mardi 28 février 2012

Exposition à tours Photographies à l’œuvre, la reconstruction des villes française (1945-1958), château de Tours

Exposition au château de Tours

Photographies à l’œuvre, la reconstruction des villes française (1945-1958), jusqu’au 20 mai 2012 au château de Tours,  avenue André-Malraux
Ouvert du mardi au dimanche de 14 h 15 à 18 h. Entrée 3 euro; (tarif réduit 1,50euro;).

Organisé au sein du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU) dès 1945, un service photographique était chargé, pour la direction de l’information, de la documentation des activités du ministère. Réalisées entre 1945 et 1958, dates bornant la création du ministère de la Reconstruction et la fin de la IVe République, plus de 33 000 photographies rendent compte des préoccupations politiques et stratégiques de l’administration en charge de la reconstruction après les destructions de la Seconde Guerre mondiale.  

L’exposition propose un ensemble d’environ 160 photographies (épreuves argentiques noir et blanc encadrées), ainsi qu’une dizaine de films d’époque et des diaporamas spécialement conçus pour cette occasion.


 Plusieurs photographies montrent Tours lors de la reconstruction, après la Seconde Guerre mondiale: dont cette impressionnante photo de l'hôtel Goüin :
l’hôtel Goüin le 11 octobre 1947
 maintenant :
Une exposition intéressante, mais je regrette que finalement, il n'y ait pas plus de clichés de la ville de Tours. J'hésitais à y emmener mes élèves pour compléter une journée de sortie à Tours après une visite du musée des Beaux-arts et un atelier artistique le matin, mais ce ne sera pas adapté pour eux.
Une autre photo , dans le dossier pédagogique accompagnant l'exposition:
Dossier pédagogique
Et vous, si vous avez vu cette exposition, qu'en avez-vous pensé?
Et si vous avez d'autres suggestions sur le même thème, n'hésitez pas à ajouter un commentaire.
A bientôt!

 

lundi 27 février 2012

Simon Boccanegra - Opéra de Tours

Simon Boccanegra - Opéra de Tours
Mardi 17 mai 2011
 
Nouvelle production décors et costumes de l'Opéra de Tours, réalisée dans les ateliers du Grand Théâtre

Direction musicale Jean-Yves Ossonce
Mise en scène Gilles Bouillon
Dramaturgie Bernard Pico
Décors Nathalie Holt
Costumes Marc Anselmi
Lumières Michel Theuil

Maria Boccanegra, Amélia Grimaldi Lianna Haroutounian
Simon Boccanegra Roberto Servile
Jacopo Fiesco Petar Naydenov
Gabriele Adomo Luca Lombardo
Paolo Albiani Igor Gnidii
Pietro Alain Herriau

Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, Choeurs de l'Opéra de Tours 
Une histoire familiale et politique complexe pour le dernier opéra de la saison (déjà, le temps passe tellement vite!)!
Comme pour Fidélio en octobre dernier, deux moments pour moi dans ce spectacle, d'abord, samedi 7 mai, une journée de répétitions publiques et ce mardi, la représentation.
Je trouve décidément ce principe de répétitions publiques très intéressants, de voir d'abord la production en train de se mettre en place, une entrée en douceur dans l'oeuvre, surtout lorsqu'elle est complexe comme celle là, apprivoiser les personnages, l'argument, et enfin se laisser emporter par la représentation : belle idée!
Au final, séduite comme souvent par la mise en scène de G. Bouillon, la sobriété et l'efficacité des décors et des lumières, poétique, simple, j'aime beaucoup. Vivement son Macbeth la saison prochaine!
Côté chanteur je retiendrai pour cette fois Petar Naydenov.Pour le reste, les lumières, les images à inspiration religieuse, la Cène, la Piéta.... Belle production!

Théâtre Tours Tempête sous un crâne, cdrt, septembre 2011

Rentrée théâtrale!
Première pièce de l'année :
 
Tempête sous un crâne d’après Les Misérables de Victor Hugo 
La présentation du théâtre :
CDRT, Tours du mardi 27 au vendredi 30 septembre
Mise en scène Jean Bellorini  
Création musicale Céline Ottria  Scénographie Vincent Lefèvre  Régie Générale Adrien Wernert  
 Production  Compagnie Air de Lune en partenariat avec le Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis et le Conseil Général de Seine-Saint-Denis  Avec le soutien d’ARCADI, de la Mairie de Paris, de l’ADAMI et du Bureau formART
  Avec
Mathieu Coblentz
Karyll Elgrichi
Camille de la Guillonnière
Clara Mayer
Céline Ottria
Geoffroy Rondeau
Hugo Sablic
 
Spectacle en 2 époques, durée  1ère époque 1h30, durée  2ème époque 2h
Première époque
L’histoire : autour de Jean Valjean…
L’histoire de Jean Valjean depuis sa sortie du bagne,en 1815, jusqu’au procès du père Champmathieu.
L’histoire de Fantine depuis sa jeunesse jusqu’à sa mort dans les bras de M. Madeleine (Jean Valjean).
L’histoire de Cosette depuis sa naissance jusqu’au départ de chez les Thénardier quand Jean Valjean vient la chercher.
L’histoire des Thénardier à Montfermeil.

Deuxième époque
L’histoire de Javert qui poursuivra Jean Valjean toute sa vie, jusqu’à le chercher dans les étoiles, puis au fond de la Seine.
L’histoire de Jean Valjean devenu Monsieur Leblanc.
L’histoire d’amour de Marius et de Cosette.
Le drame d’Eponine qui donnera sa vie pour Marius. L’histoire des Thénardier devenus les Jondrette.
L’histoire de Gavroche. Et l’histoire de tous les amis de l’ABC jusqu’aux montées des barricades.
L’abaissé c’est le peuple. (Enjoleras, Feuilly, Courfeyrac, Combeferre, Jean Prouvaire et beaucoup d’autres).

Ils s’écoutent, se coupent la parole ou se mettent à scander ensemble l’histoire desMisérables comme on pourrait se mettre à chanter une chanson.
Ils s’obsèdent autant par l’action du récit que par la poésie de la langue. Raconter tous les personnages de l’oeuvre, les faire vivre dans un même corps pour dire la complexité de l’homme.
La frontière entre la narration et l’incarnation est invisible. On assiste à une tranche de vie de ces « petites gens » tout en glissant progressivement vers l’histoire.
Ici pas de réécriture du texte de Victor Hugo, mais une fidélité à l’auteur. L’adaptation fait entendre le fil narratif de l’histoire tout autant que la profusion lyrique de certains moments de descriptions, de logorrhées. C’est dans cet esprit que la musicalité du texte et sa rythmique ont jailli. Certains passages sont mis en musique à la manière de chansons, d’autres flirtent avec le « slam » ou le « rap ».
Deux musiciens (piano, accordéon, basse, percussions, guitare électrique), témoins de ces personnages venus d’ailleurs deviennent parfois figures de ce qui est raconté.
 
