vendredi 2 décembre 2016

C'est la vie, répétition publique, TO Mohamed El Khatib collectif Zirlib

Une performance documentaire du Collectif Zirlib / Création 2017
C’est la vie est une démonstration d’amour inconditionnel.
C’est la vie c’est ce qu’il reste quand vous avez perdu l’essentiel.
C’est la vie est une expérience intime, esthétique et politique.

Avec Fanny Catel et Daniel Kenigsberg

Texte et Conception : Mohamed El Khatib
Réalisation : Fred Hocké et Mohamed El Khatib

 Pour en savoir plus http://www.zirlib.fr

Note d’intention
Quand le fils de Daniel est mort, ce dernier jouait le rôle de Phoenix dans Andromaque.
Sans jamais que l’on sache s’il pleurait pour son personnage ou pour lui ou un peu des deux.
Jouer le rôle de sa vie est une expression malheureusement circonscrite à des considérations de carrière. À ces acteurs de bonne foi que j’ai conviés, je propose de faire leur travail comme jamais en se demandant si la répétition fait de nous des personnages, si notre pratique a encore à voir avec du théâtre et s’il est légitime de gagner de l’argent sur le dos de nos enfants.
En somme, il est inutile de faire croire que vous êtes triste quand vous êtes triste. C’est donc la question de l’acteur que nous allons poser. Il nous faudra évoluer sur un fil à la limite de l’obscénité, de la pudeur avec la délicatesse pour boussole.
Après des heures d’entretiens, de témoignages, de collectes de matériaux hétérogènes (sms, e-mails, interviews, documents administratifs) nous allons restituer la chronique de 2 morts annoncées.
Daniel à 61 ans, il est grand et bedonnant, acteur en fin de carrière.
Fanny à 37 ans, elle est petite et filiforme, actrice qui multiplie les projets.
Le fils de Daniel s’est donné la mort à 25 ans.
La fille de Fanny a disparu à 5 ans.
Tout semble les opposer mais fondamentalement tout les réunit.
Ils n’avaient en commun que le hasard de participer à une même création théâtrale, ils sont dorénavant liés à vie de façon souterraine.
À travers une cartographie émouvante, nous allons éprouver des modalités de culture de la perte pour nous livrer à la rédaction d’un petit guide du vivre à l’usage des vivants.


Mon petit mot

Le théâtre olympia ouvre les portes de sa salle de répétition, pour présenter "C'est la vie", nouveau projet du collectif Zirlib.
Ce sont toujours des instants à part, cette première rencontre avec un spectacle pas encore tout à fait abouti, quelles seront encore les évolutions, quel sera son devenir... beaucoup de curiosité en poussant la porte!

Ici la rencontre est choc.
Un thème particulièrement douloureux : un homme et une femme ayant chacun perdu un enfant dans des circonstances tragiques.  Particulièrement dérangeant aussi, puisque les deux comédiens ont vécu cette tragédie.

Et c'est là que le théâtre commence, avec une réflexion sur le "métier" d'acteur, le fameux "rôle de sa vie" et autres petites phrases qui prennent un sens terrible.
Où est la fiction, où est la réalité, où est-elle déformée?
Passer du réel à l'universel, du pathos à la poésie... le pouvoir des mots... leur manque aussi... des émotions et des états qu'ils ne pourront jamais transcrire.

La construction est habile, entre passage vidéos, textes projetés ou épais livret à l'intention du spectateur, du documentaire au spectacle, on oscille en permanence entre grosse boule d'émotion et vrai rire (et oui, de vrais passages drôles, dans les adresses écrites au spectateur en particulier, heureusement, il faut une soupape!) .
Cela m'a fait penser d'ailleurs au bouleversant livre de Sophie Daull, où le rire n'était jamais loin des larmes:






On en sort un peu sonné, des petites phrases en tête, silencieux...

Un projet à suivre en tout cas!



jeudi 1 décembre 2016

Le bilan de novembre

Un mois au Québec! Enfin, virtuellement, mais ce fut un dépaysement très agréable, merci aux organisatrices!

J'en profite pour annoncer officiellement que je fais une pause côté organisation des challenges l'année prochaine, si qqn veut reprendre celui sur l'Italie, le théâtre ou encore l'Amérique du sud, n'hésitez pas!

