vendredi 24 août 2012

abbaye musée Chaalis

Abbaye de Chaalis
Séduite il y a quelques mois par la visite du musée Jacquemart-André à Paris, dont je reprends ici l'historique:

Héritier d’une famille de banquiers protestants, en 1872, Édouard André décide de faire exécuter son portrait et fait alors appel à une jeune artiste déjà connue qui a une réputation de portraitiste à succès, depuis que des personnalités comme Duruy ou Thiers sont passées par son atelier: Nélie Jacquemart. Neuf ans plus tard, ils se marient et Nélie vient habiter l'hôtel du boulevard Haussmann.
Leur mariage avait été un mariage de raison, conclu entre deux êtres très différents, lui le protestant bonapartiste, elle la catholique vivant dans un milieu royaliste. Leur union s’était révélée très réussie et leur communauté d'esprit et de goûts fit de leur treize années de vie commune, des années de bonheur. Restés sans enfants, ils se consacrèrent entièrement à leur oeuvre commune : cette collection d’art.
Musée Jacquemart-André Paris
Ce mariage sera décisif pour la création du musée, en effet Nélie Jacquemart adhère pleinement aux projets d’Édouard-André et préside d’une main ferme à la mise en place des collections.
La collection qu’Édouard André avait commencée dans les années 1860, comportait ce que l’on nommait à l’époque des « bimbelots », c’est-à-dire des pièces charmantes d’orfèvrerie, de joaillerie, de céramique, des miniatures et des tapisseries.
A cette époque, il avait acquis des peintures de son époque : paysages et scènes de genre peintes par Delacroix, par des peintres orientalistes et des paysagistes de l’école de Barbizon. Édouard et Nélie voyagent à travers l'Europe et surtout en Italie : voyages d'agrément ou séjours de cure, qui sont toujours l’occasion de visites dans les salles de vente et chez les antiquaires. Mais ils firent aussi plusieurs voyages au Proche-Orient : le Caire, Louksor et Assouan avec retour par Beyrouth, Constantinople et Athènes.

J'avais beaucoup apprécié cette visite, tant pour l'hôtel particulier que pour la collection, et désirais prolonger cette visite avec celle de l'abbaye de Chaalis, désir renforcé par mon séjour à Ferrare.
J'avoue avoir été séduite par le site des ruines de l'abbaye et par la chapelle davantage que par le musée où mes yeux ont surtout été attirés par les traces du temps... une bonne campagne de dépoussiérage et de rénovation serait nécessaire et permettrait de mieux apprécier la richesse des collections.
Si vous ne deviez visiter que l'un de ses deux sites, allez en priorité au musée parisien.
www.chaalis.fr/
Chaalis

Bref historique (wikipédia)
L’abbaye royale de Chaalis est une ancienne abbaye cistercienne située à Fontaine-Chaalis, au centre de la forêt d'Ermenonville
Elle est fondée en 1136 par le roi de France Louis VI . L'abbaye devient un centre économique et intellectuel important, accueillant à plusieurs reprises les rois de France et comptant plusieurs intellectuels parmi ses membres. Elle possède par ailleurs un très grand nombre de dépendances sous la forme de granges monastiques qui contribuent à lui assurer des revenus colossaux.
Après une période de déclin à la fin du Moyen Âge, l'abbaye connaît une période de renaissance artistique avec ses premiers abbés commendataires venus d'Italie.
Le premier abbé commendataire, nommé par François Ier, est le cardinal italien Hippolyte d'Este, archevêque de Milan et ami du roi, fils du duc de Ferrare et de Lucrèce Borgia, futur créateur de la villa d'Este à Tivoli (Italie). Il s'installe à l'abbaye, un de ses nombreux bénéfices ecclésiastiques. Mais Chaalis a le grand avantage d'être proche de Paris et de posséder des environs giboyeux. Dans l'espoir d'y faire venir le roi, il y entame des travaux somptuaires. Il fait travailler à Chaalis le peintre italien Le Primatice après 1541 à qui il confie la réalisation de fresques dans sa chapelle abbatiale. Il fait ensuite venir l'architecte Sebastiano Serlio, entre 1544 et 1546 pour faire réaliser notamment le mur de clôture de son jardin sur lequel subsistent encore ses armes. Il finit par quitter l'abbaye pour Rome en 1549.
la chapelle

Au XVIIIe siècle, de nouveaux bâtiments conventuels sont construits par l'architecte Jean Aubert, sans jamais être achevés. Suite à sa vente comme bien national pendant la Révolution et à la destruction de l'abbatiale, le domaine est transformé au XIXe siècle en résidence de chasse.  Le domaine est acheté ensuite par Alphée Bourdon de Vatry (1793-1871). Sa femme, fait réaménager la demeure. L'aile ouest, restée inachevée depuis le XVIIIe siècle, et surnommée le « Petit Château », est détruite pour conserver et isoler le « Grand Château », c'est-à-dire l'aile nord, la seule complète. Madame de Vatry transforme le réfectoire en salle à manger et salon, la cuisine en pièces de réception d'après-chasse. Elle remeuble la demeure de coffres gothiques et Renaissance.  De nombreuses fêtes et réceptions sont organisées au domaine.

Portrait en demi-corps, en robe marron, tournée vers la gauche mais la tête de face
Autoportrait de Nélie Jacquemart,  1880.
C'est alors que Nélie Jacquemart, qui fut la jeune protégée de Mme de Vatry, artiste peintre et  veuve depuis dix ans d'Édouard André,  achète, le 14 juin 1902, le domaine de Chaalis . Elle a par ailleurs acquis, lors de la vente aux enchères du 21 mai 1902, une partie du mobilier et de la collection Vatry-Murat. Elle souhaite y abriter ses importantes collections de peintures et de mobilier
À grands frais, la nouvelle propriétaire modernise le bâtiment en y installant l'électricité à l'aide d'une centrale aménagée dans l'ancien moulin, le chauffage central et le téléphone. Elle le remeuble et le décore avec des boiseries, tapisseries et sculptures. Dès sa première réception en novembre 1902, elle remodèle totalement le rez-de-chaussée, la salle à manger et la bibliothèque notamment. Elle fait réaménager les cellules des moines à l'étage en chambres d'amis avec du mobilier des XVIIIe et XIXe siècles. Elle fait installer de nombreuses peintures dans la galerie du premier étage.
 Elle est inhumée dans la chapelle abbatiale.

Son testament stipule qu'elle lègue l'abbaye et son hôtel parisien du boulevard Haussmann à l'Institut de France afin d'en faire un musée ouvert à tous Le musée s'enrichit de plusieurs dons au cours du XXe siècle : la collection constituée sur le thème de Jean-Jacques Rousseau par exemple.

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