 
Mon avis : une belle rentrée théâtrale !
Trois heures et demie d’un théâtre qui met les mots à l'honneur, la langue de Victor Hugo mise en valeur d'une belle façon, par des comédiens-conteurs-musiciens, un mélange de narration, d'incarnation des personnages (la mort d'Eponine, très touchante), une première partie portée par deux jeunes comédiens-chanteurs qui passe comme un éclair, dans le charme des mots, l'histoire des Misérables dite, contée, jouée, chantée, scandée, murmurée, criée... , en solo ou en choeur (et quel ensemble en 2ème partie lorsque c'est à 5 ou 7 que les mots sont dits et prennent ainsi densité et relief), une deuxième partie où les images se font toutes seules,chaque comédien joue-raconte plusieurs personnages. Il n'est besoin de n'ajouter aucun effet à ce texte si fort, juste le mettre en relief, faire ressortir cette langue d'Hugo, le rythme du texte. Les mots semblent avoir été écrits pour être dits. Le chant avant la barricade (oh douleur, oh misère), l'incarnation de Gavroche, la fameuse mort d'Eponine donc, celle de Javert, autant de moments forts. il y a des rires aussi, et des moments où l'on rit jaune tant le texte est criant d'actualité. Des extraits des « Orientales », des « Contemplations » ou encore des « Châtiments » sont mis en chansons et apportent des "respirations" à la narration.
Et puis il y a ce lien avec la salle, renforcé par l'aspect "conteur", entre l'annonce d'accueil (tél portable) qui se poursuit par la narration du début de la deuxième partie, des clins d'oeil aux réactions des spectateurs-lecteurs... le public était aussi intégré dans ce tourbillon.
Bref, moi qui suis chaque jour une liseuse d'histoires à mes élèves, m'en faire raconter une ainsi, c'est drôlement bien, bravo à ces raconteurs d’histoires de talent! 

A retrouver en dvd :



 challenge-victor-hugo

Opéra de Tours Thais Massenet

Thaïs de Massenet Opéra de Tours, octobre 2011

Ouverture de saison au grand théâtre de Tours, en deux temps pour moi, puisque j'ai pu assister aux portes ouvertes et répétitions publiques de Thaïs le samedi 8 octobre, puis à la représentation du18.

Reportage sur la production à voir ici : 

 
Jules Massenet Thaïs, 1894
livret de Louis Gallet d'après Anatole France
Nouvelle co-production Opéra de Tours et Opéra d'Avignon et des Pays de Vaucluse
Direction musicale Jean-Yves Ossonce
Mise en scène Nadine Duffaut
Chorégraphie Eric Belaud
Décors Emmanuelle Favre
Costumes Danielle Barraud
Lumières Philippe Grosperrin

Thaïs Sophie Marin-Degor
Athanaël Didier Henry
Nicias Christophe Berry
Palémon Jérôme Varnier
Crobyle Catherine Dune
Myrtale Pauline Sabatier
La charmeuse Mélanie Boisvert
Albine Karine Motyka
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours, Choeurs de l'Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires, Ballet de l'Opéra d'Avignon et des Pays de Vaucluse

Thais


Œuvre majeure du théâtre romantique français, la partition brosse deux portraits psychologiques flamboyants: l'un, celui d'une pécheresse qui reçoit la révélation de Dieu (Thaïs); le second, celui du moine cénobite, Athanaël, tout autant foudroyé, saisi par la beauté de l'ancienne courtisane. D'après Anatole France, Thaïs est un opéra prenant, certes orientalisant (l'action se passe à Alexandrie), surtout parcours psychologique où deux spiritualités se croisent sans guère se comprendre. 
 Photo : thais

A l'opéra de Tours

Un spectacle découvert en deux temps donc, d'abord pour la journée portes ouvertes,une très belle journée passée presque entièrement dans ce beau décor,  la disponibilité du personnel pour mieux faire connaître leur travail, en particulier côté costumes et cintres, l'occasion de fouler la scène, mais surtout l'occasion de plonger dans l'envers du décor, d'assister à une répétition de l'orchestre seul, puis des chanteurs sur scène avec le piano uniquement et enfin à la répétition scène - orchestre du soir.
L'occasion déjà sur la journée de voir évoluer certaines scènes et le plaisir , 10 jours après d'assister à l'aboutissement . Un principe vraiment très intéressant proposé par l'opéra de Tours, pour moi qui ne suis pas une spécialiste de la musique, petit à petit, grâce à ces répétitions publiques, j'apprends et c'est très agréable!
La représentation n'est du coup plus vue tout à fait de la même façon, l'impression de pouvoir aller un peu plus au fond des choses.
Un partit pris de mise en scène de transposer l'histoire à l'époque contemporaine, des décors qui ont pu surprendre au premier coup d'oeil de ces fameuses journées portes ouvertes, où N. Duffaut a pu expliquer ses intentions.
Des prêtres ouvriers à Soeur Emmanuelle, une conception "active" de la religion, des panneaux coulissants , des croix qui se font et défont au fil des mouvements des panneaux, des projections vidéos, de belles images, un mélange qui surprend au début et qui finit par séduire. Un Athanael qui tient de belle façon la scène, une Thaïs d'emblée décalée, en contraste par rapport au monde de débauche qui l'entoure.
Choeur, orchestre, violon solo de Tiphaine Gaigne (si je ne me trompe pas),  une belle ouverture de saison de ce côté là en tout cas!

Colombe, espace Malraux, novembre 2011

Jeudi 17 novembre, espace Malraux, Joué les Tours
 
Auteur : Jean ANOUILH
Mise en Scène : Michel FAGADAU
Avec : Anny DUPEREY, Sara GIRAUDEAU, Grégori BAQUET, Benjamin BELLECOUR, RUFUS, Fabienne CHAUDAT, Jean-Paul BORDES, Jean-Pierre MOULIN, Jean-François PARGOUD et Etienne DRABER

 Photo : Colombe
  Présentation du théâtre
Colombe est une comédie romantique et dramatique touchante, pleine de sentiments.
On passe de la joie à l’amertume, de la rancoeur à la frustration toujours accompagné d’une pointe d’humour grâce à l’excellent jeu des comédiens.
En une soirée, le spectateur se retrouve plongé au milieu du XIXème siècle : un véritable contraste avec le prénom et titre de la pièce « Colombe » qui fait tout l’attrait de la comédie.
C’est effectivement l’histoire de la jeune Colombe qui nous transporte. Le récit pourrait sembler simpliste : celui d’une jeune fille, Colombe, délaissée par son mari qui part au service militaire et confiée à sa belle-mère Alexandra, une célèbre tragédienne. Mais c’est précisément là que tout va changer.
Alexandra va révolutionner le quotidien de la jeune et innocente Colombe.
Celle-ci lui fait alors découvrir le théâtre mais aussi et surtout, le théâtre de la vie.
Courtisée et séduite par « les loups » comme les appelle Michel Fagadau, et guidée par sa belle-mère quelque peu libertine, elle prendra son envol, rencontrant des émotions et sentiments encore jamais vécus pour cette ingénue.
C’est un réel succès pour cette deuxième création de Colombe. L’excellent casting a d’ailleurs eu droit à trois Molières dont Molière de la comédienne pour Anny Duperey, Molière du second rôle pour Fabienne Chaudat, et Molière du créateur de costumes Pascale Bordet.
Un spectacle plein de légèreté et de divertissement.

