samedi 20 octobre 2012

Rigoletto opéra Tours / Le roi s'amuse Victor Hugo

Après vous avoir parlé des portes ouvertes de l'opéra de Tours,  et des répétitions de cet ouvrage auxquelles j'avais pu assister,
rigoletto-opera-de-tours-portes ouvertes et répétitions

hier place à la première de ce beau spectacle d'ouverture de saison du Grand théâtre de Tours.
Le répétition scène - orchestre de samedi dernier m'avait déjà séduite, très intéressant de voir l'évolution une semaine plus tard, les derniers costumes ajoutés, les perruques, le maquillage, les effets lumineux très travaillés, le visuel du final... l'impression de vivre un peu de l'intérieur cette production, vraiment, encore une fois, merci au grand théâtre de nous permettre d'éduquer ainsi oeil et oreille !
Mise en scène aux nombreux symboles, orchestre , choeurs, solistes, de quoi passer une bonne soirée! Une mention spéciale pour la première Gilda de  Sabine Revault d’Allonnes, que nous suivons depuis plusieurs années à l'opéra de Tours, et qui de saisons en saisons se révèle de plus en plus, une chanteuse à continuer de suivre, d'étape en étape!

Le duc et Gilda, Giovanna à l'arrière plan. L'arbre de vie, du bien, le pommier.. Gilda va croquer la pomme... et l'arbre de vie devenir arbre de mort et du mal... Au dernier acte, un arbre totalement artificiel sera placé au même endroit du décor, symbole de la pureté et de l’innocence naturelle perdue. Un des nombreux symboles religieux présents dans l’œuvre. Symbole, comme la bosse - accessoire professionnel de Rigoletto, aux couleurs d'Arlequin, sa valise, transition entre le monde et la cour, dont il n'est pas, dont il n'est que l'amuseur-employé, et le reste de la vie...
Rigoletto : photo et article NR

Mais plutôt que de décortiquer ce beau spectacle, c'est de l'argument de ce Rigoletto et de ses liens avec Victor Hugo et la Touraine dont j'ai envie de vous parler:

Rigoletto Verdi

Opéra en 3 actes de Giuseppe VERDI (1851), Livret de Francesco Maria Piave, d'après "Le roi s'amuse", de Victor Hugo
décors, costumes et accessoires Opéra de Tours ,  co-production :Opéra de Limoges et Opéra de Reims

Direction Jean-Yves Ossonce
Mise en scène et lumières François de Carpentries
Décors et costumes Karine Van Hercke
Avec :
Le Duc de Mantoue Christophe Berry
Rigoletto Nigel Smith
Gilda Sabine Revault d’Allonnes
Sparafucile Choul Jun Kim
Maddalena Aude Extremo
Comte Monterone Ronan Nédélec
Orchestre Symphonique Région Centre – Tours, Chœurs de l’Opéra de Tours

De Rigoletto, on connait tous le "tube" La donna è mobile....




Oui, mais à part cela, quel est l'argument de Rigoletto déjà? L'occasion de replonger un peu dans l'Italie!
A Mantoue au XVIe siècle
A la cour du Duc, entre son bouffon Rigoletto et les nombreuses conquètes du duc, en apparence l'heure est à la fête. Mais entre mari trompé, et père voulant venger l'honneur de sa fille déshonorée et maudissant duc et bouffon... la fête ne dure guère. 
En parallèle, le duc de Mantoue  est séduit par une jeune inconnue, remarquée à l’église. Cette jeune inconnue est Gilda, la fille de Rigoletto qu'il cache soigneusement, elle même ignore l'identité de son père. Le duc parvient à s’introduire chez elle et lui déclare son amour, mais après son départ, ce sont des courtisans qui s'y introduisent, pour enlever Gilda, qu'ils croient être la maîtresse de Rigoletto. 
 Rigoletto est alors obligé de révéler qu'il est son père.

 Gilda, libérée,  Rigoletto jure de se venger et constate avec colère que Gilda est toujours amoureuse du duc. Il veut lui révéler la vraie nature du Duc, en le suivant : Gilda l’entend courtiser Maddalena,  Rigoletto invite sa fille à partir pour Vérone où il doit la rejoindre. Il organise le meurtre du Duc avec un tueur à gages (le frère de Maddalena)  : le corps  doit lui être livré dans un sac afin de le jeter lui-même dans le fleuve.  Maddalena, séduite par le duc, tente de persuader son frère de l’épargner, il accepte de tuer à sa place le premier qui frappera à leur porte. C’est hélas Gilda qui, ayant entendu le complot se sacrifie et frappe à la porte....  C’est donc sa fille agonisante, que Rigoletto va découvrir dans le sac... 

