographies (épreuves argentiques noir et blanc encadrées), ainsi qu’une dizaine de films d’époque et des diaporamas spécialement conçus pour cette occasion.


 Plusieurs photographies montrent Tours lors de la reconstruction, après la Seconde Guerre mondiale: dont cette impressionnante photo de l'hôtel Goüin :
l’hôtel Goüin le 11 octobre 1947
 maintenant :
Une exposition intéressante, mais je regrette que finalement, il n'y ait pas plus de clichés de la ville de Tours. J'hésitais à y emmener mes élèves pour compléter une journée de sortie à Tours après une visite du musée des Beaux-arts et un atelier artistique le matin, mais ce ne sera pas adapté pour eux.
Une autre photo , dans le dossier pédagogique accompagnant l'exposition:
Dossier pédagogique
Et vous, si vous avez vu cette exposition, qu'en avez-vous pensé?
Et si vous avez d'autres suggestions sur le même thème, n'hésitez pas à ajouter un commentaire.
A bientôt!

 

lundi 27 février 2012

Simon Boccanegra - Opéra de Tours

Simon Boccanegra - Opéra de Tours
Mardi 17 mai 2011
 
Nouvelle production décors et costumes de l'Opéra de Tours, réalisée dans les ateliers du Grand Théâtre

Direction musicale Jean-Yves Ossonce
Mise en scène Gilles Bouillon
Dramaturgie Bernard Pico
Décors Nathalie Holt
Costumes Marc Anselmi
Lumières Michel Theuil

Maria Boccanegra, Amélia Grimaldi Lianna Haroutounian
Simon Boccanegra Roberto Servile
Jacopo Fiesco Petar Naydenov
Gabriele Adomo Luca Lombardo
Paolo Albiani Igor Gnidii
Pietro Alain Herriau

Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, Choeurs de l'Opéra de Tours 
Une histoire familiale et politique complexe pour le dernier opéra de la saison (déjà, le temps passe tellement vite!)!
Comme pour Fidélio en octobre dernier, deux moments pour moi dans ce spectacle, d'abord, samedi 7 mai, une journée de répétitions publiques et ce mardi, la représentation.
Je trouve décidément ce principe de répétitions publiques très intéressants, de voir d'abord la production en train de se mettre en place, une entrée en douceur dans l'oeuvre, surtout lorsqu'elle est complexe comme celle là, apprivoiser les personnages, l'argument, et enfin se laisser emporter par la représentation : belle idée!
Au final, séduite comme souvent par la mise en scène de G. Bouillon, la sobriété et l'efficacité des décors et des lumières, poétique, simple, j'aime beaucoup. Vivement son Macbeth la saison prochaine!
Côté chanteur je retiendrai pour cette fois Petar Naydenov.Pour le reste, les lumières, les images à inspiration religieuse, la Cène, la Piéta.... Belle production!

Théâtre Tours Tempête sous un crâne, cdrt, septembre 2011

Rentrée théâtrale!
Première pièce de l'année :
 
Tempête sous un crâne d’après Les Misérables de Victor Hugo 
La présentation du théâtre :
CDRT, Tours du mardi 27 au vendredi 30 septembre
Mise en scène Jean Bellorini  
Création musicale Céline Ottria  Scénographie Vincent Lefèvre  Régie Générale Adrien Wernert  
 Production  Compagnie Air de Lune en partenariat avec le Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis et le Conseil Général de Seine-Saint-Denis  Avec le soutien d’ARCADI, de la Mairie de Paris, de l’ADAMI et du Bureau formART
  Avec
Mathieu Coblentz
Karyll Elgrichi
Camille de la Guillonnière
Clara Mayer
Céline Ottria
Geoffroy Rondeau
Hugo Sablic
 
Spectacle en 2 époques, durée  1ère époque 1h30, durée  2ème époque 2h
Première époque
L’histoire : autour de Jean Valjean…
L’histoire de Jean Valjean depuis sa sortie du bagne,en 1815, jusqu’au procès du père Champmathieu.
L’histoire de Fantine depuis sa jeunesse jusqu’à sa mort dans les bras de M. Madeleine (Jean Valjean).
L’histoire de Cosette depuis sa naissance jusqu’au départ de chez les Thénardier quand Jean Valjean vient la chercher.
L’histoire des Thénardier à Montfermeil.

Deuxième époque
L’histoire de Javert qui poursuivra Jean Valjean toute sa vie, jusqu’à le chercher dans les étoiles, puis au fond de la Seine.
L’histoire de Jean Valjean devenu Monsieur Leblanc.
L’histoire d’amour de Marius et de Cosette.
Le drame d’Eponine qui donnera sa vie pour Marius. L’histoire des Thénardier devenus les Jondrette.
L’histoire de Gavroche. Et l’histoire de tous les amis de l’ABC jusqu’aux montées des barricades.
L’abaissé c’est le peuple. (Enjoleras, Feuilly, Courfeyrac, Combeferre, Jean Prouvaire et beaucoup d’autres).

Ils s’écoutent, se coupent la parole ou se mettent à scander ensemble l’histoire desMisérables comme on pourrait se mettre à chanter une chanson.
Ils s’obsèdent autant par l’action du récit que par la poésie de la langue. Raconter tous les personnages de l’oeuvre, les faire vivre dans un même corps pour dire la complexité de l’homme.
La frontière entre la narration et l’incarnation est invisible. On assiste à une tranche de vie de ces « petites gens » tout en glissant progressivement vers l’histoire.
Ici pas de réécriture du texte de Victor Hugo, mais une fidélité à l’auteur. L’adaptation fait entendre le fil narratif de l’histoire tout autant que la profusion lyrique de certains moments de descriptions, de logorrhées. C’est dans cet esprit que la musicalité du texte et sa rythmique ont jailli. Certains passages sont mis en musique à la manière de chansons, d’autres flirtent avec le « slam » ou le « rap ».
Deux musiciens (piano, accordéon, basse, percussions, guitare électrique), témoins de ces personnages venus d’ailleurs deviennent parfois figures de ce qui est raconté.
 