Mon avis : une pièce qui vaut surtout par la belle distribution !
Le principal atout de la soirée : une affiche prestigieuse pour un très beau résultat sur la scène, l'ensemble des acteurs est des plus convainquant, avec en prime la fantaisie des costumes et l'ingéniosité du décor, une belle soirée!
Des rires en décalés entre homme et femme dans le public, il faut dire que certaines répliques font mouche, et la partie théâtre dans le théâtre, avec des acteurs jouant plus faux que faux vaut l'éclat de rire.

Théâtre tours : Kids, CDRT, novembre 2011

Kids de Fabrice Melquiot
 

Théâtre à Tours, Centre dramatique régional Tours, CDRT, nouvel olympia

novembre 2011




Dramaturgie Bernard PicoScénographie Nathalie HoltLumières Michel TheuilCostumes Marc AnselmiMusique Alain Bruel
avec
Charlotte Barbier Sedica
Pauline Bertani Nada
Stephan Blay Refka
Laure Coignard Admira
Clément Bertani Josip
Edouard Bonnet Sead
Bastien Bouillon Stipan
Brice Carrois Bosko
Mikaël Teyssié Amar

Musicien, guitariste Gabriel Bouillon
 

Kids : la pièce de théâtre

Sarajevo. Février 1996. Fin du siège. Après toutes ces années d’une guerre interminable, c’est
l’improbable jour de la paix.
Sur la colline qui domine la ville détruite se sont donné rendez-vous les kids, orphelins sans
orphelinat, livrés à eux-mêmes, errant parmi les décombres. Trop vite vieillis, brûlés par la  guerre, la misère et l’horreur. Déjà plus des enfants et pas encore des adultes. Dans leur regard glissent et se superposent les images persistantes du temps de la guerre, celles presque effacées du temps d’avant la guerre, et l’énigme de l’avenir. Ils ont entre 13 et 18 ans. 
Comment continuer à vivre sans la guerre, quand on n’a appris qu’à voler pour ne pas mourir de faim, à courir pour échapper aux tirs des snipers ? Comment oublier d’où on vient, soigner
ces autres blessures, celles de la mémoire, qui ne cicatriseront jamais ? Comment quitter
Sarajevo ? Traverser le pont vers la liberté, vers le mirage d’une vie meilleure, à l’autre bout
de l’Europe ? Pour trouver l’argent du passage, les kids imaginent une Parade à jouer devant l’Occident. Se sauver par le théâtre comme ils ont sauvegardé leur enfance par le jeu.
Pour en savoir plus, le dossier très complet du CDRT
link
Photo : kids
 
Mon avis...
Le spectacle commence ... avant le spectacle... : un dispositif scénique particulier a été choisi... c'est sur scène que sont installés les spectateurs... les confortables sièges de la salle ont disparu derrière des gradins,  disposés de chaque côté de la scène pour matérialiser au centre une rue, rue de Sarayevo, cible des snipers....
Cela surprend, Gilles Bouillon et son équipe jouent les placeurs, proximité avec l'équipe, entre spectateurs aussi, d'avantage d'échanges peut-être... et puis la pièce commence... 
Une rue, une cour de récréation, la guerre, oui, mais oubliée par instant avant de revenir plus forte que jamais, vivre, survivre, jouer des murs tracés à la craie, danser, chanter, aimer, beaucoup de mouvements, Sedica, mi-fantôme, mi-conteuse, ... Les balles tracantes devenues feu d'artifice, les tissus ensanglantés déguisements, les lieux qui se font et se défont en quelques tracés à la craie,  le texte est fort, chacun finira d'y mettre ses propres images.

Les Caravage de Philippe de Béthune, à Loches

A voir à la Galerie Antonine de Loches.
Originaux? Copie de l'artiste lui même, de son atelier ou plus tardive? Le mystère demeure!

L’Incrédulité de saint Thomas
Le souper à Emmaüs

 
 Mairie de Loches  :
Cardinal, ambassadeur de France à Rome de 1601 à 1605, Philippe de Béthune rencontre Michelangelo Merisi, dit Le Caravage, et, séduit par son style, lui achète quatre peintures – il est alors le plus grand mécène privé après le Roi de France.
Celles-ci sont détaillées dans un inventaire de 1608 où il recense l’ensemble de sa collection. C’est ainsi qu’à l’une des pages on peut noter qu’il a acquis « un grand tableau original dudit Michel Lange représentant le pèlerinage de Notre Seigneur à Emmaüs, se trouvant entre deux disciples, prisé 250 livres, et un autre grand tableau original dudit Michel Lange représentant Saint Thomas mettant son doigt dans la plaie de Notre Seigneur... prisé 130 livres ».
Les collections de Philippe de Béthune suivirent leur propriétaire au Château de Selles-sur-Cher où, comte de Selles, il se retira avant de mourir (1649). Lors de la Révolution, les tableaux firent l’objet d’une saisie révolutionnaire avant d’être amenés à Loches pour y être stockés dans un dépôt. Lorsqu’une nouvelle paroisse fut aménagée en 1813 dans l’ancien dortoir du Couvent des Ursulines (détruit pendant la période révolutionnaire), les autorités locales lui confièrent un certain nombre d’œuvres d’art. C’est aux murs de cette église que les deux toiles de Caravage restèrent accrochées pendant près de deux siècles, quasiment invisibles sous une épaisse couche de poussière. 