Quelques vrais coup de coeur ce mois ci côté lectures, et trois spectacles très réussis, un novembre culturel de qualité!

Côté lectures

Dans le cadre du mois québécois :



mercredi 30 novembre 2016

Volkswagen blues - Jacques Poulin

En compagnie d’une jeune métisse surnommée la Grande Sauterelle, un écrivain part à la recherche de son frère Théo dont il est sans nouvelles depuis plusieurs années. Amorcé à Gaspé, au Québec, son voyage le conduira jusqu’à San Francisco, non sans un détour du côté de l’Amérique profonde, par la route des pionniers.
Volkswagen Blues est un road novel où l’on croise les fantômes de quelques “clochards célestes”. Si l’Amérique s’est construite dans la violence, Jack et la Grande Sauterelle récusent cet héritage et aspirent à la paix. C’est aussi un roman d’amour émouvant et feutré, tout en retenue, où domine – comme dans la conquête de l’Ouest – la soif de liberté.



Mon petit mot

Dernière lecture québécoise pour ce mois-ci, avec un peu de retard pour la lecture commune prévue, Le goût du bonheur m'ayant pris plus de temps que prévu!
Pas de surprise avec celui-là, un très bon cru de l'auteur!

Cette fois, c'est sur la "piste de l'Oregon" qu'il nous entraîne au départ de Gaspé.
On suit les traces des pionniers, l'histoire des différentes tribus indiennes, en parallèle aux quêtes personnelles des héros.

Un chat et les livres sont toujours très présents, bien dans la lignée de Tournée d'automne (qui reste mon préféré de cet auteur.) lu l'année dernière:

du même auteur, j'ai lu aussi :
La traduction est une histoire d'amour de Jacques Poulin


et un de moins dans la PAL!

objectif pal

mardi 29 novembre 2016

trois fois dès l'aube Alessandro Baricco

Tre volte all'alba
Parution : 26-02-2015 

Trad. de l'italien par Lise Caillat

dimanche 27 novembre 2016

Les Animals Eugène Labiche / Jean Boillot Théâtre Olympia

ANIMALS
deux pièces zoologiques en un acte d’Eugène Labiche:
La Dame au petit chien et Un Mouton à l’entresol
mise en scène Jean Boillot  
musique  Jonathan Pontier   dramaturgie  Olivier Chapuis   scénographie  Laurence Villerot
création lumières  Ivan Mathis  régie lumière Emmanuel Nourdin  costumes  Pauline Pô
collaboration chorégraphique  Karine Ponties  assistante à la mise en scène   Aurélie Alessandroni
construction décors  Ateliers du NEST   régie plateau  Loïc Depierreux

avec
Guillaume Fafiotte - Roquefavour / Falingard
Philippe Lardaud - Defontenage / Rampicot
David Maisse  - Joseph / Fougalas
Nathalie Lacroix  - Julie / Emma
Isabelle Ronayette  - Ernestine / Marianne

Pour en savoir plus : 

https://www.cdrtours.fr/sites/default/files/spectacles/animals_-_dossier_de_production_impression_pros.pdf

https://www.cdrtours.fr/sites/default/files/spectacles/dp_les_animals.pdf
 Note d’intention de Jean Boillot et Olivier Chapuis :

Deux pièces, un même motif : le parasite.
Dans La Dame, Roquefavour, un jeune artiste plein de dettes, décide de s’offrir, lui et ses meubles, en gage à Fontenage, son créancier stupide : il s’installe ainsi confortablement chez le bourgeois et gagne un logement sans avoir à rembourser sa dette. Dans Un Mouton, Falingard, un pseudo-domestique, se fait engager chez Fougallas, mais non pour le servir : il profite du logis du maître pour mener de macabres expérimentations animales…
A chaque fois, le bourgeois est berné : le dominé a pour fonction de souligner son aveuglement, sa bêtise, sa naïveté, sa lâcheté ou son égoïsme. Mais cette inversion des rôles, ressort classique du comique, n’est pas seulement au service d’unesatire sociale très réjouissante de la petite bourgeoisie des rentiers du second Empire, comme on le voudrait tant. Non, chez Labiche, le dominé ne vaut pas mieux que le maître ; il est
parfois plus malin, mais, au fond, il n’aspire qu’à une chose : prendre sa place, jouir de ses biens, et même, de manière plus inquiétante encore, dérober son identité... Les personnages de La Dame et du Mouton
sont donc interchangeables, les catégories sociales sont un leurre, un homme en vaut un autre, c’est-à-dire ne vaut pas grand chose finalement...