 
Mon avis : une belle rentrée théâtrale !
Trois heures et demie d’un théâtre qui met les mots à l'honneur, la langue de Victor Hugo mise en valeur d'une belle façon, par des comédiens-conteurs-musiciens, un mélange de narration, d'incarnation des personnages (la mort d'Eponine, très touchante), une première partie portée par deux jeunes comédiens-chanteurs qui passe comme un éclair, dans le charme des mots, l'histoire des Misérables dite, contée, jouée, chantée, scandée, murmurée, criée... , en solo ou en choeur (et quel ensemble en 2ème partie lorsque c'est à 5 ou 7 que les mots sont dits et prennent ainsi densité et relief), une deuxième partie où les images se font toutes seules,chaque comédien joue-raconte plusieurs personnages. Il n'est besoin de n'ajouter aucun effet à ce texte si fort, juste le mettre en relief, faire ressortir cette langue d'Hugo, le rythme du texte. Les mots semblent avoir été écrits pour être dits. Le chant avant la barricade (oh douleur, oh misère), l'incarnation de Gavroche, la fameuse mort d'Eponine donc, celle de Javert, autant de moments forts. il y a des rires aussi, et des moments où l'on rit jaune tant le texte est criant d'actualité. Des extraits des « Orientales », des « Contemplations » ou encore des « Châtiments » sont mis en chansons et apportent des "respirations" à la narration.
Et puis il y a ce lien avec la salle, renforcé par l'aspect "conteur", entre l'annonce d'accueil (tél portable) qui se poursuit par la narration du début de la deuxième partie, des clins d'oeil aux réactions des spectateurs-lecteurs... le public était aussi intégré dans ce tourbillon.
Bref, moi qui suis chaque jour une liseuse d'histoires à mes élèves, m'en faire raconter une ainsi, c'est drôlement bien, bravo à ces raconteurs d’histoires de talent! 

A retrouver en dvd :



 challenge-victor-hugo

Opéra de Tours Thais Massenet

Thaïs de Massenet Opéra de Tours, octobre 2011

Ouverture de saison au grand théâtre de Tours, en deux temps pour moi, puisque j'ai pu assister aux portes ouvertes et répétitions publiques de Thaïs le samedi 8 octobre, puis à la représentation du18.

Reportage sur la production à voir ici : 

 
Jules Massenet Thaïs, 1894
livret de Louis Gallet d'après Anatole France
Nouvelle co-production Opéra de Tours et Opéra d'Avignon et des Pays de Vaucluse
Direction musicale Jean-Yves Ossonce
Mise en scène Nadine Duffaut
Chorégraphie Eric Belaud
Décors Emmanuelle Favre
Costumes Danielle Barraud
Lumières Philippe Grosperrin

Thaïs Sophie Marin-Degor
Athanaël Didier Henry
Nicias Christophe Berry
Palémon Jérôme Varnier
Crobyle Catherine Dune
Myrtale Pauline Sabatier
La charmeuse Mélanie Boisvert
Albine Karine Motyka
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, Choeurs de l'Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires, Ballet de l'Opéra d'Avignon et des Pays de Vaucluse

Thais


Œuvre majeure du théâtre romantique français, la partition brosse deux portraits psychologiques flamboyants: l'un, celui d'une pécheresse qui reçoit la révélation de Dieu (Thaïs); le second, celui du moine cénobite, Athanaël, tout autant foudroyé, saisi par la beauté de l'ancienne courtisane. D'après Anatole France, Thaïs est un opéra prenant, certes orientalisant (l'action se passe à Alexandrie), surtout parcours psychologique où deux spiritualités se croisent sans guère se comprendre. 
 Photo : thais

A l'opéra de Tours

Un spectacle découvert en deux temps donc, d'abord pour la journée portes ouvertes,une très belle journée passée presque entièrement dans ce beau décor,  la disponibilité du personnel pour mieux faire connaître leur travail, en particulier côté costumes et cintres, l'occasion de fouler la scène, mais surtout l'occasion de plonger dans l'envers du décor, d'assister à une répétition de l'orchestre seul, puis des chanteurs sur scène avec le piano uniquement et enfin à la répétition scène - orchestre du soir.
L'occasion déjà sur la journée de voir évoluer certaines scènes et le plaisir , 10 jours après d'assister à l'aboutissement . Un principe vraiment très intéressant proposé par l'opéra de Tours, pour moi qui ne suis pas une spécialiste de la musique, petit à petit, grâce à ces répétitions publiques, j'apprends et c'est très agréable!
La représentation n'est du coup plus vue tout à fait de la même façon, l'impression de pouvoir aller un peu plus au fond des choses.
Un partit pris de mise en scène de transposer l'histoire à l'époque contemporaine, des décors qui ont pu surprendre au premier coup d'oeil de ces fameuses journées portes ouvertes, où N. Duffaut a pu expliquer ses intentions.
Des prêtres ouvriers à Soeur Emmanuelle, une conception "active" de la religion, des panneaux coulissants , des croix qui se font et défont au fil des mouvements des panneaux, des projections vidéos, de belles images, un mélange qui surprend au début et qui finit par séduire. Un Athanael qui tient de belle façon la scène, une Thaïs d'emblée décalée, en contraste par rapport au monde de débauche qui l'entoure.
Choeur, orchestre, violon solo de Tiphaine Gaigne (si je ne me trompe pas),  une belle ouverture de saison de ce côté là en tout cas!

Colombe, espace Malraux, novembre 2011

Jeudi 17 novembre, espace Malraux, Joué les Tours
 
Auteur : Jean ANOUILH
Mise en Scène : Michel FAGADAU
Avec : Anny DUPEREY, Sara GIRAUDEAU, Grégori BAQUET, Benjamin BELLECOUR, RUFUS, Fabienne CHAUDAT, Jean-Paul BORDES, Jean-Pierre MOULIN, Jean-François PARGOUD et Etienne DRABER

 Photo : Colombe
  Présentation du théâtre
Colombe est une comédie romantique et dramatique touchante, pleine de sentiments.
On passe de la joie à l’amertume, de la rancoeur à la frustration toujours accompagné d’une pointe d’humour grâce à l’excellent jeu des comédiens.
En une soirée, le spectateur se retrouve plongé au milieu du XIXème siècle : un véritable contraste avec le prénom et titre de la pièce « Colombe » qui fait tout l’attrait de la comédie.
C’est effectivement l’histoire de la jeune Colombe qui nous transporte. Le récit pourrait sembler simpliste : celui d’une jeune fille, Colombe, délaissée par son mari qui part au service militaire et confiée à sa belle-mère Alexandra, une célèbre tragédienne. Mais c’est précisément là que tout va changer.
Alexandra va révolutionner le quotidien de la jeune et innocente Colombe.
Celle-ci lui fait alors découvrir le théâtre mais aussi et surtout, le théâtre de la vie.
Courtisée et séduite par « les loups » comme les appelle Michel Fagadau, et guidée par sa belle-mère quelque peu libertine, elle prendra son envol, rencontrant des émotions et sentiments encore jamais vécus pour cette ingénue.
C’est un réel succès pour cette deuxième création de Colombe. L’excellent casting a d’ailleurs eu droit à trois Molières dont Molière de la comédienne pour Anny Duperey, Molière du second rôle pour Fabienne Chaudat, et Molière du créateur de costumes Pascale Bordet.
Un spectacle plein de légèreté et de divertissement.

Mon avis : une pièce qui vaut surtout par la belle distribution !
Le principal atout de la soirée : une affiche prestigieuse pour un très beau résultat sur la scène, l'ensemble des acteurs est des plus convainquant, avec en prime la fantaisie des costumes et l'ingéniosité du décor, une belle soirée!
Des rires en décalés entre homme et femme dans le public, il faut dire que certaines répliques font mouche, et la partie théâtre dans le théâtre, avec des acteurs jouant plus faux que faux vaut l'éclat de rire.