L’analyse faite sur ces deux tableaux tend à prouver que nous sommes bien en présence de deux des quatre tableaux achetés par Philippe de Béthune à Caravage lui-même et qu’il considère comme originaux. Pour José Frèches : « La présomption qu’ils soient de la main du Caravage est particulièrement forte... Toute une série d’indices techniques font que je n’ai aucun problème à affirmer qu’il s’agit d’originaux », « Pour moi il y a plus de chance que ce soient des Caravage que l’inverse », « quand il y a une copie, il n’y a pas de variante ».
Les Caravage de Philippe de Béthune Loches


Un lien vers un autre de mes articles sur un livre documentaire sur le peintre : Le Caravage

Faust, opéra de Tours

Faust, Gounod, opéra de Tours
Avril 2011 
 
Jean- Yves Ossonce, direction
Paul-Emile Fourny, mise en scène
Rié Hamada, Marguerite
Julie Robard-Gendre, Siébel
Marie-Thérèse Keller, Marthe
Luca Lombardo, Faust
Nicolas Testé, Méphistophélès
Etienne Dupuis, Valentin
Ronan Nédélec, Wagner
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours
Choeurs de l'Opéra de Tours
  Grand théâtre Tours Photo Faust



Mon avis : Une mise en scène classique, efficace,  des décors épurés, suggérés, camaïeux de gris, les quelques touches de rouge, désir, passion, enfer, un peu surprenant au départ, et au final belle unité.
J'ai beaucoup apprécié la présence des nombreux figurants, et toutes les scènes muettes qu'ils permettaient, en particulier l'évocation de toutes les atrocités liées à la guerre pendant les choeurs des soldats.
Bref, une belle soirée d'opéra et s'il ne fallait en retenir qu'un, ce serait pour moi incontestablement le "méchant". Méphistophélès, alias, Nicolas Testé, impressionnant! Autour de lui, le démon, l'ambiance crée, font de l'aspect "enfer" les meilleurs moments pour moi de cette production! Le personnage de Marthe apporte aussi des moments plus légers sympathiques.

Tempête ! Irina Brook , d’après la Tempête, de Shakespeare

Tempête ! Irina Brook , d’après la Tempête, de Shakespeare
Espace Malraux, 4 mai 2011
 
Avec : Hovnatan Avedikian, Renato Giuliani, Scott Koehler, Bartlomiej Soroczynski, Ysmahane Yaqini
Présentation  cieirinabrook
Fille du metteur en scène Peter Brook, Irina Brook n’envisage pas tout de suite de faire le même métier que son père. A dix-huit ans, elle s’installe à New York pour étudier l’art dramatique. Elle joue la comédie, comme sa mère, à Broadway. Elle quitte les Etats-Unis pour l’Angleterre et y vit pendant une dizaine d’années. A Paris, elle participe à des spectacles et à des productions au cinéma, à la télévision, puis se met à la mise en scène. Son premier spectacle, intitulé ’Une bête sur la Lune’, est nommé plusieurs fois aux Molières en 2001. Elle met en scène ’All is Well That Ends Well’ de William Shakespeare qu’elle met en scène dans une version française au Festival d’Avignon avec le Théâtre du Soleil. Elle a également mis en scène des opéras notamment ’La Traviata’ de Verdi. Irina Brook travaille avec brio sur les oeuvres de William Shakespeare, de Bertolt Brecht ou de Tennessee Williams.

Sur une île déserte, prenez un Prospero en exil, magicien et "Maestro de la pizza" trahi 27 ans plus tôt par "son ami, son frère de sang Alonso", mijotant sa vengeance ; une Miranda (fille de Prospero) découvrant l'amour pour la première fois ; un Caliban furibond enchaîné à sa niche de fortune ; un Ariel, esprit magicien et chanteur mélancolique à ses heures - vraiment - perdues.
Ajoutez un Ferdinand (fils d'Alonso) en jeune premier dont Miranda tombe immédiatement amoureuse et quelques autres personnages tourbillonnants, et vous obtiendrez la recette de la Tempête ! sauce Irina Brook.
 Wikipédia
La Tempête est une tragicomédie en cinq actes écrite par William Shakespeare et créée en 1611.
Le duc de Milan, Prospero, après avoir été déchu et exilé par son frère, se retrouve avec sa fille Miranda sur une île déserte. Grâce à la magie que lui confèrent ses livres, il maîtrise les éléments naturels et les esprits ; notamment Ariel, esprit positif de l'air et du souffle de vie ainsi que Caliban, être négatif symbolisant la terre, la violence et la mort.
La scène s'ouvre sur le naufrage, provoqué par Ariel, d'un navire portant le roi de Naples, son fils Ferdinand ainsi que le frère parjure de Prospero, Antonio. Usant de sa magie et de l'illusion, Prospero fait subir aux trois personnages échoués sur l'île diverses épreuves destinées à les punir de leur traîtrise, mais qui ont également un caractère initiatique. En fin de compte, Prospero se réconciliera avec son frère et le roi, mariera sa fille avec Ferdinand, libérera Ariel et Caliban puis renoncera à la magie pour retrouver son duché.
Les personnages de La Tempête se sont élevés aujourd'hui à un rang presque mythique : représentés, cités, repris, mis en scène par nombre d'artistes dans leurs œuvres, ils incarnent et symbolisent avec une grande richesse des comportements et sentiments humains. Caliban et Ariel ont souvent servi à symboliser les peuples primitifs des colonies, esclaves et jouets des puissances coloniales, ballottés dans les querelles des colons auxquelles ils ne comprennent rien.


Mon avis : Il fallait oser transposer le royaume en restaurant! Retour imprévu en Italie par la magie du théâtre... Mise en scène inventive, décor chargé, fantaisie, décalage, surprenant les premières minutes avant de se prendre au jeu de cette métaphore culinaire, d'oublier "la Tempête", pour découvrir Tempête! Au passage, mieux vaut ne pas aller voir la pièce le ventre vide!, entre les comédiens qui font la cuisine sur la scène et le texte qui évoque nombre petits plats... Io comincio ad avere fame
 Photo Tempête
Des rires, de l'émotion aussi dans le final de Prospero et surtout ce que je retiendrai, au delà su plaisir de cette replongée dans la langue italienne, ses sonorités, ses musiques traditionnelles, l'opéra, le tiramisu... bref, l'Italie, ce qui marque donc, ce sont les performances d'acteurs: Hovnatan Avedikian très impressionnant dans sa composition de Caliban, Scott Koehler campant un bel Ariel, Renato Giuliani le maestro qui se transforme avec réussite en Stephano l’ivrogne . Acteurs-danseurs-magiciens-jongleurs, certains jouant plusieurs rôles, les corps parlent tout aussi bien que les mots, et si finalement le texte passe un peu à l'arrière plan, le mélange des genres en fait une soirée agréable, et qui donne envie de se replonger dans la version originale.

L’Envers du décor, espace Malraux

L’Envers du décor, espace Malraux, novembre 2011
Florence ANDRIEU, Flannan OBE et Yves MEIERHANS au piano
mise en scène  Céline Ferrée 

Spectacle à l'espace Malraux, Joué les Tours


Présentation :
Devant et derrière les rideaux, les dessous d’une scène de ménage camouflés par le décor d’une petite salle municipale anonyme : c’est l’envers du décor.
Ce spectacle à la fois hilarant et sentimental est un ravissement pour les spectateurs par sa légèreté et sa subtilité.
Là où l’on pourrait croire que les artistes s’exposent en laissant leurs soucis derrière le rideau, c’est en réalité une véritable mise à nue que nous donnent en spectacle Florence Andrieu (Ba-Ta-Clan, Merlin l’Enchanteur, Ta Bouche), Flannan Obé (Pomme d’Api, Arsène Lupin Banquier, Lucienne et les Garçons) et Yves Meierhans (Nabucco, La Belle Hélène, La Chauve- Souris).