 

 "Le roi s'amuse", de Victor Hugo


Le livret de Rigoletto est inspiré de l’œuvre "Le Roi s'amuse", drame historique en cinq actes et en vers de Victor Hugo représenté pour la première fois à Paris le 22 novembre 1832, à la Comédie-Française.
Le héros est le bouffon de cour Triboulet, difforme, un être cruel qui encourage François Ier aux pires débauches.
Sexualité, pouvoir, la façade qui rit, l'intérieur qui pleure, le bouffon est un personnage qui permet à l'auteur d'aller loin dans la dénonciation de la société de l'époque.  Triboulet, bouffon de  François Ier finira par causer la mort horrible de sa fille, alors même qu'il voulait la venger.  

Voici la présentation qu'en fait Hugo :
Triboulet est difforme, Triboulet est malade, Triboulet est bouffon de cour - triple misère qui le rend méchant. Triboulet hait le roi parce qu'il est le roi, les seigneurs parce qu'ils sont les seigneurs, les hommes parce qu'ils n'ont pas tous une bosse sur le dos. Son seul passe-temps est d'entre-heurter sans relâche les seigneurs contre le roi, brisant le plus faible au plus fort. Il déprave le roi, il le corrompt, il l'abrutit - il le pousse à la tyrannie, à l'ignorance, au vice - il le lâche à travers toutes les familles des gentilshommes, lui montrant sans cesse du doigt la femme à séduire, la soeur à enlever, la fille à déshonorer. Le roi dans les mains de Triboulet n'est qu'un pantin tout-puissant qui brise toutes les existences au milieu desquelles le bouffon le fait jouer. Un jour, au milieu d'une fête, au moment même où Triboulet pousse le roi à enlever la femme de monsieur de Cossé, monsieur de Saint-Vallier pénètre jusqu'au roi et lui reproche hautement le déshonneur de Diane de Poitiers. Ce père auquel le roi a pris sa fille, Triboulet le raille et l'insulte. Le père lève le bras et maudit Triboulet. De ceci découle toute la pièce. Le sujet véritable du drame, c'est la malédiction de monsieur de Saint-Vallier. Écoutez. Vous êtes au second acte. Cette malédiction, sur qui est-elle tombée? Sur Triboulet fou du roi? Non. Sur Triboulet qui est homme, qui est père, qui a un coeur, qui a une fille. Triboulet a une fille, tout est là. Triboulet n'a que sa fille au monde - il la cache à tous les yeux, dans un quartier désert, dans une maison solitaire. Plus il fait circuler dans la ville la contagion de la débauche et du vice, plus il tient sa fille isolée et murée. Il élève son enfant dans l'innocence, dans la foi et dans la pudeur. Sa plus grande crainte est qu'elle ne tombe dans le mal, car il sait, lui méchant, tout ce qu'on y souffre. Eh bien ! la malédiction du vieillard atteindra Triboulet dans la seule chose qu'il aime au monde, dans sa fille. Ce même roi que Triboulet pousse au rapt, ravira sa fille, à Triboulet...»

Et à l'invitation de claudialucia, 
je rejoins le challenge Romantique, entre Marie Dorval, Vigny, Sand, d'autres billets à venir bientôt!



 

François 1er , Léonard de Vinci

Au pays des châteaux de La Loire, à quelques kilomètres d'Amboise, de Blois ou de Chambord, entre châteaux Renaissance magnifiés par François 1er et dernière demeure en France de Léonard de Vinci à Amboise, cette production ne pouvait manquer de faire le lien entre Rigoletto et Le roi s'amuse, et de petits détails insérés rappelaient ce lien.

D'abord La Salamandre, emblème de François 1er que l'on retrouve dans le décor de ce Rigoletto:


et un tableau de Léonard de Vinci, la Marie Madeleine

Marie Madeleine Léonard de Vinci

Selon l'historien d'art italien Carlo Pedretti, cette Marie Madeleine tirant nonchalamment un voile transparent pour recouvrir sa poitrine dénudée a été peinte par Leonard de Vinci et l'un de ses élèves en 1515, soit quatre ans avant la mort du maître.
 La toile était jusqu'à présent attribuée à Giampietrino, un "disciple" de Vinci. Elle fait partie d'une collection privée Suisse.

Bref, des petits clins d'oeil qui ajoutent encore à cette belle production, la saison de l'opéra de Tours commence bien!

dans le cadre du challenge-victor-hugo


2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup de billet et la comparaison que tu as établie entre Hugo et Verdi! Les allusions de la mise en scène au drame de Hugo sont intelligentes et ajoutent, en effet, au plaisir du spectateur. Est-ce que je peux faire référence à ton billet dans mon challenge romantique?

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    1. avec plaisir! J'avais pensé m'y inscrire, je suis dans plusieurs lectures autour de Marie Dorval, Vigny, Sand... en plein dans la période, mais pas encore d'articles de rédigés, mais à terme je devrais en avoir d'autres , en attendant je vais déjà faire un billet de présentation de ton challenge, cela m'y fera penser quand les articles seront terminés! Bonne soirée!

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