Théâtre tours : Kids, CDRT, novembre 2011

Kids de Fabrice Melquiot
 

Théâtre à Tours, Centre dramatique régional Tours, CDRT, nouvel olympia

novembre 2011




Dramaturgie Bernard PicoScénographie Nathalie HoltLumières Michel TheuilCostumes Marc AnselmiMusique Alain Bruel
avec
Charlotte Barbier Sedica
Pauline Bertani Nada
Stephan Blay Refka
Laure Coignard Admira
Clément Bertani Josip
Edouard Bonnet Sead
Bastien Bouillon Stipan
Brice Carrois Bosko
Mikaël Teyssié Amar

Musicien, guitariste Gabriel Bouillon
 

Kids : la pièce de théâtre

Sarajevo. Février 1996. Fin du siège. Après toutes ces années d’une guerre interminable, c’est
l’improbable jour de la paix.
Sur la colline qui domine la ville détruite se sont donné rendez-vous les kids, orphelins sans
orphelinat, livrés à eux-mêmes, errant parmi les décombres. Trop vite vieillis, brûlés par la  guerre, la misère et l’horreur. Déjà plus des enfants et pas encore des adultes. Dans leur regard glissent et se superposent les images persistantes du temps de la guerre, celles presque effacées du temps d’avant la guerre, et l’énigme de l’avenir. Ils ont entre 13 et 18 ans. 
Comment continuer à vivre sans la guerre, quand on n’a appris qu’à voler pour ne pas mourir de faim, à courir pour échapper aux tirs des snipers ? Comment oublier d’où on vient, soigner
ces autres blessures, celles de la mémoire, qui ne cicatriseront jamais ? Comment quitter
Sarajevo ? Traverser le pont vers la liberté, vers le mirage d’une vie meilleure, à l’autre bout
de l’Europe ? Pour trouver l’argent du passage, les kids imaginent une Parade à jouer devant l’Occident. Se sauver par le théâtre comme ils ont sauvegardé leur enfance par le jeu.
Pour en savoir plus, le dossier très complet du CDRT
link
Photo : kids
 
Mon avis...
Le spectacle commence ... avant le spectacle... : un dispositif scénique particulier a été choisi... c'est sur scène que sont installés les spectateurs... les confortables sièges de la salle ont disparu derrière des gradins,  disposés de chaque côté de la scène pour matérialiser au centre une rue, rue de Sarayevo, cible des snipers....
Cela surprend, Gilles Bouillon et son équipe jouent les placeurs, proximité avec l'équipe, entre spectateurs aussi, d'avantage d'échanges peut-être... et puis la pièce commence... 
Une rue, une cour de récréation, la guerre, oui, mais oubliée par instant avant de revenir plus forte que jamais, vivre, survivre, jouer des murs tracés à la craie, danser, chanter, aimer, beaucoup de mouvements, Sedica, mi-fantôme, mi-conteuse, ... Les balles tracantes devenues feu d'artifice, les tissus ensanglantés déguisements, les lieux qui se font et se défont en quelques tracés à la craie,  le texte est fort, chacun finira d'y mettre ses propres images.

Les Caravage de Loches

Exposition à Loches


En rangeant mes albums photos de vacances,  du Palatin à Ostie, du forum à Saint-Pierre de Rome, du château Saint-ange à la villa Médicis... peinture, sculpture, et parmi les merveilles de la ville éternelle ,les nombreux tableaux du Caravage... dans la galerie Borghèse, au musée du Capitole, dans la pinacothèque du Vatican, dans les églises...en particulier dans celle de Santa Maria del Popolo...
Alors pour prolonger le voyage, une visite à l'exposition consacrée aux tableaux de Loches à la Galerie Antonine (église Saint-Antoine) s'imposait!
Les Caravage de Philippe de Béthune Loches
Autour des tableaux, de nombreux panneaux informatifs autour de la découverte des œuvres, de la vie du peintre et de la polémique autour de l'attribution de ces œuvres au Caravage, ou à ses élèves, ou encore à des copistes.
Pour en savoir plus : Les Caravage à Loches?

Un lien vers un autre de mes articles sur un livre documentaire sur le peintre : Le Caravage

Exposition Hôtel Gouin Tours : balades en Touraine

Balades pour redécouvrir la Touraine

Exposition à Tours



Présentation de l'exposition :  Trois artistes partageant la même admiration pour la Touraine se donnent rendez-vous à l’Hôtel Goüin entre octobre et décembre. L’écrivain Jean-Marie Laclavetine évoque sa curiosité pour ce coin de France dans un ouvrage intitulé “Descente au paradis”; un album paru dans la collection “Le sentiment photographique” chez Gallimard. Ses textes croisent les clichés du photographe Jean-Luc Chapin. Les 44 photographies retenues pour cette exposition résument l’esprit de la collaboration entre les deux artistes: un groupe d’amis assis autour d’une table, les pieds dans l’eau au milieu du lit de la Claise, levant leur verre à la fraîcheur et la sérénité de la nature tourangelle…
Vagabondage Dans un même esprit de vagabondage, le peintre et dessinateur Philippe Delord présente ses carnets de voyage intitulés “Balades en Touraine”. Il s’engage dans les chemins de traverse qui relient les monuments, les musées et les maisons d’écrivains propriétés du Conseil général. Une centaine de dessins au trait, à l’encre ou à l’aquarelle permettent de poser un regard neuf sur les sites départementaux, les paysages qui les entourent et les hommes qui les ont façonnés. Un film retrace également les étapes de ce voyage et permet de suivre le processus de création du dessin. Hotel Goüin Rue du Commerce Tours

L'hôtel Goüin Tours

Mon avis : d'abord, il y a le cadre de l'exposition : l'hôtel Goüin, un des rares vestiges de l’architecture Renaissance à Tours, qui fait partie pour moi des incontournables de toute visite à la cité ligérienne.
L'hôtel Goüin Tours
 Et puis, il y a l'exposition en tant que telle, trois regards sur la Touraine, on joue d'abord à la recherche des détails chez Philippe Delord "ah, oui, c'est vu de tel endroit, oh regarde, c'est la maison truc!", des petits détails plein d'humour, des endroits devant lesquels on passe au quotidien et que l'on redécouvre à travers le regard de l'artiste, et puis, plus loin dans l'exposition, il y a les textes savoureux de textes de Jean-Marie Laclavetine qui font écho aux magnifiques photos de Jean-Luc Chapin, oui, elle est belle notre Touraine!


Pour retrouver un peu de l'ambiance de l'exposition:
 

 Et vous, si vous avez vu cette exposition, qu'en avez-vous pensé? Et si vous avez d'autres suggestions sur le même thème, n'hésitez pas à ajouter un commentaire. A bientôt!