L’histoire est simple en soi, mais c’est sans compter sur la mise en scène recherchée de Céline Ferrée qui donne au spectacle tout son charme et son originalité.
Elisabeth, un des personnages principaux de la pièce découvre que son ex-compagnon va remplacer le Ténor de l’opérette pour le spectacle, 7 ans après leur rupture. C’est en alternant le devant et l’envers du décor que l’on découvre alors avec malice et humour que les blessures du passé ne sont pas tout à fait enterrées. Règlements de comptes, sentiments et spectacle sont habilement mis en scène pour un résultat plein de gaieté et d’authenticité.
Écrit et mis en scène sans aucun temps mort, L’Envers du décor entremêle une comédie sentimentale finement troussée et une savoureuse évocation de l’opérette à l’ancienne, qui nous fait revivre les meilleurs moments de La Chance aux chansons et du Festival de Lamalou-les-Bains ! Les poses et le cabotinage de la divette, les chorégraphies délicieusement ringardes, les changements de costume ratés, les sourires hagards du chanteur tétanisé par le trac sont à crouler de rire. Le programme du gala, de fort bon aloi, permet de retrouver quelques tubes de Ta Bouche, Toi c’est moi, Orphée aux Enfers, Chanson gitane ou L’Amour masqué, mais aussi de découvrir des extraits beaucoup moins fréquentés de La Jolie Parfumeuse d’Offenbach ou de La Belle de New York de Kerker. S’y ajoutent quelques morceaux originaux bienvenus, dont un très agréable duo pour baryton et gargouillades de soprane en train de se chauffer la voix.


Mon avis :
Que cela fait du bien de sortir d'un spectacle le sourire aux lèvres et le quota de bonne humeur et de légèreté rechargé!
Les "magiciens et les magiciennes" ont apprécié , non, ce n'est pas tout à fait le nom des habitants de Joué-les-Tours, mais, à l'image de la bonne humeur de la soirée, la petite phrase restera!
Un spectacle drôle, bien mené, des morceaux d'anthologie, les répétitions chaotiques à souhait, le spectacle où costumes et lumières s'en mêlent pour une catastrophe annoncé, les chorégraphies improbables, les coulisses du spectacle, entre problèmes personnels, rêve de Traviata, et réalité de la salle, la partie du spectacle vu des coulisses.... très belle soirée!
Une grande virtuosité de la part des deux comédiens - chanteurs, le morceau en accéléré, le tango et tous ses affres, bravo, et bonne route vers Paris!
On a l'impression que sur scène le trio prend beaucoup de plaisir et le plaisir est partagé par la salle!

dimanche 26 février 2012

Laissez-moi sortir! février 2010 Le Vinci

Laissez-moi sortir!  février 2010
LAISSEZ MOI SORTIR
de Jean-Marie Chevret
Mise en scène de Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé
Avec Annie Cordy et Mimi Lebon
 
Texte de présentation
On pourrait se contenter de dire : quel talent, et quelle santé !, mais ce ne serait pas rendre suffisamment justice à la performance d'Annie Cordy dans « Laissez-moi sortir », la pièce de Jean-Marie Chevret
Laissez-moi sortir !
Une star du théâtre, en pleine maturité de sa carrière et de sa vie, vient de croiser le fer pendant des mois avec les chaînes de TV pour avoir son jubilé en Prime-Time. Le rideau s’ouvre sur le jour J. Très énervée, elle s’attarde au téléphone, à quelques minutes de partir pour la répétition de son show sur le plateau. Elle déclenche sans le vouloir la fermeture du rideau de fer qu’elle a récemment installé et se retrouve bloquée sur sa terrasse. Les téléphones étant restés dans le living, elle fait tout pour attirer l’attention des voisins, mais sans succès. Paniquée, elle écoute impuissante sur son répondeur les messages angoissés de la production. L’heure tourne et toujours prisonnière, elle rend les armes et accepte l’idée d’avoir raté son jubilé. Captive toute la nuit, elle va faire pour elle toute seule son émission et va revoir défiler les moments forts de sa vie. Mais, sera-t-elle libérée ?A Tours, jeudi 4 février
 
  J'y allais pour deux raisons:
- parce que j'avais envie d'une soirée de rires et de détente, et que c'est ce que le "'pitch" promettait
- parce que le texte est de JM Chevret, et qu'habitant la touraine où il est né, il fait partie des auteurs que j'aime à suivre
  Le bilan.
Objectif côté auteur comblé : non seulement pour les citations locales (après avoir casé saint-Epain dans Faux départ, JM Chevret réussi cette fois ci à placer la forêt de Loches et Chanceaux....) mais en plus, il était présent dans la salle à Tours.
Pour le rire.. c'est autre chose..et l'anecdote qu'il situe à Loches est d'ailleurs particulièrement tragique, on rit souvent certes, avec quelques répliques qui font mouche et qui restent en mémoire, mais le fond de la pièce est plutôt sombre finalement. Je pensais en sortir toute légère, j'en suis sortie pensive.... ce qui n'est pas plus mal.. mais ce n'était pas prévu!
Quand à Annie Cordy, que dire qui n'est pas été dit? Énergie, présence, décontraction, "positive attitude".. une grande dame quoi! (et très sympa dans les médias locaux, c'est son interview à la radio locale qui m'a poussée à acheter une des dernières places!)
Bref, un spectacle a ne surtout pas réduire à l'aspect comédie comme la presse a tendance à le faire.

Très chère Mathilde

TRÈS CHÈRE MATHILDE , février 2010 d'Israel Horovitz dans une mise en scène de Ladislas Chollat, en tournée après le théâtre Marigny l'année dernière.

 Avec Line Renaud , Samuel Labarthe (nommé aux Molières pour ce rôle) et Raphaëline Goupilleau
 Un Américain à Paris :  Mathilde Giffard est une femme de 88 ans, veuve d’un homme d’affaires parisien. Après avoir été la directrice d’une école de langues, elle coule des jours paisibles avec sa fille unique, Chloé, dans un immense appartement face au jardin du Luxembourg. Cet appartement a été vendu en viager, il y a plus de vingt ans, à un riche américain, Max Gold.
 A la mort de Max, son fils, Mathias, débarque dans la vie de Mathilde et de sa fille pour récupérer ce bien dont il vient d’hériter, sans savoir qu’elles l’occupent encore de leur bon droit. Commence alors une cohabitation forcée avec cet américain largué, qui n’est jamais arrivé à construire quelque chose dans sa vie.
C’est donc l’histoire d’un homme qui a tout raté, là où son père a tout réussi, et qui devra cohabiter avec des inconnues avant de découvrir le lien qui les unit tous. 