Aussi, ce théâtre-là, résolument comique, est-il d’abord théâtre de l’acteur. Il oblige à explorer un art du corps dans tous ses états : corps-marionnette, agité, agissant et agi, joué par des forces obscures. Corps déchaîné, bondissant ou prédateur et destructeur… Les désirs, conscients ou non, parasitent les personnages qui ne maîtrisent plus rien. L’homme de Labiche ne croit plus guère dans la morale, la civilisation, la science ou le progrès. Comme un animal, il obéit à ses pulsions : dans le salon bourgeois s’opère un curieux retour à l’état de nature… On rit beaucoup en regardant ces pièces, mais c’est d’un rire plus profond qu’on ne croit. Cruauté de Labiche, modernité de Labiche : l’homme est d’abord un animal. 







Mon petit mot

Deux pièces s'enchaînent et le rythme, loin de faiblir, s’accélère!

Une transition visuelle bien trouvée entre les deux, et le plaisir de découvrir dans la même soirée des acteurs dans des rôles très différents, de belles performances!

La mise en scène ne les ménage pas, comme l'indique la note d'intentions, c'est le corps de l'acteur qui est au centre. Il révèle l'inconscient, les pulsions, les empêchements, les névroses... et toute l'animalité de l'homme...
La voix également est exploitée dans toutes ses nuances, là encore, gémissements, respirations en révèlent plus que les mots, chant et piano sont également présents, une belle partition sonore.

J'ai beaucoup aimé également les costumes, ce qu'il faut de fantaisie et d'inventivité!
De même dans le décor, les fameuses portes, indispensables au vaudeville, sont ingénieusement renouvelées! 

Un Labiche drôle et cruel, bien mené!




vendredi 25 novembre 2016

Repentir(s) de Richard Ste-Marie

Un double meurtre a été commis à la galerie Arts Visuels Actuels. Outre Gaston « Faby » Lessard, le propriétaire des lieux, Frédéric Fortier, lieutenant de police à la Ville de Montréal, fait partie des victimes et c'est pourquoi le sergent-détective Francis Pagliaro, de la Sûreté du Québec, est chargé de l'enquête.
En interrogeant les personnes avec lesquelles Lessard avait rendez-vous dans la journée, Pagliaro réalise que le galeriste était loin d'être un enfant de chœur. De fait, les arnaques et les fraudes dont l'enquêteur apprend l'existence au fil des jours le laissent pantois, lui qui avait toujours cru en la noblesse du monde des arts visuels. Or, si les mobiles pour tuer Lessard abondent, c'est l'inverse pour Fortier, un policier près de la retraite et à la carrière irréprochable.
Dès le début, Pagliaro a pris l'habitude de venir chaque soir sur les lieux du crime pour admirer les tableaux de l'exposition d'Andrew Garrison, intitulée Repentirs, ensemble de paysages et de personnages fugaces qui surgissent des palimpsestes picturaux de l'artiste peintre, mais aussi pour réfléchir sur son enquête, dont un des indices ne cesse de l'étonner : pourquoi donc l'assassin a-t-il pris soin de replacer dans son écrin la somptueuse dague, création d'une joaillière représentée par la galerie, dont il s'est servi pour semer la mort ?
Mon petit mot

Voici un roman policier québecois découvert grâce à Argali! Je l'avais acheté pour le mois québécois de l'année dernière, et puis le temps a passé, et il ne sort que maintenant de ma PAL, et c'est une bonne surprise!
Merci à elle de m'avoir donné envie de découvrir cet auteur et son enquêteur !

Si les flash-backs concernant l'enfance du peintre sont plutôt du genre violents - glauques, le déroulement de l'enquête est lui beaucoup moins noir.

J'ai été très intéressée par toute la partie artistique, de l'atelier de faussaire "plus vrai que l'ancien" à l'analyse des fameux Repentirs, l'auteur s'y connait, et l'on se croirait nous aussi face à ces tableaux !
Richard Ste-Marie est retraité de l’École des arts visuels de l’Université Laval, il a publié entre autres un ouvrage sur l'éthique en estampe, bref, il est dans son domaine!