Faust, opéra de Tours

Faust, Gounod, opéra de Tours
Avril 2011 
 
Jean- Yves Ossonce, direction
Paul-Emile Fourny, mise en scène
Rié Hamada, Marguerite
Julie Robard-Gendre, Siébel
Marie-Thérèse Keller, Marthe
Luca Lombardo, Faust
Nicolas Testé, Méphistophélès
Etienne Dupuis, Valentin
Ronan Nédélec, Wagner
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours
Choeurs de l'Opéra de Tours
  Grand théâtre Tours Photo Faust



Mon avis : Une mise en scène classique, efficace,  des décors épurés, suggérés, camaïeux de gris, les quelques touches de rouge, désir, passion, enfer, un peu surprenant au départ, et au final belle unité.
J'ai beaucoup apprécié la présence des nombreux figurants, et toutes les scènes muettes qu'ils permettaient, en particulier l'évocation de toutes les atrocités liées à la guerre pendant les choeurs des soldats.
Bref, une belle soirée d'opéra et s'il ne fallait en retenir qu'un, ce serait pour moi incontestablement le "méchant". Méphistophélès, alias, Nicolas Testé, impressionnant! Autour de lui, le démon, l'ambiance crée, font de l'aspect "enfer" les meilleurs moments pour moi de cette production! Le personnage de Marthe apporte aussi des moments plus légers sympathiques.

Tempête ! Irina Brook , d’après la Tempête, de Shakespeare

Tempête ! Irina Brook , d’après la Tempête, de Shakespeare
Espace Malraux, 4 mai 2011
 
Avec : Hovnatan Avedikian, Renato Giuliani, Scott Koehler, Bartlomiej Soroczynski, Ysmahane Yaqini
Présentation  cieirinabrook
Fille du metteur en scène Peter Brook, Irina Brook n’envisage pas tout de suite de faire le même métier que son père. A dix-huit ans, elle s’installe à New York pour étudier l’art dramatique. Elle joue la comédie, comme sa mère, à Broadway. Elle quitte les Etats-Unis pour l’Angleterre et y vit pendant une dizaine d’années. A Paris, elle participe à des spectacles et à des productions au cinéma, à la télévision, puis se met à la mise en scène. Son premier spectacle, intitulé ’Une bête sur la Lune’, est nommé plusieurs fois aux Molières en 2001. Elle met en scène ’All is Well That Ends Well’ de William Shakespeare qu’elle met en scène dans une version française au Festival d’Avignon avec le Théâtre du Soleil. Elle a également mis en scène des opéras notamment ’La Traviata’ de Verdi. Irina Brook travaille avec brio sur les oeuvres de William Shakespeare, de Bertolt Brecht ou de Tennessee Williams.

Sur une île déserte, prenez un Prospero en exil, magicien et "Maestro de la pizza" trahi 27 ans plus tôt par "son ami, son frère de sang Alonso", mijotant sa vengeance ; une Miranda (fille de Prospero) découvrant l'amour pour la première fois ; un Caliban furibond enchaîné à sa niche de fortune ; un Ariel, esprit magicien et chanteur mélancolique à ses heures - vraiment - perdues.
Ajoutez un Ferdinand (fils d'Alonso) en jeune premier dont Miranda tombe immédiatement amoureuse et quelques autres personnages tourbillonnants, et vous obtiendrez la recette de la Tempête ! sauce Irina Brook.
 Wikipédia
La Tempête est une tragicomédie en cinq actes écrite par William Shakespeare et créée en 1611.
Le duc de Milan, Prospero, après avoir été déchu et exilé par son frère, se retrouve avec sa fille Miranda sur une île déserte. Grâce à la magie que lui confèrent ses livres, il maîtrise les éléments naturels et les esprits ; notamment Ariel, esprit positif de l'air et du souffle de vie ainsi que Caliban, être négatif symbolisant la terre, la violence et la mort.
La scène s'ouvre sur le naufrage, provoqué par Ariel, d'un navire portant le roi de Naples, son fils Ferdinand ainsi que le frère parjure de Prospero, Antonio. Usant de sa magie et de l'illusion, Prospero fait subir aux trois personnages échoués sur l'île diverses épreuves destinées à les punir de leur traîtrise, mais qui ont également un caractère initiatique. En fin de compte, Prospero se réconciliera avec son frère et le roi, mariera sa fille avec Ferdinand, libérera Ariel et Caliban puis renoncera à la magie pour retrouver son duché.
Les personnages de La Tempête se sont élevés aujourd'hui à un rang presque mythique : représentés, cités, repris, mis en scène par nombre d'artistes dans leurs œuvres, ils incarnent et symbolisent avec une grande richesse des comportements et sentiments humains. Caliban et Ariel ont souvent servi à symboliser les peuples primitifs des colonies, esclaves et jouets des puissances coloniales, ballottés dans les querelles des colons auxquelles ils ne comprennent rien.


Mon avis : Il fallait oser transposer le royaume en restaurant! Retour imprévu en Italie par la magie du théâtre... Mise en scène inventive, décor chargé, fantaisie, décalage, surprenant les premières minutes avant de se prendre au jeu de cette métaphore culinaire, d'oublier "la Tempête", pour découvrir Tempête! Au passage, mieux vaut ne pas aller voir la pièce le ventre vide!, entre les comédiens qui font la cuisine sur la scène et le texte qui évoque nombre petits plats... Io comincio ad avere fame
 Photo Tempête
Des rires, de l'émotion aussi dans le final de Prospero et surtout ce que je retiendrai, au delà su plaisir de cette replongée dans la langue italienne, ses sonorités, ses musiques traditionnelles, l'opéra, le tiramisu... bref, l'Italie, ce qui marque donc, ce sont les performances d'acteurs: Hovnatan Avedikian très impressionnant dans sa composition de Caliban, Scott Koehler campant un bel Ariel, Renato Giuliani le maestro qui se transforme avec réussite en Stephano l’ivrogne . Acteurs-danseurs-magiciens-jongleurs, certains jouant plusieurs rôles, les corps parlent tout aussi bien que les mots, et si finalement le texte passe un peu à l'arrière plan, le mélange des genres en fait une soirée agréable, et qui donne envie de se replonger dans la version originale.

L’Envers du décor, espace Malraux

L’Envers du décor, espace Malraux, novembre 2011
Florence ANDRIEU, Flannan OBE et Yves MEIERHANS au piano
mise en scène  Céline Ferrée 

Spectacle à l'espace Malraux, Joué les Tours


Présentation :
Devant et derrière les rideaux, les dessous d’une scène de ménage camouflés par le décor d’une petite salle municipale anonyme : c’est l’envers du décor.
Ce spectacle à la fois hilarant et sentimental est un ravissement pour les spectateurs par sa légèreté et sa subtilité.
Là où l’on pourrait croire que les artistes s’exposent en laissant leurs soucis derrière le rideau, c’est en réalité une véritable mise à nue que nous donnent en spectacle Florence Andrieu (Ba-Ta-Clan, Merlin l’Enchanteur, Ta Bouche), Flannan Obé (Pomme d’Api, Arsène Lupin Banquier, Lucienne et les Garçons) et Yves Meierhans (Nabucco, La Belle Hélène, La Chauve- Souris).