Que dire? Une très agréable soirée, illuminée par Samuel Labarthe... j'étais déjà fan depuis la boutique au coin de la rue, et voilà qui confirme! 
Et puis il y a Line Renaud, le partage, le bonheur d'être là, une salle très enthousiaste!
Et enfin le texte d'Israël Horovitz, que je découvrais à cette occasion, de rebondissements en révélations, d'émotions en rires, du rire aux larmes , toujours sur le fil, un beau moment de théâtre...

L’Oiseau rare, Edwige Bourdy

L’Oiseau rare
Avec Gilles Baissette et Edwige Bourdy   Mise en scène : Caroline Loeb
Textes : Yves Coudray (sur une idée de C. Loeb)
Le Mardi 17 Mars 2009 à 20h30 à Joué Les Tours (37) dans le cadre du festival Bruissements d'elles
 
Poussée par les excellentes critiques avignonnaises, j'ai passé une excellente soirée avec un spectacle qui donne la pêche! Après avoir massacré quelques airs de Dalida et Barbara en chantant au retour dans ma voiture je viens de me mettre le Barbier de Séville pour avoir enfin l'air de Rosine en entier et vous livrer mes impressions sur cet …Oiseau rare  
Elle sait tout faire...elle chante, elle danse, elle fait l'andouille comme elle le dit elle même, mais surtout, elle nous embarque dans un tourbillon dont on n'a pas envie de sortir...
Une soirée comme je les aime, où l'on est pris d'un bout à l'autre...si la trame est légère, le talent de l'interprète principale fait oublier le reste....Une comédienne – chanteuse rare, capable de me faire rire aux éclats (la chorégraphie en guêpière sur l'escabeau est à mourir de rire)... mais aussi de m'émouvoir avec son « Mourir sur scène ».... et son « Ma plus belle histoire... ». 
Elle n'imite pas, elle est... elle réinvente les chansons, elle les dit, les mots prennent tout d'un coup tout leur sens et des textes que l'on croyait connaître paraissent tout à coup sous un jour nouveau...
Bref, charmée..
Et une pensée particulière pour les pianistes anonymes des auditions et autres concerts..sans qui aucun chanteur ne saurait ce qu'il est... et pour toutes les Arlettes, qui sont passées du conservatoire à caissière en attendant d'avoir le nombre d'heures suffisants pour passer au statut d'intermittent du spectacle... 
 
Et pour tout savoir sur la comédienne-chanteuse :
http://edwige.bourdy.free.fr/

Le jazz et la diva opus 2

Un petit détour par le spectacle musical... Le jazz et la diva, opus II, mars 2010, espace Malraux 

Avec:
Didier Lockwood, Caroline Casadesus, David Enhco et Thomas Enhco.
Mise en scène : Alain Sachs.

RÉSUMÉ
Après le succès du « Jazz et la Diva » Molière du meilleur spectacle musical en 2006, la nécessité de créer un Opus II s'est imposée à nous comme une évidence. A la seule condition de créer un spectacle entièrement renouvelé et d'inventer une dramaturgie en tout point différente de la première.
Avec l'arrivée de Thomas et David Enhco, les deux fils de Caroline tombés très tôt dans la marmite du classique puis dans celle de Didier, c'est à un véritable thriller musical auquel le public va être convié.



Didier Lockwood à Hirson (02) par LaThierache 


La présentation du spectacle
Caroline Casadesus"Comment rêver artistiquement plus grand bonheur, mais aussi plus grand défi que celui de partager la scène avec les hommes de ma vie ?
Le Jazz et la Diva racontait avec humour et tendresse le mariage improbable entre la musique classique et le jazz ; pour ce nouveau spectacle, La Jazz et la Diva - Opus 2, la grande idée était de convier mes fils, David et Thomas Enhco, musiciens depuis leur plus jeune âge - tradition familiale oblige - à une joute musicale trépidante !
Alain Sachs signe une dramaturgie pimentée qui se joue à quatre, explorant avec délice les tourments et les richesses du passionnant sujet qu'offre la famille recomposée.
Nul doute que le plus grand nombre pourra s'y retrouver...!"
Didier Lockwood "Après plus de 200 représentations du Jazz et la Diva, nous n'avions toujours pas réussi à accorder nos violons. Nos cruelles différences commençaient même à s'exprimer dans la violence. Nous avons donc décidé de signer un pacte de non agression et de nous comporter enfin en adultes. Chacun sa musique, et l'un après l'autre.
Afin d'éviter les débordements regrettables du précédent spectacle, Caroline m'a imposé son fils cadet, Thomas, brillant pianiste intégriste classique, fraîchement sorti du conservatoire, bardé jusqu'aux dents de premiers prix et de médailles d'ors. Pour rendre la chose équitable, j'impose en ce qui me concerne la présence de son fils aîné David, un jeune gars super cool, bassiste groove à mort !Les airs de classique n'excédant pas les 5 minutes (ce qui vous permettra d'aller fumer une cigarette dehors, ou de boire un coup à la buvette), il ne vous faudra pas trop attendre pour assister à nos incroyable et enthousiasmantes voltiges électro-jazzistiques. Bon concert !"






LE JAZZ ET LA DIVA - OPUS II AU THÉÂTRE... par cinaps  


le jazz et la diva, un concentré de bonne humeur qui fait plaisir à voir! Le mélange des genres, la lutte contre les étiquettes musicales, une chanteuse qui chante des rôles de mezzo, de soprano, de jazz, avec le même plaisir, la Traviata qui dérive en impro jazz, Carmen revisitée, une usine à gaz de folie, et des musiciens virtuoses, j'adore!
2 heures de spectacle, beaucoup de rires , je regrette encore plus de ne pas avoir vu le premier opus!

http://www.lejazzetladiva.com/

 

Et vous, si vous avez vu ce spectacle, qu'en avez-vous pensé?
Et si vous avez d'autres suggestions sur le même thème, n'hésitez pas à ajouter un commentaire.
A bientôt!

Music-Hall, de Jean-Luc Lagarce

Music-Hall, de Jean-Luc Lagarce,
mise en scène Lambert Wilson, avec Fanny Ardant, Eric Guerin et Francis Leplay.
 octobre 2009 -CDRT


 Comme tous les soirs, dans cette ville-là comme dans toutes les autres villes - vingt ou trente années ? trente années... -, la Fille jouera sa petite histoire, prendra des mines, habile à prendre des mines, fredonnera chansonnette et esquissera pas de danse. Comme tous les soirs, dans cette ville-là comme dans toutes les autres villes, racontant la journée terrible qui s'achève, récit des diverses humiliations et aléas divers. Comme tous les soirs, les deux boys, épuisés, fatigués, rêvant de s'enfuir, s'enfuyant, les deux boys feront mine, habiles à faire des mines, les deux boys l'accompagneront, tricheront avec elle, feront semblant.