Et puis il y a le parler québecois, très présent , quelques expressions savoureuses, et totalement dépaysantes:
Décrisse d'icitte, p'tit tabarnak! De quoi renouveler les jurons du Capitaine Haddock! 

Je me suis attachée à cet enquêteur, qui écoute du Schubert, et parait profondément humain, de quoi donner envie de découvrir ses autres aventures!

De Montréal à Lac-frontière, un nouveau beau voyage virtuel!



et un de moins dans la PAL!

objectif pal

mercredi 23 novembre 2016

Le Goût du bonheur, Tome 2 : Adélaïde de Marie Laberge

La mort accidentelle de Gabrielle, âme de la tribu, bouleverse les Miller. Les étés immuables sur l'île québécoise d'Orléans sont à jamais perdus. La guerre et les réquisitions ont dispersé la plupart des hommes. Et le destin s'acharne sur Adélaïde, désormais épouse du brillant Nicholas McNally sans cesse menacé par la démence de sa propre sœur. Adélaïde, elle, reste droite malgré tous les déchirements qui l'assaillent. Si la jeune femme conserve le goût du bonheur en pleine tragédie, c'est à Florent qu'elle le doit, cet ami de toujours dont la tendresse défie les années. Pour combien de temps encore ?



Mon petit mot

Figurez-vous que j'achève ce livre en colère...
Le tome 1 finissait déjà sur un drame, re-belote ici, en encore pire... tant de malheurs sur une même famille... ça fait beaucoup, et achever chaque fois un volume en faisant mourir un des personnages les plus sympathiques, tout en introduisant de façon un peu téléphonée ce jeune médecin si parfait...  cela me donne finalement moins envie de lire le troisième...

Bon, jusqu'aux dernières pages, tout allait bien, un plaisir de retrouver les personnages du Tome 1, les combats de ces femmes des années 1940 pour le contrôle de leur corps, la contraception, l'avortement, les différentes religions et désormais leur place dans le monde du travail et le vote.

Plaisir aussi de retrouver Montréal et Québec et de découvrir ce monte de la couture autour du personnage de Florent. 
Très intéressant également de découvrir la seconde guerre mondiale vue du Canada, le manque d'informations, et le nombre de victimes...

Bref, à chaud, un peu déçue par la fin, mais globalement un très bon ressenti tout de même! 




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mardi 22 novembre 2016

Les 4 saisons de la bonne humeur par Michel Lejoyeux

Le professeur Michel Lejoyeux, l’auteur du best-seller Tout déprimé est un bien portant qui s’ignore nous livre un programme précis et pratique – de l’hiver à l’automne – pour faire le plein d’optimisme et d’énergie.
Une « ordonnance » pour toute l’année à partir des principes de vie qu’il utilise tant dans sa vie privée que dans sa pratique de médecine.
Toutes ses techniques sont validées médicalement et scientifiquement, elles sont naturelles, sans dangers ni additifs chimiques. Elles révolutionnent en douceur la chimie de notre cerveau et l’état physiologique de notre corps, éloignent la déprime et augmentent notre résistance et notre santé.

On découvre comment augmenter la production de la sérotonine, l’hormone de la bonne humeur et comment baisser la noradrénaline, l’hormone du stress.

Un programme stimulant : nourriture, exercice, loisirs, conseils psychologiques ainsi que plusieurs morceaux de musique à écouter et des tableaux à admirer.

Mon petit mot

Attirée par la couverture ,je sors pour une fois de mon domaine de lecture habituelle!

Un ouvrage organisé par saison et par thèmes, alimentation, exercices physique , psychologie, méditation,  du assez classique somme toute au premier regard ,entre équilibre alimentaire et repères simples pour prendre au mieux soin de soi, c'est clair, et peut donner quelques rappels diététiques et scientifiques pas inutiles.
Des petites idées faciles à mettre en œuvre qui  ne peuvent pas faire de mal!

Mais l'originalité du livre et ce qui m'a intéressée est ailleurs.
A chaque saison, ses musiques ou ses oeuvres d'art! Deux domaines qui sont très développés, listes de morceaux et de peintures à l'appui, de quoi donner envie de renouveler sa play-list ou d'aller explorer quelques musés!
De Mozart à Art Blakey, de Rachmanivov à Barbara, aux coquelicots de Monet, il y en a pour tous les goûts!
A garder en réserve pour les jours où le sourire s'envole...

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