L’histoire est simple en soi, mais c’est sans compter sur la mise en scène recherchée de Céline Ferrée qui donne au spectacle tout son charme et son originalité.
Elisabeth, un des personnages principaux de la pièce découvre que son ex-compagnon va remplacer le Ténor de l’opérette pour le spectacle, 7 ans après leur rupture. C’est en alternant le devant et l’envers du décor que l’on découvre alors avec malice et humour que les blessures du passé ne sont pas tout à fait enterrées. Règlements de comptes, sentiments et spectacle sont habilement mis en scène pour un résultat plein de gaieté et d’authenticité.
Écrit et mis en scène sans aucun temps mort, L’Envers du décor entremêle une comédie sentimentale finement troussée et une savoureuse évocation de l’opérette à l’ancienne, qui nous fait revivre les meilleurs moments de La Chance aux chansons et du Festival de Lamalou-les-Bains ! Les poses et le cabotinage de la divette, les chorégraphies délicieusement ringardes, les changements de costume ratés, les sourires hagards du chanteur tétanisé par le trac sont à crouler de rire. Le programme du gala, de fort bon aloi, permet de retrouver quelques tubes de Ta Bouche, Toi c’est moi, Orphée aux Enfers, Chanson gitane ou L’Amour masqué, mais aussi de découvrir des extraits beaucoup moins fréquentés de La Jolie Parfumeuse d’Offenbach ou de La Belle de New York de Kerker. S’y ajoutent quelques morceaux originaux bienvenus, dont un très agréable duo pour baryton et gargouillades de soprane en train de se chauffer la voix.


Mon avis :
Que cela fait du bien de sortir d'un spectacle le sourire aux lèvres et le quota de bonne humeur et de légèreté rechargé!
Les "magiciens et les magiciennes" ont apprécié , non, ce n'est pas tout à fait le nom des habitants de Joué-les-Tours, mais, à l'image de la bonne humeur de la soirée, la petite phrase restera!
Un spectacle drôle, bien mené, des morceaux d'anthologie, les répétitions chaotiques à souhait, le spectacle où costumes et lumières s'en mêlent pour une catastrophe annoncé, les chorégraphies improbables, les coulisses du spectacle, entre problèmes personnels, rêve de Traviata, et réalité de la salle, la partie du spectacle vu des coulisses.... très belle soirée!
Une grande virtuosité de la part des deux comédiens - chanteurs, le morceau en accéléré, le tango et tous ses affres, bravo, et bonne route vers Paris!
On a l'impression que sur scène le trio prend beaucoup de plaisir et le plaisir est partagé par la salle!

dimanche 26 février 2012

Laissez-moi sortir! février 2010 Le Vinci

Laissez-moi sortir!  février 2010
LAISSEZ MOI SORTIR
de Jean-Marie Chevret
Mise en scène de Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé
Avec Annie Cordy et Mimi Lebon
 
Texte de présentation
On pourrait se contenter de dire : quel talent, et quelle santé !, mais ce ne serait pas rendre suffisamment justice à la performance d'Annie Cordy dans « Laissez-moi sortir », la pièce de Jean-Marie Chevret
Laissez-moi sortir !
Une star du théâtre, en pleine maturité de sa carrière et de sa vie, vient de croiser le fer pendant des mois avec les chaînes de TV pour avoir son jubilé en Prime-Time. Le rideau s’ouvre sur le jour J. Très énervée, elle s’attarde au téléphone, à quelques minutes de partir pour la répétition de son show sur le plateau. Elle déclenche sans le vouloir la fermeture du rideau de fer qu’elle a récemment installé et se retrouve bloquée sur sa terrasse. Les téléphones étant restés dans le living, elle fait tout pour attirer l’attention des voisins, mais sans succès. Paniquée, elle écoute impuissante sur son répondeur les messages angoissés de la production. L’heure tourne et toujours prisonnière, elle rend les armes et accepte l’idée d’avoir raté son jubilé. Captive toute la nuit, elle va faire pour elle toute seule son émission et va revoir défiler les moments forts de sa vie. Mais, sera-t-elle libérée ?A Tours, jeudi 4 février
 
  J'y allais pour deux raisons:
- parce que j'avais envie d'une soirée de rires et de détente, et que c'est ce que le "'pitch" promettait
- parce que le texte est de JM Chevret, et qu'habitant la touraine où il est né, il fait partie des auteurs que j'aime à suivre
  Le bilan.
Objectif côté auteur comblé : non seulement pour les citations locales (après avoir casé saint-Epain dans Faux départ, JM Chevret réussi cette fois ci à placer la forêt de Loches et Chanceaux....) mais en plus, il était présent dans la salle à Tours.
Pour le rire.. c'est autre chose..et l'anecdote qu'il situe à Loches est d'ailleurs particulièrement tragique, on rit souvent certes, avec quelques répliques qui font mouche et qui restent en mémoire, mais le fond de la pièce est plutôt sombre finalement. Je pensais en sortir toute légère, j'en suis sortie pensive.... ce qui n'est pas plus mal.. mais ce n'était pas prévu!
Quand à Annie Cordy, que dire qui n'est pas été dit? Énergie, présence, décontraction, "positive attitude".. une grande dame quoi! (et très sympa dans les médias locaux, c'est son interview à la radio locale qui m'a poussée à acheter une des dernières places!)
Bref, un spectacle a ne surtout pas réduire à l'aspect comédie comme la presse a tendance à le faire.

Très chère Mathilde

TRÈS CHÈRE MATHILDE , février 2010 d'Israel Horovitz dans une mise en scène de Ladislas Chollat, en tournée après le théâtre Marigny l'année dernière.

 Avec Line Renaud , Samuel Labarthe (nommé aux Molières pour ce rôle) et Raphaëline Goupilleau
 Un Américain à Paris :  Mathilde Giffard est une femme de 88 ans, veuve d’un homme d’affaires parisien. Après avoir été la directrice d’une école de langues, elle coule des jours paisibles avec sa fille unique, Chloé, dans un immense appartement face au jardin du Luxembourg. Cet appartement a été vendu en viager, il y a plus de vingt ans, à un riche américain, Max Gold.
 A la mort de Max, son fils, Mathias, débarque dans la vie de Mathilde et de sa fille pour récupérer ce bien dont il vient d’hériter, sans savoir qu’elles l’occupent encore de leur bon droit. Commence alors une cohabitation forcée avec cet américain largué, qui n’est jamais arrivé à construire quelque chose dans sa vie.
C’est donc l’histoire d’un homme qui a tout raté, là où son père a tout réussi, et qui devra cohabiter avec des inconnues avant de découvrir le lien qui les unit tous. 