 Un spectacle choisi  je l'avoue pour la curiosité de voir Fanny Ardant en actrice ratée...! Mais très vite, le reste m'a séduit aussi!
L'essentiel, c'est l'hymne au théâtre, à la vie, à cette passion, quelle qu'elle soit, théâtre ou chacun y mettra la sienne, qui pousse à se dépasser, à aller toujours plus loin, à vouloir toujours mieux, pour qui? Pour soi finalement, qui pousse à faire toujours le mieux possible, même face à soi-même seulement. Quoi qu'il arrive, elle ne lâche jamais. 
Une Fanny Ardant à la double perruque, blonde patine, puis grise décoiffée , double distance, des scènes ridicules pleinement assumées, et sans que la diction, et cette langue spéciale, cette absence souvent de pronoms personnels ne me gêne, contrairement à ce que je craignais.
 J'en sors avec l'envie de me plonger un peu plus avant dans la lecture de Lagarce, de son journal.

Le dialogue des Carmélites, opéra Tours

Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc, opéra en trois actes et douze tableaux (1957)
Texte de Georges Bernanos
Chœurs de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours direction : Jean-Yves Ossonce
mise en scène : Gilles Bouillon
décor : Natalie Holt
costumes : Marc Anselmi
dramaturgie : Bernard Pico
éclairages : Alain Vincent
Avec :
Sophie Marin-Degor (Blanche),  Marie-Ange Todorovitch (Madame de Croissy), Mireille Delunsch (Madame Lidoine), Marie-Thérèse Keller (Mère Marie de l’Incarnation), Sabine Revaut d’Allones (Sœur Constance de Saint-Denis), Nicole Boucher (Mère Jeanne de l’Enfant Jésus), Anna Destraël (Sœur Mathilde), Didier Henry (le Marquis de la Force), Christophe Berry (le Chevalier de la Force), Léonard Pezzino (l’Aumônier du Carmel), Ronan Nédélec (le Geôlier, l’officier), Antoine Normand (Premier commissaire), Yvan Saujeteau (Deuxième commissaire), Mickaël Chapeau (Thierry), Jean-Marc Bertre (Monsieur Javelinot).
 


Mon avis: une belle soirée!
De la gravité, portée par une belle distribution, un beau final, traité comme une chorégraphie, sobriété et puissance de l'émotion,  une mise en scène ultra-épurée, la mise en valeur des mots, cette langue française qui parait tout d'un coup toute autre,  un décor très sobre, des toiles peintes qui montent et descendent, des superbes lumières, et surtout une très belle équipe de chanteuses...
                                                                   Photo dialogue des Carmélites Opéra de Tours

Le Dialogue des femmes, solistes ou choeur, bravo à elles, avec une mention spéciale à Marie-Ange Todorovitch , Mireille Delunsch et Sabine Revaut d'Allones, pour leur jeu, leur façon de dire les mots, et leur façon, d'un geste, d'un regard, d'incarner avec beaucoup d'humanités ces religieuses,  des images fortes qui resteront en mémoire, ces femmes alignées avant la guillotine, les grands panneaux du décor....
Une mention spéciale aussi pour la qualité du programme, avec des notes de mise en scène et de nombreuses informations sur l’œuvre.
Bref, une soirée qui donne envie de revenir plus souvent à l'opéra!

Entre deux eaux , Donna Léon

Venise en hiver.
Brett Lynch, archéologue de renommée internationale, est de retour dans la cité lagunaire. Elle vient s'expliquer avec le dottor Semenzato avec qui elle a organisé une exposition de céramiques chinoises. Brett le soupçonne d'avoir remplacé trois pièces par des faux. À la veille de leur rencontre, elle est victime d'une agression. Quand elle sort de l'hôpital, Semenzato est assassiné. Le commissaire Guido Brunetti est chargé de l'affaire. Bravant les intempéries de l'hiver, il patauge à la rencontre des différents protagonistes et de leurs secrets. Cette nouvelle affaire l'emmène dans le monde des collectionneurs d'art, des hommes aux caprices sans limites.
Dans cette cinquième enquête du commissaire Brunetti, les scènes de haute tension alternent avec une description minutieuse du quotidien, sur fond de Venise glacée, rendue oppressante par la montée de l'Acqua alta.

Si le commissaire Brunetti ne sait pas encore marcher sur l'eau, il sait en revanche marcher sur des œufs avec une feinte désinvolture et un calme impressionnant. Car enquêter dans le monde de l'art demande une dextérité d'orfèvre. Il y eut tout d'abord l'agression de la très réputée archéologue et spécialiste de l'art chinois, Melle Brett Lynch, puis le meurtre du conservateur Semenzato. Quelques années auparavant, ils avaient travaillé ensemble sur une exposition itinérante présentant des pièces inestimables de céramique chinoise. A leur retour en terre natale, au moins quatre de ces pièces avaient été subtilisées et remplacées par des faux.
Pour cette cinquième enquête du commissaire Guido Brunetti, Venise, ville d'art et des fantasmes romantiques, abandonne son auréole de grâce. L'acqua alta, la montée des eaux, rend les rives impraticables. Coincé dans le petit monde de l'art, Brunetti doit aussi jouer avec la ville hostile. "Le commissaire fit demi-tour et prit la direction de l'escalier extérieur, lentement, faisant un effort à chaque pas pour vaincre la résistance de l'eau. Ce ne fut qu'à partir de la deuxième marche qu'il retrouva un sol sinon sec, du moins libre, et n'éprouva plus cet effet permanent de succion. Il se sentit du coup curieusement léger, comme s'il avait pu flotter sans effort jusqu'en haut des marches".
La ville devient un personnage à part entière du roman, tour à tour vulnérable, noyée par le déluge. Colérique et rebelle aussi, habitée par l'esprit du sud, la mafia comme il la nomme du bout des lèvres, qui menace de s'y implanter. Elle est enfin capricieuse et sensible aux saisons, avec ses montées d'eau sporadiques. Contre ces fatalités, les vénitiens s'arment...avec une paire de bottes ! Piètres défenses !
Cette acqua alta est, certes, symbolique, mais elle révèle le caractère mystérieux de cette ville indéchiffrable. "Est-ce que par hasard que certains de ses concitoyens, prisonniers comme lui des eaux, rêvaient de voitures comme les taulards rêvent de femmes ?" s'interroge Brunetti observant un vénitien plongé dans la lecture d'un journal automobile. A n'en pas douter...

Comme souvent chez Donna Léon, on commence en musique:


Dalla sua pace la mia dipende,
quel che a lei place vita mi rende,
quel che le incresce morte mi dà.
S'ella sospira, sospiro anch'io,
è mia quell'ira, quel pianto è mio
e non ho bene s'ella non l'ha.