Que dire? Une très agréable soirée, illuminée par Samuel Labarthe... j'étais déjà fan depuis la boutique au coin de la rue, et voilà qui confirme! 
Et puis il y a Line Renaud, le partage, le bonheur d'être là, une salle très enthousiaste!
Et enfin le texte d'Israël Horovitz, que je découvrais à cette occasion, de rebondissements en révélations, d'émotions en rires, du rire aux larmes , toujours sur le fil, un beau moment de théâtre...

L’Oiseau rare, Edwige Bourdy

L’Oiseau rare
Avec Gilles Baissette et Edwige Bourdy   Mise en scène : Caroline Loeb
Textes : Yves Coudray (sur une idée de C. Loeb)
Le Mardi 17 Mars 2009 à 20h30 à Joué Les Tours (37) dans le cadre du festival Bruissements d'elles
 
Poussée par les excellentes critiques avignonnaises, j'ai passé une excellente soirée avec un spectacle qui donne la pêche! Après avoir massacré quelques airs de Dalida et Barbara en chantant au retour dans ma voiture je viens de me mettre le Barbier de Séville pour avoir enfin l'air de Rosine en entier et vous livrer mes impressions sur cet …Oiseau rare  
Elle sait tout faire...elle chante, elle danse, elle fait l'andouille comme elle le dit elle même, mais surtout, elle nous embarque dans un tourbillon dont on n'a pas envie de sortir...
Une soirée comme je les aime, où l'on est pris d'un bout à l'autre...si la trame est légère, le talent de l'interprète principale fait oublier le reste....Une comédienne – chanteuse rare, capable de me faire rire aux éclats (la chorégraphie en guêpière sur l'escabeau est à mourir de rire)... mais aussi de m'émouvoir avec son « Mourir sur scène ».... et son « Ma plus belle histoire... ». 
Elle n'imite pas, elle est... elle réinvente les chansons, elle les dit, les mots prennent tout d'un coup tout leur sens et des textes que l'on croyait connaître paraissent tout à coup sous un jour nouveau...
Bref, charmée..
Et une pensée particulière pour les pianistes anonymes des auditions et autres concerts..sans qui aucun chanteur ne saurait ce qu'il est... et pour toutes les Arlettes, qui sont passées du conservatoire à caissière en attendant d'avoir le nombre d'heures suffisants pour passer au statut d'intermittent du spectacle... 
 
Et pour tout savoir sur la comédienne-chanteuse :
http://edwige.bourdy.free.fr/

Le jazz et la diva opus 2

Un petit détour par le spectacle musical... Le jazz et la diva, opus II, mars 2010, espace Malraux 

Avec:
Didier Lockwood, Caroline Casadesus, David Enhco et Thomas Enhco.
Mise en scène : Alain Sachs.

RÉSUMÉ
Après le succès du « Jazz et la Diva » Molière du meilleur spectacle musical en 2006, la nécessité de créer un Opus II s'est imposée à nous comme une évidence. A la seule condition de créer un spectacle entièrement renouvelé et d'inventer une dramaturgie en tout point différente de la première.
Avec l'arrivée de Thomas et David Enhco, les deux fils de Caroline tombés très tôt dans la marmite du classique puis dans celle de Didier, c'est à un véritable thriller musical auquel le public va être convié.



Didier Lockwood à Hirson (02) par LaThierache 


La présentation du spectacle
Caroline Casadesus"Comment rêver artistiquement plus grand bonheur, mais aussi plus grand défi que celui de partager la scène avec les hommes de ma vie ?
Le Jazz et la Diva racontait avec humour et tendresse le mariage improbable entre la musique classique et le jazz ; pour ce nouveau spectacle, La Jazz et la Diva - Opus 2, la grande idée était de convier mes fils, David et Thomas Enhco, musiciens depuis leur plus jeune âge - tradition familiale oblige - à une joute musicale trépidante !
Alain Sachs signe une dramaturgie pimentée qui se joue à quatre, explorant avec délice les tourments et les richesses du passionnant sujet qu'offre la famille recomposée.
Nul doute que le plus grand nombre pourra s'y retrouver...!"
Didier Lockwood "Après plus de 200 représentations du Jazz et la Diva, nous n'avions toujours pas réussi à accorder nos violons. Nos cruelles différences commençaient même à s'exprimer dans la violence. Nous avons donc décidé de signer un pacte de non agression et de nous comporter enfin en adultes. Chacun sa musique, et l'un après l'autre.
Afin d'éviter les débordements regrettables du précédent spectacle, Caroline m'a imposé son fils cadet, Thomas, brillant pianiste intégriste classique, fraîchement sorti du conservatoire, bardé jusqu'aux dents de premiers prix et de médailles d'ors. Pour rendre la chose équitable, j'impose en ce qui me concerne la présence de son fils aîné David, un jeune gars super cool, bassiste groove à mort !Les airs de classique n'excédant pas les 5 minutes (ce qui vous permettra d'aller fumer une cigarette dehors, ou de boire un coup à la buvette), il ne vous faudra pas trop attendre pour assister à nos incroyable et enthousiasmantes voltiges électro-jazzistiques. Bon concert !"






LE JAZZ ET LA DIVA - OPUS II AU THÉÂTRE... par cinaps  


le jazz et la diva, un concentré de bonne humeur qui fait plaisir à voir! Le mélange des genres, la lutte contre les étiquettes musicales, une chanteuse qui chante des rôles de mezzo, de soprano, de jazz, avec le même plaisir, la Traviata qui dérive en impro jazz, Carmen revisitée, une usine à gaz de folie, et des musiciens virtuoses, j'adore!
2 heures de spectacle, beaucoup de rires , je regrette encore plus de ne pas avoir vu le premier opus!

http://www.lejazzetladiva.com/

 

Et vous, si vous avez vu ce spectacle, qu'en avez-vous pensé?
Et si vous avez d'autres suggestions sur le même thème, n'hésitez pas à ajouter un commentaire.
A bientôt!

Music-Hall, de Jean-Luc Lagarce

Music-Hall, de Jean-Luc Lagarce,
mise en scène Lambert Wilson, avec Fanny Ardant, Eric Guerin et Francis Leplay.
 octobre 2009 -CDRT


 Comme tous les soirs, dans cette ville-là comme dans toutes les autres villes - vingt ou trente années ? trente années... -, la Fille jouera sa petite histoire, prendra des mines, habile à prendre des mines, fredonnera chansonnette et esquissera pas de danse. Comme tous les soirs, dans cette ville-là comme dans toutes les autres villes, racontant la journée terrible qui s'achève, récit des diverses humiliations et aléas divers. Comme tous les soirs, les deux boys, épuisés, fatigués, rêvant de s'enfuir, s'enfuyant, les deux boys feront mine, habiles à faire des mines, les deux boys l'accompagneront, tricheront avec elle, feront semblant.

 Un spectacle choisi  je l'avoue pour la curiosité de voir Fanny Ardant en actrice ratée...! Mais très vite, le reste m'a séduit aussi!
L'essentiel, c'est l'hymne au théâtre, à la vie, à cette passion, quelle qu'elle soit, théâtre ou chacun y mettra la sienne, qui pousse à se dépasser, à aller toujours plus loin, à vouloir toujours mieux, pour qui? Pour soi finalement, qui pousse à faire toujours le mieux possible, même face à soi-même seulement. Quoi qu'il arrive, elle ne lâche jamais. 
Une Fanny Ardant à la double perruque, blonde patine, puis grise décoiffée , double distance, des scènes ridicules pleinement assumées, et sans que la diction, et cette langue spéciale, cette absence souvent de pronoms personnels ne me gêne, contrairement à ce que je craignais.
 J'en sors avec l'envie de me plonger un peu plus avant dans la lecture de Lagarce, de son journal.

Ma vie est tout à fait fascinante Pénélope Bagieu

Bagieu Pénélope Ma vie est tout à fait fascinante

Pénélope est une illustratrice parisienne de 25 ans. Elle vit dans le plus petit appartement du monde, sous les toits. En compagnie de son chat rose, sa collection de chaussures et ses tracas quotidiens : sa réticence à faire du sport, sa mère envahissante, son chéri qui ne l'écoute pas, ses clients qui la paient en retard, son incapacité à mettre de l'autobronzant correctement et ses talons aiguilles qui se coincent entre les pavés. Heureusement pour elle, il reste les copines langues de vipère, les soldes, les séries télé, les week-ends à Londres, la presse People et les macarons à la fleur d'oranger.

Pénélope possède un tas de petits défauts : elle râle, parle beaucoup trop, manque parfois de tact, arpente compulsivement les magasins, insulte les automobilistes sur les pistes cyclables, ne fait la vaisselle qu’une fois par semaine, dépense trois fois ce qu'elle gagne, passe la moitié de sa vie au téléphone, mange n'importe quoi, s'obstine à essayer de rentrer dans un 36, s'insurge (selon les saisons) contre le froid ou le chaud, reste des heures dans la salle de bains, et fait parfois preuve d'une grossièreté effrayante.
Pénélope Bagieu nous raconte, dans cette bande dessinée, les petites histoires et péripéties de cet attachant personnage, tour à tour drôles, émouvantes et toujours passionnantes.


Mon avis : la voilà la légèreté, des sourires au fil des pages, des situations où l'on se dit, ah oui, il n'y a pas que moi! 
Merci à Emilie de m'avoir fait découvrir Pénélope Bagieu et son univers sympathique!
son site :penelope-jolicoeur

 

Le dialogue des Carmélites, opéra Tours

Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc, opéra en trois actes et douze tableaux (1957)
Texte de Georges Bernanos
Chœurs de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours direction : Jean-Yves Ossonce
mise en scène : Gilles Bouillon
décor : Natalie Holt
costumes : Marc Anselmi
dramaturgie : Bernard Pico
éclairages : Alain Vincent
Avec :
Sophie Marin-Degor (Blanche),  Marie-Ange Todorovitch (Madame de Croissy), Mireille Delunsch (Madame Lidoine), Marie-Thérèse Keller (Mère Marie de l’Incarnation), Sabine Revaut d’Allones (Sœur Constance de Saint-Denis), Nicole Boucher (Mère Jeanne de l’Enfant Jésus), Anna Destraël (Sœur Mathilde), Didier Henry (le Marquis de la Force), Christophe Berry (le Chevalier de la Force), Léonard Pezzino (l’Aumônier du Carmel), Ronan Nédélec (le Geôlier, l’officier), Antoine Normand (Premier commissaire), Yvan Saujeteau (Deuxième commissaire), Mickaël Chapeau (Thierry), Jean-Marc Bertre (Monsieur Javelinot).
 


Mon avis: une belle soirée!
De la gravité, portée par une belle distribution, un beau final, traité comme une chorégraphie, sobriété et puissance de l'émotion,  une mise en scène ultra-épurée, la mise en valeur des mots, cette langue française qui parait tout d'un coup toute autre,  un décor très sobre, des toiles peintes qui montent et descendent, des superbes lumières, et surtout une très belle équipe de chanteuses...
                                                                   Photo dialogue des Carmélites Opéra de Tours

Le Dialogue des femmes, solistes ou choeur, bravo à elles, avec une mention spéciale à Marie-Ange Todorovitch , Mireille Delunsch et Sabine Revaut d'Allones, pour leur jeu, leur façon de dire les mots, et leur façon, d'un geste, d'un regard, d'incarner avec beaucoup d'humanités ces religieuses,  des images fortes qui resteront en mémoire, ces femmes alignées avant la guillotine, les grands panneaux du décor....
Une mention spéciale aussi pour la qualité du programme, avec des notes de mise en scène et de nombreuses informations sur l’œuvre.
Bref, une soirée qui donne envie de revenir plus souvent à l'opéra!

La dame aux camélias , Alexandre Dumas (fils)

Dumas (fils) Alexandre La dame aux camélias 

 

La société bourgeoise du XIXe siècle tolérait qu'un homme puisse entretenir une liaison, aussi ruineuse fût-elle, avec une courtisane, mais en aucun cas il ne devait s'éprendre d'une de ces demi-mondaines. C'est pourtant ce qui arrive à Armand Duval, qui aime dès le premier regard la plus luxueuse d'entre toutes, la séduisante et capricieuse Marguerite Gautier. Il confie à un inconnu compatissant cette passion tragique, à l'occasion de la mise en vente des biens de la jeune femme, emportée par la tuberculose : après les premières rebuffades, la belle croqueuse de fortunes l'élit comme amant de coeur, sensible à la sincérité de son amour, si différent en cela des amitiés intéressées qui l'entourent. Suivront les intermittences de la douleur, les rares moments de bonheur, la fulgurance de la souffrance puis la vengeance destructrice. À travers ce récit se dessine progressivement le portrait d'une femme ambivalente, qui mêle gaieté et tristesse, candeur et prostitution, et qui, dans sa bruyante solitude, saura finalement se montrer d'une grandeur pathétique, illustrant ainsi le thème cher au romantisme de la prostituée réhabilitée par l'amour et la mort. Accueilli triomphalement lors de sa sortie en 1848, ce roman sera adapté pour la scène par Dumas fils lui-même, en 1852. Les nombreuses adaptations cinématographiques et théâtrales continuent depuis lors d'en assurer le succès.

Incipit
MON avis est qu'on ne peut créer des personnages que lorsque l'on a beaucoup étudié les hommes, comme on ne peut parler une langue qu'à la condition de l'avoir sérieusement apprise.
N'ayant pas encore l'âge où l'on invente, je me contente de raconter.
J'engage donc le lecteur à être convaincu de la réalité de cette histoire dont tous les personnages, à l'exception de l'héroïne, vivent encore.