Ma paix dépend de la sienne:
ce qui lui plaît me donne vie,
ce qui la fait souffrir me tue.
Si elle soupire, je soupire aussi,
sa colère et ses peines sont miennes
et je n'ai de joie que partagée par elle.

Don Giovanni   Mozart

Incipit:
"Une tranquillité toute domestique régnait. Flavia Petrelli, la diva en titre de la Scala, éminçait des oignons dans la chaleur de la cuisine. Devant elle, en rangs, il y avait des tomates roma, deux gousses d'ail finement hachées et deux aubergines de forme rebondie."

Mon avis : 

art, archéologie, opéra, Venise, un Brunetti qui restera dans mes préférés de la série!

Après Mort à la Fenice, le plaisir de retrouver les personnages, l'opéra, et les lieux bien sûr tant Venise est presque le pausage central de la série! 

Une Venise bien différente cette fois, l'acqua alta, aperçue lors de mon voyage et qui donne au récit une autre atmosphère, plus oppressante, plus noire que dans Mort à la Fenice, le monde de l'art et des antiquités révèle bien des surprises... 

Et un livre qui donne envie en tout cas de se plonger dans d'autres lectures autour de la cité des Doges...

Tosca, grand théâtre Tours

Tosca, avril 2010
Giacomo Puccini 1900
Tosca est un opéra en trois actes de Giacomo Puccini, sur un livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, d'après la pièce de Victorien Sardou.

Jean-Yves Osonce, direction
Gilles Bouillon, mise en scène
Nouvelle production

Avec
Nicolas Beller-Carbone, Tosca
Luca Lombardo, Mario Cavaradosi
Peter Sidhom, Scarpia
Antoine Garcin, Angelotti
Olivier Grand, le Sacristain
Jean-Louis Meunier, Spoletta
...
Orchestre Symphonique Région Centre Tours


L’histoire se déroule à Rome en juin 1800. La cantatrice Floria Tosca aime le peintre Mario Cavaradossi mais le chef de la police Scarpia est également amoureux d’elle. Il fait emprisonné Cavaradossi pour avoir caché Cesare Angelotti, un prisonnier politique évadé, et propose un marché à Tosca : si elle accepte de s’offrir à lui pour une nuit alors il libèrera Cavaradossi. Ne pouvant annuler son exécution, il fera utiliser des balles à blanc. Tosca fait semblant d’accepter mais finalement tue Scarpia avant de se donner à lui. Seulement, le perfide Scarpia n’avait pas prévu de tenir sa promesse et Cavaradossi est véritablement exécuté. Tosca, emportée par le désespoir et poursuivie par les hommes de Scarpia, se suicide en se jetant du haut des remparts du Château Saint-Ange.


Tosca, c'est le premier opéra que j'ai vu, il y a déjà une bonne dizaine d'années. C'est avec cette œuvre que j'ai découvert ce drôle de mélange de musique et de théâtre, qui m'a emballé.
Et puis il y a l'Italie, Rome, le château Saint-Ange, alors c'est une œuvre chère à mon cœur.
 Et ce soir, je n'est pas été déçue. Il y a d'abord un décor, un bel écrin à l'oeuvre, et des chanteurs dont les qualités de jeu sont parfaitement exploitées, pas de temps mort, belle soirée!
Tosca opéra de Tours

Un reportage photo très complet sur les différentes étapes de la création à découvrir ici : photos tosca


Fidelio, grand théâtre opéra de Tours

Fidelio de Beethoven mis en scène par Marion Wassermann, sous la direction de Jean-Yves Ossonce.

Grand théâtre opéra de Tours


Fidelio, opéra en deux actes op. 72 (1814)
Livret de Joseph von Sonnleithner, révisé par Stephan von Breuning et Georg Friedrich Tritschke d’après Léonore ou l’amour conjugal de Jean-Nicolas Bouilly
Textes français extraits du Journal de Leonore de Maud Lescoffit

Chœurs de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Tours
direction : Jean-Yves Ossonce
mise en scène : Marion Wassermann
décors: Amélie Kiritzé-Topor
costumes : Bruno Fatalot
éclairages : Pierre Dupouey
Chef des chœurs : Emmanuel Trenque
Avec :
Ronan Nédélec (Don Fernando), Peter Sidhom (Don Pizarro), Jean-Francis Monvoisin (Florestan), Mireille Delunsch (Leonore), Scott Wilde (Rocco), Sabine Revault d’Allonnes (Marzelline), Stanislas de Barbeyrac (Jaquino), Pierre Rousseau (Erster Gefangener), Yves Sautejeau (Zweiter Gefangener).

Une particularité pour cette production à Tours  l'héroïne a réellement existé: Blanche de Semblançay originaire de Tours, qui délivra  son époux des geôles de la Terreur.


 

Wikipédia


Fidelio, op. 72, est l’unique opéra de Ludwig van Beethoven, composé en 1804 et 1805 sous le titre Leonore, puis remanié en 1806 et en une version définitive en 1814. Le livret est de Joseph Sonnleithner.
ses principaux thèmes sont la dénonciation de l’arbitraire, incarné par le gouverneur d’une prison espagnole, l’appel à la liberté, et l’amour notamment conjugal qui pousse Leonore, déguisée en homme, à risquer sa vie pour libérer son époux Florestan.
Florestan est prisonnier au secret sur l'ordre de Don Pizarro, le féroce gouverneur d'une prison d'État. Pour le libérer, sa femme Léonore se déguise en homme sous le nom de Fidelio et vient travailler à la prison. Marzelline, la fille du géolier Rocco, est courtisée par Jaquino. Mais elle tombe amoureuse de Fidelio. Redoutant une visite du ministre Don Fernando, le cruel Pizarro ordonne à Rocco de tuer Florestan. Il devra le faire lui-même car Rocco refuse et se voit confier la tâche de creuser une tombe dans le cachot même de Florestan. Léonore obtient de Rocco qu’il laisse les prisonniers respirer et voir l’air libre, ce qu’ils font avec bonheur (chœur "O welche Lust"). Florestan n'est pas avec eux, et Léonore supplie Rocco pour l'accompagner dans le cachot secret.
Florestan pleure son destin mais accepte la volonté de Dieu. Lorsque Pizarro descend pour le tuer, Léonore dévoile son identité, s’interpose et le menace de son pistolet. Arrive le bon ministre Fernando qui libère Florestan. Le final s’apparente à la thématique de l’hymne à la joie de la 9e vive la liberté, vive l’amour conjugal.

Une lecture très sombre nous est ici proposée.
Noir de la scénographie, boue, poussière... nul espoir... descente aux enfers... c'est assez particulier, mais il reste le plaisir de la musique et des voix... Mireille Delunsch, Sabine Revault D'Allonnes, pour ne citer qu'elles, les choeurs, qui forment le point très positif de la soirée!

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