Le début de la pièce:

LA DAME AUX CAMÉLIAS PIÈGE EN CINQ ACTES,
adaptation du roman par Alexandre Dumas fils lui-même en 1852

ACTE I. (Boudoir de Marguerite. — Une porte au fond. — A droite, une cheminée. — A gauche, une croisée. — Entre la porte du fond et la porte de gauche, une porte
ouverte qui laisse voir une table avec candélabres. — A droite, entre la cheminée
et la porte du fond, une autre porte. — Pianos, tables, fauteuils et chaises.)
 SCÈNE PREMIÈRE.
NANÏNE, travaillant, VARVILLE, assis à la cheminée.
VARVILLE. On a sonné, Nanine.
 NANÏNE. Valentin ira ouvrir.
VARVILLE. C'est Marguerite, sans doute.
 NANINE. Pas encore; elle ne doit rentrer qu'à dix heures et demie, et il est à peine dix heures... Tiens, c'est Mlle Nichette.

 
 Extrait
Fin de l'acte 1

MARGUERITE. - Vous direz de moi ce que tout le monde en dit. Qu'importe! puisque j'ai à vivre moins longtemps que autres, il faut bien que je vive plus vite. Mais tranquillisez-vous, si éternel que soit votre amour et si peu de temps que j'aie à vivre, je vivrai encore plus longtemps que vous ne m'aimerez.

ARMAND. - Marguerite!...

MARGUERITE. - En attendant, vous êtes ému, votre voix est sincère, vous êtes convaincu de ce que vous dites; tout cela mérite quelque chose... Prenez cette fleur.

Elle lui donne un camélia.

ARMAND. - Qu'en ferai-je?

MARGUERITE. - Vous me la rapporterez..

ARMAND. - Quand?

MARGUERITE. - Quand elle sera fanée.

ARMAND. - Et combien dé temps lui faudra-t-il pour cela?

MARGUERITE. - Mais ce qu'il faut à toute fleur pour se faner, l'espace d'un soir ou d'un matin.

ARMAND. - Ah! Marguerite, que je suis heureux!

MARGUERITE. - Eh bien, dites-moi encore que vous m'aimez.

ARMAND. - Oui, je vous aime!

acte II
MARGUERITE, seule, à la même place. - Qui m'eût dit, il y a huit jours, que cet homme, dont je ne soupçonnais pas l'existence, occuperait à ce point, et si vite, mon coeur et ma pensée? M'aime-t-il d'ailleurs? sais-je seulement si je l'aime, moi qui n'ai jamais aimé? Mais pourquoi sacrifier une joie? Pourquoi ne pas se laisser aller aux caprices de son coeur? Que suis-je? Une créature du hasard! Laissons donc le hasard faire de moi ce qu'il voudra., c'est égal, il me semble! que je suis plus heureuse que je n'ai encore été. C'est peut-être d'un mauvais augure. Nous autres femmes, nous prévoyons toujours qu'on nous aimera, jamais que nous aimerons, si bien qu'aux premières atteintes de ce mai imprévu nous ne savons plus où nous en sommes.

MARGUERITE. - Pourquoi? Tu veux le savoir? Parce qu'il y a des heures où ce rêve commencé, je le fais jusqu'au bout; parce il y a des jours , où je suis lasse de la vie que je mène et que j'en entrevois une autre; parce qu'au milieu de notre existence turbulente notre tête, notre orgueil, nos sens vivent, mais que notre coeur se gonfle, ne trouvant pas à s'épancher, et nous étouffe, Nous paraissons heureuses, et l'on nous envie. En effet, nous avons des amants qui se ruinent, non pas pour nous, comme ils le disent, mais pour leur vanité; nous sommes les premières dans leur amour-propre, les dernières dans leur estime. Nous avons des amis, des amis comme Prudence, dont l'amitié va jusqu'à la servitude, jamais jusqu'au désintéressement. Peu leur importe ce que nous faisons, pourvu qu'on les voie dans nos loges, ou qu'elles se carient dans nos voitures. Ainsi, tout autour de nous, ruine, honte et mensonge. Je rêvais donc, par moments, sans oser le dire à personne, de rencontrer un homme assez élevé pour ne me. demander compte de, rien, et pour vouloir bien être l'amant de mes impressions. Cet homme, je l'avais trouvé dans le due; mais la vieillesse ne protège ni ne console, et mon âme a d'autres exigences. Alors, je t'ai rencontré, toi, jeune, ardent, heureux; les larmes que je t'ai vu répandre pour moi, l'intérêt que tu as pris à ma santé, tes visites mystérieuses pendant, ma maladie, ta franchise, ton enthousiasme, tout me permettait de voir en toi celui que j'appelais du fond de ma bruyante solitude. En une minute, comme une folle, j'ai bâti tout un avenir sur ton amour, j'ai rêvé campagne, pureté; je me suis souvenue de mon enfance, - on a toujours eu une enfance, quoi que l'on soit devenue; - c'était souhaiter l'impossible; un mot de toi me l'a prouvé....Tu as voulu tout savoir, tu sais tout?

acte III
MARGUERITE, comme à elle-même. - Ainsi, quoi qu'elle fasse, la créature tombée ne se relèvera jamais! Dieu lui pardonnera peut-être, mais le monde sera inflexible! Au fait, de quel droit veux-tu prendre dans le coeur des familles une place que la vertu seule doit y occuper? Tu aimes! qu'importe? et la belle raison! Quelques preuves que tu donnes de cet amour, on n'y croira pas, et c'est justice. Que viens-tu nous parler d'amour et d'avenir? Quels sont ces mots nouveaux? Regarde donc la fange de ton passé! Quel homme voudrait t'appeler sa femme? Quel enfant voudrait t'appeler sa mère? Vous avez raison, monsieur, tout ce que vous me dites, je me le suis dît bien des fois avec terreur; mais, comme j'étais seule à me le dire, je parvenais a ne pas m'entendre jusqu'au bout. ous me le répétez, c'est donc bien réel; il faut obéir. Vous me parlez au nom de votre fils, au nom de votre fille, c'est encore bien bon à vous d'invoquer de pareils noms. Eh bien, monsieur, vous direz un jour à cette belle et pure jeune fille, car c'est à elle que je veux sacrifier mon bonheur, vous lui direz qu'il y avait quelque part une femme qui n'avait plus qu'une espérance qu'une pensée, qu'un rêve dans ce monde, et qu'à l'invocation de son nom cette femme a renoncé à tout cela, a broyé son coeur entre ses mains et en est morte, car j'en mourrai, monsieur, et peut-être, alors, Dieu me pardonnera-t-il.

Mon avis :  La dame aux camélias  fait partie de ces livres, que j'ai reprend régulièrement et toujours avec la même émotion. Comme je ne me lasse pas de la Traviata et des différentes lectures du rôle de Violetta.... L'amour, les conventions, la famille, l'honneur... une multitude de thèmes finalement, et intemporels

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